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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 07:14
Adieu Francette
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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 17:56

La demande de photo publiée dans l'article précédent (A la recherche du violoneux) a pu intriguer certains qui n'avaient jamais entendu parler de Martitinu. Toutes les générations ont eu, malgré la dureté du travail, le besoin de s'amuser. Au XIXème et au début du XXème siècle, le violon était l'instrument par excellence de toutes les fêtes.

Dans les villages de Sorru in Sù, Martitinu (qui s'écrit aussi Martinchjinu) eut une grande célébrité ainsi que, avant lui, Cumandante. Ces deux représentants de la culture populaire ont été évoqués dans un article ( de Xavier Paoli?) paru dans "L'info U Pighjolu" de juillet 2007. 

"Evoquons, pour leur rendre hommage, deux de ces modestes artistes qui faisaient danser nos arrière-grands-parents.

Tout d'abord, chronologiquement, Ghjuvan Battistu BATTESTI, natif d'Ortu mais ayant fait souche à U Pighjolu par le mariage. Grand escogriffe, doté de plusieurs surnoms dont un lui allait comme un gant ("Cicala") et un autre ("Cumandante") dont on pouvait se demander où il en avait gagné les galons, lui qui n'avait jamais pratiquement quitté son île. Il était en réalité maçon et sonneur de cloches (aux appointements de 50 francs par an en 1881). Mais il ajoutait à ces multiples et variées occupations un vrai talent de musicien, apprécié dans tout le canton et même au-delà.

Versificateur hors pair, il était très sollicité dans toute la région pour les festivités du carnaval. Mêlant musique et couplets entraînants, l'archet frénétique, le quatrain moqueur à la bouche, il menait la sarabande carnavalesque avec un entrain jamais démenti. Peut-être là est l'origine de son surnom de «Cumandante» (… di Carnavà, disaient les mauvaises langues).

C'est probablement à son école que Ghjuvan Martinu PINELLI (Martinchjinu), né en 1878 à U Pighjolu, semble avoir fait son apprentissage de violoneux. Vigneron, cordonnier, il tenait aussi le Café du village où il vendait le vin et l'eau-de-vie de sa production.

"Cumandante" se faisant vieux, il avait succédé à celui-ci dans le rôle d'animateur de festivités. Alors qu'il ne jouait plus depuis longtemps, les plus âgés d'entre nous ont pu l'entendre peu de temps avant sa mort en 1950, animer une soirée impromptue où plusieurs couples retrouvant leurs jambes de vingt ans, nous offrirent le témoignage d'une civilisation à jamais disparue." 

Violons, guitares et chants à U Pighjolu (16 août 1997)

Violons, guitares et chants à U Pighjolu (16 août 1997)

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 18:09

Le centenaire du début de la première guerre mondiale a permis aux médias de s'étaler largement sur le grand nombre de morts, sur l'énergie des soldats, sur les combats sanglants, etc., etc..

Mais, si de nombreux villages perdirent alors leurs jeunes, ce ne fut pas seulement parce qu'ils périrent sous l'uniforme. 

 

UN CANTON PARTICULIÈREMENT SAIGNÉ

De nombreuses publications ont montré l'importance de "l'impôt du sang" versé par la Corse pendant la Grande Guerre.

Si l'on compte que, sur 40.000 mobilisés et 2.500 engagés volontaires, il y eut près de 11.000 morts, la proportion par rapport aux mobilisés atteint près d'un quart, contre 16,5% pour l'ensemble du pays.

On peut aussi rapporter le nombre de tués à la population totale. Le pourcentage est de 3,5% pour l'ensemble de la France. La Corse, quant à elle, déplora la disparition de 3,9% de ses habitants.

Sur la carte suivante, extraite de de "50 DOCUMENTS POUR UNE HISTOIRE DE LA CORSE", publication du CRDP de Corse, 50 cantons ont une moyenne de disparus supérieure à 3%. Mais les deux taches rouges correspondent aux cantons de SOCCIA et de Vezzano qui furent les seuls à dépasser les 6% de morts par rapport à la population totale.

 

Pourquoi les soldats ne sont-ils pas revenus?

