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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 17:52

A l'occasion de ce 8 mai 2015 qui est le soixante-dixième anniversaire de la capitulation allemande, nous pouvons nous souvenir de Mimi CANALE, dont tous les amis de Poggiolo et de Guagno-les-Bains déplorent le décès le 28 octobre 2014, et qui fut un grand soldat de la seconde guerre mondiale. 

Ce blog a déjà publié un très attachant souvenir de sa guerre en Italie (voir La campagne d'ITALIE de Mimi CANALE).

Mimi avait donné un long entretien au bulletin "INSEME" d'avril 1998. Nous en extrayons les parties qui concernent d'autres moments de ses souvenirs de soldat.

La guerre de Mimi

La guerre est arrivée, qu'avez-vous fait ?

J'ai fait la guerre! comme engagé volontaire. En 1943, j'ai participé au débarquement en Corse avec les goumiers marocains. J'étais le premier soldat arrivé à Vico. Puis, ça a été Bastia comme "radio", Teghime, San Stefano, puis l'Italie avec le fameux Cassino, la Provence, l'Autriche et l'Allemagne.

 

Racontez-nous quelques anecdotes de la guerre.

Je vais vous en raconter trois:

 

- En Allemagne, je suis tombé malade et l'année française m'a laissé sur le chemin prés d'un village. J’ai été récupéré par trois femmes, des coiffeuses qui m'ont soigné si bien que, quand l'armée a pris le bourg, ils ont mis un signe sur leur maison pour qu'elles ne soient pas inquiétées.

 

- La deuxième, c'est les Vosges. Il faisait très froid, moins 42°, on faisait des trous dans la neige et on survivait avec du schnaps et de l'alcool solidifié qui arrivait dans de gros sacs de jute ; on en cassait des morceaux puis on les faisait fondre.

 

- La troisième, c'est quand nous étions installés à Lyon très confortablement. On nous a fait descendre à Marseille pour partir en permission. Là, les conditions d'hébergement étaient très difficiles et en plus il n'y avait pas de bateaux pour partir à Bastia ou Ajaccio, alors que quand il s'agissait de nous faire partir pour la guerre, là, il n'y avait pas de problèmes: ils en trouvaient! Donc, nous voilà partis à Marseille bien impatients! Un jour, bien que n'étant pas sur la liste des 20 désignés pour le départ, nous sommes descendus sur les quais et ceux qui s'occupaient de l'embarquement nous ont dit qu'il y avait de la place mais pas de quoi nous nourrir pendant la traversée. Cela nous était égal; alors nous voilà partis !

 

A la libération, il fallait travaiIler. Je n'avais pas envie de rester dans l'armée; mon régiment partait pour Madagascar.

J'ai hésité entre la police et la poste, puis j'ai fait l’école de croupier, nous étions mieux rémunérés et pendant quelques années j'ai exercé ce métier. L'hiver par exemple, j'étais au casino de l'Eldorado à Nice, et c'est là que j'ai retrouvé celle qui allait devenir ma femme et dont j'avais fait la connaissance à Lyon où elle était la marraine de notre régiment.

 

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 18:00

De nombreux Poggiolais ayant dû chercher du travail hors de la Corse, ils essaimèrent dans le monde et eurent des enfants en Afrique du Nord, en Guyane et dans d'autres colonies ou à l'étranger.

Le lieu de naissance le plus éloigné est celui d'Ange-Marie MARTINI qui vit le jour quasiment aux antipodes. Il eut également l'endroit le plus original puisque ce fut en pleine mer.

Xavier PAOLI a raconté ce fait très particulier dans "L'Info U Pighjolu" de décembre 2007:

"Le 3 juillet 1892 à cinq heures de l'après-midi, naissait au large de SUMATRA, dans l'Océan Indien, un petit poggiolais à qui ses parents Martin Pierre MARTINI (surnommé CUCHJULINU) et Félicité DEMARTINI avaient donné le nom de Ange-Marie. Sa naissance fut attestée par de multiples autorités de tout grade avant d'être enregistrée à la Mairie de POGGIOLO par Pierre MARTINI, le Maire de l'époque, après dix-huit mois de pérégrinations dans les labyrinthiques bureaux de l'administration coloniale.

