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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 23:25
Dimanche 7 février, aura lieu la 24ème édition d'A Tumbera à Renno.

Créée en 1986, cette foire a pour ambition de promouvoir et de transmettre les savoir- faire de la charcuterie traditionnelle. Chaque année, les visiteurs peuvent retrouver le goût authentique des produits consommés pendant la période d’abattage.

A Tumbera di Rennu propose, dans une ambiance chaleureuse, autour d’un repas pris dans la salle des fêtes du village, des animations qui attirent de nombreux visiteurs, producteurs et artisans.
Le programme de l'édition 2010:
- 10 h 30: messe à la chapelle St Roch
- 11 h: démonstration de cuisine par "Cucina corsa"
- midi: repas traditionnel (pulenta géante avec brocciu et figatelli) dans la salle municipale

- 14 h 30: découpe du porc et mise aux enchères des morceaux
Animation musicale permanente.
Voilà l’occasion pour les éleveurs-charcutiers de la région de démontrer leur savoir-faire. Et pour les visiteurs de faire provision de fameuses charcuteries régionales.
Renseignements:
Comité de Foire A Tumbera
Mairie – 20160 Renno
Tel : 04.95.26.65.35
Fax : 04.95.26.63.42

Pourquoi la foire a-t-elle lieu à cette date et pourquoi ce nom?
L’intitulé de la foire, «A Tumbera», désigne la période d’abattage qui couvre traditionnellement de la fin de l’automne à l’hiver.
Sur son site "cuisine et tradition corse" hébergé par le GIE Taravo, Félicienne Ricciardi-Bartoli, qui a écrit plusieurs livres sur le sujet, donne de précieux renseignements que nous reproduisons ici. Ils correspondent bien à ce qui se passait à Poggiolo comme ailleurs.

foire de rennoDans toute l'Europe chrétienne, la fin du carême de l'Avent signe la reprise de l'alimentation carnée, selon des modalités, qui pour être diverses, n'en ont pas moins un caractère obligé.
La Tumbera se faisait la veille ou quelques jours avant Noël. Dans un passé récent, on célébrait encore, dans la plupart des villages, la fête traditionnelle de la tuaison du cochon, chair indubitablement chrétienne, car interdite aux juifs et aux musulmans.
La coutume fixait les règles informelles de cette tuerie. Voisins et parents s'entendaient pour échelonner la mise à mort., chacun se rendant chez l'autre à tour de rôle. La bête était tuée et découpée par les hommes, les entrailles préparées par les femmes. Il fallait se réunir et s'entraider pour terminer rapidement les parties altérables. L'abattage était rapidement suivi par la préparation des abats et du sang. Suivaient ensuite les diverses autres charcuteries.
Avec les cuisses et les épaules du porc, on fait les jambons «i prisutti». Les filets de devant donnent «i lonzi», ceux de l'échine «a coppa». La poitrine «a panzetta», le cou «a guletta»,  la bajoue «a gulagna" comme les autres charcuteries sont salées, séchées et fumées.
Le foie du porc n'est pas transformé en pâté comme cela se fait ailleurs, mais se conserve sous forme de saucisses salées et fumés, tels que les figatelli, ou fittoni. Le Gialaticciu, après cuisson, peut se conserver quelque temps dans du saindoux.
Tripes, boudins et pâté de tête doivent être consommés rapidement.
Une partie du lard est transformé en saindoux «ou struttu». Avec l'enveloppe graisseuse des rognons et du péritoine, on obtient «l'asciunga», une graisse plus fine employée dans la pâtisserie.
Rompant le carême, les boudins, les figatelli et le ghialaticciu étaient consommés après la Vigile de Noël. Avant cette date, toute nourriture carnée étant jadis prohibée :

"A chi manghia carne
a vigilia di Natali
corpu di lupu
è anima di cane".






