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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 18:03

Les élections municipales sont le scrutin préféré des Corses car ils peuvent voter pour des gens qu'ils connaissent en fonction des questions de leur vie quotidienne. Le maire a l'avantage d'être tout proche, notamment dans les villages. Mais, s'il n'est pas là, la commune ne peut plus fonctionner.

Lisons la plainte envoyée le 17 janvier 1877 par Valère CECCALDI, adjoint au maire de Poggiolo. Maçon et cultivateur, il était né en 1816 ou 1817 et mourut le 6 janvier 1889.

Il écrivait au préfet de la Corse (qui était alors Antoine Charles Léon DAUNASSANS) pour signaler "la situation, anormale, résultant des procédés de M. le Maire de Poggiolo et les inconvéniants (sic) qui en résultent".

CECCALDI indiquait au représentant de l'Etat que le tout nouveau maire (qui n'est pas cité mais il s'agit de Martin DEMARTINI)

"habite, la plus part (sic) du temps, sa maison de campagne située sur le territoire de Murzo à plus de 6 kilomètres du village, et laisse les archives et le sceau dans la maison de l'ancien Maire qui continue à être, seul, le véritable administrateur de la commune."

En réalité, la distance entre les deux villages est de 10 kilomètres mais la route n'avait pas tout à fait le même tracé qu'aujourd'hui.

L'ancien maire mentionné est Pierre MARTINI qui avait présidé le conseil municipal les dix années précédentes. Sans en avoir le titre, il continuait donc à exercer les mêmes prérogatives.

Du coup, le premier adjoint ne pouvait rien faire, même pas, en l'absence des deux maires, assister avec écharpe et drapeau à des cérémonies officielles.

Cette dénonciation avait pour but "que la loi cesse d'être violée et que, comme partout, l'adjoint seul remplace le Maire".

On peut compatir à la détresse de cet adjoint abandonné !!!

Quelques jours après, Martin DEMARTINI, sans s'expliquer sur les faits incriminés, répondit au Préfet que son adjoint était "mené par des bonapartistes". L'accusation était grave: la France avait alors une majorité républicaine à la Chambre des Députés et un président du Conseil républicain (Jules SIMON) mais un Sénat et un Président de la République (le maréchal de MAC-MAHON) royalistes. Le 16 mai 1877, MAC-MAHON renvoya Jules SIMON et décida la dissolution de l'Assemblée le 25 juin. Ce coup de force échoua en octobre avec la victoire républicaine aux nouvelles élections législatives.

Et, justement, ce fut le 17 octobre que Valère CECCALDI devint maire de Poggiolo, mais pour très peu de temps. Il céda ensuite la place à nouveau à Martin, puis à Jean-Baptiste DEMARTINI.

En tout cas, il était assez étrange d'apprendre que le maire n'habitait point Poggiolo et que l'adjoint ne pouvait rien faire.

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Mais tout cela appartient à une époque révolue depuis longtemps… 

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Les documents de cet article sont consultables aux Archives Départementales d'Ajaccio.

Péripéties municipales: le maire n'est pas là
Péripéties municipales: le maire n'est pas là
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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 17:51

Il a déjà été fait mention de la création, le 19 janvier 1897, par le gouvernement, de la fonction d'adjoint spécial de Guagno-les-Bains au sein du conseil municipal de Poggiolo.

 

Mais il ne faut pas croire que tout fut harmonieux entre les maires de Poggiolo et leurs adjoints très spéciaux.

Un exemple de conflit important (qui alla jusqu'à la plus haute autorité juridique française) se situe en 1911.

UNE PARFAITE IDYLLE

En mai 1908, Pascal-Antoine MARTINI avait été élu maire, avec Philippe FRANCESCHETTI comme adjoint de Poggiolo et Jean TADDEÏ comme adjoint spécial de Guagno-les-Bains.

Ce dernier avait même droit à un tampon officiel particulier.

Péripéties municipales: Un adjoint  spécial et encombrant
Péripéties municipales: Un adjoint  spécial et encombrant

Mais, au bout de deux ans, plus rien n'allait dans cette équipe.

Une lettre envoyée par Dominique Antoine MARTINI au secrétaire général de la Préfecture le 26 juillet 1911 donne de nombreux renseignements sur la façon dont l'idylle évolua.

Jean TADDEÏ démissionna "en ma faveur sur les instances du maire de Poggiolo et avec l'assentiment du Conseil municipal".