Malheureusement, l'enfant ne devait pas survivre trés longtemps et, d'après le témoignage de sa sœur Joséphine, épouse NIVAGGIOLI, il fut enterré à l'île des Pins, qui est actuellement un paradis touristique, mais qui, à l'époque, servait de prison aux insurgés de la Commune de Paris. Peu après, en 1897, le bagne fut fermé mais on peut imaginer que doit encore subsister la trace, mêlée aux tombes de communards, de la modeste sépulture d'un enfant di U PIGHJOLU dont le destin voulut qu'il fut conçu dans une île, né sur l'océan et enseveli dans une autre île."

L'île des Pins se trouve en Nouvelle-Calédonie où Xavier PAOLI a été instituteur pendant quelques années. 

Les surprises de l'état-civil: un Poggiolais du bout du monde (3/3)

Plus de la moitié de ce document est rempli par les noms des différents responsables de services par lesquels il est passé avant d'aboutir à Poggiolo le 31 décembre 1893, comme il est écrit sur la marge de gauche.

La naissance eut lieu pratiquement sur l'équateur, à la position 0°25' S et 88°39' E, à bord du navire "Calédonie" dont le capitaine se nommait Jean-Marie DANO.

 

La flèche verte montre l'endroit où naquit Ange-Marie, le chiffre 1 la Corse, le 2 la Guyane et le 3 la Nouvelle-Calédonie. Cliquer sur la carte pour l'agrandir.

La flèche verte montre l'endroit où naquit Ange-Marie, le chiffre 1 la Corse, le 2 la Guyane et le 3 la Nouvelle-Calédonie. Cliquer sur la carte pour l'agrandir.

Mais pourquoi les parents d'Ange-Marie avaient-ils entrepris ce long voyage vers la Nouvelle-Calédonie?

Martin Pierre MARTINI, né le 8 avril 1863 à Poggiolo, avait épousé le 9 octobre 1888 Félicité DEMARTINI, Poggiolaise née le 24 février 1857. Il était "surveillant militaire de 2ème classe", d'après l'acte de naissance de son fils, c'est-à-dire gardien de pénitencier.

Mais il avait déjà été en fontion au bagne de Guyane, comme "surveillant militaire de 3ème classe". Sa fille Joséphine y était née en 1889 à St Laurent du Maroni, puis son fils Noël Jean Toussaint en 1890. En 1892, il changeait de grade, passant à la 2ème classe. Cette promotion s'était accompagnée d'une nouvelle affectation, en Nouvelle-Calédonie, où la famille se rendait quand l'accouchement se produisit. 

Le petit Ange-Marie ne vécut qu'un an et demi: il décéda en janvier 1894 et fut enterré au cimetière du bagne.

Le cimetière du bagne d'Oro, dans l'île des Pins.

Le cimetière du bagne d'Oro, dans l'île des Pins.

Martin Pierre et Félicité eurent, le 15 octobre 1894, en Nouvelle-Calédonie, un autre garçon auquel ils donnèrent le même prénom d'Ange Marie. C'est à Poggiolo que mourut ce deuxième Ange-Marie le 21 février 1901.

Martin Pierre décéda en 1934 à Poggiolo. Félicité l'avait précédé en 1912, également à Poggiolo. Pensèrent-ils longtemps à leur enfant du bout du monde?

 

UN GRAND MERCI À XAVIER PAOLI POUR SON ARTICLE ET UN GRAND MERCI À PIERRE LECCIA POUR LA QUALITÉ DE SES RECHERCHES GÉNÉALOGIQUES (consultables sur le site GENEANET).

