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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 18:05

Les Poggiolais qui ont combattu pendant la Première Guerre Mondiale ont été présents sur pratiquement tous les fronts, comme l'a démontré l'article "Où les poilus poggiolais sont-ils tombés?".

De même, les trente décès furent étalés pendant toute la durée de ce conflit.

 

La dispersion des trente Poggiolais

Le tiers des pertes (10 sur 30) eut lieu en 1915, année marquée par les combats d'Artois et de Champagne.

1920 est indiquée sur ce graphique car c'est l'année de la mort de François PINELLI, présent sur le monument aux morts.

 

Mais tous ces corps ne retrouvèrent pas le chemin du cimetière de Poggiolo, comme l'a montré l'article sur l'hommage à Charles Marie VINCIGUERRA.


Il est certain que François Antoine DESANTI  et Jacques Antoine DESANTI  (prénommé seulement Jacques sur le monument) ne sont pas au village car ils ont été déclarés "disparus" lors de combats dans la Meuse (à Béthincourt et à Vauquois).
 
En Corse,
  • Pierre François BATTESTI, né en 1896 à Guagno et mort en 1918 à Guagno, est certainement dans le cimetière de cette commune.
  • Jean Antoine Martin DESANTI a été inhumé dans un caveau familial à Eccica-Suarella.
  • François PINELLI, décédé à Ajaccio, est-il dans cette ville ou à Poggiolo?
  • Antoine François FRANCESCHETTI, mort à Lyon, et Jean Baptiste PINELLI, à Paris, sont certainement enterrés dans ces villes où ils habitaient depuis longtemps.
 
Huit héros poggiolais se trouvent dans des nécropoles nationales sur le sol français: 
  • Damien BALDARESCHI est à Le Pont du Marson, dans la Marne (tombe 5366), là où il fut tué.
  • Franco Antoine COLONNA est enterré dans la nécropole nationale de Somme-Suippe qui regroupe 4950 corps français (tombe 3319).
  • Pour Antoine François DEMARTINI, il faut aller au cimetière de Lihons (Somme) (tombe 3935).
  • Jean Baptiste DEMARTINI est dans la nécropole de La Crouée, dans la Marne (carré 3E, tombe 1791). 
  • Jean Toussaint MARTINI est dans le cimetière de Vauquois (Meuse), près de Verdun (tombe 62, rangée 3).
  • Jean André PATACCHINI occupe la tombe 746 de la nécropole nationale de Maurepas (Somme).
  • Les restes de Dominique Félix PINELLI  se trouvent dans le cimetière militaire de Flirey (Meurthe-et-Moselle) (tombe n° 118) avec ceux de 4.406 victimes de la guerre.
  • Ceux de Pierre Toussaint ANTONINI, mort sur le navire-hôpital le ramenant de Salonique, sont dans un cimetière militaire près de Toulon.
  • Comme vu dans un article récent (Hommage à Charles Marie Vinciguerra), on peut trouver la tombe de Charles Marie VINCIGUERRA dans la nécropole de Luynes (Bouches-du-Rhône) (carré C, rang 39, tombe 54).

 

Trois soldats dans le sol d'Orient
  • Beaucoup plus loin, c'est en Macédoine, à Skopje, au cimetière militaire français (voir les vidéos ci-dessous), dans la tombe n° 531, que repose Dominique Xavier DESANTI (dit seulement Dominique sur le monument), mort à Zajeca en Serbie.
  • Jean Ary LOVICHI, victime de l'expédition des Dardanelles, se trouve dans le cimetière militaire français de Seddul-Bahr, dans la presqu'île de Gallipoli en Turquie (tombe 269).
  • MARTINI Pierre Toussaint  (appellé Toussaint sur le monument), qui s'était engagé dans la Légion, et qui fut tué à l'ennemi le 24 avril 1915, âgé de 46 ans, se trouve dans le même cimetière turc. Son nom ne figure pas dans la liste des 2.236 soldats identifiés mais les quatre ossuaires contiennent un total de 20.000 corps.

Il reste à connaître les lieux d'inhumation des 13 derniers morts. Un examen des tombes du cimetière de Poggiolo permettrait de savoir qui, parmi eux, a été vraiment enterré au village.

Un grand merci aux chercheurs du site Mémorial Gen Web dont le travail a permis de rédiger cet article.

 

  P.S. 1: si vous avez des renseignements complémentaires ou si vous constatez des erreurs dans cet article, n'hésitez pas à nous les signaler.

 

P.S. 2: LE BLOG ACCUEILLERAIT VOLONTIERS DES PHOTOS DE POGGIOLAIS AYANT COMBATTU PENDANT LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE. Les envoyer à l'adresse: larouman@gmail.com

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 17:48

Sur le monument aux morts de Poggiolo, les trente lignes donnant les noms des trente Poggiolais qui sont morts pour la France pendant la Grande Guerre existent depuis si longtemps que l'on peut croire tout connaître d'eux. Des noms, des prénoms, des grades, comme dans toutes les communes.

Mais, en essayant d'en savoir plus sur ces hommes, on peut faire des observations parfois inattendues.

PAS TOUS DE POGGIOLO

Tout d'abord, ces Poggiolais ne sont pas tous natifs de Poggiolo.