Dominique Antoine MARTINI était le gendre de Jean TADDEÏ. Ce dernier, chef cantonnier, né à Arro, avait, de son mariage avec la Balognaise Angèle Marie CANAVELLI, une fille Marie, née en 1887. Agée de 23 ans, Marie épousa, en 1910 (deux ans après l'élection municipale) Dominique Antoine MARTINI qui était devenu veuf en 1909 et avait alors 54 ans. Renseignements trouvés dans les relevés rassemblés par Pierre LECCIA sur le site GENEANET (http://www.geneanet.org/).

MARTINI était retraité mais il était propriétaire de l'Hôtel Continental de Guagno-les-Bains (photo ci-contre, cliquer pour l'agrandir), "hôtel recommandé par le Touring-Club de France", est-il écrit sur l'en-tête de son papier à lettres.

UNE RUPTURE IRRÉMÉDIABLE ET L'APPEL À PARIS

Mais un accroc inattendu se passa pour l'élection complémentaire organisée pour remplacer le conseiller démissionnaire. "Le maire patronnait la candidature CASTA Philippe" au lieu de MARTINI qui fut pourtant élu par 50 voix contre 49.

L'auteur de la lettre expliquait que la rupture vint du soutien apporté par Jean TADDEÏ et son beau-père à l'élection du Socciais CARLI comme conseiller d'arrondissement. Il accusait le maire de vouloir faire désigner comme adjoint spécial un conseiller municipal n'habitant pas aux Bains et, de plus, illettré. Par contre, D-A MARTINI y résidait et avait obtenu 16 voix contre 4 dans le hameau lors de l'élection municipale partielle.

Il ajoutait comme argument que "les passions sont un peu surexcitées et des troubles sont à craindre," si le maire "commet un abus de pouvoir. Mes partisans dont je m'efforce de calmer la colère, sont tentés de dépasser la mesure".

On n'en vint pas à des actes de violence mais le maire ne recula pas. Quelques jours après la rédaction de cette lettre, il fit désigner Pascal Ignace MARTINI (1869-1945), dit "Calzitone", comme adjoint spécial.

Comme il l'avait annoncé dans sa lettre, l'hôtelier fit appel au Conseil de Préfecture et n'hésita pas à s'adresser ensuite au Conseil d'Etat. La plus haute juridiction administrative française annula cette désignation le 5 janvier 1912.

Que fit le maire Pascal-Antoine MARTINI? Il maintint le choix de son adjoint spécial en mettant en avant que celui-ci avait une résidence à Guagno-les-Bains, même si celle-ci n'était pas sa résidence principale. Finalement, il l'emporta sur ses adversaires de la station thermale.

Les habitants de Guagno-les-Bains se sentirent considérés comme des citoyens de seconde zone.

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MAIS TOUT CELA APPARTIENT À UNE ÉPOQUE RÉVOLUE DEPUIS LONGTEMPS...

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Ci-dessous: reproduction de la lettre de Dominique Antoine MARTINI.

Sauf la photo de l'hôtel, les documents de cet article sont consultables aux Archives Départementales d'Ajaccio, série 3 M 1061.

Péripéties municipales: Un adjoint  spécial et encombrant
Péripéties municipales: Un adjoint  spécial et encombrant
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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 17:56

Grande sensation hier, mercredi 22 janvier, pendant les seizièmes de finale de la Coupe de France!

Bordeaux, tenant du titre, a été tenu en échec dans le temps réglementaire puis en prolongation (0-0), et s’est incliné aux tirs au but (4-3) face aux amateurs corses de l’Ile-Rousse, pensionnaire de CFA2 !

Encore une fois, le football insulaire montre sa vitalité. Depuis longtemps, les jeunes de chaque village aiment à courir derrière le ballon. Dans notre canton, il existe l'AS Soccia dont ce blog parle de temps en temps. Mais, en cherchant un peu dans le passé, on trouve des preuves plus anciennes de cet intérêt.

Regardez cette photo de l'équipe de Poggiolo prise en 1968 à Guagno-les-Bains.

Debout et de gauche à droite:

- Jean PINELLI (que nous remercions pour l'envoi de cette photo)

- Hervé OULIÉ (qui, d'après ses gants, devait être goal)

- Jean-Marc OULIÉ

- Jeannot DEMARTINI

Assis et de gauche à droite:

- Hervé CALDERONI

- Bernard FRANCESCHETTI

- Christian PINELLI

Des footballeurs d'exception

N'oubliez pas de nous faire part de toutes les photos ou documents anciens que vous possédez et qui peuvent servir à mieux connaître le passé poggiolais.

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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 19:05

Pour la nouvelle année, voici un petit mélange d'images des lieux, des paysages et d'une partie des personnes qui forment notre communauté.

PACE E SALUTE !

