En s'abstenant lors du conseil de surveillance de la SNCM du 12 mai, les représentants de l'Etat ont décidé de lâcher le président du directoire, Marc Dufour, et de laisser l'actionnaire Transdev, filiale de la Caisse des dépôts et de Veolia Environnement, reprendre la maîtrise de la société. Le plan de redressement va être abandonné et l'avenir de la société de navigation est très sombre, Transdev n'ayant pas caché son intention de sortir de la SNCM.
Ces événements peuvent avoir de graves conséquences pour la Corse. Voici un florilège des principales réactions publiées sur les sites de "Corse-Matin", "La Provence" et "Corse net info".
"Une incohérence", a commenté Gérard Couturier, le président du conseil de surveillance
"C'est une haute trahison car on repart de zéro", déclare Robert Martinetti, à la tête d'un collectif d'entreprises sous-traitantes de la SNCM qui pèse plus de 1.200 emplois induits. "On a des entreprises qui réalisent d'importants chiffres d'affaires avec la SNCM et qui se retrouvent sans aucune garantie, sans aucune visibilité".
La sénatrice socialiste Samia Ghali y voit une décision "peu courageuse" de l'Etat et en appelle à François Hollande pour "sauver l'entreprise" et éviter le dépôt de bilan. "La SNCM, c'est des milliers de personnes qui vont se retrouver dans l'angoisse et le stress du chômage", dit-elle.
Pour Roland Blum, adjoint aux finances de la municipalité UMP de Marseille, l'Etat a pris une décision qui "était déjà acquise avant les municipales" de mars, ce qui n'a pas empêché le PS d'être sévèrement défait dans la deuxième ville de France. "Cet acte signe la disparition de la SNCM et, avec elle, la suppression de 4.000 emplois directs et indirects à Marseille", souligne-t-il. "Une fois de plus, le gouvernement a capitulé sous la pression de l'actionnaire majoritaire Transdev."
Même inquiétude chez les syndicats de la compagnie, qui qualifient aussi de "trahison" le revirement du gouvernement. "L'Etat choisit le scénario le plus dur pour la SNCM et laisse la main à Transdev qui n'a qu'une idée en tête, mettre la SNCM en liquidation", affirme le représentant CFE-CGC des cadres et des officiers, Pierre Maupoint de Vandeul.
"On veut que Manuel Valls, Ségolène Royal et François Hollande lui-même sortent de leur silence sur ce dossier et ne plus se contenter d'être dans le déni", dit le délégué CFE-CGC de l'entreprise, Maurice Perrin. "Si une décision du démantèlement de la SNCM a été prise, qu'ils nous le disent."Ce qui s'est passé est le symbole de l'impuissance en politique".
Pour Frédéric Alpozzo, délégué CGT-Marins c'est très clair : "C'est un choix politique et économique du gouvernement pour faire place libre à Corsica Ferries". Et de rappeler que le conseil de surveillance n'a "pas proposé de solution de financement pour les bateaux ni de mise en œuvre du plan industriel à long terme".
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