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15 novembre 2018 4 15 /11 /novembre /2018 17:43

L'informatique permet de réaliser des recherches historiques bien plus rapidement qu'autrefois. Ainsi, la publication de la liste des soldats français tués pendant la première guerre mondiale a permis de réaliser toutes sortes de calculs. Cette liste est disponible sur le site "Mémoire des hommes". Le site "MémorialGenWeb" procède au relevé des inscriptions se trouvant sur les monuments aux morts.

 

"Le Parisien" a publié le résultat de l'étude des prénoms.

"On ne s'étonnera évidemment pas de trouver les prénoms classiques du début du XXe siècle : Jean, Pierre, Louis, Joseph et François forment les cinq prénoms les plus frappés. 

A eux cinq, ils représentent 79647 victimes, soit 8% des soldats morts pour la France lors du premier conflit mondial, sans compter leurs variantes en prénoms composés (Jean-Marie arrive en 7e position, Jean-Baptiste en 8e)."

 

 

François et Jean sont morts

 

Et pour Poggiolo?

Les trois faces du monument aux morts comportent trente noms. Il suffit d'en faire la liste et on arrive à:

quatre Jean,

quatre Jean Toussaint, 

trois François,

deux François Antoine.

Puis, dix-sept soldats portent chacun un prénom particulier. 

Si Jean domine comme dans toute la France, le reste de la liste n'est pas exactement le même.

 

François et Jean sont morts

 

Pour mieux connaître la popularité des prénoms, on peut envisager de couper les prénoms composés en deux. Ainsi, on compterait Jean Toussaint à la fois pour un Jean et pour un Toussaint. A cette époque, les registres d'état-civil ne comportent pas de trait d'union entre les prénoms mais une virgule. Le prénom composé était donc un usage mais pas une réalité administrative. D'ailleurs, sur le monument poggiolais, aucun trait d'union n'est marqué. Il en résulte une curiosité: en coupant le prénom de Charles Marie VINCIGUERRA, on obtient dans la liste un prénom féminin!

La répartition poggiolaise devient alors:

dix Jean,

huit François,

six Toussaint,

trois Antoine,

trois Dominique,

deux Pierre,

puis, treize prénoms différents.

François et Jean sont morts

Jean consolide sa position, suivi de François, et Toussaint tient une place importante.

Une petite remarque pour le prénom Franco. Il est attribué à un membre de la famille COLONNA. En réalité, à sa naissance, cet individu avait été déclaré comme François Antoine. Mais l'usage l'avait transformé en Franco et ce surnom est celui conservé sur le monument.

François et Jean sont morts
François et Jean sont morts
François et Jean sont morts
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10 novembre 2018 6 10 /11 /novembre /2018 12:00

Les soldats de la première guerre mondiale sont trop souvent réduits aux noms des morts pour la France gravés sur les monuments aux morts.

Ils furent d'abord de hommes qui avaient des visages, des regards, des sourires et des statures particuliers. Et puis, si tous ne moururent pas sur le front, il faut se souvenir que les rescapés souffrirent terriblement pendant cette guerre.

Maintenant que tous ces combattants sont décédés, nous pouvons nous souvenir d'eux avec les photographies de l'époque où ils étaient sous l'uniforme.

Voici quelques images de Poggiolais. Mais ce blog publierait volontiers d'autres photos que les familles peuvent envoyer à larouman@gmail.com

Louis Antoine ANTONINI

Poggiolais sous l'uniforme

Né en 1888 à Guagno, après son service militaire dans l'artillerie à pied, il est rappelé en août 1914. Il combat en France, en Italie et en Belgique. Enterré en 1972 à Guagno-les-Bains.

 

 

Pierre Toussaint ANTONINI

Poggiolais sous l'uniforme

Né à Guagno en 1882. Engagé dans les troupes coloniales en 1902, il fait campagne au Tonkin et en Guinée, obtenant la médaille coloniale et la médaille militaire.

Il est adjudant-chef au début de la guerre. Il atteint le grade de lieutenant le 11 novembre 1916. Il combat en France et reçoit une citation à l'ordre du régiment (le 8e colonial) le 25 octobre 1914: "a enlevé à la baïonnette des tranchées ennemies et fait prisonnier un fort détachement commandé par un officier".

Envoyé sur le front d'Orient à partir de décembre 1915, il est grièvement blessé et soigné à Salonique. Sa fiche de "Mort pour la France" le déclare décédé à Salonique tandis que sa famille dit qu'il est mort sur le bateau-hôpital le ramenant en France. Toujours est-il que son corps repose au cimetière militaire de Lagoubran (carré SF, rang I, tombe 26) près de Toulon.

