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15 avril 2019 1 15 /04 /avril /2019 18:00

Léonore est très séduisante et ses charmes sont recherchés par de nombreux Français qui voudraient être couchés sur sa liste.

Léonore est surtout bien connue des historiens et des généalogistes car ce nom est celui de la base de données des dossiers des personnes nommées ou promues dans l’Ordre de la Légion d’Honneur depuis 1802 et décédées avant 1977.

 

Grâce à Léonore, nous pouvons savoir que, dans ce cadre chronologique bien déterminé, 11 enfants de Poggiolo ont reçu la plus prestigieuse décoration française :

3 CECCALDI,

2 DESANTI,

2 FRANCESCHETTI,

1 LOVICHI,

1 PAOLI,

2 PINELLI.

 

Dans les villages voisins, les scores de médaillés s’établissent ainsi :

15 pour GUAGNO,

35 pour LETIA,

8 pour MURZO,

13 pour ORTO,

25 pour SOCCIA,

41 pour VICO.

 

Le premier Poggiolais médaillé fut Jean-Baptiste FRANCESCHETTI, par décret du 30 décembre 1895, un an exactement avant que Jean-Martin DESANTI soit promu chevalier de l’ordre, alors que ce dernier avait un âge supérieur de deux ans au premier.

Voir la carrière de Jean-Baptiste FRANCESCHETTI en cliquant ICI.

Examinons celle de Jean-Martin DESANTI.

 

 

QUI ÉTAIT JEAN-MARTIN ?

Jean-Martin DESANTI naquit à POGGIOLO le 31 mai 1846, de François Antoine DESANTI et de son épouse Julie CARLI.

 

Acte de naissance de Jean Martin Desanti.
Acte de naissance de Jean Martin Desanti.

Acte de naissance de Jean Martin Desanti.

 

Il était le second d’une fratrie de six. Est-ce la raison de sa vocation militaire? A-t-il dû s’expatrier comme de nombreux jeunes Corses de l’époque, pour trouver de quoi vivre?

Toujours est-il qu’il s’engagea dans l’armée de Napoléon III le 19 mai 1865, à l’âge de 19 ans, et fut enrôlé au 46ème régiment de ligne.

 

Son aspect physique est connu grâce à son dossier de Légion d’Honneur et grâce à un portrait, peint entre 1885 et 1897, conservé par Bernard et Marie-Claude FRANCESCHETTI (et sur lequel Jean-Martin arbore la médaille militaire).

 

Il n’était pas grand: 1,56 mètre.

 

Cheveux, sourcils et yeux: châtain clair. Front ordinaire. Nez gros. Bouche moyenne. Menton rond. Visage rond.

Jean-Martin couche chez Leonore. 1/2 : LE SOLDAT

 

LA GUERRE DE 1870-1871

Au bout de deux ans, il devint caporal et accéda au rang de sergent en 1869. Il quitta l’armée le 19 mars 1870.

 

Mais il fut rappelé dès le 21 juillet car le gouvernement français venait de déclarer la guerre à la Prusse le 19. Il fut alors affecté au 117ème régiment de ligne puis au 120ème. Il participa aux opérations contre l'armée allemande jusqu’au 7 mars 1871, sans être blessé ni capturé, au contraire des deux autres futurs légionnaires de POGGIOLO: Jean-Baptiste FRANCESCHETTI et Jean-Baptiste PINELLI (voir l'article: 1870, la guerre oubliée).

 

La guerre s’achevait. Les préliminaires de paix avaient été signés le 26 février 1871, avant la signature du traité définitif à FRANCFORT le 10 mai.

 

Mais, entre-temps, à PARIS, les républicains s’étaient soulevés le 18 mars et avaient créé la Commune contre le gouvernement monarchiste issu des élections du 8 février. Jean-Martin DESANTI commença sa deuxième campagne militaire, du 18 mars au 7 juin, contre les Parisiens (campagne mise «pour mémoire» dans son dossier et ne comptant pas dans les 17 années de campagne de l’ensemble de sa carrière militaire car il s'agissait de combats contre des Français et non pas contre des étrangers).

 

 

DE LA LORRAINE À LA CORSE EN PASSANT PAR L'ALGÉRIE

Il resta ensuite dans l’armée où il devint portier-consigne de troisième classe en 1878, de deuxième classe en 1882 et de première classe en 1884. Cet emploi, institué en 1811 par Napoléon Ier, était donné dans les places militaires «à des sous-officiers qui, ayant au moins seize ans de services accomplis, auront été reconnus capables, par les inspecteurs généraux, de rédiger un rapport » (texte de l’ordonnance de 1829).

Etre portier-consigne témoignait donc d’un certain niveau d’instruction.

 

Il fut affecté à TOUL, près de la nouvelle frontière avec l’Empire allemand.