La grande majorité (22 sur 30) est bien née au village. Il est difficile de distinguer dans les documents utilisés si certains étaient de Guagno-les-Bains.

Mais:

  • 4 ont vu le jour dans d'autres localités corses (2 à Guagno, 1 à Pastricciola, 1 à Eccica Suarella)
  • 2 en France continentale (1 à Paris et 1 à Marseille)
  • et 2 en Algérie (à Sétif et à Constantine). 

Les familes poggiolaises avaient déjà essaimé.

Les surprises des trente Poggiolais

DES SOLDATS EXPÉRIMENTÉS

Les dates de naissances sont plus variées que les lieux de naissance.

Le service militaire se faisant alors à 20 ans, les mobilisés de 1914 étaient donc nés en 1894. Avec le vote de la loi de trois ans en 1913, les appelés nés en 1891, en 1892 et en 1893 étaient encore sous les drapeaux lors de la déclaration de guerre. Logiquement, les noms gravés sur le monument aux morts devraient correspondre, puisque la guerre a duré jusqu'en 1918, à des jeunes nés entre 1891 et 1898. Or cette tranche d'âges correspond à seulement 11 personnes sur 30.  

Les 19 autres sont nés bien avant, entre 1848 et 1890:

  • 4 entre 1848 et 1879 (Jean Baptiste PINELLI, prénommé seulement Baptiste sur le monument, est né en 1848 et avait donc 66 ans en 1914. Il avait même participé à la guerre de 1870 !!! Voir l'article "1870, la guerre oubliée")
  • 5 entre 1880 et 1885
  • 10 entre 1886 et 1890.

La moyenne d'âge lors de leur décès était de 29 ans et demi ! 

Les surprises des trente Poggiolais

Le plus jeune des morts du village fut Franco Antoine COLONNA (prénommé seulement Franco sur le monument). Né le 10 février 1897, c'est à 20 ans et 3 mois, le 23 mai 1917, qu'il mourut dans une ambulance qui l'emmenait à St Hilaire-au-Temple (Marne).

Mais l'âge relativement élevé des inscrits au monument s'explique quand on sait que 20 d'entre eux étaient des soldats engagés qui avaient déjà, pour certains, une longue expérience militaire derrière eux en 1914. Ainsi, Jean Baptiste PINELLI avait été volontaire en 1866 et avait alors 48 ans de carrière.

Pour les grades, on peut compter sur le monument:

  • 9 soldats,
  • 5 sergents-majors,
  • 4 sergents,
  • 2 sous-lieutenants (mais en réalité l'un d'eux était aspirant),
  • 2 lieutenants,
  • 2 adjudants,
  • 2 maréchaux des logis,
  • 2 capitaines,
  • 1 caporal,
  • 1 brigadier.

Certains grades atteints montrent, comme les âges, que plusieurs étaient bien des militaires professionnels.
Les deux plus haut gradés (les capitaines) sont Antoine François FRANCESCHETTI et Jean Baptiste PINELLI.

Le soldat poggiolais mort en 14-18 n'est donc pas un jeune homme arraché à son village et à sa famille par la mobilisation.

Le nombre de ces soldats de carrière ne signifie pas forcément que les Poggiolais étaient particulièrement violents ou naturellement attirés par le métier des armes. Au moment de la "Belle Epoque", la vie n'était pas toujours facile dans les petits villages (voir le texte publié dans l'article "Les bonheurs et les malheurs de Francesca"). L'armée permettait à de nombreux jeunes d'échapper à la misère, d'autant plus que la France avait besoin d'hommes pour ses conquêtes coloniales. 

SURTOUT DES TROUPES COLONIALES

Ces faits sont confirmés en établissant la liste des régiments dans lesquels les 30 héros étaient intégrés: on a une large prédominance des troupes coloniales.

14 en faisaient partie dont 3 dans des régiments de tirailleurs et 2 d'artillerie.  Membre de ces troupes, Jean Toussaint DEMARTINI combattit d'ailleurs les Allemands dans leurs colonies du Togo et du Dahomey avant d'aller se battre en France au printemps 1915. 

L'infanterie concernait 10 personnes, l'artillerie 4 et la territoriale 2.

L'armée territoriale était une formation militaire composée des hommes âgés de plus de 34 ans, considérés comme trop âgés et plus assez entraînés pour intégrer un régiment de première ligne d’active ou de réserve.

Les surprises des trente Poggiolais

Au total, ils étaient dispersés dans 27 unités différentes. Un, Toussaint MARTINI, s'était même engagé dans la Légion étrangère.

Il est important de signaler qu'aucun de ces Poggiolais ne fit partie des 173e et 373e régiments d'infanterie qui étaient les unités corses par excellence.

 

Il faut bien retenir que toutes ces observations sont basées sur la liste du monument aux morts et qu'une étude des mobilisés revenus vivants donnerait des résultats différents.

 

Documents utilisés: sites MémorialGenWeb, registres matricules Corse-du-sud et Mémoires des hommes.

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 13:28

 

Il y avait très longtemps que Charles Marie VINCIGUERRA n'avait pas reçu de visites. Personne ne pensait à lui et ne venait le voir. Bien sûr, un jour par an, le 11 novembre, un groupe de vieux messieurs vient avec des drapeaux lire des discours et faire un peu de musique, puis ils déposent des fleurs sur le terrain. Mais ils ne viennent pas pour Charles Marie. Ils viennent rendre hommage à tous les soldats qui ont été enterrés ici.