Son nom est le premier des trente inscrits sur le monument aux morts de Poggiolo.

 

 

 

Jean François CECCALDI:

Poggiolais sous l'uniforme

 

Né en 1876, il s'engage en 1895 au 4e régiment de tirailleurs algériens et fait campagne en Tunisie. Il est ensuite surveillant de prisons militaires et sergent-major comptable.

Le 2 août 1914, il est réintégré comme sous-lieutenant au 173e RI et combat en France. Blessé au mollet gauche par un éclat d'obus en novembre 1915, il est cité à l'ordre du régiment la 15 juin 1916: "sur le front depuis le début des hostilités, a fait preuve en toutes circonstances d'énergie, de sang-froid et d'un courage calme. A en particulier du 20 au 29 mai assuré dans les circonstances les plus difficiles et souvent même les plus périlleuses, le service du ravitaillement en matériel des bataillons en première ligne sous un bombardement des plus violents".

Il devient chevalier de la Légion d'Honneur en mai 1916

Jean François rejoint en février 1917 l'état-major du corps d'occupation du Maroc et termine la guerre avec le grade de capitaine major.

Dés qu'il quitte l'armée, il est élu maire de Poggiolo en 1919 et reste à ce poste jusqu'en 1941 et de 1943 à 1959.

Il est décédé en 1968.

 

François DEMARTINI

Poggiolais sous l'uniforme

 

Né en 1899, il est appelé par l'armée en avril 1918. Il est donc un des cinq derniers Poggiolais à être mobilisés pour cette guerre. Il est affecté au 111e RI (régiment d'infanterie). Il a été touché par la grippe espagnole mais en a réchappé. Après l'armistice, il a fait partie, jusqu'à sa démobilisation en mars 1921, des troupes qui ont occupé la Rhénanie.

Il est le frère de Jean Toussaint DEMARTINI présenté ci-dessous.

Il est décédé en 1975

 

 

Jean Baptiste DEMARTINI

 

Poggiolais sous l'uniforme

Né en 1893, il s'engage en 1912 au 3e RMT (régiment de marche des tirailleurs) qui est basé en Algérie. Il est nommé caporal. Son unité est engagée en France dès le début du conflit. Il devient sergent le 11 août 1914.

Jean Baptiste est tué à l'ennemi le 25 septembre 1915 à Epine de Vedegrange, dans la Marne.

Il a été inhumé dans la nécropole nationale de La Crouée (Marne), carré 3E, tombe 1791.

 

Jean Toussaint DEMARTINI

Poggiolais sous l'uniforme
Poggiolais sous l'uniforme

Né en 1889, il s'engage en 1907 chez les zouaves mais s'oriente rapidement vers la Marine et devient matelot timonier breveté. Mais, en 1912, à la suite d'un problème électoral à Poggiolo, il doit s'orienter vers l'infanterie coloniale. Il est au Dahomey lors de la déclaration de guerre et il participe à la conquête de la colonie allemande du Togo.

Devenu sergent, il combat en France à partir de mai 1915. Il meurt pour la France à Cappy (Somme) le 9 février 1916.

Sa famille a gardé son abondante correspondance qui est une source importante pour connaître la vie et les pensées d'un combattant de 14-18.

 

Jean Antoine FRANCESCHETTI

Poggiolais sous l'uniforme

Né en 1897, il est incorporé en janvier 1916. Il fait partie du 29e bataillon des chasseurs à pied. Il est blessé par un éclat d'obus à l'avant-bras gauche devant Corbeny, dans l'Aisne, en avril 1917. Il est intoxiqué par les gaz de combat le 6 août 1918. Il est libéré en septembre 1919.

Il meurt à Ajaccio en 1987.

 

Jean-Baptiste PAOLI

Poggiolais sous l'uniforme

Né en 1896, il est incorporé en avril 1915 dans un régiment d'artillerie lourde. Libéré en septembre 1919.

Décédé le 19 novembre 1993, il était le dernier survivant des Poggiolais anciens combattants de la première guerre mondiale.

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7 novembre 2018 3 07 /11 /novembre /2018 17:54
Commémoration du 11 novembre à Poggiolo

Angèle Pinelli, maire de Poggiolo, et son conseil municipal vous invitent à participer

 

le dimanche 11 novembre

à 11h

au monument aux morts de Poggiolo

 

à la cérémonie de commémoration du 100e anniversaire de l'armistice du 11 novembre 1918 et à l'apéritif offert par la municipalité qui suivra au bar le Belvédère.