 

En 1880, il rejoignit l'ALGÉRIE, d’abord à TIARET, puis à FORT-NATIONAL et à TIZI-OUZOU. Ces zones agitées furent le lieu de sa troisième campagne qui dura 16 ans. Son attitude lui valut d’être décoré de la médaille militaire par décret du 28 décembre 1885.

 

Il retrouva la Corse en mai 1895, à CALVI où il termina sa carrière.

 

Il était dans cette dernière garnison, à l’état-major du Génie, quand le décret du 29 décembre 1896 lui attribua le titre de chevalier de la Légion d’Honneur. Il reçut la décoration devant les troupes le 9 janvier 1897 à CALVI.

 

Il avait 51 ans et, arrivé au terme d’une carrière militaire bien remplie, il partit prendre sa retraite à POGGIOLO.

 

(à suivre)

 

 

--------------------------

P.S.: La Légion d’Honneur marque le parcours suivi par Jean-Martin au service de l’armée et les efforts qu’il a fournis pour la France.

Cette distinction est un signe de la valeur des Poggiolais, comme l’ont montré aussi les dix autres décorés.

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16 mars 2019 6 16 /03 /mars /2019 18:00

Les habitants du haut-canton ont eu la surprise et le plaisir de recevoir dans leurs boîtes aux lettres le prospectus suivant, imprimé en corse.

Entrez dans la ronde des livres de Soccia

Si vous ne comprenez pas, ne vous inquiétez pas: la feuille contient aussi la traduction en français.

Photos Bernard Franceschetti

Photos Bernard Franceschetti

L'annonce de l'ouverture d'une bibliothèque à Soccia est une excellente nouvelle.

Même à l'époque du numérique, le contact matériel, charnel, avec le papier est irremplaçable. Il est bon de prendre son temps pour lire, tourner les pages, reprendre, revenir en arrière, bref, savourer. Et, dans une bibliothèque, on peut croiser d'autres amateurs et discuter. Une bibliothèque rompt l'enfermement individuel devant un écran.

 

 

Une bibliothèque a déjà existé à la mairie de Soccia.

Mais il y a longtemps.

Dans les années 60, quand la mairie était au centre du village, à côté du bar, une salle était consacrée aux livres.

Ancienne mairie de Soccia (photo Michel Franceschetti)

Ancienne mairie de Soccia (photo Michel Franceschetti)

L'animatrice en était Judith OTTAVI (pas encore épouse POLI), qui fut institutrice à Guagno-les-Bains, Poggiolo et Soccia. Un adolescent de l'époque se souvient y être allé plusieurs fois depuis Poggiolo, à pied évidemment, pour emprunter des livres de poche, surtout des œuvres de Giraudoux et d'Anouilh, et des revues d'histoire corse, comme "Corse historique" et "Etudes corses".

Dans cette dernière revue, le nom de Judith était même mentionné (numéro de juillet 1957).

 

Extrait du site Gallica.

Extrait du site Gallica.

Ce jeune allait ensuite lire dans la maison familiale ou à l'ombre d'un arbre aux Trois Chemins. A l'époque, il n'y avait ni déchèterie, ni troupeau de cochons, ni dépôt de matériau.

 

 

Bien plus tard, grâce à Jean Martin FRANCESCHETTI, une bibliothèque importante a existé à Poggiolo

Installée dans la mairie, elle contenait plusieurs centaines de livres très variés et permettait aux Poggiolais de tout âge de trouver des titres très divers.

Malheureusement, le décès de Jean Martin a entraîné la fermeture de la bibliothèque en août 2013. Qui pourrait reprendre cette activité?

Photos Michel Franceschetti.
Photos Michel Franceschetti.

Photos Michel Franceschetti.

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14 février 2019 4 14 /02 /février /2019 17:32
Yvette nous a quittés
Yvette nous a quittés

Avec Yvette TRAMINI, une personnalité poggiolaise vient de s'éteindre.

 

En dehors de ses états de service militaires, au sein du 25e Bataillon Médical attaché à la 9e DIC (division d'infanterie médicale), elle fut en 1977 la première femme élue au conseil municipal de Poggiolo.

 

Toutes nos condoléances à sa famille.

Yvette nous a quittés

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13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 19:37
Jean-Mathieu le muletier poggiolais

Parmi les jeunes qui tiennent à travailler dans les villages, une mention particulière doit être attribuée à Jean-Mathieu CORIERAS. Déjà cité parmi les charcutiers des Deux Sorru (voir l'article précédent), il est appelé "l'infatigable muletier-convoyeur" dans l'article qui lui est consacré par  Pascale CHAUVEAU dans "Corse-Matin" du 13 février.

 

Le blog des Poggiolais avait signalé le 2 septembre 2010 le succès de Jean-Mathieu, né le 17 septembre 1991, au brevet professionnel de tourisme équestre.

photo J-M Franceschetti, article du 2/9/2010

photo J-M Franceschetti, article du 2/9/2010

 

Le fils de Dominique est maintenant l'un des rares muletiers corses à pouvoir transporter des marchandises en montagne, là où l'hélicoptère est plus cher.

