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23 novembre 2019 6 23 /11 /novembre /2019 17:41

 

Avez-vous déjà entendu parler du seigneur de Sorro?

L'histoire de ses relations avec les habitants de Guagno permet pourtant de comprendre la situation actuelle de Guagno-les-Bains.

Elle a été contée dans le quotidien "Le Petit Marseillais" du 1er juin 1923 par un nommé CIPRIANI dont le prénom n'est pas donné dans l'article.

 

Petrù et le seigneur de Sorru
Petrù et le seigneur de Sorru

 

Dans le cadre d'une série sur "les centres d'excursion corses", ce texte décrit "l'état lamentable" de l'établissement thermal. Mais l'essentiel est d'expliquer pourquoi Guagno-Village "possède des biens communaux d'une étendue de plus de 200 hectares sur le territoire de la commune" de Poggiolo. L'origine serait à remonter jusqu'au XIe siècle, c'est-à-dire à peu près l'époque de la construction de l'église Sant'Anarilla aux Trois Chemins (voir ici).

 

La population guagnaise se serait révoltée contre les abus du comte, seigneur de Sorru, et aurait obtenu la gestion des terres situées "entre la rivière de Grosso et la crête méridionale où se trouvent la forêt et la source d'eaux thermales". Ces terrains restent toujours à Guagno sauf la source et ses environs qui appartiennent au département.

 

Col de Sorru vu de Soccia (copie d'écran du reportage de D'Umani sur les Deux Sorru).

Col de Sorru vu de Soccia (copie d'écran du reportage de D'Umani sur les Deux Sorru).

 

Un point de l'accord est à retenir: le seigneur s'engageait à "ne plus s'aventurer au-delà du ravin Rivo-Secco". Or, la rivière de Rioseccu, à mi-chemin des deux villages, marque la limite administrative entre les communes de Poggiolo et de Murzo depuis le décret de Louis-Napoléon attribuant Guagno-les-Bains aux Poggiolais. Le col de Sorru n'est pas du tout poggiolais.

 

Le seigneur avait-il voulu garder entièrement le col pour continuer à contrôler la pieve?

 

Pont de Rioseccu, limite entre Poggiolo et Murzo, vu dans le sens de la descente (photo Google).

Pont de Rioseccu, limite entre Poggiolo et Murzo, vu dans le sens de la descente (photo Google).

Pont de Rioseccu vu dans le sens de la montée (photo Michel Franceschetti, 23 juillet 2009).

Pont de Rioseccu vu dans le sens de la montée (photo Michel Franceschetti, 23 juillet 2009).

 

Qui était ce seigneur? Etait-il un membre de la famille qui s'était établie au château de la Catena, près de Letia? (voir l'article ici).

 

Si cette histoire n'est pas une légende, il faut retenir le nom de Petrù, le chef des Guagnais révoltés. Il serait certainement le premier des habitants de Sorru in sù dont nous aurions l'identité. 

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20 novembre 2019 3 20 /11 /novembre /2019 17:57
Napoléon III et Guagno-les-Bains: légendes et réalité

A Bastia, on peut voir jusqu'à fin décembre une exposition sur "Napoléon III et la Corse".

 

Ce thème a été celui de la conférence de Jean DAL COLLETTO, président de la Fédération des groupements corses de Marseille et des Bouches-du-Rhône, à la Maison de la Corse de Marseille jeudi 24 octobre.

 

L'orateur s'est particulièrement attaché à décrire l'entourage corse de l'empereur, notamment Tito Franceschini Pietri dont l'importance a été racontée par Sampiero Sanguinetti dans un excellent livre.

 

Passant ensuite aux réalisations, Jean DAL COLLETTO a évoqué le renouveau du thermalisme et l'a illustré avec cette carte postale des Bains de Guagno datant de la fin du XIXe siècle.