 

Que 2014 vous soit très agréable !

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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 23:06

Afin d'illustrer l'article sur l'engagement des Poggiolais dans la seconde guerre mondiale (http://poggiolo.over-blog.fr/resistenza), Jacques-Antoine MARTINI a eu l'heureuse initiative d'envoyer la photo suivante, publiée par le Mémorial des Corses.

On y voit Joseph CASALONGA (au premier plan) participer à la protection rapprochée du Général de Gaulle à Ajaccio en 1951.

Resistenza (suite)
Resistenza (suite)

Par ailleurs, Jacques Antoine fait remarquer que Marie Madeleine, la mère de Joseph, devenue veuve en 1900, épousa en secondes noces, en 1907, Antoine MARTINI, surnommé Cagnazolu (qui fut instituteur et maire de Poggiolo de 1901 à 1912).

Les liens entre les CASALONGA et les MARTINI furent étroits. C'est ainsi que, plus tard, Joseph et son épouse Lilli furent parrain et marraine de Marie-Thérèse (maintenant mariée à Pierre LECCIA), petite-nièce d'Antoine, qu’ils portèrent sur les fonds baptismaux à Nice.

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 18:00

Loin des discussions qui ont récemment passionné les hommes politiques corses au sujet du projet de co-officialité de la langue corse, certains tracent tranquillement leur sillon pour propager la lingua nustrale. C'est le cas depuis longtemps de Jean-Baptiste PAOLI qui a participé deux fois ces derniers mois à des émissions de télévision régionale de Via Stella (France 3 Corse).

Le 12 avril, dans l'émission "Via cultura" consacrée au bilinguisme, il a présenté, en tant que chargé d'études de la Langue corse au Centre Régional de Documentation Pédagogique, son travail de traduction et d'adaptation de manuels scolaires.

En décembre, avec Pierre LECA, qui présente le magazine "Par un dettu", il avait parlé de sa carrière et de ses idées sur la langue. Il avait terminé avec une chanson peu connue qui évoque une femme qui sait répondre aux hommes, "una donna liberata".

Cette vidéo se trouve dans la série des films de la vidéothèque poggiolaise: http://www.dailymotion.com/user/michelfran/1

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26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 23:30

Toi, petite fourmi, tu fais lever lever mes yeux

Vers ces mondes géants qui roulent dans les cieux

Car je crois qu’en plein jour, à travers le bleu voile,

Tu sais prendre pour guide une lointaine étoile,

Tu as, comme autrefois le mage et le berger,

Ta boussole céleste quand tu dois voyager.

Oui, le ciel te conduit, diligente ouvrière,

Unie à l’astre d’or par un fil de lumière !

Et malgré cette gloire, au travail, ton ami,

Modestement tu vas, toi, petite fourmi !

 

Poggiolo, septembre 1922

 

Ainsi que l'indique la dernière ligne, ce poème a bien été écrit à Poggiolo mais pas par un Poggiolais ni par un écrivain. Il est l’œuvre d’un Suisse et d’un savant, Félix SANTSCHI, dont la découverte est exposée dans ces vers.

 

 

DE LA SUISSE À POGGIOLO

Né à Bex (canton de Vaud, en Suisse) en 1872 et mort à Lausanne en 1940, la carrière de Félix SANTSCHI est résumée ainsi par le «Dictionnaire historique de la Suisse» :

 

Sa famille s'installe à Menton, puis à Buenos Aires, avant de revenir à Lausanne. Aide-préparateur à l'université de Lausanne, engagé comme assistant d'anatomie par Edouard Frédéric Bugnion (1895-1897). En 1896, S. voyage en Colombie et au Venezuela avec Auguste Forel et Bugnion pour récolter des fourmis. Soutenu par celui-ci, il fait des études de médecine (1895-1900, doctorat), mais, n'ayant pas de maturité fédérale, il n'est pas autorisé à pratiquer. Il s'établit à Tunis en 1901, puis à Kairouan (premier médecin étranger autorisé à y ouvrir un cabinet). S. a décrit quelque 2000 espèces et variétés de fourmis, découvrant certaines de leurs capacités de navigation (d'après le soleil et les odeurs qu'elles sécrètent). Membre de la Société suisse d'entomologie. S. revient en Suisse en 1940. Une fondation créée à l'université de Zurich en 1985 porte son nom.

http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F41562.php

 

 

 

Les fourmis poggiolaises ont fait progresser la science

 

Observateur infatigable du monde des fourmis, il observa près de 2.000 types de fourmis et publia 188 articles ou ouvrages entre 1906 et 1939 (liste complète sur le site spécialisé: http://www.antcat.org/references pages 266 à 272). Les Tunisiens le surnommaient Tabib-en-neml, le docteur des fourmis.