Lisez ci-dessous l'article de la correspondante des Deux Sorru, qui a été agrémenté de quelques photos issues de Facebook.

Jean-Mathieu le muletier poggiolais

Le film L’enquête corse faisait dire à l’un des personnages: " Je connais tous les chemins de mon pays". Sans se vanter, Jean-Mathieu Corieras affirme, à l’identique, connaître tous les sentiers de l’île. Avec son père, qui possède des chevaux et des ânes, le jeune homme, âgé désormais de 27 ans, a commencé très jeune à sillonner la montagne et à se laisser griser par le sentiment de liberté que les espaces d’altitude procurent.

Jean-Mathieu le muletier poggiolais

 

Installé à son compte à Poggiolo, où il se consacre à la châtaigne et à l’élevage de cochons, Jean-Mathieu, titulaire de l’ATE (accompagnateur de tourisme équestre), ajoute une corde à son arc avec cette activité complémentaire. Très vite, la demande de transport de matériel s’avère supérieure au transport de personnes. Ils ne sont plus, en Corse, que quatre ou cinq muletiers à acheminer ainsi les marchandises en montagne, et ce, à bien moindre coût que ce que nécessite le recours à l’hélicoptère.

Jean-Mathieu le muletier poggiolais

Les fournitures à transporter sont multiples: des sacs à dos convoyés de refuge en refuge, pour des randonneurs souhaitant faire le GR 20 plus légers, aux groupes électrogènes ou aux planches de coffrage destinées à la rénovation d’une bergerie, à Camputile. Ou encore du matériel de maçonnerie pour remettre en état une chapelle, comme cela a été récemment le cas au-dessus d’Aleria. Le Parc naturel fait souvent appel aux services de Jean-Mathieu Corieras, notamment pour livrer du ravitaillement.

Jean-Mathieu le muletier poggiolais

 

Mais il arrive aussi que le muletier fasse office d’ambulancier, quand il prend en charge des randonneurs victimes d’une entorse. La demande la plus originale qui lui a été faite reste néanmoins, pour l’heure, le transport des zodiacs d’une équipe de géologues qui devaient carotter le fond du lac de Creno afin d’en étudier la sédimentation.

 

 

Jean-Mathieu le muletier poggiolais

Et quand on demande à Jean-Mathieu Corieras s’il utilise des cartes pour s’orienter dans les régions éloignées de chez lui, la réponse fuse: "Jamais de carte... Tu montes, tu trouves! s’exclame-t-il. Même s’il arrive que j’appelle, parfois, les gens du coin pour savoir si ça passe".

Jean-Mathieu le muletier poggiolais

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11 février 2019 1 11 /02 /février /2019 18:55

Le grand mérite des excellents articles de Pascale CHAUVEAU est de nous montrer des jeunes ont voulu vivre au pays et y travailler en continuant les traditions. Alors qu'il est facile de s'apitoyer sur la désertification de nos villages, la correspondante de "Corse-Matin" pour les Deux Sorru montre souvent des raisons d'espérer.

Ainsi, dimanche 3 février, elle a présenté trois jeunes de Poggiolo, Soccia et Orto qui entretiennent et renouvellent la charcuterie corse.

On charcute dans les Dui Sorru

 
Alerte rouge pour les cochons d'au moins 18 mois, pesant dans les 90 kg, menacés de finir en figatellu et saucisson... Dans chaque village, jusqu’en février, c'est l'époque où l'on charcute

Au siècle dernier, chaque famille élevait, tuait et charcutait ses propres cochons, et ceux qui n'en possédaient pas achetaient un cochon charcuté ou non", rappelle Philippe Pozzo di Borgo, 31 ans, éleveur à Soccia. Aujourd'hui, ils ne sont plus que quelques éleveurs dans les villages des Dui Sorru à perpétuer une tradition qui permet la production d'une charcuterie de qualité. C’est aussi le cas de Jean-Mathieu Corieras, à Poggiolo, âgé de 27 ans et installé depuis quatre ans.

Le premier a fait sa formation au lycée agricole de Borgo, le second à Corte, mais tous les deux s'accordent sur le fait que, même si les formations sont bonnes, la transmission orale est essentielle. "Le métier, on l'apprend chez ceux qui savent faire", souligne Jean-Mathieu qui, après un stage chez les Rutily à Orto, puis chez Toto Canavelli, à Poggiolo, dont le père était boucher, a bénéficié d’un total de... 75 ans d'expérience.

 

"Le métier, on l'apprend d’abord chez ceux qui savent faire", souligne Jean-Mathieu Corieras, âgé de 27 ans et installé à Poggiolo depuis quatre ans.

"Le métier, on l'apprend d’abord chez ceux qui savent faire", souligne Jean-Mathieu Corieras, âgé de 27 ans et installé à Poggiolo depuis quatre ans.

