23 novembre 2025
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Très connu dans notre haut-canton où il a restauré, entre autres, les églises de Poggiolo et de Guagno, le peintre Mario Sepulcre expose jusqu'au 28 novembre des autoportraits à Locu Teatrale à Ajaccio.
Lisez l'entretien paru dans Corse-Matin le 19 novembre.
Ajaccio, le peintre Mario Sépulcre expose
ses autoportraits et se dévoile
jusqu'au 28 novembre
Jusqu'au 28 novembre, depuis Locu Teatrale, dans le quartier de l'Octroi, Mario Sépulcre a décidé de se confier au public. Le récit intime qui mêle dessins et toiles est condensé en 25 autoportraits réalisés au fil de quatre décennies, de 1984 jusqu'en 2025.
Pour se représenter tel qu'il est ou bien souhaiterait être, l'artiste s'est d'abord regardé dans une glace. "Je pose un miroir sur un chevalet. Je me peins de 3/4. Toute la difficulté est de se capter dans ce miroir qui reflète notre aspect physique mais aussi notre âme. Être à la fois modèle et acteur est une démarche un peu spéciale", reconnaît-il.
Et celle-ci pousse a beaucoup s'interroger. "Est-ce qu'on va être complaisant ou pas envers soi-même ? Est-ce qu'on va coller à la réalité ou pas ? Sur certaines toiles, par exemple, j'ai pris le parti d'établir un lien étroit avec la Renaissance, avec le thème de L'Homme au gant du Titien. D'autres fois, je me suis représenté avec un turban, ou bien en pensant à Che Guevara. L'approche comporte une bonne dose de théâtralité et de liberté", explique Mario Sépulcre.
Ce genre pictural a produit beaucoup de chefs-d’œuvre avec Dürer, Rembrandt notamment
Ses perspectives ont évolué avec le temps et avec les émotions ressenties en son for intérieur. "Mes premiers autoportraits s'assimilaient tout simplement à des exercices de pratique." Au fur et à mesure, ils deviennent acte d'introspection tandis que le peintre " trouve un intérêt à exprimer préoccupations et sentiments du moment".
Selon la période, les portraits de lui-même révèlent "un peu de mélancolie, d'humour ou bien d'autodérision. Il m'est arrivé de forcer le trait, d'avoir aussi envie de me venger de moi-même", poursuit-il.
Il assure ne jamais s'être pris au jeu de Narcisse et replace sa quête de soi dans une longue tradition picturale. "L'autoportrait est un genre à part entière qui a irrigué tous les courants ou presque, donnant, par ailleurs, beaucoup de chefs-d’œuvre. Je pense aux autoportraits de Dürer, de Van Gogh, de Rembrandt qui s'est représenté depuis sa prime jeunesse jusqu'au grand âge".
À la Renaissance, l'artiste utilise l'autoportrait pour affirmer l'importance de son rôle
La Renaissance va permettre l’essor du style. "À l’époque, l'artiste sort ainsi de l'anonymat de l'artisan du Moyen Âge. Il s'affirme dans la société. Il signifie qu'il a un rôle important à jouer. Bien souvent y compris dans des scènes religieuses, un personnage au regard intense s'impose dans un coin du tableau. C'est l'artiste lui-même. De cette manière, il rappelle qu'il est témoin de la scène en question et que grâce à lui, les observateurs sont à leur tour des témoins."
En 2025, le contexte a changé, mais la teneur du message perdure. Pour Mario Sépulcre, il s'agit désormais de "s'extraire de l'anonymat du consumérisme et de cette mondialisation culturelle avec en corollaire, une tendance a l'uniformisation. On aime les mêmes musiques, les mêmes films". L'autoportrait serait encore, selon lui, une manière "de sortir de la masse", lorsqu'à " l'ère de l'intelligence artificielle de la robotique, la singularité de l'artiste prend, une nouvelle fois, tout son sens."
Published by Blog Poggiolo
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Activités culturelles