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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 23:09
    Il a pu paraître curieux que, voici une semaine, des cérémonies aient été célébrées, comme à Guagno-les-Bains, pour un saint Antoine que l'Eglise officielle a mis de côté (voir l'article du 14 janvier). 
    Mais il ne faut pas oublier l'importance qu'il avait pour la société agro-pastorale que la Corsebénédiction cochons a longtemps été.
    Ce saint, souvent représenté habillé de la robe à capuchon des moines, est pratiquement toujours accompagné d'un cochon car il guérit un jour le petit malformé d'une truie par un simple signe de croix. Il était donc souvent invoqué pour guérir les animaux et dans certains villages le curé allait jusqu'à bénir les troupeaux.
    Certains historiens, plus prosaïques, prétendent bien que les monastères antonins élevaient des porcs qui se distinguaient par leur clochette (autre attribut de saint Antoine). Mais faut-il les croire?
    D'autre part, plusieurs dictons mentionnaient ce saint car sa fête de la mi-janvier coïncidait avec certains moments du calendrier agricole. En voici trois. Peut-être peuvent-ils encore servir...


1 - Sant'Antone
Di mezu ghjennaghjuSt-Antoine-Abbe
Stacca l'gnellu
E face u casgiu.
(Saint Antoine
De la mi-janvier
Sépare l'agneau

Et fait le fromage.)


2 - In Sant'Antone
Di mezu ghjennaghju
Luce u sole
Per ogni vallaghju.
(A la Saint-Antoine
De la mi-janvier
Le soleil brille
Dans tous les vallons.)


3 - In Sant'Antone
Di mezu ghjennaghju
Ghjunghje u sole
In ogni ghjallinaghju.
(A la Saint-Antoine
De la mi-janvier
Le soleil arrive
Sur chaque poulailler.)

 

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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 23:36

St Antoine des Bains


    Un petit coup d'oeil au calendrier suffit pour être troublé. Dimanche 17 janvier est signalé comme étant la sainte Roseline. Pourtant, des offices religieux sont prévus en l'honneur de saint Antoine. Et, d'autre part, les paroisses dédiées à saint Antoine de Padoue organisent toujours leur fête le 13 juin. Alors, où est la vérité?
clocher St Antoine
    Le saint Antoine qui est le patron de Cargese, Piana, Marignana et Guagno-les-Bains n'est pas le même. Il s'agit de saint ANTOINE LE GRAND, né vers 251 et mort vers 356 (à 105 ans). Ermite de Haute-Egypte vivant au désert, les abondants récits de ses guérisons miraculeuses expliquent les nombreux lieux de dévotion qui lui furent consacrés. Mais sa célébrité souffrit  de la popularité de saint Antoine de Padoue avec lequel on le confondit souvent. Et, en plus, l'Eglise a transformé son calendrier pour mettre en avant sainte Roseline, tout en laissant Antoine le Grand à la même date.
    Au XVII° siècle, les couvents de moines hospitaliers préparaient pour le 17 janvier une grande quantité de pains qu'ils distribuaient aux pèlerins venus faire leurs dévotions à saint Antoine. La coutume a persisté jusqu'à maintenant.
Pour suivre la tradition, rendez-vous dimanche 17 janvier à la chapelle Saint Antoine de Guagno-les-Bains. Messe à 15 h par le Père GIORGIO.
    Des détails sur la popularité de saint Antoine en Corse se trouvent à l'adresse:
http://www.curagiu.com/saintantoine.htm

    

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9 janvier 2010 6 09 /01 /janvier /2010 23:45
Chant immémorial, généralement à trois voix, la "paghiella" était caractérisée par un répertoire différent dans chaque vallée de la montagne corse . La piéve de Sorru in Sù avait ainsi ses propres chants mais peu ont subsisté jusqu'à nous.
Il semble que la seule œuvre disponible soit "Addiu, O Soccia", enregistrée en 2002 par Diana di l'alba et en octobre 2009 par A Cumpagnia.
Cette paghiella a la forme traditionnelle d’un quatrain d’heptasyllabes dont les deux derniers vers sont toujours bissés. Le thème est celui de la "partenza", du départ, vraisemblablement pour accomplir le service militaire loin de la Corse.
 Paghjellaghji couleur
Ses quatre strophes permettent de voir l'éloignement progressif du chanteur:
   - La première évoque Soccia.
   - La seconde est consacrée à Saint Marcel, à mi-chemin de Soccia et Poggiolo, là où se trouve une source et où a été maintenant placé un héliport pour les pompiers et secouristes.
    - Dans la troisième, le héros arrive à Poggiolo.
   - La quatrième est celle où il arrive au bateau qui l'emmène loin de sa terre familiale et de sa bien-aimée.
Voici le texte corse tel qu'il est publié par Wikipedia:
Addiu o Soccia