 

Napoléon III et Guagno-les-Bains: légendes et réalité

 

Il a insisté sur le style architectural typique du Second Empire. En fait, l'établissement en forme de U dont on voit ici les deux bouts a été construit à partir de 1845, sous le règne de Louis-Philippe. Il fut achevé en 1856, sous Napoléon III. En tout cas, il est vrai que la majorité des bâtiments publics corses date de l'époque du neveu de Napoléon Ier.

 

Dans la discussion qui suivit l'exposé, l'animateur du Blog des Poggiolais, présent à cette conférence, rappela que le territoire des Bains de Guagno fut attribué à la commune de Poggiolo par le décret du Prince-Président Louis-Napoléon BONAPARTE (qui n'était pas encore empereur) en date du 19 septembre 1852 (voir l'article "Poggiolo n'existe pas").

décret des 19 septembre 1852

décret des 19 septembre 1852

Il signala également que la venue de Napoléon III et de l'impératrice Eugénie à Guagno-les-Bains pour suivre une cure est une légende toujours présente dans de nombreux guides touristiques (voir l'article "Napoléon Ier à Guagno-les-Bains et pas Napoléon III"). 

 

Un grand merci à Jean Dal COLLETTO pour sa conférence et pour le dynamisme qu'il manifeste aussi bien à la Maison de La Corse qu'au Cesec (Conseil économique social environnemental et culturel de Corse) où il est président de la commission Europe, relations internationales Euro-région, Méditerranée, diaspora . 

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3 octobre 2019 4 03 /10 /octobre /2019 18:00
Solution de la devinette: le H qui sauve

En publiant la photo de ce "H" peint sur le sol, le blog posait trois questions:

 

A quoi sert-il exactement? 

Où est-il précisément? 

Depuis combien de temps existe-t-il? 

 

Voyons ce qu'il en est.

A quoi sert cette inscription? Sans être de Corse, tout le monde doit savoir qu'elle désigne un lieu réservé à l'atterrissage et au décollage des hélicoptères de secours. Les malades et blessés peuvent être secourus et transportés d'urgence. 

Hélicoptère sur l'héliport de Soccia (mai 2014) (photo francetvinfo)

Hélicoptère sur l'héliport de Soccia (mai 2014) (photo francetvinfo)

 

Il est juste au bord de la route entre Poggiolo et Soccia, après le virage qui suit la croix de Saint Marcel.

photo Michel Franceschetti (6 juin 2011)

photo Michel Franceschetti (6 juin 2011)

 

Un espace plat, de forme plutôt triangulaire, a été aménagé, séparé de la chaussée par un simple muret.

Le transbordement des patients et des secouristes est donc aisé. Aucun grand arbre ne gêne les mouvements aériens.

photo M. Franceschetti (23 juillet 2019)

photo M. Franceschetti (23 juillet 2019)

Pour les graves accidents de montagne, il arrive au SDIS d'utiliser le parking de Croce Maior, à côté de la pizzeria de Finfin, comme ce fut le cas pour le drame de canyoning de l'an dernier.

 

Depuis combien de temps cet héliport existe-t-il?

Autrefois, les hélicoptères décollaient et arrivaient sur le terrain vide qui était derrière le commerce de Mimi à Guagno-les-Bains. Mais la construction de l'hôtel des Thermes, devenu un foyer pour adultes médicalisé (FAM), empêchait son utilisation.

La plate-forme près de Soccia fut donc été décidée et c'est en 1982 qu'eut lieu son inauguration, dont le quotidien publia un compte-rendu.

Solution de la devinette: le H qui sauve

 

Et, en dehors des sauvetages, le lieu vaut la peine de s'arrêter un peu pour admirer le paysage.

A gauche, on voit bien le col de Sorru derrière lequel la route va vers Vico et la mer.

Photo M. Franceschetti (24 juillet 2009)

Photo M. Franceschetti (24 juillet 2009)

 

A droite, une grande partie du village de Soccia est visible et, le matin, on peut voir le soleil dorer un à un chacun des toits et des façades.

