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3 mars 2018 6 03 /03 /mars /2018 17:59
Les douze merveilles de Poggiolo: de 1 à 6

Ne soyons pas modeste. Quand on est à Poggiolo, on peut voir douze merveilles. 

 

 

Pour les découvrir, l'idéal serait d'installer un sentier de découverte comme le sentier d'interprétation de Letia, décrit dans un article précédent (le revoir en cliquant ici).

On pourrait imaginer un circuit dans le village avec, à chaque station, un panneau présentant la tradition ou le fait historique lié à cet endroit.   

Bien sûr, il est toujours facile de lancer une idée. Elle ne peut être crédible que si elle est précisée. Où seraient disposés ces panneaux? Existe-t-il à Poggiolo des lieux vraiment intéressants?

Voici donc une liste de douze propositions, liste qui peut tout à fait être critiquée mais qui est une base de départ. Autant que possible, il est fait référence à des articles déjà parus dans ce blog.

 

Comme il faut bien démarrer de quelque part, imaginons d'aller de bas en haut.

 

En marche pour les douze merveilles de Poggiolo!

 

 

Station 1: la piazza Inghjo.

Les douze merveilles de Poggiolo: de 1 à 6

Sur cette place, repose depuis longtemps une roue de moulin. Elle servirait de base à une présentation des moulins d'autrefois, de leur activité et de leurs emplacements. 

 

 

 

Station 2: la chapelle St Roch

Les douze merveilles de Poggiolo: de 1 à 6

On expliquerait la raison de son édification (le meurtre commis en 1634 dans l'église St Siméon et sa désacralisation) et on évoquerait l'importance du culte de saint Roch dans le village et dans toute la Corse.

Meurtre de 1634: voir l'article Du sang à Sorru in Sù. N°1: DU SANG À ST SIMÉON

 

 

 

Station 3: l'ancien café St Roch

Les douze merveilles de Poggiolo: de 1 à 6

A partir de cette porte, rien de plus facile que de donner la liste des bars qui ont existé au village et d'insister sur leur rôle dans la sociabilité villageoise.

Voir les articles : 

Anciens et nouveaux bars

La Liberté était à Poggiolo

Le café de la ruelle derrière St Roch

Après le café oublié, le café caché

Le bar des fauchés

 

 

 

Station 4: maison Ceccaldi

Les douze merveilles de Poggiolo: de 1 à 6

La maison de Valère est choisie car elle est au bord de la route, visible pratiquement sur toutes ses faces et en bon état. Mais elle fait partie de la même catégorie que la maison de Marione, la maison Martini ou la maison de Bernard Franceschetti, c'est-à-dire des maisons de notables construites fin XIXème siècle.

Elles ont souvent une petite place devant l'entrée, une double porte surmontée d'une imposte et deux étages dont le premier (et ici le second également) est pourvu d'un petit balcon.

Leur positionnement s'explique par la création, à cette époque-là, de la route départementale.

 

 

 

Station 5: le monument aux morts

Les douze merveilles de Poggiolo: de 1 à 6

Ce monument rappelle la mortalité de la guerre de 1914-1918, qui a plus particulièrement frappé notre canton par rapport à d'autres parties de la Corse.

Des éléments sur la vie et la mort de certains des trente Poggiolais tombés pendant la Grande Guerre pourraient être racontés. Voir l'article Ils étaient trente Poggiolais.

Il ne faudrait pas oublier les disparus de la seconde guerre mondiale et de la guerre d'Indochine.

D'autre part, les noms gravés sur la pierre permettent de connaître les noms de famille les plus courants de cette époque.

Enfin, la vue sur la pente de la vallée du Fiume Grosso montre des vestiges des cultures en terrasse. Il faudrait insister sur le fait que tous les terrains étaient cultivés et que les Poggiolais étaient plus cultivateurs qu'éleveurs.

