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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 11:59

    Rien de vraiment intéressant dans les journaux datés du jeudi 26 novembre.

   "LE PETIT PROVENÇAL" indiqua, dans un petit article, que "une opération n'a pas donné les résultats escomptés". "Dans le secteur de Laresta (sic)", les policiers ont cherché en vain CAVIGLIOLI et TORRE.

   Le sentiment général de découragement dans la presse, les forces de l'ordre et l'opinion était bien représenté par le dessin qui avait été publié le 23 novembre dans le journal "LE PEUPLE":

novembre 23 le peuple

    A propos de dessin, "LE PETIT PROVENÇAL" publiait lui aussi des caricatures. Elle étaient de la main de S'tick, artiste marseillais qui publia après la seconde guerre mondiale, de 1944 à 1950, dans le journal "MASSALIA" (voir le livre publié par Jeanne de GÉRIN-RICARD).

    Sa "semaine humoristique" se trouvait chaque dimanche au bas de la deuxième page du "PETIT PROVENÇAL". La chasse aux bandits corses fut évoquée deux fois:

- le 15 novembre:

novembre 15 dessin

-et le 22 novembre:

 

novembre 22

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 12:00

UN MOMENT D'ÉMOTION

    Pour une fois, "LE PETIT PROVENÇAL" sembla présenter les bandits d'une façon plus sympathique que d'habitude. Le mercredi 25 novembre 1931, il décrivit le transfert d'Antoine ROSSI à Ajaccio en citant des extraits de son interrogatoire.

    "<<Ah! J'en ai fait du chemin. Je suis allé à Sagone, à Vico, à Calcatoggio. Partout. La nuit, je dormais dans les grottes ou dans des bergeries. Le jour, je faisais ma provision de chataîgnes, ou bien je péchais dans les torrents, ou bien j'allais à la chasse.

    <<Tu chassais? Où est ton fusil?

    - <<Je chassais au lacet, le fusil fait trop de bruit.>>

    Et le jeune bandit dit encore d'une voix grave:

    <<J'ai vécu comme je pouvais, mais je n'ai jamais demandé ni volé de l'argent à personne. Je ne suis pas un bandit d'argent, je suis un bandit de vengeance>>.

    A peine la voiture s'était-elle arrêtée devant le Palais de Justice, qu'une jeune femme bondit sur le marchepied et serra Rossi dans ses bras. C'était la sœur du dévoyé qui appartient à une famille d'honnêtes commerçants ajacciens."

 


novembre 25 mercredi

 

 

LE PROGRAMME COMMUNISTE 

   "L'HUMANITÉ" de ce même jour n'eut pas le même sentimentalisme en publiant une caricature contre François COTY, une de ses têtes de Turc préférées.

novembre 25 Huma dessin

 

 

   Le journal communiste continua sur la lancée du meeting du 23 novembre en donnant le texte du manifeste adopté à la fin de cette réunion. Chacun pouvait ainsi connaître le programme du P.C. pour la Corse.novembre 25 Huma manifeste



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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 12:00

   Les lecteurs du "PETIT PROVENÇAL" purent souffler mardi 24 novembre en apprenant la reddition du bandit Antoine ROSSI sur la route des Sanguinaires à Ajaccio. Il y avait enfin une bonne nouvelle à annoncer.

novembre 24 mardi

 

   Mais "L'HUMANITÉ" se gaussa de cette prise qui n'était pas très grosse et écrivit que l'activité des soldats du général FOURNIER "qui, paraît-il, coûtera à la malheureuse Corse la coquette somme de vingt millions, se solde par un double zéro".

 

   Beaucoup plus importante était la relation du meeting que le Parti Communiste avait tenu la veille lundi 23 novembre à la rue Cadet, au siège du Grand Orient de France.

 

 

novembre 24 Huma meeting 1

  

Cette "magnifique protestation des travailleurs corses de Paris, fraternellement mêlésemancipation de la corse aux prolétaires parisiens", était organisée par l'association "L'Emancipation de la Corse", une courroie de transmission du Parti Communiste présidée par BOZZI (dont le prénom n'est pas donné) et qui doit être un conseiller municipal de la banlieue parisienne. Un journal du même nom fut publié (ci-contre, un exemplaire de février 1938).