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Articles de ce blog consacrés aux Poggiolais présents en Guyane:

- Les Poggiolais ont de l'initiative (n°4: le bagne présent à Poggiolo)

Loin des rumeurs du monde

- Un voyage initiatique en Guyane

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 17:56

La réparation d'un acte d'état-civil oublié, vue la dernière fois, n'est pas le seul exemple de ce genre que fournissent les archives de Poggiolo. Qelques dizaines d'années auparavant, la même famille FRANCESCHETTI avait été également victime d'un oubli et avait dû obtenir réparation par voie judiciaire.

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Les registres poggiolais comportent la transcription d'une décision du tribunal de première instance d'Ajaccio qui eut lieu le 27 septembre 1816 et fut enregistrée trois jours plus tard. Ce document officiel fut écrit en italien, même si la langue française était de plus en plus utilisée.

Tout simplement, les juges reconnurent la naissance de Maria, fille d'Antone Francesco FRANCESCHETTI et de sa femme Maria Angela ANTONINI, le 3 novembre 1797, et constatèrent que l'acte de naissance n'existait pas dans les registres d'état-civil municipaux. Leur décision devait être versée dans les archives de la commune.

Les surprises de l'état-civil: les filles, quel souci ! (2/3)

Il n'est pas possible de savoir la raison de cette absence. Oubli de déclaration? Mesquinerie d'un adversaire? Mauvaise tenue ou mauvaise conservation des documents pendant une période politiquement agitée?

En tout cas, il était urgent d'obtenir le document officialisant la naissance de Maria car, quelques mois plus tard, cette jeune fille de dix-neuf ans se mariait avec Giovantonio PINELLI. Les deux familles avaient eu peur que l'union envisagée ne puisse avoir lieu.

Le temps était surtout compté pour Antone Francesco qui était très âgé. Il fut incapable de signer l'acte de mariage de sa fille, non pas comme la mère du marié qui ne savait pas écrire, ainsi que précisé dans l'acte officiel. Mais lui, qui savait écrire, ne pouvait plus diriger sa main à cause de "la sua decrepitezza" (sa décrépitude). Il mourut deux ans plus tard "à la Teggia" (la Teghia, le quartier où se trouve la maison familiale des FRANCESCHETTI), d'après l'avis de décès.

Les surprises de l'état-civil: les filles, quel souci ! (2/3)

Et pourtant, Antone Francesco avait eu des difficultés bien plus grandes (mais pas du tout administratives) pour marier sa fille aînée Maria Francesca, surnommée "la borgne". Ce mariage, conclu en 1789, eut des conséquences importantes, toujours valables aujourd'hui, à la fois pour Poggiolo et pour Soccia.

Le récit en sera conté à une autre occasion.

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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 18:00

Les photos de groupe provoquent toujours de la nostalgie car chacun peut voir qu'il a bien changé depuis l'époque du cliché et que des êtres chers ont disparu. Mais ces images ont toujours beaucoup de succès car elles permetttent de se souvenir de bons moments.

Voici une photo qui doit dater de l'été 1968 (45 ans déjà!) à Poggiolo. Comme beaucoup d'autres de ce moment-là, elle a été prise à l'angle de la Stretta et de la route, à l'endroit qui était alors le lieu de rencontre de toutes les générations. Surtout le matin et aussi en fin de journée, il se formait un véritable forum où tous discutaient des affaires familiales, locales, nationales et internationales. Mais, comme déjà écrit dans un article précédent, peu de femmes présentes.

Une originalité: la présence de Tango, un chien qui participait pleinement aux activités poggiolaises.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

De gauche à droite, au premier plan, accroupis: Jean-Marie PASSONI, Jean-Marie ORAZZI et le chien TANGO.

De gauche à droite, au premier plan, debouts: Laurent-Antoine PINELLI (dit Antunarellu), Ferdinand PASSONI et (appuyé contre le mur) Etienne PINELLI.