Les douze merveilles de Poggiolo: de 1 à 6

 

 

 

Station 6: la fontaine du Lucciu

Les douze merveilles de Poggiolo: de 1 à 6

Elément indispensable à la vie du village jusqu'à l'installation de l'eau courante en 1967-1968.

Voir l'article U Lucciu est toujours là.

 

 

Alors, existe-t-il, oui ou non, de la matière pour organiser un circuit de découverte des merveilles de Poggiolo?

Et ce n'est pas fini...

 

(à suivre)

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7 janvier 2018 7 07 /01 /janvier /2018 17:42

 

En dehors de l'armistice de 1918, quel est l'événement important de l'histoire de Poggiolo dont 2018 sera l'anniversaire?

 

Telle était la question posée pour ce début d'année. 

Comme nous sommes en 2018, il faut trouver un fait qui se soit produit pendant une année se terminant par le chiffre 8.

Or, une date est visible de tous sur le bord de la route: 1898. Elle est gravée sur la fontaine du Lucciu et indique l'année de construction du monument. C'était voici 120 ans.

La solution à la première devinette de 2018

Cette inauguration permit aux Poggiolais de bénéficier d'une eau abondante, régulière et facile à aller chercher. La fontaine remplit bien son office jusqu'à l'installation de l'eau courante dans les maisons en 1968. Tiens, un autre anniversaire, le cinquantième dans ce cas-là!

 

Ce cent-vingtième et ce cinquantième donnent largement prétexte à une commémoration que le comité des fêtes ou la mairie pourrait organiser cet été. Pourquoi ne pas organiser une journée de l'eau?

On pourrait y évoquer le rôle des anciennes rigoles d'arrosage. Le souvenir de la station thermale de Guagno-les-Bains pourrait même être associé.

 

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L'histoire et l'importance de la fontaine ont été racontées dans les deux articles suivants:

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3 janvier 2018 3 03 /01 /janvier /2018 18:01
Deux livres pour se souvenir des poilus corses

L'année 2018 verra se succéder de nombreuses initiatives consacrées au centenaire de la fin de la première guerre mondiale.

Une des toutes premières sera, à Marseille, le rendez-vous littéraire organisé sous l'égide de l'association généalogique R.F.H.C. (Recherche sur l'Histoire des Familles Corses) le samedi 13 janvier à la Maison de la Corse (69 rue Sylvabelle).

 

Geneviève DELCHIAPPO présentera:

- "Du deuil à la mémoire: les monuments aux morts de la Corse (guerre 1914-1918)" de Jean-Paul PELLEGRINETTI et Georges RAVIS-GIORDANI

- "Pensez à nous dans vos fêtes du cœur! Roman d'un poilu corse" de Marie GUERRINI.

Deux livres pour se souvenir des poilus corses

Du premier, devenu ouvrage de référence pour l'étude de l'impact de la première guerre mondiale sur la Corse, nous pouvons citer la quatrième de couverture:

"La guerre de 14-18, dite la Grande, bien que se déroulant à plusieurs centaines de kilomètres de l’'île, y a pourtant décimé la population masculine. Le contingent d'insulaires fut proportionnellement un des plus importants et le nombre de morts au champ d'honneur certainement en rapport. Dès 1919, l'île, suivant en cela un mouvement national, vit ériger les premiers monuments du souvenir dédiés «aux morts». De nombreuses années durant, les souscriptions, les projets, les cérémonies inaugurales puis annuelles, furent l'objet, parfois l'enjeu des activités sociales villageoises. Aujourd'hui, quasiment aucun village qui ne possède son monument aux morts, sur lesquels sont venus s'ajouter les noms des victimes des guerres suivantes, de 39-45, coloniales, d'Indochine, d'Algérie…. Aucun de ces monuments, idéalement placés au centre du bourg, qui ne voient passer la population désormais indifférente ou presque."