   Parmi les responsables et les orateurs présents sur la tribune, PERI et  BERTHON furent les seuls à avoir leur prénom cité.


novembre 24 Huma meeting 2

novembre 24 Huma meeting 3

 

novembre 24 Huma meeting 4

 

 

 

  

Gabriel-Peri-au-micro

Gabriel PERI fut la grande vedette de cette réunion. Né en 1902 à

 

 

 

Toulon dans une famille d'origine corse, il fit ses études au lycée Périer puis au lycée Thiers, tous deux à Marseille. Engagé très tôt en politique, il devint responsable de la  rubrique internationale à "L'HUMANITÉ".

   En 1931, il n'était pas encore député. Pendant la guerre, après avoir été arrêté dans des circonstances obscures, il fut fusillé par les Allemands en 1941. Il est l'un des quatre résistants auxquels Louis ARAGON dédia son poème "La rose et le réséda" (« Celui qui croyait au Ciel / Celui qui n'y croyait pas »).

Biographie complète dans WIKIPEDIA:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_Péri

 

novembre 24 Huma meeting 6

 

   Le Parti Communiste voulait démontrer qu'il était le seul à défendre le peuple corse.

    Deux fautes de frappe à remarquer:

      - dans le discours de PIETRI, le député PIERANGELI, auteur de romans sous le nom de PIERHOMME (voir ici), est devenu PIERANJELY;

      - dans la dernière phrase de son discours, Gabriel PERI évoque le drapeau corse, ce qui donne: "au-dessus des têtes des combattants flottent côte à côte le drapeau à tête de mort et le drapeau où s'entrecroisent la faucille et le marteau".

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 12:00

    En ce lundi 23 novembre 1931, il n'y eut rien de particulier à puiser dans "LE PETIT PROVENÇAL".

   La page 2 de "L'ACTION FRANÇAISE" de ce jour-là fit le point des renseignements que l'on avait sur les bandits recherchés (CAVIGLIOLI, TORRE, les frères SPADA, BORNEA et MORAZZANI):

 

 

http://gallica.bnf.fr/proxy?method=R&ark=bpt6k7647004.f2&l=5&r=4242,38,817,460&save

 

   Le ton est très différent de celui de Léon DAUDET (voir ici). Surtout, le texte est favorable à la répression. On comprend mieux quand on voit que la signature est: Havas. Il s'agit d'une dépêche d'agence de presse qui a été simplement recopiée sans commentaire. On peut noter que le titre utilise le terme de "répression" et évite toujours, comme dans les autres numéros de "L'A.F.", le mot "épuration".

    "L'HUMANITÉ" donnait également la situation des bandits recherchés mais elle terminait par ce commentaire:

    "Donc le fiasco est total; ou plutôt il apparaît bien nettement que la chasse aux bandits ne fut qu'un prétexte".

    On a vu que le terme de "fiasco" avait été utilisé par "LE POPULAIRE" de la veille.

   Le quotidien communiste informa ses lecteurs que le général FOURNIER avait annoncé la fin des arrestations massives  et ne laissait l'occupation militaire que "dans les régions de Guitera, Lopigna, Vico et Balogna". Il donnait aussi une grande place à l'initiative très originale du maire de BALOGNA, Antoine-Marie CASANOVA, arrêté le 20 novembre:

"Signalons, en passant, le beau geste du maire de Balogna. Il a décidé de réunir son conseil municipal et il a demandé à l'un des sbires de la prison de porter la convocation à tous ses conseillers dispersés dans les cellules de la maison d'arrêt. Voilà un trait d'énergique protestation contre les violences policières"

 


http://gallica.bnf.fr/proxy?method=R&ark=bpt6k4040934.f1&l=5&r=3278,2780,478,374&save

   Dans les éditions suivantes, ce journal ne dit pas quelles furent les conséquences de cette convocation pittoresque.