Dans ses listes de fourmis, il cite plusieurs variétés observées à Poggiolo. Il est difficile, dans l’état actuel de notre documentation, de préciser combien de séjours il fit dans le village mais il est certain qu’il y passa trois mois entre juillet et septembre ou octobre 1922.

 

L'entomologiste y fit une expérience fondamentale, dont il sera question ci-dessous, le 12 août 1922. Il nous fournit des indications sur la nature poggiolaise de cette époque, même sur les pluies de septembre de cette année-là en écrivant

«A Poggiolo (Corse), par 750 m. d’altitude, j’ai pu observer par les nuits étoilées mais fraîches du 17 au 26 septembre (il avait plu abondamment les jours précédents) les Crematogaster scutellaris dont j’ai déjà parlé, se presser nombreuses, alertes et actives, comme en plein jour, dans leurs longues files» («L’orientation sidérale des fourmis…», Mémoires de la Société Vaudoise des Sciences Naturelles, n°4, 1923, page 151).

 

Nous savons à quelle heure il commençait sa journée car il nota : «Poggiolo, 30 août 1922. Une seule femelle (de Bothriomyrmex meridionalis Rog., v. corsica), prise au vol pendant mon déjeuner à 7 ½ h du matin. Je n’ai pas pu trouver d’autres individus ni aucun nid durant trois mois de recherches.» («Note sur les fourmis paléoarctiques», Boletin de la Real Sociedad Espanola de Historia Natural, marzo 1923, page 136).

 

Ce spécimen était particulier par rapport à d’autres variétés proches car «elle diffère par ses antennes, surtout les scapes (partie des antennes), plus minces.». Félix SANTSCHI remarquait que de nombreuses fourmis poggiolaises ont des différences par rapport au modèle général, comme la Bothriomyrmex corsicus ou la Leptothorax tuberum, «découverte par moi-même sous l’écorce d’un abricotier» à Poggiolo et dont la reine est «plus robuste que le type» ( «Messor et autres fourmis paléarctiques» dans «Revue suisse de zoologie», vol. 30, n°12, septembre 1923, p. 331-332).

 

Il serait fastidieux d’énumérer toutes les observations faites dans notre village mais elles furent très nombreuses et fructueuses.

 

Ce spécialiste des fourmis ne dédaignait cependant pas les autres insectes puisque, dans «le compte-rendu de l’administration municipal de la ville de Genève pendant l’année 1922», il est fait mention d’un don de «une série d'Araignées de la Corse», effectuée par «M. le Dr F. SANTSCHI, à Poggiolo per Soccia (Corse)»

 

 

LA BOUSSOLE CÉLESTE

Mais la célébrité de ce savant et de Poggiolo vient de ses travaux sur la façon dont les fourmis pouvaient s’orienter.

L’article, déjà cité, sur «L’orientation sidérale des fourmis…», publié dans les "Mémoires de la Société Vaudoise des Sciences Naturelles, n°4, 1923", montre que, après avoir éliminé diverses hypothèses, SANTSCHI pensa que le soleil jouait un grand rôle dans les déplacements de ces animaux.

En utilisant un miroir, il fit déplacer l’image du soleil selon des angles différents et, chaque fois, les fourmis modifièrent leur déplacement. Les expériences décisives eurent lieu à Poggiolo le 12 août 1922. Les cobayes étaient des Aphaenogaster spinosa de fourmilières différentes et qui avaient été isolées de leur nid. Chaque fois, le reflet solaire artificiel entraîna une déviation. Le miroir retiré, les fourmis rejoignirent leurs congénères sans encombre. La figure reproduite ci-dessous décrit l’expérience.

 

Les fourmis poggiolaises ont fait progresser la science
Les fourmis poggiolaises ont fait progresser la science

 

L’énigme était résolue. L’émotion que ressentit alors Santschi se manifesta avec la composition du poème cité au début de cet article. Cet homme cultivé, ami du peintre Paul KLEE, rédigea ces vers à Poggiolo même.

 

SANTSCHI accomplit en Afrique du Nord d’autres essais qui donnèrent les mêmes résultats.

 

Ces travaux firent autorité pendant cinquante ans, jusqu’à ce que Karl von Frisch complète l'explication en apprenant que la lumière du Soleil est polarisée, et en vérifiant que les insectes peuvent le percevoir.

 

Les fourmis poggiolaises ont permis à la science de faire un pas important. Nous devons donc les respecter en souvenir de leur contribution.