De gauche à droite, aux second et troisième plans: Bernard FRANCESCHETTI, Michel FRANCESCHETTI, Jules OLIVA, Laurent PINELLI, Hervé CALDERONI, Xavier PINELLI, Dominique PINELLI, Jean-Baptiste PAOLI, Noël LECA, François DESANTI.

 

Cette photo a été publiée dans le journal "L'Info U Pighjolu" (numéro de mai 2008).

Le blog serait très heureux de pouvoir montrer d'autres groupes de Poggiolais de toutes les époques. N'hésitez pas à nous en envoyer. 

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 17:59

Les quatre parties de l'émission "U Caffè" consacrée à Cécile GRIMALDI ont permis, du 9 au 12 février, d'avoir une présentation de Poggiolo et, surtout, de mieux connaître l'itinéraire de la joaillière. 

Il est quand même dommage de ne pas avoir vu un seul de ses bijoux. Un reportage diffusé sur France 3 Corse Via Stella en mars 2009 avait montré Cécile travailler dans son atelier du village. 

Nous le publions ici. On voudra bien excuser le léger décalage entre les images et les paroles.

Et, surtout, venez voir de près et achetez les œuvres de Cécile lors des foires de cet été! 

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 08:57

Cécile GRIMALDI et Poggiolo sont les invités de l'émission "U caffè" cette semaine sur FR3 Via Stella.

Dans "U caffè", Laurent Vitali reçoit chaque semaine un invité qui nous emmène sur les traces de ses origines, du lieu en Corse qui correspond à son identité et à son parcours. Si chaque lundi, l’invité et son village sont les fils conducteurs de l’émission, on refait ensuite le monde avec quatre habitués. Leurs éditos société, culture, réseaux sociaux, patrimoine, mémoire, sont la source d’inspiration des discussions qui animent la terrasse.

L'émission est diffusée à 20 h 10 de lundi 9 février à jeudi 12 février, rediffusée le lendemain à 13h 50. Une compilation de la semaine a lieu le dimanche à 1 h 00.

Vous pouvez la revoir à l'adresse: 

http://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/emissions/u-caffe

Cécile et Poggiolo sont à la télévision

Pour sa première partie, la "joaillière de Poggiolo", ainsi qu'elle a été présentée, a épaté l'animateur en faisant une véritable déclaration d'amour à Poggiolo et à la vie au village. Elle a été bien appuyée dans le reportage de présentation de Poggiolo par l'hymne à la nature de Nicolas MARTINI et par l'optimisme de Marie-Ange PAOLI sur l'avenir du village.

Une émission à suivre et à revoir.

P.S.: du 24 au 28 novembre dernier, Bernard CERVERA avait été l'invité de cette émission pour parler du festival Sorru in Musica et pour présenter son village Rennu.

 

POUR RECEVOIR VIA STELLA, même si vous n'êtes pas en Corse:

http://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/comment-recevoir-viastella.html

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 09:00

Si vous avez connu

 

Jean-Pierre

 

FRANCESCHETTI

 

Souvenir de Jean-Pierre

    S'il vous manque comme à nous, nous manquent ses rires, ses éclats de voix, ses gestes; 
    Sa présence à cheval du côté de Vaccaghia, ou les vagues qu'il faisait dans le golfe de Porto; 
   Ses cris après sa mule, ou sa précipitation à être entouré d'amis autour de la cheminée, 
    Son intérêt et sa curiosité pour tout. 
   Sa volonté impérieuse d'être proche de sa famille, et surtout de vivre la vie à pleines dents. 
    Il y a sept ans, il nous quittait, vite, trop vite. 
  Mais il nous reste l'image de tout ce qu'il aurait pu faire encore. 
   Et quelquefois, au fond de la plaine de Camputile, résonnent encore la cloche de sa mule et ses éclats de rire. 

(version actualisée de l'avis paru dans "Corse-Matin" le 7 février 2009)

Jean-Pierre Franceschetti et Jean-Marc Tramini au lac de Nino.