Pourquoi ce triste record? Ce serait à étudier attentivement. Il est certain que, ainsi saignées, les communes de Sorru in Sù pouvaient difficilement se relever.

Mais ce ne fut pas tout.

LE NON-RETOUR DES SURVIVANTS

lDes lecteurs ont pu être surpris, en lisant l'article "Ceux qui en sont revenus", d'apprendre que Jean-Antoine FRANCESCHETTI, après sa démobilisation et son mariage, au lieu de s'installer à Poggiolo, alla travailler à Marseille pendant plus d'un tiers de siècle. Grâce à son grand-oncle, le curé Philippe Antoine FRANCESCHETTI (1840-1924), il avait pu suivre à Ajaccio des études un peu plus approfondies que les jeunes du village. Il pu ainsi avoir plus facilement un emploi dans l'administration municipale marseillaise. Dès juillet 1921, Jean-Antoine habita au 7 rue Méolan, près de la Canebière, puis, à partir de 1935, au 25 rue docteur Jean Sicard (actuelle rue Marx Dormoy). Il ne revint s'installer à Poggiolo qu'à sa retraite.

Son cas ne fut pas isolé. Quel que fut leur niveau d'instruction, de nombreux jeunes Corses, après avoir quitté l'uniforme, ne revinrent pas au pays.

Paul SILVANI avait décrit ce phénomène dans le quotidien "Le Monde" du 7 novembre 1998:

"Une grande partie des survivants ne regagneront pas leur ville ou leur village: ils ont pour la plupart gagné des galons et préféré rester dans l'armée ou entrer dans la gendarmerie, les douanes, la police, l'administration coloniale ou pénitentiaire.(...)

Ainsi tous ces Corses tournent-ils le dos à l'économie agro-pastorale de subsistance de l'avant-guerre, c'est-à-dire une vie rude, difficile et sans avenir. La découverte d'un monde nouveau et des perspectives qu'il ouvre à tous ces jeunes gens qui, sans la guerre, n'auraient probablement jamais franchi la mer en masse (...) augure à la fois de carrières prometteuses et du déclin de l'économie des vallées de l'intérieur. (...)

Les conscrits sont très nombreux à ne pas regagner leur île, où il n'y a pas de travail, à la fin de leur temps: 100% EN 1921 POUR LE CANTON DE SOCCIA, 50% dans ceux de Lama et Castifao. (...)

 La guerre de 14-18 constitue ainsi une étape décisive dans le processus de désertification rurale."

 

Notre concitoyen Xavier PAOLI l'a écrit pour Poggiolo dans son "Histoire abrégée du village avant 1914" que l'on peut consulter dans la rubrique "Pour nous connaître" de ce blog: 

"cet harmonieux équilibre entre la nature et l'homme, lentement et patiemment élaboré au cours des siècles, sera brutalement détruit en 1914.
Plus rien n'arrêtera alors la chute inexorable vers ce que nous connaissons actuellement."

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 18:04

Les héros de la Première Guerre Mondiale ne sont pas seulement les soldats qui sont morts entre 1914 et 1918 comme ceux qui ont été présentés dans des articles précédents.

Ceux qui sont revenus vivants de cette grande boucherie ont été marqués toute leur vie par des blessures physiques et psychologiques.

A eux peut s'appliquer cet extrait de la chanson de Jean Ferrat "Nuit et brouillard" qui concernait les déportés de la seconde guerre mondiale:

Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux
Ils essaient d'oublier, étonnés qu'à leur âge
Les veines de leurs bras soient devenues si bleues

 

Voici trois exemples poggiolais.

 

Certains ont pu être profondément marqués dans leur chair comme Joseph DESANTI, né le 1er février 1889 à Poggiolo. Mobilisé au 173e  Régiment d’Infanterie (le régiment des Corses), il fut blessé à la tête et au bras droit par un éclat d’obus à Douaumont. Il en fut profondément défiguré. Bien longtemps après, ses souffrances lui valurent la Légion d’Honneur par décret du 31 août 1960, mais à titre posthume… car il était mort le 16 juin 1959.