Ici, c'est la nécropole nationale de Luynes, près d'Aix-en-Provence. Sur 49.382 m2, se trouvent, depuis son inauguration en 1969, les restes de 11.424 soldats français morts de la Première Guerre Mondiale (8.347) et de la Seconde (3.077). 8.402 sont dans des tombes individuelles et 3.022 dans des ossuaires. Les pierre tombales ou "pupitres" sont rangées dans un ordre géométrique rigoureux et impressionnant. 

Hommage à Charles Marie Vinciguerra
Hommage à Charles Marie Vinciguerra

Le corps de Charles Marie VINCIGUERRA est à Luynes car il est mort pas très loin, à Saint-Didier, dans le Vaucluse, et qu'il n'a pas été réclamé par sa famille.

Charles Marie naquit à Poggiolo le 10 mars 1891 (et non pas en 1881 comme il est écrit sur sa fiche du site Mémoire des Hommes). Il était le troisième des huit enfants de François "Xavier" VINCIGUERRA (1850-1905) et d'Angèle "Françoise" MARTINI (1867-1928).

Il s'engagea volontairement dans l'armée en 1910, donc bien avant le début du conflit. Il devint rapidement caporal, puis sergent et adjudant. Dès août 1914, il fit son devoir au sein du 61e RI (régiment d'infanterie). Il rendit l'âme le 13 janvier 1917 à l'hôpital complémentaire n°64 Sainte-Garde de Saint-Didier, des suites de maladie contractée en service. Il fut déclaré "mort pour la France".

A Luynes, il a droit à son petit pupitre avec une inscription simple (avec Charles comme seul prénom), de la même sécheresse administrative que les autres. Et sa position exacte est tout aussi simple: carré C, rang 39, tombe 54.

Hommage à Charles Marie Vinciguerra

En cette année du centenaire du début de la Grande Guerre, juste avant le 11 novembre, Charles Marie VINCIGUERRA a reçu une visite. Il a eu l'hommage de Poggiolais venus déposer des fleurs et se recueillir un moment devant son pupitre.

La tombe de Charles Marie Vinciguerra est la onzième à partir du bas de la photo.
La tombe de Charles Marie Vinciguerra est la onzième à partir du bas de la photo.

La tombe de Charles Marie Vinciguerra est la onzième à partir du bas de la photo.

Il n'est pas possible de fleurir toutes les tombes des soldats poggiolais de 14-18 car elles sont très éparpillées en France et hors de France. Il est bon de le faire quand l'occasion se présente. C'est pour cela que l'hommage rendu à l'appel de la municipalité chaque 11 novembre devant le monument aux morts est indispensable.

Ainsi, on peut contredire ce qu'écrivait Guillaume Apollinaire dans "Si je mourais là-bas":

Si je mourais là-bas sur le front de l’armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s’éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l’armée
Un bel obus semblable aux mimosas en fleur

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Renseignements sur la nécropole de Luynes:​

 http://www.laprovence.com/article/actualites/3110089/toussaint-sans-visites-pour-les-11-000-soldats-de-luynes.html

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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 17:29

Les trente noms gravés sur le monument aux morts de Poggiolo correspondent à trente soldats en principe déclarés (sauf deux: voir l'article Les oubliés du livre d'or) morts pour la France pendant la première guerre mondiale.

Mais où sont-ils morts?

Les différents lieux où ils décédèrent se répartissent de la façon suivante:

Où les poilus poggiolais sont-ils tombés?

La catégorie "loin du front" regroupe les Poggiolais qui moururent de blessures ou de maladies contractées sur le front dans un hôpital ou à leur domicile.

Le front d'Orient concerne les deux tués dans l'expédition des Dardanelles (Jean LOVICHI, qui a fait l'objet de l'article intitulé "Enterré face au tombeau d'Achille", et MARTINI Pierre Toussaint, prénommé seulement Toussaint sur le monument), ainsi que ANTONINI Pierre Toussaint, décédé sur un bateau le ramenant de Salonique, et DESANTI Dominique Xavier (dit seulement Dominique sur le monument), mort en Serbie.

Les deux tiers des poilus poggiolais ont donc disparu sur le sol français. La carte ci-dessous en donne les emplacements.

Où les poilus poggiolais sont-ils tombés?

Les numéros correspondent à cette liste qui donne les dates et les noms des communes de décès:

1-BALDARESCHI Damien    08/09/1918    Minaucourt (51)

2-COLONNA Franco Antoine    23/05/17    Saint-Hilaire-au-Temple (51)

3-DEMARTINI Antoine Francois    08/07/1916    Assevillers (80)

4-DEMARTINI Dominique Francois    26/09/15    Massiges (51)

5-DEMARTINI Jean Baptiste    25/09/15    Saint-Hilaire-le-Grand (51)

6-DEMARTINI Jean Toussaint    09/02/1916    Cappy (80)

7-DESANTI François Antoine  20/09/1914 Bethincourt (55)

8-DESANTI Jacques Antoine    04/03/1915 Vauquois (55)    

9-DESANTI Jean    26/02/1915 Vauquois (55)    