Pourtant, la façon de consommer est différente aujourd'hui. "Autrefois, on pouvait garder les saucissons d'une année sur l'autre. On fabriquait un figatellu spécial, de la taille d'un saucisson, qu'on mangeait le 15 août, rempli dans le tiraculu (le boyau du colon), tandis qu’à Noël on mangeait une mula", se souvient le père de Philippe. Il faut préciser qu'à l'époque la charcuterie était plus salée, pour être sûr de bien la conserver. "E meglio a stupa che a chjità! (il vaut mieux cracher que jeter!)", rappelle Pascal Rutily avec humour, en glissant ce proverbe qui sous-entend que nos anciens mangeaient trop salé... Progressivement, la dose de sel a été réduite de moitié.

Il y a 10 ans, il créait à Orto l'EARL San Liséu, pour perpétuer la tradition et répondre à une demande grandissante de charcuterie artisanale de qualité. Dans ce domaine, la production est vendue avant même d'être fabriquée. Nul besoin de publicité, le bouche à oreille suffit. D'une année sur l'autre, les villageois passent commande, des livraisons réalisées jusqu'à Ajaccio et de nombreux colis expédiés sur le continent pour ravitailler la diaspora en figatelli frais.

A Orto, Pascal Rutily a créé l'EARL San Liséu pour perpétuer la tradition et répondre à la demande croissante.

A Orto, Pascal Rutily a créé l'EARL San Liséu pour perpétuer la tradition et répondre à la demande croissante.

 

"E bonu è cio chi piacce"

Comme pour le brocciu ou le fromage, la dégustation de charcuterie artisanale amène toujours la même question: de qui elle est? On goûte, on compare, mais Philippe rappelle un autre proverbe: "e bonu è cio chi piacce (le meilleur c'est celui qui vous plait)". Certains amateurs ne lui achètent que le figatellu, d'autres que le saucisson. Chaque producteur a sa propre spécificité et les goûts varient aussi en fonction des régions : plus on va vers le Sud, plus la proportion de foie dans le figatellu est élevée, si bien que le figatellu de Bastelica, jugé trop fort en goût, déplaît fortement aux gens de Castagniccia...

 

Pour Philippe Pozzo di Borgo, de Soccia, comme pour les autres producteurs, le passage par l'abattoir garantit une qualité sanitaire et permet de travailler de suite un animal arrivant propre et froid.

Pour Philippe Pozzo di Borgo, de Soccia, comme pour les autres producteurs, le passage par l'abattoir garantit une qualité sanitaire et permet de travailler de suite un animal arrivant propre et froid.

Pour Philippe, Jean-Mathieu ou l'EARL San Liséu, un seul mot d'ordre : la qualité. Chacun élève ses propres cochons, majoritairement de race corse, ou en tous cas nés ici, et apporte un soin particulier à l'alimentation des bêtes en milieu naturel ou en enclos fermé. De bons mélanges de céréales, avec surtout de l'orge au moment de la finition, et pas trop de gras ni de cendres pour assurer la qualité de la chair figurent aussi parmi les éléments essentiels. Par ailleurs, malgré un léger surcoût, le passage obligatoire à l'abattoir leur garantit une qualité sanitaire, et permet de travailler de suite un animal qui arrive propre et froid.

Pourtant, "s’il faut de la charcuterie industrielle, précise Pascal Rutily, elle ne doit pas être vendue au même prix!". Son regret? Que trop peu de restaurateurs ou de commerçants jouent le jeu de la qualité. "Certains achètent un peu de charcuterie artisanale, mais ils vendent majoritairement de l'industrielle, relève-t-il. Or, s'il y avait plus de demandes, l'offre s'amplifierait. Surtout si les quelques producteurs que nous sommes dans le haut-canton se regroupaient, comme cela a été fait à Guitera chez Stéphane Paquet, où ils arrivent à produire 800 cochons de manière professionnelle mais traditionnelle néanmoins." L’idée est lancée...

 PASCALE CHAUVEAU

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25 janvier 2019 5 25 /01 /janvier /2019 16:00
Le livre des Deux Sorru sur TF1

 

Bonne surprise pour les habitants des Deux Sorru: aujourd'hui, vendredi 25 janvier, à l'issue de son journal de 13 heures sur TF1, Jean-Pierre PERNAUT a présenté le beau livre "Portraits d'Union".

 

Cet ouvrage, composé à partir des photos de plusieurs "anciens" de notre canton, avec de beaux textes d'accompagnement, est un chef-d'œuvre que chacun doit avoir dans sa bibliothèque.

 

Merci, Monsieur PERNAUT, de l'avoir montré à toute la France !

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1 janvier 2019 2 01 /01 /janvier /2019 17:58

A chaque début d'année, on espère que les douze mois à venir seront heureux et on envoie des vœux de toute sorte. Mais lequel choisir en priorité?

Bien sûr, la santé est très importante mais il faut insister sur la PAIX. Nous en avons tous grandement besoin en ce moment.