 

Autre Poggiolais chevalier de la Légion d’Honneur mais décoré de son vivant, lui aussi en 1960: le greffier Antoine François Léonard PINELLI (1893-1964) qui eut sa main gauche paralysée par une balle en 1917.

 

Jean-Antoine FRANCESCHETTI fut également un grand blessé, avec des blessures moins visibles bien que très réelles.

Né le 24 septembre 1897 à Poggiolo, il fut incorporé en 1917 au 29e Bataillon de Chasseurs à Pied dans lequel il fut un bon soldat comme le prouve le certificat de bonne conduite donné lors de son retour à la vie civile.

Ceux qui en sont revenus

L’illustration de ce document est un tableau de Louis-Théodore Devilly qui montre le dernier jour de la bataille de Sidi-Brahim devenue le symbole des chasseurs, le 26 septembre 1845, au moment où les rescapés du 8e bataillon de chasseurs à pied vont succomber devant les troupes de l’émir Abd El-Kader. 

Ceux qui en sont revenus

Jean-Antoine fut blessé le 19 avril 1917 à Corbeny, dans l’Aisne. Un éclat d’obus lui infligea une grande plaie à l’avant-bras gauche et à la hanche. Soigné, il repartit au front et fut intoxiqué par une attaque aux gaz le 6 août 1918.

Les conséquences furent graves. Sa cicatrice de la crête iliaque gauche était grosse et douloureuse. Ses poumons et son cœur fonctionnaient souvent difficilement.

Mais il passa outre pour avoir une vie normale. Jean-Antoine FRANCESCHETTI épousa en 1922 Rose DESANTI, nièce de Philippe CERATI dont la biographie a été publiée dans l'article "La réponse à la devinette guagnaise".

Il eut deux fils, Jean-Martin et Philippe, et mena une carrière de fonctionnaire à Marseille. Après son retour à Poggiolo en 1958, il s’acharna à soigner ses arbres, à prendre soin de ses chèvres, cochons et ânes, et à cultiver quotidiennement son jardin jusqu’à quelques jours avant son décès le 27 août 1987, après une vie de labeur incessant. S’il ne parlait pas beaucoup de la guerre, celle-ci le fit souffrir chaque jour. Il en fut de même de beaucoup d’autres.

Jean-Antoine FRANCESCHETTI (à gauche) et son frère Philippe pendant son service militaire (photo de 1921 ou 1922)

Jean-Antoine FRANCESCHETTI (à gauche) et son frère Philippe pendant son service militaire (photo de 1921 ou 1922)

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 07:18
Poggiolo et Orto en deuil
Poggiolo et Orto en deuil
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28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 06:45

Un nouveau décès vient d'être connu à Poggiolo: celui de Pierre PIETRI, connu sous le nom de "Pierrot de Tata".

La génération de Pierrot

Après les disparitions d'Archange COLONNA, Jean-Martin FRANCESCHETTI et Mimi CANALE, une génération est en train de s'effacer. Pour s'en souvenir, il reste des photos dont tous les visages ont maintenant disparu.

En regardant ces deux photos de 1968 (que c'est lointain!), dans lesquelles se trouve Pierrot, les plus jeunes ne reconnaîtront personne. A leurs parents et grands-parents de donner leurs noms.

La génération de Pierrot
La génération de Pierrot
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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 18:14

Les noms inscrits sur les monuments aux morts dont ceux des soldats qui sont morts pendant les guerres et dont le souvenir doit perdurer auprès des générations suivantes. Seulement, leur présence sur la pierre indique seulement que ces hommes ont été tués mais pas comment ils se sont comportés. Dans l'ignorance des détails de leur carrière militaire, on peut supposer qu'ils ont été des héros.

Pour en avoir le cœur net, il est nécessaire de regarder dans les documents. Et ceux-ci confirment que les Poggiolais furent de bons militaires.

Sur les trente Poggiolais présents sur le monument du Lucciu, nous savons que beaucoup s'étaient engagés dans l'armée avant 1914. Il n'est donc pas étonnant que cinq d'entre eux avaient déjà obtenu la médaille coloniale, surtout pour des campagnes en Afrique du Nord.