 

 

 

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6 novembre 2018 2 06 /11 /novembre /2018 17:59
Réponse à la devinette du mois: Poggiolais et aviateur?

Aucun Poggiolais ne combattit dans l’aviation pendant la première guerre mondiale.

Mais un représentant de notre village, Jean Noël Pinelli (1879-1954), participa néanmoins à cette arme nouvelle.

 

Né à Poggiolo le 14 décembre 1879, Jean Noël PINELLI était le fils de Philippe PINELLI et de son épouse Jeanne OTTAVI. Il ne faut pas le confondre avec un autre Jean Noël PINELLI qui vécut de 1885 à 1940 et combattit en 14-18 dans les troupes marocaines.

Installé en Algérie, près de Constantine, il fit son service militaire entre 1900 et 1903. Il fut incorporé dans le Génie et devint télégraphiste au Mont Valérien.

Revenu à la vie civile, il fut rappelé en août 1914, au début de la guerre. Jean Noël retrouva le Génie, au 8e Régiment, puis il fut affecté à la section radio de l’escadre C/39 et ensuite au centre TSF du GDE (Groupe des Divisions d'Entraînement) du Plessis-Belleville (Oise), importante base d’entraînement des pilotes d’avion.

Vue aérienne du terrain de la GDE du Plessis-Belleville en mars 1916 - Photo Jean Amigues ((site https://www.escadrilles.org)

Vue aérienne du terrain de la GDE du Plessis-Belleville en mars 1916 - Photo Jean Amigues ((site https://www.escadrilles.org)

Juillet 1917: crash d’un Letord et mort de son pilote (Coll. J-P Amigues) (site https://www.escadrilles.org)

Juillet 1917: crash d’un Letord et mort de son pilote (Coll. J-P Amigues) (site https://www.escadrilles.org)

Il n'était donc pas du tout aviateur mais avait une fonction essentielle pour les communications de l'armée de l'air. 

 

Il sortit de la guerre avec le grade de sous-lieutenant, la Croix de Guerre et deux citations liées aux bombardements allemands subis par la base du Plessis-Belleville au printemps 1917.

Le registre matricule mentionne une citation à l'ordre du régiment en date du 3 avril 1917: "Attaché au Groupe comme radio depuis plus d'un an, s'y est montré excellent  spécialiste, remplissant sa mission dans des conditions souvent difficiles et périlleuses. Au cours des bombardements du 28 mars au 1er avril, a été légèrement blessé à son poste."

Dans la citation à l'ordre du général du 29 mai 1917, on peut lire: "Excellent chef de poste, son antenne ayant été détruite le 4 mai et son poste incendié par le bombardement, s'est prodigué au milieu des plus grands dangers, d'abord pour sauver son matériel, puis retirer des flammes un de ses hommes blessé mortellement".

 

Tranchée abri pour protéger le personnel en cas d'attaque aérienne sur le terrain du GDE du Plessis-Belleville (Oise) en février-mars 1916

Tranchée abri pour protéger le personnel en cas d'attaque aérienne sur le terrain du GDE du Plessis-Belleville (Oise) en février-mars 1916

La Légion d’Honneur lui fut attribuée par décret du 27 décembre 1923. Mais ne cherchez pas Jean Noël PINELLI parmi les Poggiolais dans la base Léonore, le site internet des titulaires de la Légion d'Honneur: il figure comme originaire de Poggioli, près de Figari !

Ce lieu est même inscrit sur la première page de son dossier. Par contre, l'extrait d'acte de naissance a bien été fourni par la mairie de Poggiolo: déclaration enregistrée par le maire de l'époque DESANTI Jules, extrait certifié conforme par Jean-François CECCALDI, maire en 1923, et par le juge de paix de Soccia.

 

L'administration devrait savoir que les héros ne peuvent venir que de PoggiolO !

 

Jean Noël PINELLI reçut sa décoration à Cervione où il termina sa vie. 

Pour en savoir plus sur  le GDE du Plessis-Belleville:

-un livre:

     http://www.aerostories.org/~aerobiblio/article5032.html

Réponse à la devinette du mois: Poggiolais et aviateur?

- et une exceptionnelle galerie de photos:

     http://albindenis.free.fr/Site_escadrille/GDE.htm

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5 novembre 2018 1 05 /11 /novembre /2018 18:00
La devinette du mois: Poggiolais et aviateur?