Pour illustrer le souhait pacifique, cette petite scène d'un vieux monsieur s'amusant avec un petit chat convient très bien.

Pour une année de paix

De plus, cette photo, prise par Jacques Antoine MARTINI en 1968, a un rapport avec l'année 2018 qui était celle du centenaire de la fin de la première guerre mondiale: l'homme représenté assis sur le mur bordant la maison de Valère Ceccaldi était soldat en 14-18.

 

Laurent Antoine PINELLI (1891-1974) entra dans l'armée en 1912. Il ne mesurait que 1,52 m de hauteur. Il fut d’ailleurs connu toute sa vie sous le surnom de «Antunarellu» (le petit Antoine). Il aurait pu être exempté du service militaire mais, si la taille minimale exigée était de 1,54 m jusqu’en 1901, une loi rendit, cette année-là, le conseil de révision souverain de sa décision. Et Laurent Antoine commença sa carrière militaire.

Il embarqua pour l'Indochine et devint caporal puis sergent dans un régiment de tirailleurs tonkinois. Il revint en Europe en octobre 1918, puis rentra en Indochine.

Il fut ensuite envoyé au Levant où il participa de 1920 à 1922 à la très dure campagne de Syrie-Cilicie contre les Turcs. Après quelques mois en AOF, il fut affecté en Cochinchine jusqu'à la fin de sa carrière en janvier 1928. Il retourna en Corse avec le grade d'adjudant et de nombreuses médailles.

 

En 1959, quand Martin PAOLI fut élu maire de Poggiolo, Laurent Antoine devint premier adjoint, fonction qu'il assuma jusqu’en 1971.

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3 décembre 2018 1 03 /12 /décembre /2018 18:00

La question de savoir combien de curés poggiolais participèrent à la première guerre mondiale n'est pas farfelue.

En effet, à chaque génération, les principales familles de Poggiolo avaient au moins un prêtre dans leurs rangs. 

Quand la mobilisation générale fut décidée en 1914, deux ecclésiastiques originaires du village furent rappelés sous les drapeaux. Mais un seul participa à la guerre.

 

La bonne réponse était : UN. 

 

Qui était-il?

 

Et pourquoi la réponse DEUX n'est-elle pas la bonne?

Solution à la devinette du mois: Curés sac au dos !

Jacques Antoine MARTINI, trois fois soldat

Fils de Pierre MARTINI et de son épouse Marie Antoinette, Jacques Antoine MARTINI naquit à Poggiolo le 4 juillet 1873.

 

Elève du séminaire quand il fut recensé par l'armée, il fut incorporé au 40e régiment d'infanterie en novembre 1894. Il dépendait alors de la loi "curés sac au dos". Ce sobriquet avait été donné à la loi Freycinet du 15 juillet 1889 car elle supprimait de nombreuses exemptions au service militaire, et notamment celle des prêtres qui durent revêtir l'uniforme.

 

Mais, alors que le service militaire durait 3 ans, Jacques Antoine ne fit qu'un passage d'un an de novembre 1894 à septembre 1895... puis il fut rappelé en novembre 1899.

 

En effet, la loi "curés sac au dos" permettait aux élèves ecclésiastiques continuant leurs études de ne faire qu'un séjour d'un an sous les drapeaux. Seulement, s'ils n'étaient pas pourvus d'un emploi à 26 ans, l'article 24 les obligeait à accomplir les deux années de service restantes. Ce fut le cas pour Jacques Antoine qui se retrouva au 141e régiment d'infanterie jusqu'au 21 septembre 1901.

Jacques Antoine en uniforme du 141e RI.

Jacques Antoine en uniforme du 141e RI.

 

 

Il eut ensuite des postes dans l'Eglise corse, notamment comme vicaire à Cauro entre 1903 et 1906, puis à Renno.

 

Passé dans la territoriale, il fut rappelé le 1er août 1914. L'autorité militaire l'envoya au dépôt des blessés et prisonniers de Castelluccio comme infirmier (il avait accompli une période d'exercice dans une section d'infirmiers militaires en 1909). Mais il fut classé dans le service auxiliaire, puis réformé pour bronchite chronique en novembre 1915. 

 

Au total, Jacques Antoine MARTINI fut soldat plus de quatre ans en trois périodes distinctes.

 

Surnommé prête Ghjacumu, il fut ensuite nommé à Calcatoggio et Piana. Il décéda le 14 juin 1956, âgé de 82 ans, à Poggiolo.

Un article précédent a publié une photo de la Fête-Dieu au village peu avant le décès de Jacques Antoine. On devine le prêtre portant l'ostensoir sous le dais à côté de la chapelle Saint Roch. Au premier plan, on reconnaît Guy TRAMINI.

Solution à la devinette du mois: Curés sac au dos !

Un des frères de Jacques Antoine MARTINI, Paul Mathieu Alexandre Louis (1880-1958), qui n'était pas prêtre, fut rappelé lui aussi en 1914 et fit toute la guerre, dans l'infanterie puis dans l'artillerie.