Deux étaient chevaliers de la Légion d'Honneur. Mais, là encore, ces décorations avaient été reçues pour des carrières antérieures à la Première Guerre Mondiale.

Sept furent titulaires de la médaille militaire

La médaille militaire est une décoration qui ne peut être concédée que pour des services militaires exceptionnels. Elle est formée d'une couronne de laurier d'argent qui entoure un médaillon d'or où figure l'effigie de la République, entourée d'un cercle d'émail bleu où sont inscrits les mots : République française. Au revers, la médaille porte au centre du médaillon d'or, entouré d'un cercle bleu, la devise : Valeur et Discipline. Les feuilles et boutons de laurier sont liés de deux rubans entrecroisés en haut et en bas. L'insigne est suspendu à un ruban jaune bordé de vert des deux côtés. (renseignements Wikipédia)

La face avant du monument aux morts de Poggiolo reproduit cette médaille, sous le médaillon d'un "Poilu" posé sur des branches de laurier.

Le palmarès des trente Poggiolais

La croix de guerre 1914-1918 a été attribuée à 5 des 30 Poggiolais. Cette décoration servait à récompenser une conduite exceptionnelle au cours de cette guerre.

Neuf citations (à l'ordre du régiment, de la division, du corps d'armée ou de l'armée) ont été publiées pour montrer des Poggiolais en exemple. A lui seul, Jean Toussaint PINELLI en a obtenu trois pendant la seule année 1917. Une curiosité: la citation de Jean Toussaint DEMARTINI à l'ordre des troupes du groupe de l'A.O.F. (Afrique Occidentale Française) pour sa bravoure dans les combats contre les Allemands au Togo, peut-être avec Jean Hyacinthe DESANTI (Voir l'article "Un Poggiolais au Mali"). Il mourut en 1916 dans la Somme.

Ces trente Poggiolais de 14-18 ont donc de bonnes raisons d'être présentés comme des exemples.

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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 17:59

L'année 2014 n'est pas seulement celle du centenaire du début de la Première Guerre Mondiale. Vingt ans après celle-ci, une nouvelle guerre ravageait l'Europe et le monde. Six Poggiolais moururent alors pour la France. Voici exactement soixante-dix ans que, le 19 novembre 1944, disparut   Marc Jean OTTAVY auquel cet article rend hommage.

 

Marc Jean OTTAVY (dit habituellement « Jean » ou « Jeannot ») n’est pas né en Corse mais en Algérie, à CONSTANTINE, en 1922.

Il fait partie de ces familles corses qui, devant la pauvreté matérielle, cherchèrent leur survie dans les territoires coloniaux.

Son père Martin OTTAVY était né à PHILIPPEVILLE mais ses grands-parents paternels étaient nés à SOCCIA et se marièrent à PHILIPPEVILLE. Antoinette PINELLI, la mère de Jean, était née à CONSTANTINE où les parents de celle-ci, nés et mariés à POGGIOLO, s’étaient installés.

La famille avait déjà été marquée par la première guerre mondiale avec  la disparition de l’oncle maternel de Jean, le sous-lieutenant (du 3e Régiment Mixte de Zouaves et Tirailleurs) Jean-Toussaint PINELLI, qui était mort le 14 avril 1918 dans l’Oise.

 

Jean Ottavy

Jean était étudiant en Droit à ALGER quand il fut mobilisé, comme beaucoup de Français d’Algérie. Après le débarquement anglo-américain de novembre 1942, le million de Français d’origine européenne d’AFN fournit 170.000 hommes, représentant 27 classes d’âges entre 17 et 45 ans, plus les engagés volontaires, soit 16,35% de cette population. Effort supérieur à celui de la métropole en 14-18. Rappelons que les soldats d'origine européenne (dits "pieds-noirs") étaient « appelés » et non pas "volontaires" comme leurs camarades de combat "indigènes" musulmans.