 

 

Important: pensez à signaler à l'animateur de ce blog tout document concernant les Poggiolais pendant la Grande Guerre.
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10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 12:00
Rendez-vous au monument aux morts

Angèle PINELLI, maire de Poggiolo, et son conseil municipal invitent la population de Poggiolo et de Guagno-les-Bains à participer le samedi 11 novembre à 11 heures à la cérémonie de commémoration de l'armistice du 11 novembre 1918, devant le monument aux morts de la commune.

Un apéritif offert par la municipalité suivra au bar "Le Belvédère".

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7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 18:02

Les caveaux privés paraissent être des vestiges d'une époque révolue.

Il est plus simple de mettre les cercueils dans le cimetière communal.

Pourtant, les trois caveaux privés qui ont déjà été présentés sur ce blog dans des articles précédents ne sont pas du tout abandonnés et ils ont servi voici peu de temps.

Aujourd'hui ou dans l'avenir, il n'est pas impensable qu'une famille décide la construction d'un quatrième caveau privé. Contrairement à ce que l'on croit souvent, chacun peut installer son propre caveau dans son domaine.

"Corse-Matin" a fort opportunément rappelé, le 1er novembre, les règles à suivre dans ce cas.

"En vertu de l'article L. 2223-9 du Code général des collectivités territoriales, toute personne peut être enterrée sur une propriété privée pourvu que cette propriété soit hors de l'enceinte des villes et des bourges et à la distance prescrite, soit 35 mètres de l'habitation la plus proche".

Les caveaux poggiolais sont bien hors de "l'enceinte" puisqu'il n'y en a pas. Le seul problème pourrait être pour le caveau PINELLI-VENTURINI-OTTAVY car il est proche de la maison CALDERONI. Mais les mesures réalisées montrent que la distance est de 45 mètres, donc tout à fait conforme à la loi.

Bientôt un quatrième caveau privé à Poggiolo?

L'article précisait qu'il fallait quand même une autorisation préfectorale après avis de "la commission compétente en matière d'environnement, de risques sanitaires et technologiques." Il reproduisait la mise en garde de la préfecture:

"une inhumation d'un cercueil ou d'une urne funéraire dans une propriété privée grève le terrain où se situe la sépulture d'une servitude perpétuelle de passage au profit des descendants du défunt".

Chaque descendant peut venir près du caveau, quel que soit son degré de parenté avec le propriétaire du terrain. Pour l'instant, ce n'est pas une difficulté pour les familles des trois caveaux. Mais qu'en sera-t-il dans une ou plusieurs générations, quand le nombre de descendants aura augmenté?

Le problème est même aigu pour le cimetière privé qui est au-dessus de l'église. Il a recueilli des corps de plusieurs familles et, maintenant, les MARTINI, DEMARTINI, CALDERONI, FRANCESCHETTI, et d'autres encore, ont parfaitement le droit d'y entrer.

Mais à qui revient l'entretien? A toutes ces familles ou au seul propriétaire du terrain (d'ailleurs, qui est-il?)? La mairie, qui a, certaines années, opéré un débroussaillage, peut très bien ne pas s'en occuper.

Il faut réfléchir à tous ces éléments avant d'engager la construction du quatrième caveau privé.

 

entrée du cimetière privé

entrée du cimetière privé

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4 novembre 2017 6 04 /11 /novembre /2017 18:00

Bien qu'ils ne soient pas nombreux, tout n'a pas encore été écrit sur les caveaux poggiolais privés et sur les familles qui les ont édifiés.

On voit de loin, en dessous de l'église Saint Siméon, la chapelle funéraire DESANTI-BARTOLI et le caveau PINELLI qui ont été présentés le 8 novembre 2016 dans l'article "Les caveaux poggiolais". 

Mais un peu plus bas, dans le même alignement, se trouve un troisième caveau, le caveau caché.