 

 

Martin DEMARTINI, le prêtre insoumis

 

 

Le cas de Martin Demartini fut particulièrement embrouillé.

 

Né le 17 décembre 1882 à Poggiolo, d'Antoine François et son épouse Marthe, il fut appelé sous les drapeaux en novembre 1903, alors qu'il était "élève ecclésiastique" à Rome.

 

Il fut tout de suite réformé pour raison médicale, diagnostic confirmé l’année suivante. Rappelé dix ans plus tard, quand la guerre éclata, il fut encore exempté en décembre 1914.

 

En 1917, l'armée française cherchant à combler les pertes devenues immenses, son cas, comme celui de très nombreux exemptés, fut réexaminé et, cette fois, la commission, sans le voir, le classa «bon pour le service».

 

Martin DEMARTINI fut affecté à un régiment qu’il ne rejoignit pas. En conséquence, le 9 février 1918, il fut déclaré «insoumis en temps de guerre».

 

Mais il bénéficia d’une visite médicale particulière le 7 octobre 1918... au consulat français de la ville argentine de Rosario!

 

De nouveau pourvu d’une réforme pour raison de santé, il dut  cependant attendre juillet 1920 pour être rayé de la liste des insoumis.

 

Pendant ces années, si Martin Demartini, séminariste, puis prêtre, était mobilisable au titre de la loi française, le problème était compliqué par le fait qu’il se trouvait en Italie et qu'il travaillait au Saint-Siège, lequel l’envoya en mission diplomatique en Amérique du Sud pendant la guerre.

 

Ses deux frères combattirent:

- Jean Toussaint (1884-1960) fut blessé à la bataille de la Marne,

- et Jean Baptiste, né en 1893, mourut pour la France en 1915. Son nom est sur le monument aux morts de Poggiolo.

 

Martin DEMARTINI décéda en 1970 à Ajaccio. Mais certains Poggiolais se souviennent encore d'avoir vu dans les années 60pour suppléer l'abbé MILLELIRI certains dimanches, un vieux prêtre que l'on disait être "un monsignore" célébrer à Saint Roch en restant toute la messe assis à cause de son grand âge.

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29 novembre 2018 4 29 /11 /novembre /2018 18:12

Suite de la présentation de la correspondance de deux soldats poggiolais en 1914-1918.

 

 

Un devoir patriotique à accomplir

Les renseignements sur le déroulement de la guerre  étaient rares à cause du contrôle postal.

Jean Lovichi y fit allusion le 1erjuin 1915: « Je vous avais fait une lettre avec des précisions, mais (…) elle n’était pas licite ». Quelques jours après, il écrivit : « Il y a eu l’autre jour de rudes choses dont je me souviendrai jusqu’à être grand-père. Permettez mon langage de Sibylle. Les circonstances le réclament. »

Dans sa lettre du 28 octobre 1914, Jean Toussaint Demartini put raconter dans le détail la capitulation des forces allemandes du Togo et l’entrée des troupes franco-anglaises le 24 août à Kamina mais c'était parce que les opérations militaires étaient complètement terminées depuis deux mois dans ce territoire.

 

Début de la lettre de Jean Toussaint Demartini du 28 octobre 1914.

Début de la lettre de Jean Toussaint Demartini du 28 octobre 1914.

 

 

Cependant, dans sa carte du 4 février 1916, il nota, sans plus de précision : « Depuis 6 jours, on se bat ». Il s’agissait de la bataille de la Somme dans laquelle il mourut le 9 février.

 

Quand les soldats écrivaient sur les batailles, ils répercutaient souvent des fausses nouvelles, comme Jean Toussaint Demartini qui, le 1eroctobre 1915, était enthousiasmé par « l’éclatante victoire que les troupes françaises viennent de remporter » à propos de la deuxième bataille de Champagne qui permit bien une petite progression des troupes françaises mais au prix de pertes énormes.

 

Malgré les aléas de la guerre, l’amour de la patrie et le sentiment du devoir à accomplir restaient importants :

« Qu’ils m’envoient partout où ils veulent, je suis indifférent, je ferai mon devoir comme par le passé » (JT Demartini, 10 décembre 1915).

« Puisqu’il faut se battre mieux vaut le faire de bon cœur » (J Demartini, 28 octobre 1915).

« Nous voulons offrir à la France les routes de la Propontide qui ont toujours tenté le monde et qui furent toujours les voies chéries de la pensée » (J Lovichi, 2 juin 1915).

« L’élan de tous était superbe. Pour chaque chose, je trouvais volontiers de braves bougres enthousiastes du sacrifice » (J Lovichi, 27 juin 1915).

 

Cet enthousiasme n’empêchait pas de ressentir l’angoisse de la veille du combat

« Les tranchées sont face à face. Les guetteurs s’observent, les fusils couchés sur les créneaux, les mitrailleuses pointées, les crapouillots aux grosses gueules dorment jusqu’au déclenchement de l’action. » (J Lovichi, 7 juin 1915).