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 12:00

   Incroyable mais vrai: le dimanche 22 novembre 1931, rien de bien remarquable ne se trouva dans les journaux que nous examinons pour cette série d'articles.


   Il faut aller à la troisième page du "POPULAIRE", quotidien du parti socialiste S.F.I.O., pour trouver une allusion aux opérations des forces de l'ordre. Ce petit article montrait d'ailleurs une forte désillusion envers "le fiasco policier". Le 21 avait été "encore une journée pour rien...". Même si une partie des difficultés était mise sur le dos du mauvais temps (refrain utilisé plusieurs fois depuis le 7 novembre), on sentait que la police était assez désorientée.

 

novembre 22 Le Populaire

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 12:00

NETTOYAGE À BALOGNA

    L'opération de l'Aresta, évoquée dans l'article précédent, qui avait commencé très tôt le matin du jeudi 19, continua le lendemain. Si "LE PETIT PROVENÇAL" du 21 novembre ne publia rien de particulier, "L'ACTION FRANÇAISE" et "L'HUMANITÉ" de ce jour-là décrivirent l'occupation de BALOGNA dans la nuit de mercredi 18 à jeudi 19 qui suivit.

   Pour "L'A.F.", cette occupation, décidée pour rechercher TORRE et CAVIGLIOLI, "n'a donné d'autre résultat que l'arrestation du maire Antoine-Marie Casanova, de l'adjoint Auguste Allegrini et de quelques autres villageois".

   Dans "L'HUMA", les arrestations furent décrites de façon plus passionnées:

    "Là, les autos-mitrailleuses ont pris position devant la maison du maire Casanova qui a été arrêté, sous les yeux de ses petits enfants qui, disent les dépêches, tremblaient de peur. On a appréhendé également l'ancien maire Allegrini, le secrétaire de mairie Mathieu Falchi et son vieux père.

    En outre, les gardes mobiles ont arrêté dans la montagne quelques bergers.

   Le chiffre des prisonniers se trouve ainsi officiellement porté à 131." 

 

Livre-Spada-dernier-bandit-corseGF.jpg

    Lucia MOLINELLI-CANCELLIERI donne un chiffre précis dans son livre "SPADA dernier bandit corse" (publié en 1994):  

 

    "Dans la seule nuit du 19 au 20 novembre 1931, trente-huit arrestations étaient effectuées à Balogna" (page 152).

 

   Le quotidien communiste se moqua de l'opération:

   "Il est facile de comprendre que si Torre et le jeune Caviglioli se cachaient dans la région, ils ont été suffisamment avertis par le bruit des autos et de la "colonne d'attaque", pour filer en temps utile."

 

    Le quotidien royaliste, de son côté, nous apprit le but que l'on prêtait aux fugitifs:

    "On sait pertinemment que les deux bandits cherchent à gagner la côte, vers le village de Sagone, conservant l'espoir de pouvoir s'embarquer clandestinement sur l'un des petits voiliers qui viennent charger du charbon de bois pour la Sardaigne ou l'Italie. La chose étant connue, bien peu de chances restent aux bandits de réaliser leur projet."


    En fait, la répression continuait mais tombait chaque fois sur le vide.

 

LA CORSE À LA CHAMBRE

   Le 21 novembre était également le lendemain du débat sur la Corse à la Chambre des Députés. Le compte-rendu paru dans "L'HUMANITÉ" s'intitula: "Hier, André Berthon a demandé à la Chambre le rappel des troupes d'occupation".

   Le député communiste (qui n'eut pas l'investiture de son parti aux élections de l'année suivante et fut désigné en 1943 comme conseiller municipal de Paris par le maréchal PÉTAIN et son ministre... Pierre LAVAL) dénonça l'envoi d'un véritable corps expéditionnaire.

   http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/94/Jacques_Doriot.jpg/200px-Jacques_Doriot.jpgUn incident retint l'attention. Dans le brouhaha, Jacques DORIOT (voir photo ci-contre), autre élu du P.C. (il ne sera exclu du parti qu'en 1934 et évoluera vers le nazisme ensuite), lança à de ROCCA SERRA (orthographié SERA dans ce journal): "De quel bandit êtes-vous l'ami?", ce qui déclencha l'hilarité générale. DORIOT précisa ensuite:

   "Ce n'était pas une injure. Chacun sait que tout homme politique, en Corse, est associé à un bandit. Rappelez-vous M. Coty et Romanetti". Il faisait allusion à l'élection sénatoriale de 1923 où COTY fut élu grâce au soutien du bandit, élection qui fut ensuite annulée (voir article du blog Poggiolo sur ce sujet).