Le caveau caché

Ce caveau, de forme rectangulaire avec un fronton triangulaire, se trouve dans un petit espace clôturé et bien entretenu par la famille à qui il appartient.

Le caveau caché

Les arbres empêchent de le voir de loin.

Le caveau caché


Sur son fronton, sont inscrits les noms:

 

PINELLI

VENTURINI - OTTAVY

 

 

Le caveau caché

 

Ces noms expliquent la situation de ce caveau car ils sont apparentés à la famille CALDERONI dont la maison est à quelques mètres. 

Le caveau caché

La façade est divisée en six plaques.

Le caveau caché

A gauche, les plaques, anciennes, sont difficiles à déchiffrer. Elles concernent deux hommes.

En haut:

 Martin OTTAVY 

1890 - 1957

 

En bas: 

Marc Jean OTTAVY

mort au champ d'honneur 

le 19 - 11- 1944

à l'âge de 22 ans

 

Les circonstances de la mort de Marc Jean ont été publiées dans l'article "De l'Algérie aux rives du Doubs".

Chaque plaque est illustrée par une décoration en relief.

Pour Martin, il s'agit de la médaille militaire. Sur la plaque de Marc Jean, il y a la médaille militaire et la croix de guerre.

 

Le caveau caché

Martin OTTAVY était né à PHILIPPEVILLE, en Algérie, mais ses parents étaient nés à SOCCIA et se marièrent à PHILIPPEVILLE.

Il épousa Antoinette PINELLI, elle-même née à CONSTANTINE où ses parents, nés et mariés à POGGIOLO, s’étaient installés.

Marc Jean était leur fils. Ils ont eu également une fille prénommée Maryvonne qui est la mère de Joël et Hervé CALDERONI.

Dans la rangée de droite, les plaques sont plus récentes et les inscriptions dorées sont très lisibles.

En haut: 

OTTAVY Antoinette

née PINELLI

1897 - 1989

 

En bas:

Elisabeth VENTURINI

née PINELLI

1894 - 1996

 

La biographie d'Elisabeth VENTURINI a été racontée dans l'article intitulé "La plaque mystérieuse". Elle était la sœur d'Antoinette.

Le caveau caché

Devant le monument, est placé un marbre en forme de livre posé sur un lutrin. On peut y lire:

OTTAVY ANTOINETTE

           DE    CONSTANTINE

                 "ALGÉRIE"

 À   AJACCIO                                       

Le caveau caché

A la base du monument, en partie cachées par le livre, deux autres plaques se devinent aussi.

 

Le caveau caché

A gauche, on peut lire "A F PINELLI". Il s'agit d'Antoine François PINELLI, père d'Antoinette. Il est né à Guagno-les-Bains en 1864 et décédé à Poggiolo en 1944.

A droite, on arrive à déchiffrer "EMILE VENTURINI". Les restes du mari d'Elisabeth reposent ici. Il est né en 1879 à Nouméa et mort en 1939 à Poggiolo.

 

 

Avec l'inscription du livre d'Antoinette et celle de Marc Jean, ce monument résume bien l'histoire de nombreuses familles corses qui s'installèrent en Afrique du Nord et qui furent frappées par les guerres.

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31 octobre 2017 2 31 /10 /octobre /2017 18:08
Solution de la devinette du mois: encore une croix

 

Contrairement à ce que peut laisser croire la photo, cette croix n'est pas du tout sur un bâtiment religieux.

Elle est placée en haut d'une façade qui n'a pas d'autre décoration ni ouverture. 

 

Solution de la devinette du mois: encore une croix

 

Le mur surmonté par cette rosace est la face gauche d'un édifice devant lequel passent chaque jour plusieurs dizaines de personnes (et même plusieurs centaines en été).

 

Photo Google novembre 2008

Photo Google novembre 2008

 

Mais oui, il s'agit bien de la bâtisse, purement laïque et technique, qui  abrite antennes et réémetteurs et qui se trouve au bord de la route, aux Trois Chemins!