Addiu addiu o Soccia
L'umbriccia è lu paese
Addiu donne succese
Mi n'aghju da andà.

Quandu partu da A Soccia
Passu per San Marcellu
Faccia ti à lu purtellu
Per vede mi passà.

Quandu partu da A Soccia
Passu per U Pighjolu
Un ci hè chè Diu solu
Per pudè mi parà.

Quandu serò luntanu
Davanti à i bastimenti
Mi crepu da lu pientu
Sempre pinsendu à tè.


En voici une traduction française:
 Adieu Soccia

Adieu, adieu, Soccia,
Lumbriccia et u Paese,
Adieu, femmes socciaises,
Je n'ai qu'à m'en aller.

Quand je pars de Soccia,
En passant par Saint Marcel,
Mets-toi à la fenêtre
Pour me regarder passer.

Quand je pars de Soccia
Je passe par Poggiolo
Où il n'y a que Dieu seul
Qui pourrait m'en empêcher.

Quand je serai loin
Devant les bateaux,
Je meurs de mes plaintes
Toujours en pensant à toi.

Petite remarque: dans le deuxième vers de la première strophe,  les mots "Lumbriccia" et "u Paese",  sont les noms de deux quartiers de Soccia. "L'umbriccia" signifie "l'ombre" (car cette partie du village est du côté de l'ombre, de l'ubac). "Paese" veut dire "village". La traduction de ce vers pourrait être "l'ombre et le village" mais cela n'aurait pas de sens.
La vidéothèque poggiolaise vient de mettre en ligne un film illustrant ce chant (avec la version Diana di l'alba). Pour le voir (et l'écouter), cliquez sur le titre ci-dessous:

 addiu o Soccia


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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 11:35
En été, après avoir traversé le centre de Poggiolo, des voitures et des motos s'arrêtent en face du monument aux morts, là où se trouve une fontaine. Les conducteurs demandent: "Madame, elle est potable, cette eau?".  Et la dame voudrait leur dire, leur crier même: "Nos vieux l'ont toujours bue et nous aussi et, ma foi, nous ne nous portons pas trop mal".
U Lucciu
Ces lignes sont une très libre adaptation d'un passage du texte donné par Marie-Ange PAOLI à "L'Info U Pighjolu" d'août 2007 et consacré à la fontaine du Lucciu.
Depuis maintenant 112 ans, au bord de la route, un peu plus haut que la croisée avec la stretta, juste après le bar du Belvédère, l'eau coule pour étancher la soif des Poggiolais et des gens de passage. Bien sûr, depuis quarante ans, l'eau coule directement dans les robinets de chaque maison et la fontaine est peu fréquentée.
Elle a pourtant été très longtemps le lieu le plus animé du village.
Lucciu 50-60
La fontaine permettait de rafraîchir les hommes qui rentraient des travaux des champs et des jardins. 
Chaque jour, surtout le matin, les femmes y allaient remplir  leurs récipients.
Luccio 50
Les  jeunes  participaient à la tâche, y compris  les petits-enfants  venus du continent pour les vacances. Mais  peu rechignaient vraiment car "aller à la fontaine" avait des avantages. Les vieilles s'échangeaient les derniers potins sur les faits et gestes de chacun, y compris sur les excentricités nocturnes des jeunes.
seau
bien-habill-s.jpg

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Les dits jeunes y voyaient un moyen de se rencontrer et de  préparer les occupations de la journée. Et on prenait son temps car on pouvait toujours prétexter qu'il y avait beaucoup de monde.
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MF brocs