Un endroit trop méconnu et qui mérite que l'on s'y arrête un peu.

 

Photo Google (novembre 2008)

Photo Google (novembre 2008)

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30 septembre 2019 1 30 /09 /septembre /2019 18:00
L'agenda des ramassages d'encombrants en octobre

Le prochain ramassage des déchets encombrants de Poggiolo, Guagno-les-Bains et Soccia aura lieu mercredi 2 octobre.

 

La fois suivante est fixée au 16 octobre.

L'agenda des ramassages d'encombrants en octobre

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11 juillet 2019 4 11 /07 /juillet /2019 18:00
Photo Pascale Chauveau.

Photo Pascale Chauveau.

Le foyer pour adultes médicalisé de Guagno-les-Bains ne fait pas souvent parler de lui alors qu'il poursuit un travail très intéressant.

 

L'après-midi d'animation qui vient d'être organisé est donc une bonne idée. Des activités variées ont réuni les résidents et personnels du FAM et de l'EHPAD ainsi que des habitants:

 

- concert de Canta u Populu Corsu

 

- atelier théâtre de l'association Scopre de Marignana

 

- exposition de photos sur les activités des résidents

 

- exposition de peintures de Christian PINELLI

 

... sans oublier le buffet.

Christian Pinelli (photo Franceschetti).

Christian Pinelli (photo Franceschetti).

 

 

Les détails se trouvent dans l'article de Pascale CHAUVEAU paru dans "Corse-Matin" de jeudi 11 juillet.

La fête du FAM

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1 juillet 2019 1 01 /07 /juillet /2019 17:57

Toutes nos condoléances aux familles dans la peine.

 

 

Obsèques à Guagno et à Guagno-les-Bains
Obsèques à Guagno et à Guagno-les-Bains
Obsèques à Guagno et à Guagno-les-Bains

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28 juin 2019 5 28 /06 /juin /2019 17:49
"Esplanade à priori communale située devant une chapelle fermée. Elle est située en face d'une maison, au croisement de deux routes légèrement passantes en journée et très calme à partir de 22h. Source d'eau potable en accès libre, juste en dessous de la maison (au bord de la route)."
 
 

Cette annonce donne envie de faire halte dans ce lieu agréable quand on fait un voyage  en caravane ou en camping-car. Elle est d'ailleurs toute récente car elle est parue le 12 juin 2019 sur le site https://www.park4night.com qui, lié à la Fédération Française des Associations et Clubs de Camping-Cars, sert au "partage de coins sympas pour se reposer en Camping-car, fourgon aménagé et van".

 

Où se "coin sympa" se trouve-t-il donc?

Les coordonnées GPS sont fournies:
N 42°10’23.1204” E 8°53’20.0976”
42.173089,8.888916 

 

Mais pas besoin de ces chiffres car les photos accompagnant l'annonce permettent de reconnaître le lieu.

Un coin sympa
Un coin sympa
 
Aucun doute n'est possible: le "coin sympa" est le terrain de la chapelle Saint Antoine au-dessus de Guagno-les-Bains.
 
Combien de camping-cars vont-ils être attirés par cette annonce cet été?
 
 
PS: sur le même site, est présenté depuis plusieurs années "Lieu en pleine nature Soccia, Unnamed Road" qui désigne le parking de Croce Maior, au début du chemin de Creno. Les commentaires sont très positifs pour Finfin et ses pizzas.
 

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19 juin 2019 3 19 /06 /juin /2019 18:23

Et une de plus! Après la réunion de massif du 29 mai dernier (voir l'article), s'est tenue à Vico une séance de travail associant élus et acteurs du territoire Ouest Corse, avec le même schéma: on reparle toujours des mêmes affaires et rien n'avance vraiment.