Intégré dans une unité du Génie, Jean débarqua en Provence en août 1944 avec la 1ère Armée d’Afrique du général de LATTRE de TASSIGNY, comme d’autres Poggiolais (voir article du 20 mai 2009 sur Archange COLONNA). Après la libération de TOULON et MARSEILLE , il fit la remontée du Rhône et arriva aux bords du Doubs mi-septembre.

Maîche

L’offensive qui devait aboutir à la libération de STRASBOURG débuta le 14 novembre dans de grandes bourrasques de neige. Le 1er C.A. (corps d’armée) entra le 17 à MONTBÉLIARD. Le 18, en retrait du front, la patrouille que Jean dirigeait fut prise dans une embuscade près du village de MAÎCHE (où, cinq jours auparavant, de GAULLE et CHURCHILL avaient conféré pour préparer les futurs combats). Jean fut fauché en portant secours à ses camarades. Grièvement blessé, il ne put être secouru que tardivement, ayant perdu beaucoup de sang. Il décéda le 19 novembre 1944 à PONT-DE-ROIDE où il fut inhumé.

Sa tombe fut entretenue par une famille du lieu jusqu’à ce que, bien plus tard, le rapatriement du corps à POGGIOLO put être organisé. Il était titulaire de la médaille militaire et de la croix de guerre. Son nom est gravé sur le monument aux morts de POGGIOLO et sur celui de SOCCIA.

 

Note: Jean était le frère de Maryvonne OTTAVY et donc l'oncle de Joël et Hervé CALDERONI.

 

PS: cet article a déjà été publié le 8 mai 2010.

Le nom de Jean OTTAVY a été donné à une rue de Constantine, comme le rappelle cet article:

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 18:05

Les Poggiolais qui ont combattu pendant la Première Guerre Mondiale ont été présents sur pratiquement tous les fronts, comme l'a démontré l'article "Où les poilus poggiolais sont-ils tombés?".

De même, les trente décès furent étalés pendant toute la durée de ce conflit.

 

La dispersion des trente Poggiolais

Le tiers des pertes (10 sur 30) eut lieu en 1915, année marquée par les combats d'Artois et de Champagne.

1920 est indiquée sur ce graphique car c'est l'année de la mort de François PINELLI, présent sur le monument aux morts.

 

Mais tous ces corps ne retrouvèrent pas le chemin du cimetière de Poggiolo, comme l'a montré l'article sur l'hommage à Charles Marie VINCIGUERRA.


Il est certain que François Antoine DESANTI  et Jacques Antoine DESANTI  (prénommé seulement Jacques sur le monument) ne sont pas au village car ils ont été déclarés "disparus" lors de combats dans la Meuse (à Béthincourt et à Vauquois).
 
En Corse,
  • Pierre François BATTESTI, né en 1896 à Guagno et mort en 1918 à Guagno, est certainement dans le cimetière de cette commune.
  • Jean Antoine Martin DESANTI a été inhumé dans un caveau familial à Eccica-Suarella.
  • François PINELLI, décédé à Ajaccio, est-il dans cette ville ou à Poggiolo?
  • Antoine François FRANCESCHETTI, mort à Lyon, et Jean Baptiste PINELLI, à Paris, sont certainement enterrés dans ces villes où ils habitaient depuis longtemps.
 
Huit héros poggiolais se trouvent dans des nécropoles nationales sur le sol français: 
  • Damien BALDARESCHI est à Le Pont du Marson, dans la Marne (tombe 5366), là où il fut tué.
  • Franco Antoine COLONNA est enterré dans la nécropole nationale de Somme-Suippe qui regroupe 4950 corps français (tombe 3319).
  • Pour Antoine François DEMARTINI, il faut aller au cimetière de Lihons (Somme) (tombe 3935).
  • Jean Baptiste DEMARTINI est dans la nécropole de La Crouée, dans la Marne (carré 3E, tombe 1791). 
  • Jean Toussaint MARTINI est dans le cimetière de Vauquois (Meuse), près de Verdun (tombe 62, rangée 3).
  • Jean André PATACCHINI occupe la tombe 746 de la nécropole nationale de Maurepas (Somme).
  • Les restes de Dominique Félix PINELLI  se trouvent dans le cimetière militaire de Flirey (Meurthe-et-Moselle) (tombe n° 118) avec ceux de 4.406 victimes de la guerre.
  • Comme vu dans un article récent (Hommage à Charles Marie Vinciguerra), on peut trouver la tombe de Charles Marie VINCIGUERRA dans la nécropole de Luynes (Bouches-du-Rhône) (carré C, rang 39, tombe 54).