La fontaine servait même la nuit ou au petit matin quand certains, revenant d'une soirée assez alcoolisée dans la "boîte" des frères DEMARTINI à Soccia ou au "Robinson" de Saint Marcel, avaient besoin de retrouver quelque lucidité avant de monter les marches en bois grinçantes de la maison familiale.
FO au Lucciu
Quel est le passé de cette fontaine?
Elle porte en façade la date de 1898. Mais il en était question bien avant.
Dans sa séance du 24 août 1872 après-midi, le Conseil Général de la Corse avait entendu la lecture du rapport de COLONNA d'ISTRIA, rapporteur de la Commission des vœux et pétitions. La création d'une fontaine à Poggiolo était mentionnée comme 29° des 36 voeux énoncés. Même si le Conseil donna son accord à toutes ces demandes, les affaires n'avancèrent pas vite.
conseil général 1872
Archange COLONNA livre de nombreux et précis renseignements dans le numéro de juin 2007 de "L'Info U Pighjolu":
"Cette fontaine  a été cédée au village, pour un usage strictement domestique, par la famille de feu MARTINI Pierre dit "Pitricone". Le trop-plein est destiné à l'arrosage exclusif des jardins familiaux, sis en contrebas et désignés sous l'appellation "U Luccio".
fontaine gauche
A cet effet, une citerne de stockage a été creusée en bordure de la route "U Chitaronu". En aucun cas, le cours de cette eau ne peut être dévié à d'autres usages.
Les descendants de feu MARTINI Pierre sont représentés à ce jour par les familles: COLONNA, VALENTINI, TOMASI, PASSONI, MARTINI. Feu MARTINI Pierre a également fait don à titre gracieux d'une parcelle de terrain pour l'édification du monument aux morts de la commune."
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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 20:00
 C'est ce joli titre que Paul SILVANI a donné à sa chronique historique du 11 décembre Paul silvanidernier dans "La Corse-Votre hebdo". Il évoque l'époque où "l'île était dépourvue de chemins carrossables, c'est-à-dire il y a encore un peu plus de deux siècles" et où "elle l'était également de fontaines publiques". Il ajoute que "c'était l'époque où les femmes allaient chercher l'eau avec leur "tinelle" ou leur "secchje" en bois, qu'elles portaient sur la tête équilibrées par la "capitala", le tissu enroulé grâce auquel elles ne se blessaient pas".
Mais le corps de l'article est occupé par l'évocation du programme de construction de fontaines sur les routes engagé au XIX° siècle, surtout par la III° République. La cause première en était la nécessité d'avoir des points d'eau réguliers sur les routes nouvellement percées pour abreuver, non pas les humains mais les animaux qui tiraient diligences et cabriolets.
Paul SILVANI publie ainsi le rapport écrit (avec une faute de frappe sur la couverture: PRÉEET au lieu de PRÉFET)
en 1888 par l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées au
N5551914 JPEG 2 2DM.jpegPréfet à l'occasion de la séance du Conseil Général. En réalité, ce document est signé par "A. FOUAN, ingénieur ordinaire, pour l'ingénieur en chef absent".
Nous apprenons ainsi (pages 63 et 64) que l'actuel canton des Deux Sorru a été concerné en 1887 par "Le captage d'une source située dans la commune de Murzo et son transport sur les bords de la route départementale n°1, à la borne 8 km 100. Au point qui est situé à peu près à moitié de la distance de Vico à l'établissement thermal de Guagno, on a placé une petite fontaine rustique avec abreuvoir pour les animaux." M. SILVANI omet de recopier la phrase qui suivait et qui nous intéresse particulièrement: "Cette fontaine rend aux nombreux voyageurs qui vont aux Bains de Guagno des services très appréciés". Nous avons ainsi confirmation que les cures de Guagno-les-Bains avaient alors un grand succès.