 

 

Encore une réunion où, comme avec J-S PAOLI il y a vingt jours, le dossier de la station thermale de Guagno-les-Bains est revenu sur le tapis grâce à la Poggiolaise Hélène DUBREUIL, présente au titre du Cesec (conseil économique, social et culturel de la Corse). Mais toujours aussi peu de réactions de la part des responsables.

 

 

Hélène Dubreuil est la septième personne à partir de la droite, en robe à rayures horizontales.

Hélène Dubreuil est la septième personne à partir de la droite, en robe à rayures horizontales.

 

Le scepticisme augmente envers ces réunions qui ne remplacent pas le travail concret réalisé autrefois par les élus de proximité. Les réformes regroupant les cantons et instituant deux conseillers départementaux par canton ont créé des élus hors-sol même s'ils sont de bonne volonté. François COLONNA le regrette: "on avait un élu référent qui représentait le territoire. Aujourd’hui, on n’a plus d’interlocuteur dédié, même si la conseillère Véronique Arrighi fait des pieds et des mains."

 

 

La réunion de Vico a aussi été l'occasion de montrer l'indifférence, la méconnaissance et même le dédain dans lequel nos villages de l'intérieur sont tenus, avec cette anecdote qui a une signification profonde:

Voyant arriver un traiteur d'Ajaccio pour la pause déjeuner, Jean-Pierre FONDEVILLE, adjoint à la mairie de Vico, rappelait l'existence de deux traiteurs dans la commune:  "La cohérence avec tous les discours en faveur du soutien au monde rural, impliquerait certainement de donner l’exemple en faisant travailler les commerçants locaux...

 

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Les citations et la photo sont extraites de l'article de Pascale CHAUVEAU paru dans "Corse-Matin" de mercredi 19 juin.

 

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2 juin 2019 7 02 /06 /juin /2019 18:10
Guagno-les-Bains au comité de massif

La solution pour obtenir la réouverture de la station thermale de Guagno-les-Bains est toute simple: il faut faire partie d'une commission.

 

C'est du moins ce qu'il résulte de la dernière réunion du comité de massif.

 

Le comité de massif est une structure encore peu connue. Elle a pourtant été instituée par la loi Montagne de 1985, loi dont la version votée en 2016 a reconnu "la spécificité de la Corse, territoire montagneux  et insulaire présentant le caractère d'île Montagne". A chaque massif de montagne, est attribué un comité pour le développement, l'aménagement et la protection. 

 

A la réunion du comité de massif qui vient de se réunir pour les Deux Sorru le 29 mai à la mairie d'Orto, la commune de Poggiolo était représentée par Jean-Silius PAOLI, adjoint au maire. D'après le compte-rendu publié par "Corse-Matin" le 31 mai, il posa une question sur l'avenir de l'établissement thermal à Jean-Félix Acquaviva, président du comité. La réponse fut de lui offrir "la possibilité (..) d'intégrer la commission "thermalisme"".

 

La question est-elle donc résolue?

 

​​​​​​​Voir ci-dessous l'intégralité de l'article de Pascale CHAUVEAU paru dans "Corse-Matin".

 

Photo P.C. Jean-Silius Paoli est tout à fait à droite.

Photo P.C. Jean-Silius Paoli est tout à fait à droite.

Photo Jean-Félix Acquaviva (twitter)

Photo Jean-Félix Acquaviva (twitter)

A Orto, le président du comité de massif, Jean-Félix Acquaviva, a fait le point sur les attentes des maires. Téléphonie, thermalisme à Guagno-les-Bains, tourisme dans les sites naturels, trésorerie de Vico, les sujets ne manquent pas

C'est en tant que président du comité de massif que le député Jean-Félix Acquaviva s'est rendu à Orto en début de semaine, où une dizaine de maires ont exposé leurs attentes.