10-DESANTI Jean Antoine Martin    03/08/1916 (80)    

11-DESANTI Jean Toussaint    02/10/1914 Crouy (80)    

12-MARTINI Jean Dominique Roch Antoine    08/01/1915 Les Éparges (55)    

13-MARTINI Jean Toussaint    19/09/1914 Neuvilly-en-Argonne (55)    

14-MARTINI Martin    03/09/1916 Cléry-sur-Somme (80)    

15-MARTINI Noël Ange Francois    05/09/1914 Neufmontiers (77)    

16-MARTINI Pierre Paul    09/03/1915 Lachalade (55)    

17-PAOLI Francois Antoine    12/09/1915 Toul (54)    

18-PATACCHINI Jean André Zacharie    13/08/1916 Curlu (80)    

19-PINELLI Dominique Félix    08/03/1915 Bernécourt (54)    

20-PINELLI Jean Toussaint    14/04/1918 Vendeuil-Caply (60)  

La ligne de front marquée sur la carte est celle de la "guerre des tranchées" (années 1915,1916 et 1917). 

Il est visible que cette répartition  coïncide parfaitement avec les principales zones de combat: Artois et Somme, Champagne et Verdun.

Deux soldats ont péri au même endroit (Vauquois) et à seulement à une semaine d'intervalle, mais ils n'étaient pas dans le même régiment. Il s'agit de DESANTI Jacques Antoine (n°8) et de DESANTI Jean (n°9).

MARTINI Noël Ange Francois (numéo 15) est à part, près de Paris, car il est mort le 5 septembre 1914 pendant la bataille de la Marne.   

 

Les enfants de Poggiolo ont donc fait leur devoir sur tous les champs de bataille de ce conflit. 

 

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Source principale de cet article: le site MémorialGenWeb.

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 18:09
Cent'anni

Moment fondamental de l'histoire contemporaine, la guerre 14-18 a aussi en Corse des résonances multiples qui nourrissent, encore aujourd'hui, cent ans aprés, la société insulaire.

Du 12 septembre au 11 novembre, une série de témoignages et récits sur les événements qui ont jalonné l’histoire de la Corse durant la Première Guerre Mondiale est proposée par France 3 Via Stella.

Renseignements sur la programmation: 

http://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/emissions/guerre-de-14-18-100-ans​

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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 18:03

Pour les lecteurs qui ont apprécié le beau texte publié sous le titre «Les bonheurs et les malheurs de Francesca» et qui voudraient mieux connaître Francesca et Louis, quelques éléments historiques et biographiques peuvent être nécessaires.

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Francesca était la fille d’Antoine-Toussaint ANTONINI et de son épouse Julie DEMARTINI. Elle naquit à Soccia le 1er février 1889.

C’est à Bastia qu’elle fit la connaissance de Louis CLEMENTI, né le 8 avril 1881 dans cette ville. Il fut incorporé dans l’armée en 1902 et se rengagea en 1904 jusqu’en 1908. Il obtint le grade de caporal.

Libéré, il devint facteur à Paris où Francesca le rejoignit et mit au jour leur fils François-Antoine, surnommé Pierre, le 28 mai 1910, dans le Xe arrondissement.

Renié par sa famille, Louis fut adopté par les ANTONINI de Soccia.

Leur bonheur fut brisé par la guerre. Louis fut mobilisé en 1914. Sa fiche biographique du Ministère de la Défense montre qu’il mourut «tué à l’ennemi» dans l'Oise, le 6 juin 1915 à la Ferme d'Écafaut, à Moulin-sous-Touvent, commune de Tracy-le-Mont (Oise). Il fut inhumé dans le cimetière communal de ce lieu.

Le pompon rouge de Louis

Sur cette fiche, Louis était caporal alors que, d’après les Registres matricules du recrutement militaire, il l’était déjà depuis 1904 et qu’il devint sergent le 30 janvier 1915. Le graveur du monument aux morts de Soccia a donc eu raison d’accompagner son nom de ce grade.

Le pompon rouge de Louis

Contrairement à ce qui est écrit sur certains sites, son nom n’est pas inscrit sur le monument de Matra. Il s’agit d’un homonyme, Charles-Marie Joseph Louis Antoine CLEMENTI, aspirant décédé en 1918.

 

Louis était véritablement devenu Socciais, tout comme son fils Pierre qui tint à ce que son premier enfant, Louis-Pierre, naquit à Soccia en 1935.

Francesca termina sa vie le 20 mai 1978 à Sevran.

Pierre mourut à Paris le 16 avril 1982.

Comme beaucoup d’autres orphelins de guerre, il fut profondément marqué par la mort de son père. La preuve en est le texte suivant que le dernier fils de Pierre, René, né en 1967, posta sur le "Forum Pages 14-18" le 4 février 2007 :

« À la lecture d'un des fils de ce forum, j'ai appris qu'un pompon ornait le képi des soldats avant 1910. 

Cela a fait remonter un souvenir d'enfance à ma mémoire. Ma grand-mère paternelle, veuve de guerre en 1915, morte en 1978 alors que j'avais 11 ans, avait conservé dans ses affaires un pompon, un simple pompon rouge; je crois aussi me souvenir qu'on m'a dit en famille que mon père (né en 1910, mort en 1982), pleurait lorsqu'il tombait dessus (et pour faire pleurer mon père, vous pouvez me croire, il fallait que ce soit spécial). Personne dans la famille ne sait ce que c'était que ce pompon, et il va d'ailleurs falloir, maintenant qu'il est remonté de ma mémoire, que je m'inquiète de savoir ce qu'il est devenu. 