De Sagone aux Bains, en dehors des fontaines villageoises, il existe trois points d'eau au bord de la route: deux dans la montée du col de Saint Antoine (dont le plus visible est celui montré par la photo ci-dessous) et un (celui édifié en 1887) dans la montée du col de Sorru.
fontaine route
Ces fontaines ne servent plus beaucoup aux animaux mais elles sont bien agréables pour les randonneurs ou même pour les conducteurs d'automobiles qui, en plein été, peuvent se rafraîchir et faire une pause, surtout quand ils ont des enfants en bas âge qui trouvent toujours les trajets trop longs!
A la fin de sa chronique, Paul SILVANI estime qu'il faudrait réhabiliter toutes "ces fontaines dont l'utilité s'est révélée incontestable". Très certainement.
Il est dommage que M. SILVANI termine de façon polémique en écrivant que "ces temps (...) n'étaient guère idylliques, contrairement à ceux qui croient encore (ou toujours) au paradis perdu..."
Il est certain que, dans les villages, il fallut bien du temps pour avoir l'eau au robinet et beaucoup se souviennent des corvées quotidiennes qui sont évoquées dans un film de la vidéothèque poggiolaise. Pour le visionner, cliquez sur la photo.

seau
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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 20:19

 Parmi les productions gastronomiques corses, on cite rarement la bastelle alors qu'elle est  de consommation  courante, notamment dans les Deux Sorrù. Une bastelle est un délicieux chausson aux oignons, aux blettes ou à la courge (il en existe aussi à la pomme de terre) et au brocciu. La recette complète peut être lue ICI.

Si la bastella se déguste maintenant toute l'année et se trouve facilement dans les deux boulangeries de VICO, la tradition est d'en fabriquer à la Toussaint. En dehors des Deux Sorru, elle est appelée scaccia et elle parsemée de raisins secs.

A Bastia, on confectionne pour la Toussaint, un gâteau particulier, en forme de S (puisque c'est le gâteau d'I Santi), de 20 à 30 centimètres de long, la Salviata. Il est fait à base de farine de blé, d'œufs, de beurre, de liqueur d'anis et de sucre.

Pourquoi ces gâteaux de la Toussaint que l'on s'échange et que l'on mange en famille?


L'origine de ce "pain des morts" (bastella di i morti) est racontée dans la légende suivante (extraite de "L'almanach de la mémoire et des coutumes" de Claire TIEVANT et Lucie DESIDERI, Albin Michel, 1986):
Un soir du 2 novembre, un homme, passant à cheval près de la sépulture commune (l'arca) (1) d'un village, entendit les voix des défunts de sa famille. Ils se plaignaient de n'avoir eu que très peu comme repas: une corbeille de châtaignes, une gourde de vin, un croûton de pain noir... Arrivé à destination, le cavalier jura que chaque année, à cette date, il ne manquerait pas de donner aux pauvres et à chaque famille du village une belle fougace (scaccia). Ainsi, morts et vivants seraient  rassasiés.
(1) l'arca fera l'objet d'un prochain article sur ce blog


Cette année, à Poggiolo, rien n'est organisé car la construction du four décidée par la mairie en juillet dernier n'est pas encore achevée.
Mais, en 2008, les Poggiolais s'étaient regroupés pour préparer en commun les bastelle et pour les faire cuire dans le four de Philippe et Hélène DUBREUIL (un diaporama sur les fours poggiolais a été publié dans l'article "Du four au moulin").
L'an dernier, Thierrry CALDERONI a fait sur la fabrication et la cuisson des bastelle un superbe reportage diffusé en deux films sur internet (et qui ont été cités sur plusieurs sites comme "cuisine corse" ou comme favoris par André GARDELLA).
 Regardez-les:


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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 00:36
Il n'y a rien de plus énervant pour un Méditerranéen que de voir, à la veille de la Toussaint, l'invasion des objets, décorations et déguisements d'Halloween, ce rite anglo-saxon que nous n'avons pas à imiter servilement. Heureusement, la quincaillerie halloweennienne est en retrait depuis deux ans car elle ne correspond pas à notre mentalité.
Il n'est cependant pas question de nier qu'il existe en Corse des coutumes liées à cette époque de l'année.