    La réponse du Président du Conseil est ainsi résumée dans le quotidien communiste:

   "Laval dans sa réponse essaie d'abord d'exciter la Chambre contre les communistes. Mais la manœuvre est si grossière qu'elle échoue. Il se met alors à discutailler - et à mentir - sur les chiffres des effectifs.

   Puis le bon apôtre déplore <<la publicité malsaine qui a accompagné l'opération>>. Il donnera des ordres <<pour qu'on agisse avec plus de discrétion>>. Et puis c'est le couplet sur la justice <<qui est saisie et qui doit faire son œuvre>>."

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 12:00

COMMENT FAIRE PALPITER LES LECTEURS?

   Pour faire lire quelque chose de palpitant, le correspondant particulier du "PETIT PROVENÇAL" raconta le vendredi 20 novembre le récit détaillé de la reddition de Henri BARTOLI, oncle du bandit tué. Il est décrit "dans un état lamentable, presque nu, sans chaussures, sans veste, la barbe longue, la chemise déchirée, le visage et le corps couverts d'égratignures". La rédaction mit un titre encourageant: "La Police resserre ses filets autour de Spada", en y ajoutant un bémol: "mais elle a perdu toute trace de Bornéa".

   novembre 20 vendredi 

 

   Un autre article décrivit l'échec des recherches qui avaient eu lieu dans le massif de l'Aresta. Dans la nuit de mercredi 18 à jeudi 19, près de 250 gardes mobiles ratissèrent les bergeries placées entre BALOGNA et le col de St Antoine à la recherche de TORRE et CAVIGLIOLI... pour rien.

 

ORGIE À AJACCIO

    Heureusement, les policiers pouvaient s'amuser, du moins si l'on en croit "L'HUMANITÉ" qui revint sur les 120 prisonniers d'Ajaccio et qui révéla que, pour les officiers et les journalistes, "c'est l'orgie" dans la boîte de nuit de la préfecture.

    L'article est reproduit ci-dessous. Il se termine par l'annonce d'un prochain meeting communiste sur la Corse, dont il sera question un prochain jour.

 


novembre 20 Huma botte


 

UNE FORMIDABLE ERREUR

   La situation à la prison d'Ajaccio fut reprise le même jour par Léon DAUDET dans "L'ACTION FRANÇAISE". Le président du Conseil, Pierre LAVAL, est d'abord critiqué pour sa politique étrangère, puis pour l'affaire corse.

    "cette fameuse expédition militaire de Corse, trompettée à tous les échos comme une purgation du banditisme, apparaît actuellement - nous l'avions dit ici dès le premier jour - comme une formidable erreur (...)."

    Il expliquait ensuite en quoi consistait l'erreur:

    "Cette chasse à l'homme à grand orchestre par un corps expéditionnaire de quinze cents combattants, avec ses délations provoquées, ses incarcérations au petit bonheur, est une école de la vendetta comme on n'en a jamais vue, et risque, les gendarmes une fois partis, de mettre la Corse à feu et à sang.(...) En outre, les correspondants renseignés assurent que la prison d'Ajaccio, contenant aujourd'hui cent prisonniers et davantage, quand elle n'en peut contenir que le tiers, est devenue un cloaque, d'une promiscuité dégoûtante, où sont entassées, dans la crasse et la vermine habituelle à ces locaux, de fort honnêtes femmes, des tout jeunes gens, des enfants à la mamelle! C'est là une façon de faire infecte, qui sent sa police de Sûreté générale d'une lieue et qui est en train de nous aliéner toute la population de l'île, sous couleur de la rassurer.http://4.bp.blogspot.com/_gIoLGdD2C2w/TDrOEWhqOsI/AAAAAAAACwY/Bmt_DdrhOlQ/s1600/1255968771.jpg

   (...)