(…) 

Je devine maintenant que le fameux pompon rouge de ma grand-mère devait être un souvenir du grand-père. »

Exemple de képi à pompon d'avant 1910.

Exemple de képi à pompon d'avant 1910.

Dans de nombreuses maisons, il y avait des pompons rouges ou d’autres reliques qui peuvent paraître dérisoires mais qui étaient chargés de souvenirs et d’émotions. Cent ans après, combien a-t-on conservé de ces souvenirs de vies détruites par la Grande Guerre ?

Le pompon rouge de Louis
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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 18:10

Si, en cette année du centenaire, l'on pense aux souffrances endurées par les combattants de 1914-1918, il serait injuste d'oublier les chagrins et les difficultés de leurs familles. 

L'article L'annonce du premier mort a montré la douleur de Dorothée MARTINI qui avait perdu son fils unique.

Le document suivant décrit la vie bouleversée d'une des nombreuses épouses à qui la guerre ravit leur époux. En racontant la jeunesse de Francesca à Soccia, il fait comprendre également la pauvreté des villages corses il y a un siècle et la difficulté à y survivre.

Ce texte a été rédigé par Marina CLEMENTI-DAVID, petite-fille de Francesca et de Louis CLEMENTI. La rédaction du blog a rajouté les intertitres. 

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FRANCESCA

NI PLUS MALHEUREUSE NI PLUS HEUREUSE QUE LES AUTRES ENFANTS CORSES

Elle avait  6 ans lorsque sa mère mourut d’une pneumonie. Dernière de six enfants, elle était chargée, à la maison, de toutes les petites corvées que les autres, trop occupés, lui confiaient: balayer le sol de terre battue de la pièce à vivre, aller chercher de l’eau, nourrir les poules; si elle réussissait à tout faire avant que la cloche ne sonne, elle avait le droit d’aller à l’école; cela n’arriva pas souvent. Elle courait pourtant sur le chemin pierreux, la petite Francesca, pour rapporter l’eau à la maison avant qu’il ne soit trop tard, mais en vain. Alors elle s’asseyait sur le chemin et pleurait. Elle pleurait sa maman absente, ses pieds meurtris, ses mains glacées. Elle ne le dit jamais à personne, sauf, beaucoup plus tard, à ses petits-enfants qui rechignaient eux, pour aller à l’école.

Francesca n’était ni plus malheureuse ni plus heureuse que la plupart des autres enfants du village: comme eux, elle allait pieds nus le plus souvent, même en hiver, mangeait la pulenta de châtaignes, la soupe de haricots et de lard de cochon, avec un peu de charcuterie ou de fromage les jours de fête. Les hivers étaient rudes, on s’enfermait et se calfeutrait autour de la cheminée; les journées d’été longues et éreintantes: il fallait profiter du jour pour avancer les travaux  (jardins, troupeaux, récolte des châtaignes, lessives, réparations).

Son père, affectueux mais déjà âgé, laissait les rênes de la maison à Marie sa sœur aînée, qui menait tout son monde avec autorité.

Comme beaucoup de jeunes au village, les garçons partirent pour les colonies; leurs pensions aidaient bien les familles, la subsistance était dure. Angèle-Marie fut mariée jeune à un Italien plus âgé qu’elle, mais qui prenait bien le relais à la maison. A 15 ans, Francesca fut «placée» à Bastia, dans une famille recommandée par le curé.

 

Les bonheurs et les malheurs de Francesca

UN BONHEUR FOUDROYÉ

Elle y était bien traitée, apprenant à tenir la maison, la cuisine, la couture, s’occuper du jeune enfant. Elle resta longtemps en relation étroite avec cette seconde famille. Ses rêves étaient ceux d’une jeune fille simple très croyante. Elle avait une confiance inébranlable en Dieu, la Sainte Vierge et tous les saints. Elle se rêvait religieuse.

Il en fut autrement: le jeune Louis, élevé par des pères jésuites, visitait souvent cette famille. Peut-être ses visites se firent-elles plus fréquentes et assidues après l’arrivée de Francesca ? Toujours est-il qu’il finit par la demander en mariage; elle accepta. Il quitta donc les pères jésuites et partit à Paris se faire une situation dans l’administration française: il fut facteur aux P.T.T.

Francesca, modestement dotée, mais avec une belle robe pour son mariage, le rejoignit un jour.

Ils vécurent leur bonheur simplement, lui travaillant, elle tenant son ménage dans ce grand Paris si différent de son village et même de Bastia! N’étant pas devenue religieuse, elle rêvait d’un autre grand destin féminin: devenir mère de famille nombreuse.

Ils eurent un fils, déclaré François Antoine. Qui décida de l’appeler finalement Pierre? Il était beau en tout cas, le plus beau des garçons du monde évidemment. Puis il y eut la guerre, Louis partit, il fallait bien, et, comme tellement d’autres, ne revint jamais.