 

Trois soldats dans le sol d'Orient
  • Beaucoup plus loin, c'est en Macédoine, à Skopje, au cimetière militaire français (voir les vidéos ci-dessous), dans la tombe n° 531, que repose Dominique Xavier DESANTI (dit seulement Dominique sur le monument), mort à Zajeca en Serbie.
  • Jean Ary LOVICHI, victime de l'expédition des Dardanelles, se trouve dans le cimetière militaire français de Seddul-Bahr, dans la presqu'île de Gallipoli en Turquie (tombe 269).
  • MARTINI Pierre Toussaint  (appellé Toussaint sur le monument), qui s'était engagé dans la Légion, et qui fut tué à l'ennemi le 24 avril 1915, âgé de 46 ans, se trouve dans le même cimetière turc. Son nom ne figure pas dans la liste des 2.236 soldats identifiés mais les quatre ossuaires contiennent un total de 20.000 corps.
  • Par contre, le nom de Pierre Toussaint ANTONINI, lieutenant mort à l'âge de 34 ans dans l'hôpital temporaire 5 de Salonique, ne se trouve pas sur la liste des 8.098 soldats français du cimetière de cette ville. Son corps a-t-il été rapatrié ou fait-il partie des 200 non identifiés de cet endroit?

Il reste à connaître les lieux d'inhumation des 13 derniers morts. Un examen des tombes du cimetière de Poggiolo permettrait de savoir qui, parmi eux, a été vraiment enterré au village.

Un grand merci aux chercheurs du site Mémorial Gen Web dont le travail a permis de rédiger cet article.

 

  P.S. 1: si vous avez des renseignements complémentaires ou si vous constatez des erreurs dans cet article, n'hésitez pas à nous les signaler.

 

P.S. 2: LE BLOG ACCUEILLERAIT VOLONTIERS DES PHOTOS DE POGGIOLAIS AYANT COMBATTU PENDANT LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE. Les envoyer à l'adresse: larouman@gmail.com

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 17:48

Sur le monument aux morts de Poggiolo, les trente lignes donnant les noms des trente Poggiolais qui sont morts pour la France pendant la Grande Guerre existent depuis si longtemps que l'on peut croire tout connaître d'eux. Des noms, des prénoms, des grades, comme dans toutes les communes.

Mais, en essayant d'en savoir plus sur ces hommes, on peut faire des observations parfois inattendues.

PAS TOUS DE POGGIOLO

Tout d'abord, ces Poggiolais ne sont pas tous natifs de Poggiolo.

La grande majorité (22 sur 30) est bien née au village. Il est difficile de distinguer dans les documents utilisés si certains étaient de Guagno-les-Bains.

Mais:

  • 4 ont vu le jour dans d'autres localités corses (2 à Guagno, 1 à Pastricciola, 1 à Eccica Suarella)
  • 2 en France continentale (1 à Paris et 1 à Marseille)
  • et 2 en Algérie (à Sétif et à Constantine). 

Les familes poggiolaises avaient déjà essaimé.

Les surprises des trente Poggiolais

DES SOLDATS EXPÉRIMENTÉS

Les dates de naissances sont plus variées que les lieux de naissance.

Le service militaire se faisant alors à 20 ans, les mobilisés de 1914 étaient donc nés en 1894. Avec le vote de la loi de trois ans en 1913, les appelés nés en 1891, en 1892 et en 1893 étaient encore sous les drapeaux lors de la déclaration de guerre. Logiquement, les noms gravés sur le monument aux morts devraient correspondre, puisque la guerre a duré jusqu'en 1918, à des jeunes nés entre 1891 et 1898. Or cette tranche d'âges correspond à seulement 11 personnes sur 30.  