Il faut parfois savoir lever la tête.

​​​​​​​

 

Solution de la devinette du mois: encore une croix

 

Une question peut se poser: ce bâtiment porteur de croix est-il bien poggiolais? On sait que, depuis la fin du XVIIIème siècle, la limite entre Poggiolo et Soccia se place aux Trois Chemins. Mais où exactement?

Le problème est brouillé par le fait que des Socciais possèdent des terrains et que l'on croit souvent que ceux-ci se trouvent sur le territoire de la commune de Soccia. D'ailleurs, certaines cartes placent la frontière tantôt d'un côté, tantôt de l'autre côté de ce réémetteur.

Si nous faisons confiance au plan cadastral, nous pouvons voir, sur le site cadastre.gouv.fr, que l'emplacement de cet édifice correspond à la parcelle 918, qui est dans la commune de Poggiolo.

Cette croix est bien une croix poggiolaise !

 

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 17:47

La devinette du mois portait sur l'aspect physique de Jésus et plus précisément sur sa couleur de peau.

 

A Poggiolo, il existe un élément important concernant le possible aspect physique du Christ. 

En entrant dans l'église Saint Siméon, la première chapelle de droite abrite une peinture à huile sur bois de grandes dimensions. Elle représente une descente de croix ou plus exactement la déposition du Christ.

 

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Le corps supplicié posé sur le sol a bien la peau noire tout en étant de type européen. Ce noir, ou plutôt ce gris très foncé, renforce l'impression que la vie est partie et que la pourriture commence.

Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir

Sept autres personnages sont sur ce tableau, quatre femmes et trois hommes. Aucun n'est noir. Selon la tradition, les hommes sont Joseph d'Arimathie et Nicodème qui sont debout et l'apôtre Jean qui tient le cadavre par les épaules.

Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir

Parmi les femmes, Marie, la tête nimbée, a les mains jointes près de son fils. La femme dont on ne voit pratiquement que l'abondante chevelure est Marie-Madeleine. Ses cheveux sont dénoués en signe de repentir de la pécheresse. Les deux autres devraient être Marie Salomé, mère de Jean, et Marie Jacobé, mère de Jacques.

 

 Cette peinture très originale est signée, datée et même localisée par une inscription visible dans le coin inférieur droit:

D. Maestracci

Occhiatana 1939

Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir

 

Ce tableau a été installé dans l'église paroissiale de Poggiolo peu de temps avant la déclaration de guerre de 1939. Il avait été peint à Occhiatana, en Balagne, près de L'Ile-Rousse, village où vivait le peintre Damaso MAESTRACCI.

 

Damaso MAESTRACCI naquit à Occhiatana en 1888 et y décéda en 1976,

Après avoir participé à la Grande Guerre, il s'inscrivit en 1921 aux Beaux-Arts de Marseille et en obtint le premier prix. Comme l'écrit Julia TRISTANI,

"il présente un profil d'artiste-artisan unique en Corse. Il est le premier sculpteur à introduire et à multiplier dans l'île des œuvres réalisées en plâtre, en ciment, voire en béton armé, reproduisant les techniques des rocailleurs de Provence qu'il côtoie à Bargemon, dans le Var, d'où est originaire son épouse (Apollonie)" ("Vico Sagone, Regards sur une terre et des hommes", page 573).

Il était donc beaucoup plus sculpteur que peintre.

 

Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir

Quand il se retira dans son village natal, il dirigea un atelier de statues et de bas-reliefs religieux, véritable entreprise dénommée "L'art religieux".

MAESTRACCI fit partie du grand mouvement de renaissance artistique que connut la Corse entre les deux guerres mondiales et qui fut illustré par la revue "A Muvra". Il fit paraître de nombreux placards publicitaires dans cette revue. Par contre, au contraire de certains rédacteurs de celle-ci, il ne fut pas tenté par l'irrédentisme italien, tout en étant un fervent partisan du régime de Vichy.