Les bonheurs et les malheurs de Francesca
Les bonheurs et les malheurs de Francesca

LE CENTRE DE SA VIE

Restée seule avec son fils âgé de 4 ans, Francesca versa bien des larmes; puis elle fit face. Elle avait le caractère bien trempé, était habituée à lutter pour survivre. En tant que veuve de guerre, on lui offrit une place aux P.T.T.. Elle faisait des colis pour les soldats et les prisonniers le jour, des travaux d’aiguilles à domicile le soir et la nuit pour augmenter son petit revenu, et, de plus, apprit à lire et à écrire, pour améliorer sa situation aux P.T.T.

Pierre restait seul à la maison souvent, sa mère en courant revenait voir si tout allait bien pendant ses temps de pause; puis elle repartait, toujours courant, reprendre son poste. Payer une nourrice à cette époque était réservé aux gens riches;  pour une femme seule, même avec sa pension de veuve de guerre et le fruit de son travail, c’était un luxe peu accessible.

L’enfant devint le centre de sa vie, son bonheur, son trésor, son amour; le plus important tout de suite après Jésus-Christ, et même, à son cœur défendant, peut-être avant ?

Ainsi naquit de cette relation mère-fils un amour fusionnel qui jamais ne rompit et qui ne laissa la place à aucun autre; ils formèrent un couple indestructible. Elle ne se remaria évidemment pas, et Pierre, en âge de prendre femme, ne quitta jamais sa mère, et ne put jamais trouver celle qui l’égalerait; mais il lui fit beaucoup de petits-enfants qui tous furent peu ou prou élevés par leur grand-mère: elle était enfin (grand-) mère de famille nombreuse !

 

Au gré d’une vie mouvementée, l’un d’eux naquit à Soccia, le village de Francesca: Louis-Pierre; et deux autres, Marina et Eva, eurent la chance d’y vivre quelques mois de leur enfance, qui restèrent toujours l’un de leurs meilleurs souvenirs. Chacun d’eux, dans le secret de son cœur, rêvait d’une maison au village. Le besoin de renouer avec ses racines? Le souvenir de cette grand-mère irremplaçable? Un jour, le rêve devint réalité: «CASA FRANCESCA» est là, à SOCCIA, et vous attend, vous tous les descendants de la petite Francesca. N’oubliez pas d’y venir, d’y revenir, et bonne route à tous, dans vos vies.

Les bonheurs et les malheurs de Francesca
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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 18:00

Les monuments aux morts de nos villes et villages ne sont pas les seuls éléments officiels destinés à se souvenir des Français morts en 1914-1918. Il existe aussi les livres d'or.

La loi du 25 Octobre 1919 relative à "la commémoration et à la glorification pour la France au cours de la Grande Guerre" avait notamment pris les décisions suivantes:

Art.1er : Les noms des combattants des armées de terre et de mer ayant servi sous les plis du drapeau français et Morts pour la France, au cours de la guerre 1914-1918, seront inscrits sur les registres déposés au Panthéon.

Art.2 : Sur ces registres figureront, en outre, les noms des non combattants qui auront succombé à la suite d’actes de violence commis par l’ennemi, soit dans l’exercice de fonctions publiques, soit dans l’accomplissement de leur devoir de citoyen.

Art.3 : L’Etat remettra à chaque commune un livre d’or sur lequel seront inscrits les noms des combattants des armées de terre et de mer, Morts pour la France, nés ou résidant dans la commune.
- Ce livre d’or sera déposé dans une des salles de la commune et tenu à la disposition des habitants de la commune .
- Pour les Français nés ou résidant à l’étranger, le livre d’or sera déposé au consulat dont la juridiction s’étend sur la commune où est né, ou a résidé le combattant mort pour la Patrie.

Art.4 : Un monument national commémoratif des héros de la grande guerre, tombés au champ d’honneur, sera élevé à Paris ou dans les environs immédiats de la capitale.

Art.6 : Tous les ans le 1er ou le 2 Novembre, une cérémonie sera consacrée dans chaque commune à la mémoire et à la glorification des héros morts pour la Patrie.

Elle sera organisée par la municipalité avec le concours des autorités civiles et militaires.

Art.7: La présente loi est applicable à l’Algérie et aux colonies.

(J.O du 26 octobre 1919)

La loi précisait encore que la période de guerre considérée était comprise entre le 2 août 1914 et le 24 octobre 1919, date légale de la cessation des hostilités.

La rédaction des livres d'or de chaque commune a demandé un grand travail de rassemblement et de vérification des informations, qui sera interrompu par la guerre 39/45 et restera en l'état de brouillon. Pour être inscrits sur le monument aux morts et sur le livre d'or d'un endroit, il fallait soit y être né, soit y avoir eu 15 ans de domiciliation à la déclaration de la guerre. Il en résulta que des soldats purent être inscrits dans deux ou trois villages et certains furent oubliés.

Qu'en est-il pour Poggiolo?

Le livre d'or de Poggiolo, disponible sur le site des Archives Nationales (https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr), se présente sous la forme de trois feuilles dactylographiées. Il comporte 19 noms avec les dates de naissance et de décès, le régiment et le grade ainsi que le lieu du décès avec sa date.