   Si vous voulez mon avis, je vous dirai que ce pauvre Laval m'apparaît à distance (...) comme sans caractère et sans prévision. Moins outrecuidant que l'autre chouchou d'Echo de Paris et de <<bien pensants>>, je veux dire que le petit rat Paul Reynaud, (...) il apparaît comme un farceur de même acabit, sachant uniquement jouer des agences et des communiqués à la presse. En temps ordinaire, (...) cela peut prendre. Mais dès que la houle, annonçant la tempête, -économique, militaire et politique, - commencera, toutes ces petites poupées iront se cacher au fond de leurs circonscriptions ou de leurs guichets (...)

   Bref, et ce sera ma conclusion, il paraît douteux que Laval fasse les bonnes élections de 1932, promises à ses gogos par l'effervescent Kerilis".


   En effet, les élections législatives étaient prévues pour mai 1932. Elles furent gagnées par le Cartel des gauches, qui battit la droite amie de Laval.

   Comme quoi, un royaliste peut être expert en élections républicaines!

  N0764697 JPEG 1 1EM


 

 

UN PEU D'HUMOUR

  Ce jour-là, "L'HUMANITÉ" publia deux dessins d'humour.

   - En page 1, ce fut une caricature de François COTY qui avait été élu maire d'Ajaccio le 25 janvier de cette même année 1931. 

http://gallica.bnf.fr/proxy?method=R&ark=bpt6k4040900.f1&l=5&r=3136,3436,712,352&save

     - En page 2, une image d'un cours d'Histoire.

dessin Napo Huma

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 12:02

    Les motifs de satisfaction furent nombreux pour "LE PETIT PROVENÇAL" du 19 novembre qui annonça:

- "Un oncle de Bartoli se constitue prisonnier

- La région de Palneca est désormais <<nettoyée>>

- L'arrestation de Spada ne saurait tarder"

 

    Mais le troisième point n'était encore qu'un espoir.

novembre 19 jeudi

 

    De son côté, "L'HUMANITÉ" se préoccupait du sort des Corses emprisonnés à Ajaccio. La prison, où s'entassaient 120 prisonniers, est horrible si l'on en croit le journal communiste qui titrait "L'enfer de la prison d'Ajaccio". Mais, la veille, le 17 novembre, "LE PETIT PROVENÇAL" avait donné une description tout à fait différente.   

   La comparaison des deux articles est édifiante. Qui faut-il croire?

 

enfer prison Ajaccionovembre 17 mardi prison

 

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 12:01

   "LE PETIT PROVENÇAL" se répéta mercredi 18 novembre 1931 en publiant un autre article de son envoyé spécial sur "Le repaire du bandit Spada", qui n'était en réalité qu'une nouvelle version du texte édité la veille.

 

novembre 18 mercredi Punta

 

 

    Une bonne nouvelle pour ce journal fit un autre titre: Dominique SANTONI, lieutenant de BARTOLI, s'était constitué prisonnier.


   Ce jour-là, la chronique de Léon DAUDET dans "L'ACTION FRANÇAISE" eut comme titre: "Mémoires d'un <<bandit>>". Dans un premier paragraphe, il critiquait l'opération policière en Corse.

"Les communiqués de l'expédition sont baroques et rédigés en prose gendarmique. La population corse, qu'on nous peignait comme enchantée de ce déploiement militaire, commence, si j'en crois ce que l'on dit et ce que l'on écrit, à manifester une vive irritation d'un remède inopérant et qui sera bientôt pire que le mal. Bref, il serait temps, d'une façon ou d'une autre, que cela finit. Sans compter les fatigues effroyables auxquelles pandore est soumis, en raison de la mauvaise saison et du régime météorologique de la montagne corse."