 

On était lucide sur les risques encourus. Le plus gênant était « le bruit continuel des canons » (J Demartini, sans date) mais on s’en moquait dans la correspondance :

« Beaucoup de bruit, un joli bruit strident… J’en ai déjà la vieille habitude » (J Lovichi, 31 mai 1915).

Même une blessure était minorée comme par Demartini, blessé le 21 août 1914: « Elle est absolument insignifiante, j’ai la jambe gauche traversée. Mais maintenant je suis entièrement guéri ; il reste à peine deux cicatrices où la balle est entrée et sortie. Le médecin Anglais voulait m’évacuer. Je n’ai pas voulu.» mais, les jours suivants, il note quand même: « je marchais en hamac » (J T Demartini, 28 octobre 1914). 

 

 

Une vie difficile et qui fait réfléchir

La vie quotidienne était difficile, mais elle inspirait des comparaisons amusantes :

« Aujourd’hui, nous construisons des tranchées, jusqu’à 9 heures du soir; ce travail ressemble beaucoup aux fossés que l’on fait dans les vignes pour planter des ceps américains » (JT Demartini, 28 octobre 1915).

« Je suis poussiéreux, hirsute et ressemble à je ne sais quel moyenâgeux Bachi-Bouzouk » (J Lovichi, juin 1915).

 

Il est vrai qu’il existait des moments agréables entre les coups durs :

« J’ai plus bu de champagne que j’en boirai peut-être dans ma vie » écrivit le 28 octobre 1914 Jean Toussaint Demartini qui profitait alors des provisions laissées par les Allemands au Togo à la suite de leur capitulation.

« Je vais me baigner à la mer comme Hector et face à une aventure analogue j’y promène mon poitrail nu. Le costume des baigneurs est celui d’Adam » (J Lovichi, 31 mai 1915). Les combats des Dardanelles ayant lieu à quelques kilomètres de l’emplacement de l’ancienne cité de Troie, le courrier de Jean Lovichi y fait plusieurs allusions, comme ici par cette comparaison avec Hector.

 

Jean LOVICHI et ses sœurs.

Jean LOVICHI et ses sœurs.

 

Surtout, une grande camaraderie régnait entre les combattants :

« Ma grande joie est de me sentir entouré de l’amitié de tous mes hommes » (J Lovichi, 30 juin 1915).

« Hier nous avons fêté ma fête (la Toussaint), mes camarades m’avaient offert beaucoup de fleurs, on s’est bien amusé » (JT Demartini, 2 novembre 1915).

 

Dans ces combats atroces, on gardait son humanité et on se sentait grandir :

« Tel j’étais tel je suis, avec cet avantage que j’ai l’âme un peu plus trempée par les circonstances actuelles » (JT Demartini, 28 octobre 1914).

« J’ai presque dépouillé le vieil homme et n’aspire plus maintenant qu’à me redresser de toute ma taille de défenseur de la Patrie » (J Lovichi, sans date, certainement mai 1915, avant son départ pour les Dardanelles).

« J’aurais été, si je n’avais pas été appelé, réduit aux sophismes et à la vie misérable. Maintenant une vie nouvelle commence, de force et de responsabilité » (J Lovichi, sans date).

Cette "vie nouvelle" fut brisée par une balle le 14 juillet 1915.

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26 novembre 2018 1 26 /11 /novembre /2018 18:13

 

L'article précédent reproduisant une lettre d'un soldat originaire de Soccia en 1918 est un très bon exemple de l'abondante correspondance qui circula pendant la première guerre mondiale. 

Pendant les longs mois de guerre, chacun, soldats comme parents, comptait surtout sur le courrier pour avoir des nouvelles et de l’espoir.

 

Comme l’a écrit Jean-Paul Pellegrinetti dans sa communication «Identité et Grande Guerre. Les combattants corses durant la Première Guerre mondiale» (texte complet ICI), la nouveauté de la Grande Guerre tient «à la très grande production d’écrits que le conflit a suscité par l’intermédiaire de correspondances ou la tenue de carnets personnels. Ces divers «supports à l’écrit», sous formes de lettres, de cartes postales, de cartes militaires ou encore de cartes-photos, autorisent une histoire « par le bas » des combattants. Témoignages précieux d’hommes ordinaires ballottés par le flux et reflux des événements, l’analyse de la correspondance des poilus donne à lire dans l’univers mental de ces hommes partis au front et aide à comprendre leurs systèmes de pensées, leurs sentiments, leurs représentations, leurs processus de confrontation à l’Autre et leurs comportements par rapport à la guerre. 

Une partie de l'abondante correspondance de Jean Toussaint Demartini.

Une partie de l'abondante correspondance de Jean Toussaint Demartini.

