Une dernière remarque, concernant en fait tout Sorru in sù et pas seulement Guagno-les-Bains, concerne le roman "Têtes de maures" de Didier DAENINCKX.
Quand son héros quitte la station thermale, on peut lire:
Une fois le col franchi, l'impression d'enfermement que l'on ressent dans ce village de moyenne montagne qu'est Guagno-les-Bains s'estompe. L'horizon cesse de buter sur les sommets, ne se résume plus aux crêtes, mais s'ouvre à l'infini de la mer, du ciel.
Les lignes précédant cet extrait laissent à penser que le col n'est pas Sorru mais Saint Antoine.
Guagno-les-Bains, Poggiolo, Soccia, Orto, Guagno sont dans un monde bien à eux, dans une piève complètement encerclée, c'est exact. Depuis ces villages, le regard s'arrête sur les versants des montagnes.
Se sent-on étouffé à cause de cela? Peut-être, si l'on a l'habitude d'être dans un port et d'avoir un panorama qui s'étend jusqu'à la ligne d'horizon. Et, quand la brume cache le Tretorre, elle nous transporte dans un monde magique.
Mais, au moins, les fracas du reste du monde arrivent amortis, même encore maintenant malgré internet et télévision satellitaire.
Nos ancêtres vivaient et travaillaient sans se sentir opprimés par le relief. Ils sortaient de la piève pour faire paître leurs bêtes dans la plaine de Sagone ou, plus tard, pour le service militaire. Le monde extérieur pouvait également se faire sentir brutalement, comme à l'occasion des guerres entre seigneurs de Leca et Génois.
Et, si l'on tourne sur soi-même, on voit bien la crête s'abaisser derrière le monument aux morts: le col de Sorru. Depuis la croix qui domine Soccia, on peut apercevoir du bleu de la mer.
Appréciez ces quelques photos de "l'enfermement".
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