Dans la tradition insulaire, les défunts tiennent une place considérable et interviennent même en cas de danger.

En 835 sur l'ordre de Louis le Pieux, fils de Charlemagne, la fête de la Toussaint, qui existait déjà à Rome, fut instituée en France. C'est une fête au profit de tous les martyrs et de tous les saints, inscrits ou non au calendrier. En 1580 le pape Sixte IV  fait de la Toussaint  une grande fête chrétienne, mais c'est seulement Pie X (mort en 1914) qui fait de cette célébration une "fête d'obligation", c'est à dire une fête ou on est obligé d'assister à la messe.
Mais la Toussaint est victime de sa proximité avec le 2 novembre.

Le 2 novembre est à la fois une journée de commémoraison et une journée d'intercession.  On pense à tous ceux qui nous ont quittés et qu'on n'oublie pas. On prie pour eux, car ils ont besoin d'une purification pour être pleinement avec Dieu. Notre prière peut les aider dans leur épreuve de purification, en vertu de ce qu'on appelle "la communion des saints". La communion des saints, c'est la communion de vie qui existe entre nous et ceux qui nous ont précédés. Il y a, dans le Christ une solidarité.
Le sens du jour des morts est donc très différent de celui d'Halloween.

Pour  la Toussaint, qui est encore dans l'île, au sens antique du terme, la Fête des Morts, la nuit, les morts sont supposés revenir dans les lieux qu'ils ont habités. Il leur fallait alors absolument trouver cette demeure en l'état ou ils l'avaient laissée et la table mise.

Ce soir-là, on mettait donc leur couvert. En règle générale, avant d'aller se coucher, on posait sur la table, ou sur le rebord de la fenêtre, un pain et de l'eau, ou du lait et des châtaignes. Mais, dans certaines familles, on servait le rôti dans les assiettes, tout comme si les morts allaient arriver pour partager le repas. Le lendemain matin on interprètait les traces laissées dans la cendre du fucone (foyer) et la famille mangeait les plats ainsi préparés.

La coutume s'est maintenue, aujourd'hui encore, on fait des gâteaux, bastelle ou sciacce, que l'on distribue aut
our de soi, chacun les offrant aux voisins et amis "pour ses morts".

Une autre coutume de ce jour particulier voulait que, la nuit de la Toussaint, les jeunes gens du village montent au clocher de l'église et fassent sonner les cloches à toute volée (la pratique a perduré dans le Niolu jusqu'à la Seconde Guerre mondiale).

Cette communion avec les disparus prenait une grande force poétique :
Ainsi, le soir de la Toussaint, on va fleurir les tombes, mais surtout les éclairer avec des lumières rouges dont la flamme résiste aux intempéries. A l'époque où dans un village il n'y avait pas toujours de cimetière et où chacun enterrait les siens dans son propre champ, on voyait toute la campagne illuminée par des centaines de petites flammes vacillantes, comme vivantes.
Croix du Fragnu éclairée le soir (photo de Dominique ANTONINI-LIARD)


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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 01:18
La polenta ou "pulenta", de châtaigne se substituait jadis souvent au pain. C'est une bouillie que l'on confectionne avec de la farine de châtaigne et que l'on mange en tranches chaudes ou revenues à l'huile, voire grillées.
La préparer est tout un art que nos ancêtres se transmettaient de génération en génération. Ces traditions ne devant pas disparaître, Jean-Silius PAOLI, qui a travaillé sur ces questions et qui a recuelli les savoir-faire familiaux, a très volontiers accepté la proposition des CALDERONI. En août dernier, il a réalisé une démonstration qui a été photographiée par Joël.
Nous vous offrons le diaporama qui en est résulté. En souhaitant que chacun applique  ces conseils.