Lors de la première guerre mondiale, les soldats d'origine poggiolaise étaient dans leur quasi-totalité des fantassins ou des artilleurs avec une forte proportion dans les troupes coloniales. Mais ils furent dispersés dans des unités très diverses et furent présents sur de très nombreux fronts en Europe, en Afrique et en Asie.

On peut donc se demander si des Poggiolais ne furent pas présents dans la toute jeune armée de l'air. Des enfants de Poggiolo furent-ils aviateurs en 14-18? Et, si oui, de qui s'agissait-il?

Réponse demain. 

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21 octobre 2018 7 21 /10 /octobre /2018 07:00
Appel à nos lecteurs: où sont les restes des héros?

Avec le centenaire de la fin de la première guerre mondiale, les cérémonies s'enchaînent à un rythme de plus en plus rapide et atteindront leur maximum le 11 novembre.

Les monuments aux morts sont, dans chaque commune, un lieu de rassemblement pour se souvenir des soldats tués dans ce conflit. A Poggiolo, trente noms sont inscrits.

Les familles peuvent également se recueillir, par exemple le 2 novembre, près des tombes de leur parent tombé pour la France. Encore faut-il savoir où se trouvent ces tombes. 

Ce blog a déjà publié les lieux d'inhumation de la majorité des trente héros poggiolais mais la liste est incomplète.

 

 

APPEL À NOS LECTEURS:

où se trouvent les restes des Poggiolais suivants?

 

 

DEMARTINI Dominique François (prénommé seulement François sur le monument aux morts de Poggiolo), né en 1888, mort le 3 novembre 1915 à Massiges (Marne)

DESANTI Jean, né en 1892, mort le 26 février 1915 à Vauquois (Meuse)

MARTINI Martin, né en 1877, mort le 5 septembre 1916 à Cléry (Somme)

MARTINI Noël Ange-François, né le 25 décembre 1890, mort le 5 septembre 1914 à Neufmontiers (Seine-et-Marne)

PAOLI François Antoine, né en 1887, mort le 12 septembre 1915 à Toul (Meurthe-et-Moselle)

PINELLI Jean Baptiste (prénommé Baptiste sur le monument aux morts), né en 1848, mort le 15 juillet 1917 à Paris

PINELLI François, né en 1889, mort le 1er janvier 1920 à Ajaccio

PINELLI Laurent, né en 1893, mort le 28 mai 1918 à Fez

 

 

Merci d'avance à tous leurs descendants qui pourront fournir les renseignements (à l'adresse: larouman@gmail.com).

 

Les endroits où se trouvent les corps des autres morts seront bientôt publiés.

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8 octobre 2018 1 08 /10 /octobre /2018 18:09

Poggiolo a de nombreuses singularités, dans de nombreux domaines, par rapport aux villages voisins. La preuve en fut fournie au niveau sanitaire à la fin de 1918.

Cette année est connue pour être la dernière de la première guerre mondiale. Mais, dans le bilan de la guerre, on oublie souvent les victimes de l’épidémie de grippe, appelée alors grippe espagnole.

"Entre 25 et 40 millions de personnes sont mortes de la grippe espagnole d'avril 1918 au printemps 1919, davantage de victimes que celles causées par la Grande Guerre" (Claude Quétel, "L'Histoire", n°449, juillet 2018).

malades de la grippe dans un hôpital du Kansas

malades de la grippe dans un hôpital du Kansas

La France eut à déplorer 240.000 morts.

Des célébrités comme Edmond Rostand et Guillaume Apollinaire moururent de cette pandémie.

 

 

La Corse ne fit pas exception et fut touchée fin juillet 1918.

"L'on dénombra quatre-vingts morts à Sartène, quarante à Levie et Zevaco, et soixante à Sollacaro. Mais le triste record reste dans la cité paoline", c'est-à-dire Corte, où il y eut 136 morts, écrit Daniel CERANI dans "Corse-Matin" du 7 août 2018.

 

A Corte, la grippe dura du 4 août à fin septembre.

 

La tradition orale rapporte que, pendant l’été 1918, il y eut plusieurs victimes dans le village voisin de Soccia et que l’on entendait tous les jours les cloches des enterrements. Par contre, Poggiolo aurait été épargnée. S'agit-il d'une légende ou de la réalité?