Depuis la réactivation du comité de massif en juillet 2016, les premiers dossiers ont été instruits pour un schéma qui s'étalera sur 8 ans, et 50 millions d'investissements sont déjà programmés. En multipliant ce qu'il appelle "les réunions de vallées", Jean-Félix Acquaviva se veut au plus près des maires de la montagne, pour écouter leurs projets, et les renseigner sur ce que peut permettre le schéma.

Du côté des édiles, l'eau et l'assainissement, l'état des routes, les "zones blanches" sans téléphonie ni numérique, restent les problématiques dominantes du rural, pour lesquelles le comité de massif ne peut intervenir en concurrence des modes de financement classiques déjà mis en place par l'Etat et la Collectivité, mais en complément de dossiers déjà aboutis.

"Pour optimiser les projets techniquement et financièrement, il faut les aborder de façon transversale en décloisonnant tous les intervenants. Mais le rôle du schéma n'est pas uniquement d'apporter du financement, mais d'amener une réflexion sur les politiques publiques sur, par exemple, la gestion des sites naturels, l'école rurale, le tourisme de montagne", précisait Jean-Félix Acquaviva. Il offrait ainsi la possibilité à l'élu de Poggiolo d'intégrer la commission "thermalisme", en réponse à sa question sur la réouverture de la station thermale de Guagno-les-Bains.

La stratégie du "harcèlement"

Pour les élus de Soccia et Orto, la surfréquentation du lac de Creno et du canyon du Zoïcu ont également trouvé écho : "Une gestion par la régulation est obligatoire pour mieux optimiser les retombées locales, en octroyant des concessions avec des critères qualitatifs comme, par exemple, la gestion des déchets".

Enfin, était évoqué le choc causé par l'annonce de la fermeture de la trésorerie de Vico, qui sera décentralisée à Sartène, en parallèle avec l'annonce d'une fermeture de classe au collège à la rentrée prochaine. "La loi Montagne est avec nous, mais la logique comptable des quotas est encore appliquée dans les secteurs de l'éducation, de la santé, et des services publics en général. En Corse, le problème est plus prégnant qu'ailleurs, en raison d'une démographie faible et de parcours longs. Face aux problématiques budgétaires invoquées, notre rôle est de faire du harcèlement écrit pour obtenir une méthode de calcul différente non anxiogène, pluriannuelle sur 5 ans, et tripartite entre les établissements, l'Etat et la Collectivité. On est vraiment là dans la volonté politique !".

Le président du comité de massif citait en exemple la faculté de Corte, à laquelle Pierre Joxe avait accordé un statut dérogatoire, et qui reste aujourd'hui la plus petite université de France avec environ 4 600 étudiants.

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3 mai 2019 5 03 /05 /mai /2019 17:57

Parmi les quelques ponts qui enjambent le Fiume Grosso, lequel est le plus ancien?

Les plus connus sont ceux du Genice et de Caldane à Guagno-les-Bains. Sur le plan-terrier établi à la fin du XVIIIème siècle par les autorités françaises, un pont est dessiné et nommé à Caldane mais il ne s'agit pas du pont actuel, construit entre 1851 et 1857 (voir l'article qui lui a été consacré). Par contre, aucun pont n'est visible au Genice.

 

Solution de la devinette: le pont disparu du Genice

 

Pourtant, Pierre MARTINI a trouvé, près de l'actuel pont du Genice, des vestiges des fondations d'un pont génois

Nous publions l'étude qu'il vient de réaliser sur cet endroit où des vestiges anciens peuvent être devinés. Il les explique et accompagne sa description de réflexions personnelles.

L'ensemble forme une originale méditation ambulatoire.

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Voulez-vous bien me suivre tout au long de cette petite méditation ambulatoire, à la découverte de quelques empreintes des temps passés, méconnues parce que presque invisibles?

 

Regardez la carte, le Nord...faisons un tour d'horizon: au delà du Fiume Grossu (ex Guagno...ex Liamone!) la rive droite qui monte vers U Pighjolu au loin et Soccia et Ortu... Devant nous, en rive gauche de la rivière, voici le lieu dit U Genice dont nous allons maintenant surprendre quelques débris de vies jetés ci et là jadis par nos séculaires ancêtres.