Nous pouvons aussi sourire en imaginant le spectacle de ce Suisse moustachu et barbichu, armé de loupe, pinces, carnet de notes, miroir, etc., examinant les herbes, les mousses, les arbres et les pierres des murs du village sous les yeux de nos aïeux.

 

Précision: tous les documents cités sont en libre accès sur internet.

Ci-dessous: fourmis poggiolaises photographiées au village, la première à Piedi Pidocchio et la suivante à Vignarella.

 

Les fourmis poggiolaises ont fait progresser la science
Les fourmis poggiolaises ont fait progresser la science
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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 11:13
Le seul ministre venant de Poggiolo

Le 4 juin 2010, ce blog avait publié la biographie de Noël PINELLI.

Un de nos lecteurs vient de laisser en commentaire à cet article:

"Je suis bouquiniste et je viens d'acquérir plusieurs ouvrages ayant appartenu à Noel Pinelli, si vous êtes interessés contactez moi.cordialement.FM"

L'adresse à laquelle demander des renseignements est:

unmondenpapier@free.fr

Noël PINELLI est un homme politique dont la vie est à connaître, surtout qu'il fut le seul ministre à avoir été d'origine poggiolaise. Lisez ou relisez le texte déjà paru dans le blog.

Mais ce texte ne précise pas assez comment il était lié à POGGIOLO. Voici quelques éléments généalogiques.

Jean-Noël-François est né le 31 mai 1881 à CLERMONT-FERRAND.

Son père Jean-Baptiste était le fils de Jean-Noël PINELLI et de Marie Lucie NESA.

Jean-Baptiste naquit le 21 août 1848 à POGGIOLO et fit d'abord carrière dans l'armée. Il participa à la guerre de 1870 où il fut prisonnier des Allemands. Il se tourna ensuite vers la banque.

Il épousa Aline MENU le 3 octobre 1876 à CLERMONT-FERRAND. Leur enfant, Jean-Noël-François, vit le jour cinq ans plus tard dans cette même ville.

Jean-Baptiste obtint le titre de chevalier de la Légion d'Honneur le 13 janvier 1907 et mourut à Paris le 15 juillet 1917.

Mais son fils, Jean-Noël-François PINELLI, fut le premier membre d'une famille poggiolaise à avoir été membre d'un gouvernement, ce que peu connaissent.

Y en eut-il un autre? Y en aura-t-il un autre?

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 18:01

Les soldats français se battent au Mali, sur le territoire d’un pays indépendant mais qui a été longtemps une colonie de la France. Et, parmi les administrateurs de cette époque, il y eut un Poggiolais.

 

 

    Jean Hyacinthe DESANTI naquit à Poggiolo le 27 janvier 1889. Il était le fils de Pierre FrançoisDESANTI et de Jéromine CAMILLI, née à Cristinacce. Le premier DESANTI mentionné dans les documents poggiolais est Gioan Michele, décédé vers 1770.

    Sur l’acte de naissance, son prénom est orthographié "Jasynthe", rapporte Pierre LECCIA dans la recension des registres d’état-civil de Poggiolo accessible sur GENEANET.

    Il épousa le 23 novembre 1922, à Vico, Marie Gracieuse LECA, avec laquelle il eut trois enfants : Paulette et Pierre, nés à Grand-Popo au Dahomey, et Jérômine, née à Vico. Il est l’aïeul des BARTOLI et CHABROLLE actuels.

 

 

UNE JEUNESSE STUDIEUSE

    Dernier d’une fratrie de neuf enfants, il bénéficia de l’aide de ses frères et sœurs pour ses études. Il obtint le baccalauréat au lycée Carnot de Tunis, dans ce protectorat où les Corses de notre région étaient si nombreux (voir l’article « L’empire sahélien des Sorrinesi »). Puis il fit des études de droit à Paris où il se lia d‘amitié, malgré des options politiques très différentes, avec un autre Corse, César CAMPINCHI, originaire de Calcatoggio, qui fut ensuite ministre de la Marine entre 1937 et 1940. Il passa un an à Londres comme surveillant de lycée pour apprendre l’anglais, ce qui était inhabituel à l’époque.

    Après ses études, Jean Hyacinthe DESANTI entra dans l’administration coloniale dont il franchit les différents échelons en restant toujours en poste dans la même partie de l’A.O.F. (Afrique Occidentale Française).

