La droite, unie pour les élections des conseillers départementaux de Corse-du-Sud, a obtenu une large majorité mais elle vient de donner un triste spectacle. Deux candidats à la présidence du conseil se sont opposés et ont obtenu chacun 11 voix exactement. Après des échanges de noms d’oiseaux, la présidence est revenue au doyen d’âge. Les divisions semblent profondes car un des camps veut contester ces résultats devant le tribunal administratif.
Le « Petit Parlement », ainsi qu’on l’appelait autrefois (nom repris comme titre d’une série d’articles de Paul SILVANI dans « Corse-Hebdo » en juin 2003), a souvent connu des éclats de voix et des coups fourrés. Mais il a toujours gardé un grand prestige car le conseil général était un incontournable pourvoyeur d’emplois.
Voici un siècle, en 1897, l’écrivain royaliste Charles MAURRAS était à Ajaccio lors de la session réunissant les élus cantonaux au Palais Lantivy. Ce texte, extrait de son livre « Anthinea », est-il devenu anachronique ?
"Avouerai-je que je cherchais depuis deux heures une auberge? On s'accordait à me répondre que tout était pris, retenu, mangé et bu. Et je me demandais avec mélancolie d'où venait cet encombrement d'un lieu qui passe pour désert aux mois d'été. Un hôtelier compatissant me trouva une alcôve que je payai fort cher.
Il s'excusa de recevoir autant d'argent:
- Après tout, me dit-il, nous sommes au moment du Conseil général.
Le Conseil! disait-il. J'ai connu par la suite qu'il n'était pas de grande solennité. Ni fête ni marché n'attirent dans Ajaccio une telle affluence de tous les points de l'île.
Outre que les cantons de Corse sont au nombre de soixante, leurs représentants ne descendent en ville que suivis d'un cortège d'amis, de serviteurs, et surtout de solliciteurs. Ainsi venaient à l'assemblée les anciens patriciens de Rome. Chaque conseiller général présente cette clientèle à son préfet et aux élus de sa nuance politique. Il fait valoir de vive voix les recommandations qu'il a écrites et récrites. De son côté, le client, s'il est sage, n'épargne rien qui doive rehausser le prestige de son patron.
On m'a montré le vaste édifice où tient séance l'assemblée du département. Les abords en sont assiégés, songez au quai d'Orsay un jour de grande discussion. Mais les badauds de l’île y mettent plus de gravité que nos Parisiens; un coup de chapeau négligé, une main illustre serrée, c'est la vie ou la mort, c'est la carrière ouverte ou close.
- Le pays est pauvre, me dit l’un d’eux. Nous n’avons aucune industrie, notre agriculture manque de débouchés. Obligés et tout à fait résignés à vivre sous le régime du patronat, il nous faut bien en recueillir les bénéfices en même temps que les ennuis. Nos grandes familles rendent en protection l’hommage que nous leur apportons: elles nous servent dès qu’elles se sont servies, les hautes places sont pour elles, et, avec leur appui, nous pouvons espérer de petits postes suffisamment appointés."
Un autre texte du même auteur, et du même ouvrage, a été publié le 2 juin 2011 sur le blog. Curieusement, Charles MAURRAS, tout pétri de culture gréco-latine, comparait le paysage de Tiuccia et de Sagone à l’Attique grecque.
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La Corse grecque - Le blog des Poggiolais
L'affaire DSK a permis à la planète entière de voir, grâce aux images tournées dans le tribunal de New-York, comment procédait la justice américaine, de façon bien différente de la justice...
http://poggiolo.over-blog.fr/article-la-corse-grecque-74685457.html
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