 

 

Pour répondre, il faut étudier la mortalité de ces communes pendant l'année 1918, ce qui est possible avec les tables décennales d’état-civil disponibles sur internet.

Elles montrent effectivement une forte poussée de mortalité à Soccia en septembre et octobre 1918 avec dix-huit décès pour ces deux mois, soit autant que dans l’ensemble de chacune des années précédentes.

A Poggiolo, il n’y eut qu’un décès pour la même période, sur un total annuel de onze, soit moins qu’en 1917 où l'on avait compté quinze morts. 

Il semble que Guagno ait également été touché par l’épidémie car on enregistra dix-neuf morts en octobre 1918, soit exactement la moitié du total de l’année pour cette commune. Il n'y avait eu que onze morts pour toute l'année 1917.

Le tableau ci-dessous compare mois par mois la mortalité en 1918 des quatre communes du canton: Poggiolo, Soccia, Guagno et Orto.

 

 POGGIOLOSOCCIAGUAGNOORTO
janvier1000
février0210
mars0041
avril3021
mai2111
juin0121
juillet0012
août0121
septembre1820
octobre110190
novembre1341
décembre2200
total 19181128388

 

La hausse des morts en septembre et octobre pour Soccia et Guagno est évidente. Même si tous les décès ne viennent pas de cette maladie, la grippe espagnole a bien été présente et Poggiolo en fut épargnée, ainsi qu'Orto.

L'air serait-il donc plus sain à Poggiolo? Pourquoi ne pas le penser?

La mairie aurait-elle pris des mesures coercitives, comme lors de l'épidémie de choléra de 1884 où l'utilisation des thermes de Guagno-les-Bains fut interdite aux habitants de St André d'Orcino?

 

 

Il se peut qu'à l'armée certains Poggiolais mobilisés aient été atteints par le virus mais aucun n’en mourut. Le seul cas certain de malade est François Antoine Demartini. Né à Poggiolo en 1899, il avait été incorporé au 111e régiment d'infanterie le 18 avril 1918, il fut touché par la maladie et en réchappa. Il vécut jusqu'en 1975.

 

Poggiolo = bonne santé

 

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4 octobre 2018 4 04 /10 /octobre /2018 18:00
Solution de la devinette du mois: deux soldats sur une photo centenaire

 

Rare exemple de deux Poggiolais photographiés ensemble pendant la guerre de 1914-1918, l'image publiée hier permettait de poser plusieurs questions.

Elle peut être agrandie en cliquant sur elle.

 

1) L'identité de ces deux soldats: 

A gauche, Jean-Antoine FRANCESCHETTI (1897-1987) en uniforme de chasseur à pied et, à droite, Jean-Baptiste PAOLI (1896-1993) habillé en artilleur.

Ils se trouvaient, en 1918, en permission à Marseille. Ils allèrent se faire tirer le portrait au studio Photo-Eclair du 18 rue de la Cannebière (qui ne devint La Canebière, avec un seul « n » qu’en 1927). Le nom et l'adresse sont mentionnés sur la partie supérieure de la photo.

Les deux amis ont encore un peu le visage juvénile. Ils regardent attentivement l’objectif et sont serrés l'un comme l'autre pour bien être sur la photo. On distingue dans leurs regards le soulagement d’être vivants et l’inquiétude pour l’avenir car la guerre n’était pas encore terminée.

La date de ce document peut être estimée avec une petite marge d'incertitude. Jean-Baptiste PAOLI porte sur son col le nombre 283. Or, incorporé en avril 1915, il fut affecté au 283e régiment d'artillerie lourde en octobre 1917. D'autre part, Jean-Antoine FRANCESCHETTI, mobilisé en janvier 1916, déjà blessé par un éclat d'obus en avril 1917, fut ensuite gravement intoxiqué par les gaz de combat en août 1918. La photo a été réalisée entre octobre 1917 et août 1918, plus vraisemblablement au début de 1918.

 

2) Quel record ont-ils établi?

La réponse se lit dans la phrase présentant leur identité. Jean-Antoine étant décédé en 1987, à 90 ans, et Jean-Baptiste en 1993,  à 97 ans, ils furent les derniers survivants des anciens combattants poggiolais.

Il en restait 46 en 1945 et encore 22 en 1965.

 

Deux autres questions ayant des rapports plus lointains avec les deux Poggiolais ont été suscitées par cette photo.

 

3) Quel est le rapport entre ces deux soldats et la Foire Internationale de Marseille?