 

Carte de l'AOF en 1939 (image Wikipedia)

Carte de l'AOF en 1939 (image Wikipedia)

 

ENTHOUSIASME ET ARDEUR POUR LE DAHOMEY

    Il arriva à Cotonou, au Dahomey, en 1913 « plein d’enthousiasme et d’ardeur » pour « assister et participer dans toute la mesure de ses modestes moyens, à cette passionnante réalisation » qu’était l’administration coloniale, écrit-il dans son livre Du Danhomé Au Bénin-Niger”.

    Peu après, la guerre éclatant, il participa aux combats contre la colonie allemande du Togo. Il aurait même reçu en mains propres, comme représentant du gouverneur français, la capitulation du commandant allemand.

    Il fut successivement élève administrateur, chef de subdivision, puis commandant de cercle et secrétaire général, au Dahomey (devenu le Bénin en 1975).

    Il devint gouverneur par intérim de cette colonie le 24 août 1934 (cf ci-dessous l'article enthousiaste du « Phare du Dahomey » août 1934).

 

Un Poggiolais au Mali

 

  En application du décret du 29 novembre 1934, qui instaurait une union entre Dahomey et Togo, il fut ensuite placé sous l’autorité de Maurice-Léon BOURGINE, lieutenant-général du Dahomey et commissaire de la République au Togo, à partir du 22 septembre 1935, et prit le titre de lieutenant-gouverneur par intérim du Dahomey.

    Il connaissait parfaitement le pays dont il avait appris les dialectes. Les autochtones lui donnèrent plusieurs surnoms comme « Tête de lion », « Denys l’Ancien » ou «le Caïman de Simendé ».

    Attaché à l’Afrique, Hyacinthe DESANTI voulait que les limites administratives coloniales soient tracées de façon plus logique, ce qui aurait peut-être pu éviter certains conflits frontaliers dans l’Afrique indépendante. Ainsi, il demandait le rattachement du Gourma et de la rive droite du Niger au couloir dahoméen.

 

Un Poggiolais au Mali

 

LE SOUDAN ET SES PROBLÈMES

 

    En juin 1936, il partit en congé en métropole et ne revint plus au Dahomey où il avait passé 23 ans. Le gouvernement de Front Populaire voulait éloigner un haut-fonctionnaire qui était maurrassien d’Action Française et qui, contrairement à la majorité des cadres coloniaux, n’appartenait pas à la franc-maçonnerie..

    Le 14 novembre 1936, il devint donc secrétaire général du Soudan français que l’on appelait aussi le Haut Sénégal-Niger et qui est aujourd’hui le Mali (cf l'annonce ci-dessous parue dans « Le Phare du Dahomey », décembre 1936).

Un Poggiolais au Mali

 

Ensuite, en mars 1938, il fut nommé gouverneur intérimaire du Soudan.

    Installé à Bamako, il voulut continuer la mise en valeur, alors fortement vantée en métropole, de cette colonie, comme les grands travaux d’aménagement du delta intérieur du Niger.

    Mais la seconde guerre mondiale obligea le Soudan à “fournir des hommes, travailleurs et soldats, des denrées vivrières et du bétail (...) destinés aux territoires voisins, et en particulier au Sénégal”, ce qui remettait en cause les politiques de développement de ce territoire (4ème de couverture du livre de Vincent JOLY “Le Soudan français de 1939 à 1945”). Il s’opposa à l’application de la conscription pour les indigènes maliens alors que les armes pour les équiper étaient insuffisantes (1 fusil pour 7 soldats soudanais!).

    La situation ne semble guère avoir changé maintenant lorsque l’on lit dans « Libération » du 21 janvier 2013 :

    « Quant à l'équipement (de l’armée malienne), il se résumerait à un fusil pour cinq hommes, des vieilles kalachnikovs usées ».

    Il fallut ensuite gérer les retombées de l’armistice du 22 juin 1940 avec l’Allemagne, dont profitèrent les islamistes (déjà!) du cheikh HAMALLAH qui entraînèrent des incidents sanglants à Nioro-Abassa en août 1940.

    Le territoire subit les contrecoups des divisions entre Français avec l’épisode SCAMARONI. A la suite de l’échec de l’attaque gaulliste et anglaise contre Dakar pour rallier l’A.O.F. à la France Libre le 23 septembre 1940, Fred SCAMARONI, porteur d'une lettre du général de Gaulle, avait été emprisonné au Sénégal puis transféré à Bamako. Là, Jean Hyacinthe DESANTI lui demanda de jurer de ne pas s’évader. Le résistant corse refusa et s’échappa. Il fut repris et envoyé à Alger où il fut ensuite libéré et il put commencer ses activités clandestines dans la Résistance.

 

 

L’ATTACHEMENT AUX RACINES

    Pendant toute sa carrière africaine, Jean Hyacinthe n’oubliait pas son village natal où il revenait lors de ses congés, un été sur deux.