 

Dans certaines familles, il reste encore des lettres de cette époque. Nous n’avons pu étudier que les séries qui furent écrites par deux des trente morts glorieux:

- la correspondance de Jean Ary Lovichi (1893-1915), aspirant tué aux Dardanelles le 14 juillet 1915, qui a été publiée par son neveu Pierre Durand dans une brochure intitulée «L’oncle Jean»,

- les lettres de Jean Toussaint Demartini (1889-1916) conservées par la famille Prince. Caporal puis sergent-fourrier, Jean Toussaint combattit en Afrique occidentale jusqu’en avril 1915 et mourut en France, pendant la bataille de la Somme, le 9 février 1916. La partie de ses lettres écrites en métropole a été utilisée en 2007 pour un devoir réalisé en collège par une amie de son arrière-arrière-petite-nièce Mathilde.

 

En croisant ces deux séries, on peut dégager plusieurs thèmes importants. L’échantillon n’est pas vraiment représentatif car ces deux soldats étaient plus instruits que la moyenne des Poggiolais mais on retrouve les centres d’intérêt relevés par Jean-Paul Pellegrinetti dans son étude.

 

Un impérieux besoin de nouvelles

Les soldats avaient un impérieux besoin d’écrire et de lire :

« Mes chers parents, Ecrivez-moi souvent et longuement » (J T Demartini, 11 novembre 1915)

« Nous souffrons seulement du manque de nouvelles. Envoyez-moi, si vous pouvez, des journaux (…) Ecrivez-moi le plus possible » (J Lovichi, sans date).

Ils avaient besoin de ce lien avec leur famille : « il n’y a pas à la guerre un homme qui ne pense et ne parle toujours à Papa et Maman. Vous comprenez cela. Nous sommes des enfants » (souligné dans le document) (J Lovichi, 7 juin 1915).

Encore fallait-il avoir le matériel pour écrire : « Je vais vous faire encore une demande de plume et d’encre. J’aime peu le crayon. » (J Lovichi, 30 juin 1915).

Pour les messages courts, il existait des cartes «Correspondance des Armées de la République» qui bénéficiaient de la franchise postale.

 

 

Le courrier, cordon ombilical indispensable en 14-18 (1/2)
Le courrier, cordon ombilical indispensable en 14-18 (1/2)

Le dernier message de Demartini fut écrit sur ce rectangle de carton le 4 février 1916, cinq jours avant sa mort. 

De son côté, en 1914, après la capitulation allemande au Togo, Jean Toussaint Demartini eut des feuilles en abondance car il utilisa le papier à lettres de la plantation de palmiers Schleinitz et de la station de radiotélégraphie de Kamina.

Papier à en-tête de la plantation SCHLEINITZ.

Papier à en-tête de la plantation SCHLEINITZ.

 

 

La correspondance servait à réclamer de quoi améliorer le quotidien. Jean Lovichi demanda «un alcool sous une forme quelconque indispensable ici, ampoules de teinture d’iode, papier cigarettes auto-inflammables, comprimés pour désinfecter l’eau un peu cadavérique» (31 mai 1915).

Le sous-lieutenant, licencié en philosophie et pétri de culture gréco-latine, avait également des désirs intellectuels et demanda le 30 juin 1915 : « quelques livres (L’Iliade, l’Odyssée et Montaigne) pour les après-midi de tranchée. Montaigne a de bonnes réflexions sur les choses du combat, je pourrai en goûter la saveur ».

 

Par contre, l’argent n’était pas un grand souci :

« Je touche 4 francs par jour qui sont tous économisés. Aussi, ne m’envoyez plus un sou » (souligné dans le document) (J Lovichi, 2 juin 1915)

« Avec son argent, on ne peut rien acheter » écrivit le sergent Demartini le 19 janvier 1916. 

 

Ces Poggiolais éloignés de la Corse ne manquaient de signaler la présence de concitoyens« un de ces jours j’irai à Atakpamé où se trouve Hyacinthe Desanti le fils à Pierre François » (J T Demartini, octobre 1914). Jean Hyacinthe Desanti (1889-1944) termina sa carrière dans l’administration coloniale comme gouverneur du Dahomey puis du Soudan français (Mali actuel).

Jean Hyacinthe Desanti en uniforme de gouverneur.

Jean Hyacinthe Desanti en uniforme de gouverneur.

 

Ils n’oubliaient même pas leurs querelles villageoises, comme Jean Toussaint Demartini qui avait été condamné pour vote irrégulier dans une élection municipale à Poggiolo et qui, dans une lettre du 1eroctobre 1915, conseilla à ses parents l’attitude à adopter envers les membres du parti adverse : 

"Je ne saurai assez vous le répéter, montrez-vous très satisfait de leur façon d'agir, et puis plus tard lorsque nous aurons l'occasion de pouvoir nous venger, nous le ferons, mais pour bien réussir, il faut faire semblant d'être très bien avec eux et pour mon compte personnel, je vous promets que je suis décidé à me venger" (ponctuation respectée).

(à suivre)

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