Jean-Pierre Franceschetti et Jean-Marc Tramini au lac de Nino.

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 07:14
Adieu Francette
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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 17:56

La demande de photo publiée dans l'article précédent (A la recherche du violoneux) a pu intriguer certains qui n'avaient jamais entendu parler de Martitinu. Toutes les générations ont eu, malgré la dureté du travail, le besoin de s'amuser. Au XIXème et au début du XXème siècle, le violon était l'instrument par excellence de toutes les fêtes.

Dans les villages de Sorru in Sù, Martitinu (qui s'écrit aussi Martinchjinu) eut une grande célébrité ainsi que, avant lui, Cumandante. Ces deux représentants de la culture populaire ont été évoqués dans un article ( de Xavier Paoli?) paru dans "L'info U Pighjolu" de juillet 2007. 

"Evoquons, pour leur rendre hommage, deux de ces modestes artistes qui faisaient danser nos arrière-grands-parents.

Tout d'abord, chronologiquement, Ghjuvan Battistu BATTESTI, natif d'Ortu mais ayant fait souche à U Pighjolu par le mariage. Grand escogriffe, doté de plusieurs surnoms dont un lui allait comme un gant ("Cicala") et un autre ("Cumandante") dont on pouvait se demander où il en avait gagné les galons, lui qui n'avait jamais pratiquement quitté son île. Il était en réalité maçon et sonneur de cloches (aux appointements de 50 francs par an en 1881). Mais il ajoutait à ces multiples et variées occupations un vrai talent de musicien, apprécié dans tout le canton et même au-delà.

Versificateur hors pair, il était très sollicité dans toute la région pour les festivités du carnaval. Mêlant musique et couplets entraînants, l'archet frénétique, le quatrain moqueur à la bouche, il menait la sarabande carnavalesque avec un entrain jamais démenti. Peut-être là est l'origine de son surnom de «Cumandante» (… di Carnavà, disaient les mauvaises langues).

C'est probablement à son école que Ghjuvan Martinu PINELLI (Martinchjinu), né en 1878 à U Pighjolu, semble avoir fait son apprentissage de violoneux. Vigneron, cordonnier, il tenait aussi le Café du village où il vendait le vin et l'eau-de-vie de sa production.

"Cumandante" se faisant vieux, il avait succédé à celui-ci dans le rôle d'animateur de festivités. Alors qu'il ne jouait plus depuis longtemps, les plus âgés d'entre nous ont pu l'entendre peu de temps avant sa mort en 1950, animer une soirée impromptue où plusieurs couples retrouvant leurs jambes de vingt ans, nous offrirent le témoignage d'une civilisation à jamais disparue." 

Violons, guitares et chants à U Pighjolu (16 août 1997)

Violons, guitares et chants à U Pighjolu (16 août 1997)

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 18:09

Le centenaire du début de la première guerre mondiale a permis aux médias de s'étaler largement sur le grand nombre de morts, sur l'énergie des soldats, sur les combats sanglants, etc., etc..

Mais, si de nombreux villages perdirent alors leurs jeunes, ce ne fut pas seulement parce qu'ils périrent sous l'uniforme. 

 

UN CANTON PARTICULIÈREMENT SAIGNÉ

De nombreuses publications ont montré l'importance de "l'impôt du sang" versé par la Corse pendant la Grande Guerre.

Si l'on compte que, sur 40.000 mobilisés et 2.500 engagés volontaires, il y eut près de 11.000 morts, la proportion par rapport aux mobilisés atteint près d'un quart, contre 16,5% pour l'ensemble du pays.

On peut aussi rapporter le nombre de tués à la population totale. Le pourcentage est de 3,5% pour l'ensemble de la France. La Corse, quant à elle, déplora la disparition de 3,9% de ses habitants.