 

Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

 

 

Lisez la carte, voyez : vous seriez-vous douté qu'un pont "à dos d'âne" dit aussi pont génois, construit en des temps très anciens, en élément lithique, plus vraisemblablement qu'en bois, sautait la rivière à cet endroit? Vous verrez qu'aux points Pn et Ps, on en distingue encore les deux ancrages ou appuis de fondation.

 

Le point F indique, au débouché du pont, un four à pain, en très vieilles pierres moussues, dont la structure est bien conservée.

 

Le point C1 est un chemin antique, en partie dallé et empierré; il rejoint le point C2, chemin ancien, lui, mais cadastré, donc plus récent que C1 qui, non cadastré, a de toute évidence été oublié ou négligé par les topographes modernes, ainsi il est sorti de l'Histoire. C2 reliait aux temps jadis Vico à Guagno. Plus tard encore, une route moderne appelée chemin départemental n°... en rouge sur la carte, a relié ces deux villages; C2 a disparu sous des monceaux de terres rapportées au hasard, et puis la même route départementale fut lancée vers le nord à la recherche des trois villages de la rive droite; un pont moderne fut jeté sur la rivière et le vieux pont à dos d'âne est lui aussi sorti de l'Histoire, oublié, sans utilité, il a disparu, en ces temps lointains, sans doute difficiles où on n'avait pas le loisir de s'inquiéter des vieilles pierres et des monuments en péril. Ainsi, horresco referens, combien de témoins ici et là sont-ils à jamais péris?

    

Le point M est l'emplacement d'une maison, genre maison forte, du XVIII siècle, peut-être un peu moins, sans doute un peu plus... et puis, disparue la maison... plus une pierre... à la suite de quelque mésentente familiale. Dans l'inattention que nous portons à tout ce qui nous a précédé, nous sommes aussi blâmables que nos anciens, bien plus même, dans la mesure où nous avons conscience du mal que nous faisons aux choses inaniméesJe me souviens avoir vu, sous la maison, un captage d'eau, une source d'eau potable; détail important pour qui veut essayer de raconter le passé ou de l'imaginer.

 

Enfin, le plus mystérieux est ce point marqué T qui indique la présence d'un ou deux tumulus, de forme pyramidale, en galets de rivière, enfouis sous des broussailles.

 

Photo Géoportail.

Photo Géoportail.

 

Voilà ce que, sans prétention, je voulais vous faire découvrir ce petit espace de vie à présent tout à fait invisible; lieu de vie économique, écologique, si l'on veut bien entendre ces deux termes dans leur sens exact: c’est-à-dire pour l'un,"qui règle sagement les dépenses de sa maison", et pour le second, "qui adapte ses habitants au milieu naturel où ils vivent et travaillent." J'ajouterai que se trouve peut-être ici, également, une sorte d'espace cultuel... de traditions indigènes, symboliques, de rites perdus... mais vraisemblablement paléo-chrétien...Les hommes ont toujours mis leurs espoirs dans la déification d'une moindre chose, en un moindre lieu... un instinct?...

 

 Que penser de tout cela? Qu’y avait-il ici? Qu'en dire? Il faudrait faire un concours d'imagination, établir des hypothèses, monter des modèles, comme le disent si habilement les savants après avoir  fait une découverte; répondre à moult questions... inventer des sujets de réflexion... mais qui encore s'y hasarderait?

 

Qui étaient les hommes et les femmes, les enfants qui vivaient et mourraient ici? Ils s'auto-alimentaient bien sûr, mais aussi faisaient-ils commerce des produits de leur travail, agricoles, d'élevage, de la pêche, d'un petit artisanat du bois ou de la pierre... ils survivaient. Et toutes les voies de communication qui divergent en tout sens de cet endroit naturellement favorisé, heureux, étaient des vecteurs de commerce, bien sûr mais aussi des voies bellicistes, sans doute. Ces hommes ont abandonné ici, sans chercher à les conserver pour une improbable postérité, les quelques traces qui nous restent encore.

