La Saint-Jean-Baptiste (qui a lieu jeudi 24 juin) fait partie de ces fêtes traditionnelles qui avaient été abandonnées et que l'on remet en vigueur.
Vico renoue cette année avec la tradition en organisant les feux de la Saint-Jean (renseignements: 06 86 67 11 29/06 84 45 34 36).
Mais, autrefois, feu de la Saint-Jean rimait aussi avec asphodèle!
Claire TIÉVANT et Lucie DESIDERI le rappellent dans leur "Almanach de la mémoire et des coutumes" (Albin Michel):
"En effet, avant la mise à feu du bûcher, les jeunes
gens partaient en groupe dans la campagne pour ramasser les fameux taravelli (asphodèles).
A chacun sa provision de munitions! Rentrés au village, ils alignaient les asphodèles à proximité du bûcher, et lorsque ce dernier était enflammé, plaçaient un à un les bulbes dans le feu en
tenant la plante par sa tige; quand la chaleur était jugée suffisante, on les retirait du feu et on les frappait violemment contre une pierre. Cela produisait une petite explosion digne d’un
pétard!
Le lendemain matin, jour de la Saint-Jean, chaque famille revient chercher dans le tas de cendres les tisons restants. Conservés dans les maisons, ces tisons de la Saint-Jean ont des vertus
protectrices importantes, Autrefois, lorsqu'on dépiquait le blé après la moisson, on ne négligeait jamais l'usage de planter l’un de ces tisons dans le tas de blé qui était ainsi mis à l'abri du
vol et des sorciers. (...)
Aucune plante médicinale n'est aussi efficace,
dit-on, que lorsqu'elle a été ramassée le matin de la saint-Jean, à l'aube. Et cela n'est pas particulier à la Corse. Dans toutes les régions françaises, la tradition veut qu'à cette heure
précise, les vertus des plantes soient exaltées. C'est pourquoi l'on procède à une cueillette extrêmement matinale pour faire provision d'arbe salutivare (d'herbes médicinales). Selon les pièves,
on attribue à san Ghjuvà l’une de ces plantes.
C'est souvent le millepertuis appelé erba sanghjuvannina ou encore fior di san Ghjuvanni ; mais cela peut être aussi la saponaire (fior di san Ghjuvà) ou bien d'autres encore. (...)
Chaque paese avait jadis ses propres coutumes concernant les plantes de la Saint-Jean. Dans certaines localités, on fabriquait ce jour-là des crucette (petites croix) avec les fiori di san Ghjuvà
(achillée mille-feuille) pour aller les planter dans les jardins.
Dans le Niolu, à Bastelica et à Rennu, on allait cueillir de préférence la mauve ou malba dont les feuilles étaient utilisées au cours de l'année pour faire des tisanes efficaces
contre la toux. On faisait des bains de bouche et on lavait les enfants avec la tisane de ses fleurs."
BONNE CUEILLETTE!


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