Les oubliés du livre d'or
Les oubliés du livre d'or
Les oubliés du livre d'or

Mais trente noms sont gravés sur le monument aux morts du village. Qui sont les onze manquants et pourquoi ont-ils été oubliés du livre d'or?

Cinq de ces oubliés sont nés à Poggiolo et remplissent donc une condition importante: 

  • DEMARTINI François
  • FRANCESCHETTI Antoine François
  • PINELLI Baptiste
  • PINELLI François
  • PINELLI Laurent

Leur absence est inexplicable, sauf par un certain désordre administratif à la mairie, à la préfecture ou au ministère.

Quelles sont les lieux de naissance des six autres?

  • ANTONINI Pierre Toussaint: Guagno (inscrit sur le livre d'or et le monument aux morts de ce village)
  • BATTESTI Pierre-François: Guagno (inscrit sur le livre d'or et le monument aux morts de ce village)
  • DESANTI Jean: Eccica-Suarella (inscrit sur la plaque commémorative de ce village)
  • LOVICHI Jean: Constantine (inscrit sur le monument aux morts de Bône) (voir l'article "Enterré face au tombeau d'Achille")
  • MARTINI Jean-Dominique: Paris
  • PAOLI François Antoine: Marseille

L'absence de ces noms dans le livre d'or s'explique donc. Mais leur présence sur le monument aux morts est également parfaitement justifiée car ces hommes (leurs noms le montrent) ont de la famille à Poggiolo.

Ces soldats sont tous qualifiés de "morts pour la France" sauf PINELLI Baptiste et PINELLI François. Ils n'ont d'ailleurs pas de fiche sur le site "mémoire des hommes" qui rassemble la totalité de cette catégorie.

 

Les oubliés du livre d'or

Ces deux PINELLI sont mentionnés comme père et fils. Ils sont bien nés à Poggiolo, l'un en 1848, l'autre en 1889. 

Baptiste, Jean-Baptiste en réalité, est mort le 15 juillet 1917, donc dans le créneau chronologique prévu par la loi. Seulement, il meurt dans un hôpital parisien "des suites de maladie non contractée en service", est-il indiqué dans sa notice de MémorialGenWeb.

François est le fils du précédent. Il décède en 1920 à Ajaccio "des suites de la guerre", d'après le même site. Il est donc hors-délai.

Juridiquement, ils ne peuvent être qualifiés de "morts pour la France". Mais Jean-Baptiste était chevalier de la Légion d'Honneur depuis 1907 et il termina sa vie avec le grade de capitaine. Il faudrait avoir les documents sur les réunions du conseil municipal poggiolais de l'époque et sur la correspondance avec la Préfecture mais il est évident que, pour les habitants du village, les deux PINELLI étaient des héros de guerre.

Même si le livre d'or est incomplet, il n'est pas faux et le monument aux morts érigé au Lucciu montre bien la réalité et la complexité de la participation poggiolaise au massacre de la Grande Guerre.

 

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Cet article doit beaucoup aux informations trouvées sur les sites: 

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LES POILUS DE 14-18 SONT DES NOMS SUR DES MONUMENTS ET DES LIVRES D'OR. MAIS ILS ÉTAIENT D'ABORD DES ÊTRES HUMAINS. ENVOYEZ-NOUS DES PHOTOS AFIN DE LES FAIRE REVIVRE.

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 18:07

Si la première mort connue officiellement à Poggiolo en 1914 fut celle de Jean Toussaint MARTINI (voir l'article précédent L'annonce du premier mort), une autre famille poggiolaise avait déjà été frappée par la guerre.

En examinant les fiches individuelles (disponibles sur le site ministériel www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/) des trente soldats "morts pour la France" nommés sur le monument aux morts de la commune, on peut se rendre compte que Noël Ange François MARTINI décéda le 5 septembre 1914, soit 14 jours avant Jean Toussaint MARTINI.

Le véritable premier des trente

Mais, d'après sa fiche, Noël MARTINI vit le jour loin de Sorru in Sù, à SÉTIF en Algérie.

Ses parents étaient bien de Poggiolo. Son père, Dominique MARTINI, dit Picciatinu, y était né en 1860, comme Angeluccia, née elle aussi MARTINI, avec qui il se maria le 23 janvier 1890 à Poggiolo. Mais ils habitèrent à SÉTIF où Noël naquit onze mois plus tard, le 25 décembre 1890, à leur domicile rue St Augustin, déclaration de naissance consultable sur le site des Archives nationales d'outre-mer: http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/).  Dominique était alors sous-agent des Postes. 

Il eut des promotions et devint Receveur des Postes et Télégraphes à MAC-MAHON (localité appelée maintenant AÏN TOUTA, 35 km de BATNA), lieu de naissance des deux derniers de ses cinq enfants.

Noël MARTINI était toujours sous l'uniforme à la déclaration de guerre, et avec le grade de sergent-major au 8ème Régiment de Marche des Tirailleurs, car il s'était engagé dans l'armée en 1909. 

Or, d'après la fiche, c'est à TOCQUEVILLE que la mort de Noël MARTINI fut déclarée officiellement le 18 mars 1915, avec six mois de retard.

Il était bien considéré comme un habitant de cet endroit (nommé maintenant RAS EL OUED, à 55 km au sud-ouest de SÉTIF) car son nom figure sur le livre d'or de cette commune. Il voisine avec 25 autres noms européens et 14 "indigènes", comme on disait alors, sur la liste publiée par le MémorialGenWeb.