 

Peut-on imaginer que ces gens, de fortunes diverses se rassemblaient à l'occasion autour d'un culte? Lorsqu'on pressent qu'une l'histoire a existé en un endroit et qu'on n'en n'a aucun témoignage, ou si peu, il faut la créer, cette histoire... mais, attention!... ne pas divaguer pour autant... toujours rester dans le droit fil du raisonnable. Peut-on imaginer aussi qu'ils se réunissaient dans la maison fantôme... une auberge, quelques literies, quelques commerces. Il me revient alors incidemment cette vieille complainte "le train de Bastia" ... "quantu passera u train tira encu a mitralliosa…». Cela est mal transcrit sans doute, mais comprenne qui pourra!... Rencontres politiques, encore, dans la maison, ou claniques; de patriotes... pour ceci, cela, contre ceux-ci; il se monte des cabales, des partis, des expéditions... des révolutionnaires s'énervent, à voir!

 

Cette maison, peut-être encore le fief d'un seigneur (ne sommes-nous pas au centre de cette ancien pays que l'on nommait jadis la Terre des Seigneurs?); ou d'un malandrin local, autoproclamé, contrôlant tout l'espace à son profit: pont, chemins, octroi, cultures, moulins, pâturages, points d'eau, points de feu, lieux de vie... contrôlant sans doute ainsi les quelques concentrations humaines à peine naissantes qui s'appèleront bien plus tard Poggiolo, Orto, Soccia... et d'autres, mortes-nées parce que non viables... Maison qui fut tout simplement ce lieu de réunion de malfaiteurs dont nous parlent à l'envi certaines légendes peut-être controuvées, bandits qui saignaient les parages, profitant de leurs extraordinaires valeurs économiques, eaux, cultures et élevages, bois, sentes et le pont, passage obligé des mouvements entre diverses communautés, et cet incessant voyage des peuples qui nous a par la suite mené jusqu'au bout du monde... instinct de survie! Voilà, à chacun à présent de comprendre à sa façon ce qu'était le petit morceau de terre qui vient de sortir de l'oubli; à chacun de croire ce qu'il désire, comme le disait exactement le vieux Jules (César) qui connaissait si bien les hommes. Dans cette interrogation, j'ai moi-même mon idée, je la garde. Peut-être pourrons-nous confronter un jour toutes nos pensées si variées et sans doute si riches.

 

Photo Google

Photo Google

Et alors, j'ai repris mon chemin, à l'aventure; passant le pont de pierre, si étroit,100 mètres à peine en aval de ce qui reste de notre vieux pont "à  dos d'âne", j'ai pensé à ce bel apophtegme de Gogol: "l'architecture est une chronique de l'univers, elle parle encore quand les chansons et les traditions se sont tues". Ah! cette âme russe... incomparable mélancolie... Le long de la route, de part et d'autre, plus aucune architecture qui puisse encore parler...et que pourrait-elle raconter? Plus de chansons non plus et nulles traditions nulle part. Je ne vois qu'une terre abandonnée, sale, saupoudrée de carcasses d'automobiles et de déchets dont se débarrassent des hommes sans conscience en clamant tout haut qu'ils aiment leur terre... pauvres d'eux... vanitas!

 

      L’étranger qui passe par ici, à pied ou en voiture, l'indigène qui sans cesse sillonne les routes (en voiture, lui évidemment) peuvent-ils  penser qu'en même temps qu'avec notre extrême modernité, nous avons atteint le point la plus bas de notre terrestre aventure, dans une vertigineuse précipitation?

 

Le pont génois de Pianella à Ota.

Le pont génois de Pianella à Ota.

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  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
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