Les 19 autres sont nés bien avant, entre 1848 et 1890:

  • 4 entre 1848 et 1879 (Jean Baptiste PINELLI, prénommé seulement Baptiste sur le monument, est né en 1848 et avait donc 66 ans en 1914. Il avait même participé à la guerre de 1870 !!! Voir l'article "1870, la guerre oubliée")
  • 5 entre 1880 et 1885
  • 10 entre 1886 et 1890.

La moyenne d'âge lors de leur décès était de 29 ans et demi ! 

Les surprises des trente Poggiolais

Le plus jeune des morts du village fut Franco Antoine COLONNA (prénommé seulement Franco sur le monument). Né le 10 février 1897, c'est à 20 ans et 3 mois, le 23 mai 1917, qu'il mourut dans une ambulance qui l'emmenait à St Hilaire-au-Temple (Marne).

Mais l'âge relativement élevé des inscrits au monument s'explique quand on sait que 20 d'entre eux étaient des soldats engagés qui avaient déjà, pour certains, une longue expérience militaire derrière eux en 1914. Ainsi, Jean Baptiste PINELLI avait été volontaire en 1866 et avait alors 48 ans de carrière.

Pour les grades, on peut compter sur le monument:

  • 9 soldats,
  • 5 sergents-majors,
  • 4 sergents,
  • 2 sous-lieutenants (mais en réalité l'un d'eux était aspirant),
  • 2 lieutenants,
  • 2 adjudants,
  • 2 maréchaux des logis,
  • 2 capitaines,
  • 1 caporal,
  • 1 brigadier.

Certains grades atteints montrent, comme les âges, que plusieurs étaient bien des militaires professionnels.
Les deux plus haut gradés (les capitaines) sont Antoine François FRANCESCHETTI et Jean Baptiste PINELLI.

Le soldat poggiolais mort en 14-18 n'est donc pas un jeune homme arraché à son village et à sa famille par la mobilisation.

Le nombre de ces soldats de carrière ne signifie pas forcément que les Poggiolais étaient particulièrement violents ou naturellement attirés par le métier des armes. Au moment de la "Belle Epoque", la vie n'était pas toujours facile dans les petits villages (voir le texte publié dans l'article "Les bonheurs et les malheurs de Francesca"). L'armée permettait à de nombreux jeunes d'échapper à la misère, d'autant plus que la France avait besoin d'hommes pour ses conquêtes coloniales. 

SURTOUT DES TROUPES COLONIALES

Ces faits sont confirmés en établissant la liste des régiments dans lesquels les 30 héros étaient intégrés: on a une large prédominance des troupes coloniales.

14 en faisaient partie dont 3 dans des régiments de tirailleurs et 2 d'artillerie.  Membre de ces troupes, Jean Toussaint DEMARTINI combattit d'ailleurs les Allemands dans leurs colonies du Togo et du Dahomey avant d'aller se battre en France au printemps 1915. 

L'infanterie concernait 10 personnes, l'artillerie 4 et la territoriale 2.

L'armée territoriale était une formation militaire composée des hommes âgés de plus de 34 ans, considérés comme trop âgés et plus assez entraînés pour intégrer un régiment de première ligne d’active ou de réserve.

Les surprises des trente Poggiolais

Au total, ils étaient dispersés dans 27 unités différentes. Un, Toussaint MARTINI, s'était même engagé dans la Légion étrangère.

Il est important de signaler qu'aucun de ces Poggiolais ne fit partie des 173e et 373e régiments d'infanterie qui étaient les unités corses par excellence.

 

Il faut bien retenir que toutes ces observations sont basées sur la liste du monument aux morts et qu'une étude des mobilisés revenus vivants donnerait des résultats différents.

 

Documents utilisés: sites MémorialGenWeb, registres matricules Corse-du-sud et Mémoires des hommes.

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La vidéothèque poggiolaise

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Plusieurs films des décennies 60 et 70 à Poggiolo sont visibles sur DAILYMOTION (http://www.dailymotion.com/michelfran).
Cherchez dans vos greniers si vous n'avez pas des documents à faire connaître à la communauté poggiolaise.

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Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Messe à POGGIOLO à 17 h.

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Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

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