 

Un Poggiolais au Mali

  

  L’article paru sur ce blog le 21/06/2010 a montré que Hyacinthe DESANTI avait adhéré au syndicat d’initiative de Poggiolo le 8 juillet 1924 et qu’il était alors “administrateur à Grand Popo - Dahomey” (ville littorale dahoméenne près du Togo).

    D’autre part, Jean-Martin FRANCESCHETTI se rappelle avoir été très impressionné par l’uniforme du gouverneur lors de la grand-messe du 15 août à Saint Siméon, dans les années 30.

 

 

LE RETOUR EN MÉTROPOLE

    Les longs séjours en Afrique altérèrent fortement la santé de Hyacinthe DESANTI. Le 15 novembre 1940, le gouvernement nomma Jean RAPENNE à sa place. Il quitta définitivement le Soudan et le continent africain le 24 décembre 1940 pour aller au ministère des Colonies. Il participa à la rédaction d’un ouvrage collectif édité en 1944 sur « L’âme d’un empire » en rédigeant un chapitre intitulé : « Afrique noire: Tu es mon père et ma mère ».

Un Poggiolais au Mali

 

Affaibli, il décéda à Paris, à l’hôpital du Val de Grâce, le 22 juin 1944, à 55 ans. Mais il avait eu le temps d’écrire un livre rempli de souvenirs personnels intitulé “Du Danhomé Au Bénin-Niger” et qui parut en 1945.

 

Un Poggiolais au Mali

 

Il fut inhumé au village natal de Poggiolo, dans le caveau familial qui est à flanc de coteau, au-dessous de l’église Saint Siméon.

 

Un Poggiolais au Mali

 

  Jean Hyacinthe DESANTI fut un de ces fonctionnaires qui se dévouèrent à la cause de “la plus grande France” à un moment où la colonisation paraissait un fait parfaitement normal.

    Ainsi, il écrivit: « La France n’a jamais eu à se poser la question de savoir comment elle pourrait honorablement et en bons termes se séparer des territoires colonisés par elle, elle s’est plutôt préoccupée de la manière de les intégrer au mieux dans la collectivité de l’Empire français, leur patrie commune » (cité par Jacques Le Cornec dans « LA CALEBASSE DAHOMEENNE OU LES ERRANCES DU BENIN, Volume 1 » page 481).

 

    Les Maliens n’ont pas occulté cette époque de leur mémoire et, à Bamako, ils ont créé la place des gouverneurs où sont rassemblées les stèles des différents administrateurs de l’époque coloniale. Un Poggiolais se trouve toujours au Mali.

 

Un Poggiolais au Mali
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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 18:00

Suite et fin des deux articles précédents consacrés à Gian Antonio PINELLI (article 1: cliquer ici; article 2: cliquer ici)

 

UN ACTEUR DE LA FRANCISATION

   Gian Antonio PINELLI avait bien défendu l'administration napoléonienne. Il aurait pu craindre beaucoup de la Restauration. Pourtant, écrit Eugène GHERARDI,

 

Gian Antonio sera l'un des rédacteurs du “Journal du département de la Corse”, parce qu'il est au nombre des rares Corses qui ont aussi bien la maîtrise de la langue italienne que de la langue française.


   Cet atout était important car ce journal, créé le 1er novembre 1817, fut bilingue jusqu’au 2 octobre 1824 (une colonne en français et une colonne en italien).

 

journal de la corse

 

   Destiné à faire connaître les lois, jugements et actes de l’administration, il était un véritable bulletin officiel et un instrument de la francisation de l’île. Il devint ensuite “Le Journal de la Corse” qui se fait une gloire d'être actuellement le doyen de la presse européenne.

 

Le Poggiolais continuait à servir l'administration française.


Pinelli fut l'un des conseillers du général Brenier de Montmorand, responsable d'une commission chargée d'évaluer les besoins de la Corse. Il est nommé conseiller général de Soccia le 11 mars 1818.


   Il fut président du comité cantonal de Sorro in Sù de 1821 à 1825.

 

LE DEUS EX MACHINA DE L'ÉCOLE EN CORSE?