 

Daudet bandit

   L'adjoint de Charles MAURRAS rappelait qu'il avait été "bandit et traqué, comme Spada, Caneloni et Ravioli, par la police et la maréchaussée de mon pays, et sur toutes les routes de France."

   Ayant accusé les chefs de la police d'avoir fait assassiner son fils Philippe, il avait été condamné pour diffamation à cinq mois de prison et incarcéré à la prison de la Santé le 13 juin 1927. Grâce à l'aide des Camelots du Roi, les militants de choc de l'organisation royaliste, il s'était évadé le 27 juin et s'était réfugié en Belgique le 1er août. Il rentra en France après avoir été grâcié le 30 décembre 1929.

   Dans cet article, il s'identifia aux bandits corses en mettant en parallèle ses pérégrinations et les échecs des policiers lancés à sa recherche avec la situation corse.

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 12:10

   Mardi 17 novembre 1931, la grande vedette du "PETIT PROVENÇAL" fut André SPADA. La veille, "LE POPULAIRE" et "L'HUMANITÉ" avaient annoncé la découverte d'une cache du bandit à quelques centaines de mètres de sa maison de la Punta, ce qui lui avait permis d'échapper à l'arrivée de la police.

    L'article de l'envoyé spécial du journal marseillais avait pour titre: "Dans le nid d'aigle du bandit parmi des images de piété". Il débutait par un coup de chapeau à l'intelligence de SPADA qui "était organisé d'une façon remarquable pour l'exercice de son farouche métier qu'il avait élevé à la hauteur d'une entreprise commerciale". Il insistait sur la remarquable situation de La Punta, sur un point culminant près de Calcatoggio et contrôlant les routes des alentours.

    Le journaliste décrivit l'extérieur et l'intérieur de la bergerie investie par les gardes mobiles et s'intéressa beaucoup aux objets de piété:

"Des Sacré-Cœurs de Jésus et des Saintes Vierges en chromolithographie. Une statuette en plâtre de Saint Antoine de Padoue avec un chapelet au cou. Enfin, au-dessus de chaque lit, des rameaux d'oliviers, bénits sans doute le jour de Pâques, et posés sur de petits bénitiers de bazar.

(...)

Il est certain que ni Spada, ni Antoinette Leca n'apercevaient rien d'étrange à demeurer pieux dans leur métier de criminels."

 

novembre 17 mardi nid d'aigleJPG


    Le renommée de SPADA était si grande que la reddition d'un bandit, d'ailleurs de seconde zone, Toussaint VALLE, fut reléguée en pages intérieures.

    André SPADA avait été l'objet d'une forte médiatisation et était le bandit corse le plus connu sur le continent. "LE POPULAIRE" du 16 novembre avait annoncé que, à Nice, où un cinéma du Casino municipal devait projeter un documentaire sur le bandit, un commissaire de police avait saisi le film. Le 12, en "une", "L'HUMANITÉ" avait montré une photo intitulée "Le cinéma au maquis" avec la légende suivante: "ce cliché montre le <<bandit>> Spada avec un journaliste (en réalité, unE journaliste) dans le maquis. A ce moment, reporters bourgeois s'entendaient fort bien avec les <<bandits>>"

  ciné maquis

    En février 1931, deux journalistes parisiens du Pathé-Journal étaient venus en Corse pour rencontrer SPADA, contre une forte rétribution. Ils rentrèrent largement dans leurs frais car ils en tirèrent un film (celui qui fut saisi à Nice) et un livre. 

   Voici la partie la plus significative de cette interview dans le maquis (en fait, au bord de la route, près du repaire de La Punta) en deux versions. La première vidéo possède le défaut d'un certain décalage entre l'image et le son. La seconde est l'émission de France 3 Corse "Ma Corse me suit partout" du vendredi 8 janvier 2010, à l'occasion du livre de Jean-Philippe ANTOLINI sur les bandits corses. Il faut attendre 11 minutes 30 pour voir ce fameux film.

   

 

 

   Quelques mois après avoir atteint ce sommet de gloire, SPADA n'était plus qu'un fugitif errant de grotte en grotte dans les Deux Sorru et le Cruzzini.

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