Dans la série d'articles consacrés aux maisons poggiolaises, les constructions existant dans le village ont été présentées sans faire de lien particulier avec l'ensemble de la Corse.
Nous vous présentons cette fois un texte qui synthétise l'ensemble de l'architecture rurale de la partie de la Corse à laquelle appartient Poggiolo. Il est extrait de:
"Sevi - Sorru Cruzzini - Cinarca",
ouvrage publié en 2010 par le CRDP de Corse avec le concours du Conseil général de la Corse-du-Sud et dont les auteurs sont Daniel ISTRIA et Mathieu HARNÉQUAUX.
UNE ARCHITECTURE RURALE
En dépit des multiples remaniements qu’ont connus les maisons de village, celles-ci laissent encore apparaître une relative unité dans la simplicité, témoignant de l’association étroite entre les fonctions d’habitation et d’exploitation agricole.
Les éléments qui composent les maisons paysannes obéissent à un même schéma fonctionnel. On trouve généralement un étage de soubassement faisant office de dépendance agricole: abri pour les animaux, réserve, emplacement pour une meule ou un pressoir, cave. Celui-ci ne communique pas avec le rez-de-chaussée surélevé de l’habitation proprement dite auquel on accède soit de plain-pied grâce au dénivelé du terrain, soit par un escalier extérieur auquel s’ajoute parfois un perron (u scalonu) faisant la transition entre les espaces publics et privés. Les escaliers intérieurs n’apparaissent souvent que lors des remaniements que connaît la maison, reliant par exemple deux étages d’habitation lors d’une surélévation.
Jusqu’au XIXe siècle, de la modeste casetta au casonu plus imposant, les habitations font appel aux mêmes matériaux : le granite pour les murs, la tuile canal en argile pour la toiture.
Ces maisons sont de forme rectangulaire, et leur toiture présente des pans légèrement inclinés qui débordent à peine des murs. L’appareil des murs est irrégulier et peut paraître rudimentaire: les pierres sont de dimensions variées et partiellement retaillées; elles ne sont pas vraiment jointives et sont parfois calées avec des éclats de petite taille (e scaglie), démontrant paradoxalement un certain art de l’assemblage. Les encadrements des baies et les chaînages d’angle sont les parties les plus soignées, pour lesquelles sont utilisées des pierres de plus grande dimension qui constituent souvent les seuls éléments décoratifs de la maison. Les fenêtres de l’étage noble des maisons de notables sont parfois encadrées de niches.
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