Ces livres d'or ont été rédigés après la guerre dans le but de recenser les soldats ayant bénéficié de l'appellation "Mort pour la France", à partir des informations fournies par les mairies.

Le véritable premier des trente

Son nom était certainement présent sur le monument aux morts de TOCQUEVILLE qui fut inauguré le 16 septembre 1922. Malheureusement, la seule photo disponible ne permet pas de lire la moindre inscription.

Le véritable premier des trente

Cependant, sur internet, il existe une photo de la plaque commémorative qui se trouvait dans l'église et qui fut inaugurée le même jour que le monument laïc. Dix-huit noms de paroissiens catholiques y sont gravés. Noël MARTINI est le dixième. 

Le véritable premier des trente

Après l'indépendance de l'Algérie, pratiquement tous ces monuments furent détruits et les souvenirs des morts pour la France originaires de là-bas ont disparu. 

Mais, pour POGGIOLO, Noël MARTINI, même s'il n'y vécut jamais, était un enfant du pays et son nom fit partie des trente inscrits sur le monument aux morts. 

Même si l'on vit loin de la Corse, le lien avec le village d'où vient sa famille ne s'efface jamais.  

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Remerciements à Pierre LECCIA dont le très gros travail disponible sur GENEANET donne de nombreux renseignements généalogiques.

Le véritable premier des trente

N'OUBLIEZ PAS DE NOUS ENVOYER DES PHOTOS DE VOS ANCÊTRES EN 1914-1918.

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 18:00

Le 8 octobre 1914, voici exactement un siècle, fut un jour particulièrement sombre pour Poggiolo car le village apprit alors qu'un de ses enfants était mort sur le front.

En 2007, Xavier PAOLI avait décrit ce coup de tonnerre dans un texte qui est reproduit ci-dessous avec des renseignements complémentaires. 

Le 8 octobre 1914, alors que les hostilités venaient à peine de commencer, le tocsin sonnait déjà à Poggiolo. Ce fut le prélude d'une trop longue liste qui devait malheureusement se prolonger au fil des quatre années de la sanglante boucherie que fut la première guerre mondiale.
La mère Dorothée (sœur de l'instituteur du village Bernard Paoli) était restée veuve quelques années auparavant et avait déjà eu à déplorer la perte de sa fillette de dix ans. Elle n'avait plus de raison de vivre que ce fils, son unique enfant.
Au dire des anciens qui nous l'ont conté, à la réception de la terrible nouvelle, dans le village épouvanté, personne n'osait aller la prévenir. Pourtant il le fallut bien et, le conflit s'éternisant, la funèbre cérémonie se répéta maintes et maintes fois. Qu'à travers Jean Toussaint soit honorée la mémoire de tous ceux dont le nom figure sur le monument aux morts.

(texte écrit par Xavier Paoli et publié dans le numéro 10 de novembre 2007 du journal "L'Info U Pighjolu")

(texte écrit par Xavier Paoli et publié dans le numéro 10 de novembre 2007 du journal "L'Info U Pighjolu")

Jean Toussaint MARTINI était le fis de Marie Dorothée PAOLI et de Pierre MARTINI, dit Carazza. Ses parents, qui avaient 31 ans d'écart, s'étaient mariés en 1880. Ils eurent Marie Gracieuse, née en 1883, qui ne vécut que quatre ans. Jean Toussaint naquit le 16 avril 1890. Son père mourut en 1911.

L'annonce du premier mort

Comme nous l'apprend sa fiche de décès publié sur le site du Ministère de la Défense (http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/article.php?laref=1), Jean Toussaint MARTINI, mobilisé dans le 89ème Régiment d'Infanterie, fut blessé et mourut le 19 septembre 1914 à la suite de ses blessures (reçues quel jour?) à Neuvilly, village de la Meuse qui fut le lieu de grands combats en 1914 et en 1918.

 

L'annonce du premier mort

Mais, comme le prouve cette fiche, l'annonce ne parvint à Poggiolo que le 8 octobre, soit dix-neuf jours plus tard. Ce retard, qui peut nous paraître long, n'était pas extraordinaire au début de la guerre. L'éloignement de la commune n'est pas seulement en cause. Ainsi, à Marseille, le premier avis de décès "au champ d'honneur" ne parut dans la presse locale que le 29 août, alors que la guerre avait débuté le 3 août. 

Censure ? Services débordés ? Souci de ne pas démoraliser ?

Peu importait pour Dorothée qui se retrouvait toute seule et qui, comme tant d'autres mères, traîna son chagrin jusqu'à son décès en 1927.

L'annonce du premier mort

De Jean Toussaint MARTINI, il ne reste qu'une ligne sur le monument aux morts de Poggiolo.

Mais peut-être que des membres de sa famille possèdent encore une photo de lui. Le Blog des Poggiolais serait heureux de pouvoir la publier.

Cet appel est lancé à toutes les familles de Poggiolo: envoyez-nous des photos de vos ancêtres qui ont participé à la Première Guerre Mondiale, qu'ils y furent tués ou en réchappèrent. Ils ont droit à notre souvenir et à notre remerciement pour leur sacrifice.

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  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
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