Sur la carte suivante, extraite de de "50 DOCUMENTS POUR UNE HISTOIRE DE LA CORSE", publication du CRDP de Corse, 50 cantons ont une moyenne de disparus supérieure à 3%. Mais les deux taches rouges correspondent aux cantons de SOCCIA et de Vezzano qui furent les seuls à dépasser les 6% de morts par rapport à la population totale.

 

Pourquoi les soldats ne sont-ils pas revenus?

Pourquoi ce triste record? Ce serait à étudier attentivement. Il est certain que, ainsi saignées, les communes de Sorru in Sù pouvaient difficilement se relever.

Mais ce ne fut pas tout.

LE NON-RETOUR DES SURVIVANTS

lDes lecteurs ont pu être surpris, en lisant l'article "Ceux qui en sont revenus", d'apprendre que Jean-Antoine FRANCESCHETTI, après sa démobilisation et son mariage, au lieu de s'installer à Poggiolo, alla travailler à Marseille pendant plus d'un tiers de siècle. Grâce à son grand-oncle, le curé Philippe Antoine FRANCESCHETTI (1840-1924), il avait pu suivre à Ajaccio des études un peu plus approfondies que les jeunes du village. Il pu ainsi avoir plus facilement un emploi dans l'administration municipale marseillaise. Dès juillet 1921, Jean-Antoine habita au 7 rue Méolan, près de la Canebière, puis, à partir de 1935, au 25 rue docteur Jean Sicard (actuelle rue Marx Dormoy). Il ne revint s'installer à Poggiolo qu'à sa retraite.

Son cas ne fut pas isolé. Quel que fut leur niveau d'instruction, de nombreux jeunes Corses, après avoir quitté l'uniforme, ne revinrent pas au pays.

Paul SILVANI avait décrit ce phénomène dans le quotidien "Le Monde" du 7 novembre 1998:

"Une grande partie des survivants ne regagneront pas leur ville ou leur village: ils ont pour la plupart gagné des galons et préféré rester dans l'armée ou entrer dans la gendarmerie, les douanes, la police, l'administration coloniale ou pénitentiaire.(...)

Ainsi tous ces Corses tournent-ils le dos à l'économie agro-pastorale de subsistance de l'avant-guerre, c'est-à-dire une vie rude, difficile et sans avenir. La découverte d'un monde nouveau et des perspectives qu'il ouvre à tous ces jeunes gens qui, sans la guerre, n'auraient probablement jamais franchi la mer en masse (...) augure à la fois de carrières prometteuses et du déclin de l'économie des vallées de l'intérieur. (...)

Les conscrits sont très nombreux à ne pas regagner leur île, où il n'y a pas de travail, à la fin de leur temps: 100% EN 1921 POUR LE CANTON DE SOCCIA, 50% dans ceux de Lama et Castifao. (...)

 La guerre de 14-18 constitue ainsi une étape décisive dans le processus de désertification rurale."

 

Notre concitoyen Xavier PAOLI l'a écrit pour Poggiolo dans son "Histoire abrégée du village avant 1914" que l'on peut consulter dans la rubrique "Pour nous connaître" de ce blog: 

"cet harmonieux équilibre entre la nature et l'homme, lentement et patiemment élaboré au cours des siècles, sera brutalement détruit en 1914.
Plus rien n'arrêtera alors la chute inexorable vers ce que nous connaissons actuellement."

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  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Les films et les photos de famille et de vacances deviennent tous, au bout de quelques années, des documents historiques  qui montrent comment les diverses générations ont vécu.
Plusieurs films des décennies 60 et 70 à Poggiolo sont visibles sur DAILYMOTION (http://www.dailymotion.com/michelfran).
Cherchez dans vos greniers si vous n'avez pas des documents à faire connaître à la communauté poggiolaise.

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Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Le calendrier poggiolais

 

Début des vacances d'été: samedi 8 juillet midi.

Festival Sorru in Musica: du 21 au 30 juillet.

Fête de saint Roch: mercredi 16 août.

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