Le rapport est le parc Chanot. Pendant la Grande Guerre, Marseille était un centre de transit important pour les troupes arrivant ou partant par la mer et, dans l'attente d'un embarquement pour une permission en Corse ou d'un départ par train vers le front, ces deux Poggiolais, comme des milliers d'autres militaires, logeaient dans le camp de l'American Park, près du rond-point du Prado. L'American Park était un parc d'attractions qui avait été pris par l'armée pour servir de camp d'hébergement.

Après la guerre, ce lieu, rebaptisé Parc Chanot, en l'honneur d'un maire de Marseille, fut utilisé (et il l'est toujours) pour implanter la Foire-exposition qui se déroule chaque seconde quinzaine du mois de septembre.

 

Affiche de l''American Park en 1910.

Affiche de l''American Park en 1910.

 

4) Quel est le point commun entre ces deux Poggiolais et la famille de Charles Aznavour?

A première lecture, cette question semble vraiment saugrenue. Pourtant, il faut regarder le nom du studio de photographie où les deux Poggiolais s'étaient rendus: Photo-Eclair.

Pour donner une identité et des papiers aux Arméniens ayant fui le génocide perpétré par les Turcs, et qui débarquaient tous à Marseille, les autorités françaises décidèrent de réaliser des photos d'identité et Photo-Eclair fut chargé de cette besogne. L'Eglise arménienne marseillaise réalisa des actes de naissance et de baptême qui, accompagnés de ces photos, servirent de certificats d'état-civil provisoires.

On sait que les parents de Charles Aznavour (qui naquit un peu plus tard à Paris) passèrent par Marseille. Ils furent certainement photographiés à cet endroit.

 

Comme quoi, une simple photo peut donner des renseignements sur de nombreux sujets.

exemple d'acte de baptême arménien avec photo d'identité

exemple d'acte de baptême arménien avec photo d'identité

Des renseignements supplémentaires se trouvent dans l'article de Michèle Delaage "Photographie et photographes" dans Une, deux, trois... La Canebière, Comité du Vieux Marseille, novembre 2017.

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3 octobre 2018 3 03 /10 /octobre /2018 18:00
La devinette du mois: deux soldats sur une photo centenaire

En cette année du centenaire de la fin de la première guerre mondiale, voici une photo de 1918. Elle n'est pas du moment de l'armistice, en novembre, mais de quelques mois plus tôt.

Ces deux soldats sont deux Poggiolais photographiés à Marseille lors d'une permission. Leur image permet de poser plusieurs questions.

1) Tout d'abord, quelles sont les identités de ces deux hommes?

2) Ensuite, parmi les Poggiolais ayant participé à la guerre, quel record ont-ils établi tous les deux?

 

Il est également possible de se raccrocher (très indirectement) à l'actualité pour deux autres questions:

3) Quel rapport entre ces deux soldats et la Foire Internationale de Marseille dont l'édition 2018 vient de fermer ses portes (et dans laquelle les stands corses ont tenu une grande place)?

4) Quel est le point commun entre ces deux Poggiolais et la famille de Charles Aznavour?

 

Réponses demain 

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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 18:00
Mémoire des "poilus" corses

A la veille du centenaire de la fin de la première guerre mondiale, les initiatives mémorielles se multiplient.

En Corse, depuis le 22 septembre, on peut visiter une exposition intitulée "I nostra "poilus" in a mémoria famigliale". Organisée par le CCCE (comité de coordination des Corses de l'extérieur), l'association RHFC (recherche sur l'histoire des familles corses) et l'ADECEC (association développement des études du centre Est de la Corse), elle montre aux archives départementales de Haute-Corse, chemin de l'Annonciade, à Bastia, une trentaine de panneaux sur l'histoire personnelle des Corses qui ont combattu et souvent donné leur vie dans la Grande Guerre.

 

Mémoire des "poilus" corses
Mémoire des "poilus" corses

L'exposition s'achève à Bastia le 4 octobre mais elle sera présentée du 6 au 12 octobre à la médiathèque de Folelli.

 

Mémoire des "poilus" corses

Puis, à partir du 20 octobre, elle sera visible à Marseille, à la Maison de la Corse, 69 rue Sylvabelle.

Mémoire des "poilus" corses

Par contre, il n'est pas prévu que ces panneaux aillent en Corse du Sud  et c'est bien dommage.

Mais pourquoi ne pas imaginer de réaliser une exposition sur les soldats poggiolais de 14-18? Il existe suffisamment de documents, comme de prochains articles de ce blog le montreront.

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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