   Même retiré dans son village d’origine, il continua à avoir une fort influence comme en témoigne l’abondante correspondance qu’il échangea, notamment sur les questions d’éducation.
   On peut en avoir une idée avec les documents conservés au Musée Requien d’Avignon et étudiés par Eugène GHERARDI sous le titre: "A cullana corsa d'Esprit Requien, anderinu avignunese (1788-1851)".
  http://www.horizon-provence.com/avignon-musees/musee-requien-avignon/photos/musee-requien-esprit.jpg Esprit REQUIEN était un naturaliste français, né le 6 mai 1788 à Avignon. Il se consacra très tôt à la botanique et réalisa le premier inventaire botanique de la Corse où il passa beaucoup de temps et où il mourut le 30 mai 1851 à Bonifacio. Plusieurs lettres de l’abbé PINELLI ou envoyées à celui-ci se trouvent dans les archives de REQUIEN sans que l’on sache très bien comment elles y sont arrivées.
   Les inspecteurs chargés de l’instruction publique en Corse écrivaient souvent à l'abbé PINELLI pour l’organisation de l’enseignement dans le canton ou dans l'ensemble de la Corse.

   Ainsi, en janvier 1821, MOURRE le félicita pour son travail mais ne trouvait pas utile “d’établir une nouvelle école dans une petite commune qui en possède déjà trois” (il s'agissait de Soccia!!!). Un an plus tard, COTTARD  l’informa qu’il acceptait la nomination du signor COLONNA comme instituteur à Guagno et en profitait pour lui demander des lettres de recommandation pour des villes italiennes où le gouvernement l’envoyait en mission.

   L’influence de  l’ecclésiastique vivant bien loin d’Ajaccio était donc toujours forte. D’ailleurs, MOURRE et COTTARD ne manquaient pas de l’informer de leur nomination, maladie et mutation !

 

UN PRÊTRE SOUCIEUX DES AUTRES

    Après avoir quitté ses fonctions à la Préfecture, Gian Antonio PINELLI devint curé de SOCCIA en 1821 ou 1822 et le resta jusqu’à sa mort.

   L’Almanach du clergé de France de 1823 précise qu’il était curé de deuxième classe et que sa fonction lui donnait autorité  sur les desservants de GUAGNO, ORTO et POGGIOLO.

clergé 1823

   BENCI observe que, “retiré enfin à Poggiolo, il se consacra assidument à conseiller et à faire s'accorder  les paroissiens, passant le reste du temps dans sa bibliothèque riche et choisie” (page 76 de “Piero d’Orezza”, traduite par Dominique ANTONINI-LIARD).
   L’écrivain italien ajoute: “Je me rappellerai toujours avec grand plaisir cette brève mais douce entrevue que j'eus avec le docteur Pinelli, parmi ses livres, en grignotant  en même temps une bonne omelette au brocciu que son bon cœur m'offrit.” Il promit à BENCI de lui donner des informations sur le fameux CIRCINELLU qui refusa  de se soumettre à la France de Louis XV. Il mourut avant de pouvoir se rendre à GUAGNO pour interroger lui-même des témoins. Mais son neveu, Carlo Francesco Pasquale PINELLI, notaire et maire de POGGIOLO de 1822 à 1847, accomplit la promesse faite par son oncle.
   Gian Antonio décéda le 26 décembre 1832 à POGGIOLO, à l’âge de 72 ans. Le décès fut déclaré devant Carlo Francesco Pasquale PINELLI par deux autres de ses neveux : Gioan Vincenzo, curé, et Gioan Antonio, cultivateur (voir le dépouillement des registres d'état-civil par Pierre LECCIA, disponible sur Généanet).

Acte de décès de Gian Antonio Pinelli

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/36/Pierre-Jean_Robiquet_vers_1830.jpg
La plupart de ses notes, notamment le manuscrit d'une monographie sur le département du Liamone, ont été confiées par ses héritiers à l'ingénieur Robiquet (image ci-contre), auteur d'un volumineux ouvrage sur l'île.


    Ce livre de 600 pages, "Recherches historiques et statistiques sur la Corse", eut un grand retentissement à l’époque et fut critiqué par les Corses. 


    La réputation de grand intellectuel de l’abbé PINELLI et celle de la richesse de sa bibliothèque restèrent vives longtemps. Plusieurs livres et guides sur la Corse publiés au XIXème siècle en font mention. Par exemple, Jean-Ange GALLETTI, à la page 140 de son “Histoire illustrée de la Corse”, écrit en 1863: “POGGIOLO (...) a donné le jour à l’abbé PINELLI, ancien moine, et homme remarquable dans les belles-lettres”.
    Depuis cette époque, il ne reste plus rien des livres accumulés par l’homme le plus cultivé de Corse.


    Les souvenirs même de l'existence de Gian Antonio PINELLI, ce Poggiolais exceptionnel, se sont effacés. Dans le village, rien, pas même une petite inscription. Espérons que ce blog permettra de combler ce trou de la mémoire collective.

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