Si vous suivez bien la leçon de Jean-Silius, vous n'aurez pas le résultat évoqué par Alphonse DAUDET dans "Les Contes du Lundi":
<< La côte corse, un soir de novembre. - Nous abordons sous la grande pluie dans un pays complètement désert. Des charbonniers lucquois nous font une place à leur feu ; puis un berger indigène, une espèce de sauvage tout habillé de peau de bouc, nous invite à venir manger la polenta dans sa cabane. Nous entrons, courbés, rapetissés, dans une hutte où l'on ne peut se tenir debout. Au milieu, des brins de bois vert s'allument entre quatre pierres noires. La fumée qui s'échappe de là monte vers le trou percé à la hutte, puis se répand partout, rabattue par la pluie et le vent. Une petite lampe - le caleil provençal - ouvre un oeil timide dans cet air étouffé. Une femme, des enfants apparaissent de temps en temps quand la fumée s'éclaircit, et tout au fond un porc grogne. On distingue des débris de naufrage, un banc fait avec des morceaux de navires, une caisse de bois avec des lettres de roulage, une tête de sirène en bois peint arrachée à quelque proue, toute lavée d'eau de mer.
La polenta est affreuse. Les châtaignes mal écrasées ont un goût moisi ; on dirait qu'elles ont séjourné longtemps sous les arbres, en pleine pluie. Le bruccio national vient après, avec son goût sauvage qui fait rêver de chèvres vagabondes... Nous sommes ici en pleine misère italienne. Pas de maison, l'abri. Le climat est si beau, la vie si facile ! Rien qu'une niche pour les jours de grande pluie. Et alors qu'importe la fumée, la lampe mourante, puisqu'il est convenu que le toit, c'est la prison et qu'on ne vit bien qu'en plein soleil ? >>

Quant à l'opinion (non étayée) d'un article paru en 1893 dans le
 Bulletin de la Société de géographie de Tours, il vaut mieux  oublier son auteur.



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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 07:45
Le jour de la fête de saint Roch, à savoir le 16 août,  est un des points d'orgue de l'année à Poggiolo.
C'est un moment de religiosité mais aussi de marque d'attachement à la tradition et d'occasion de rassembler la communauté poggiolaise.
Après la messe, la statue du saint est sortie de la chapelle qui lui est dédiée, au centre du village, pour une procession. Le trajet a varié certaines fois mais il consiste le plus souvent à descendre la stretta jusqu'à la route départementale, puis à suivre celle-ci pour retrouver la stretta et terminer la boucle à la chapelle.

Saint Roch était originaire de Montpellier mais il est très honoré en Corse et dans tout le bassin méditerranéen (les pages qui lui sont consacrées sur internet sont innombrables) car il est invoqué pour combattre la peste et les épidémies. Sera-t-il utile contre la pandémie de grippe qui est annoncée par tous les médias?
Pour connaître la vie du saint, cliquez ICI ou LÀ.
La procession va au rythme des
porteurs du brancard auquel la statue est attachée (et qui doivent bien sûr se relayer régulièrement) pendant que l'on récite des prières ou que l'on entonne l'hymne de saint Roch. Le trajet est ponctué par plusieurs haltes où ont lieu des lectures.
Un reportage de cette procession a été mis en ligne et il peut être consulté ci-dessous.

L'hymne à la Vierge conclue toute cérémonie importante à Poggiolo comme dans chaque village corse.

Obligatoirement, un apéritif est nécessaire pour se reposer et prolonger la journée par un moment plus convivial.


Les reportages sur les Saint Roch de 1995, 1997, 2000, 2001, 2003 et 2008 sont disponibles sur la
VIDÉOTHÈQUE POGGIOLAISE.

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

La vidéothèque poggiolaise

La vidéothèque poggiolaise
Les films et les photos de famille et de vacances deviennent tous, au bout de quelques années, des documents historiques  qui montrent comment les diverses générations ont vécu.
Plusieurs films des décennies 60 et 70 à Poggiolo sont visibles sur DAILYMOTION (http://www.dailymotion.com/michelfran).
Cherchez dans vos greniers si vous n'avez pas des documents à faire connaître à la communauté poggiolaise.

Recherche

qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Le calendrier poggiolais

Samedi 16 septembre:

Messe à POGGIOLO à 17 h.

Dimanche 24 septembre: foire du miel à Murzo.

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

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