Sa notoriété était grande et il n'hésitait pas à répondre à de nombreuses commandes publiques et privées. Ses productions se trouvent dans toute la Corse, comme le montre cette carte:

Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir

Les détails sont disponibles en cliquant ici.

 

L'article de Julia TRISTANI cité plus haut donne la liste des réalisations de Damaso MAESTRACCI à Vico:

 

- statue de la Vierge de Lourdes (couvent)

- statue du Père ALBINI (au couvent)

- Ste Thérèse d'Avila (bas-relief installé dans l'église paroissiale en 1939)

- chemin de croix (église paroissiale Ste Marie), bas-relief monumental béni en 1941 et enlevé dans les années 1980 à cause de la dégradation du plâtre

- reproduction de la grotte de Notre-Dame de Lourdes, installée près du couvent St François en 1938

Photo CTC

Photo CTC

- tombeau du chanoine FRANCHI (cimetière communal)

Photo CTC

Photo CTC

- vase décoratif à l'entrée du cimetière

 

Photo CTC

Photo CTC

- buste en bronze de l'ancien maire François PADRONA, mort en 1938; réquisitionné et fondu par l'armée italienne en 1942, il en reste toujours la base sur la place PADRONA.

Photo CTC

Photo CTC

Il faut y ajouter, tout près de Vico, le chemin de croix de l'église d'Arbori et, bien sûr, le tableau de Poggiolo

Les réalisations effectuées dans les Deux Sorru datent des années 1938 à 1941, créneau dans lequel s'insère parfaitement le tableau de St Siméon.

 

Poggiolo a donc la double particularité de posséder une des rares peintures de Damaso MAESTRACCI et, surtout, de montrer que le Christ était noir.

 

Une vidéo:

une conférence de Julia TRISTANI sur le sculpteur MAESTRACCI est disponible sur le site de TéléPaese en cliquant ICI.

 

Lectures conseillées:

"La commande publique et religieuse au sculpteur Damaso Maestracci: le cas de Vico" ("Vico Sagone, Regards sur une terre et des hommes", pages 572 à 576, ed. Alain Piazzola)

"La maison du sculpteur corse Damaso Maestracci, entre lieu de mémoire et demeure d’artiste", article disponible sur internet: https://insitu.revues.org/13438

"Les rocailles, une architecture oubliée", excellente présentation des rocailles de Marseille et notamment du quartier du Roucas-Blanc, par Yves GAUTHEY (ed. Mémoires millénaires)

Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir
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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 18:00

Le 4 février 1927, le conseil municipal de Marseille créait la Canebière par la fusion de la rue Cannebière, de la rue Noailles et des allées de Meilhan. La célèbre artère fête donc ses 90 ans. Mais quel rapport avec le village de Poggiolo qui est la raison d'être de ce blog?

C'est que le maire de Marseille s'appelait alors Siméon FLAISSIERES. Son prénom était celui du saint patron principal de Poggiolo (saint Roch étant son saint secondaire). Or, ce prénom est rare en France.

"En France, moins de cent petits garçons reçoivent ce prénom chaque année depuis le début du XXe siècle. Par ailleurs, Simon serait vingt fois plus attribué que Siméon. Plus de 2500 Français ont porté le prénom Siméon depuis 1900", d'après le site du Journal des femmes.

Par contre, l'Eglise a reconnu la sainteté à plusieurs Siméon, à tel point qu'il est difficile de savoir quel est celui qui protège les Poggiolais.

Cette année, il sera fêté par une 

messe dimanche 19 février à 15 heures.

Cette cérémonie aura lieu le lendemain du 18 février qui est le jour officiellement attribué par l'Eglise catholique à Siméon, fils de Clopas, cousin de Jésus et évêque de Jérusalem, qui mourut crucifié en l'an 107.

La liste des saints compte aussi Siméon le Stylite ou Syméon l'Ancien, ascète du Vème siècle près d'Antioche, qui est fêté le 26 janvier.

Mais le Siméon (ou Syméon) auquel notre église est consacrée est le vieillard qui ne voulait pas mourir sans avoir vu le Christ et qui fut exaucé le jour où Marie et Joseph amenèrent Jésus au Temple, le jour qui est devenu celui de la Chandeleur. Prenant l'enfant dans ses bras, il était le symbole d'un monde qui s'achève et qui accueille un avenir neuf.

Petit problème: ce saint doit être fêté le 8 octobre!!!

Alors?

L'église poggiolaise est bien dédiée au vieillard Siméon. Le vitrail placé au-dessus de la porte d'entrée montre cet homme tenant le bébé.

Le vrai Siméon

On l'admire mieux de l'intérieur de l'église, quand le vitrail est bien éclairé par le soleil de l'après-midi et du soir, puisque le bâtiment respecte les traditions chrétiennes et est orienté est (levant)-ouest (couchant).

Le vrai Siméon

Une autre représentation de ce saint Siméon est une statue installée à une place d'honneur dans la partie droite du chœur. On pourra observer que le vitrail a parfaitement repris la forme, la couleur et la décoration de ses vêtements de la statue. Saint Pierre, portant lui aussi l'enfant Jésus, est à gauche.

Le vrai Siméon

L'inventaire réalisé en juin 1905 et déjà évoqué dans l'article "L'âge de la statue de saint Roch", nous apprend que ces deux statues se trouvaient au même endroit voici un siècle. Mais elles étaient inversées: Pierre, d'une valeur de 30 francs, à droite et Siméon, valant 60 francs à l'époque, à gauche.  La représentation de saint Pierre a été offerte par Jules MARTINI  (1818-1890) en 1875. Celle du patron de Poggiolo a été donnée à la paroisse en 1886 par l'abbé Jean-Toussaint MARTINI, né en 1842 à Poggiolo et décédé en 1923.

Sans contestation, cette statue est bien celle du vieillard du Temple de Jérusalem.

Le vrai Siméon

Mais le plus important n'est-il pas que Poggiolo soit bien protégé par son saint?

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Toutes ces photos sont de Michel Franceschetti et datent du 25 août 2016.

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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 18:03

Un article précédent ("pourquoi la fontaine est-elle incomplète?") a montré qu'il était difficile de remplir des récipients à la fontaine du Lucciu, activité d'ailleurs tombée en désuétude depuis l'installation de l'eau courante dans les maisons de Poggiolo. Un autre ("Le bar des fauchés") a rappelé que cet endroit permettait de se rafraîchir. 

Mais le lieu n'est pas vraiment abandonné et il a parfois une utilité.

Par exemple, le bassin peut servir à nettoyer un sanglier qui vient d'être abattu et que l'on vide de ses viscères, ce qui s'est passé au petit matin du 21 août dernier.

La fontaine a encore une utilité... pour les chasseurs

La dépouille, propre et mise à l'abri, toutes les traces de sang furent effacées un peu plus tard par les chasseurs, soucieux de la propreté des lieux.

Et le Lucciu resta impeccable...

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Recherche

Le calendrier poggiolais

 

Lisez "INSEME" de juillet en cliquant sur l'image:

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Le marché de Vico:

Le mardi soir place Casanelli (place de la fontaine) de 19h à 23h

Le mercredi matin place de l’ancienne mairie de 9h à 13h

 

- Mardi 16 août:

fête de Saint Roch à Poggiolo à 18 heures.

- Samedi 20 août:

jeux d'enfants à Poggiolo

- Lundi 29 août: fête de Saint Elisée.

- Dimanche 25  septembre:

u Mele in Festa à Murzo.

 

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La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

En-tete-inseme-copie-1.jpg

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