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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 18:00

Suite et fin des deux articles précédents consacrés à Gian Antonio PINELLI (article 1: cliquer ici; article 2: cliquer ici)

 

UN ACTEUR DE LA FRANCISATION

   Gian Antonio PINELLI avait bien défendu l'administration napoléonienne. Il aurait pu craindre beaucoup de la Restauration. Pourtant, écrit Eugène GHERARDI,

 

Gian Antonio sera l'un des rédacteurs du “Journal du département de la Corse”, parce qu'il est au nombre des rares Corses qui ont aussi bien la maîtrise de la langue italienne que de la langue française.


   Cet atout était important car ce journal, créé le 1er novembre 1817, fut bilingue jusqu’au 2 octobre 1824 (une colonne en français et une colonne en italien).

 

journal de la corse

 

   Destiné à faire connaître les lois, jugements et actes de l’administration, il était un véritable bulletin officiel et un instrument de la francisation de l’île. Il devint ensuite “Le Journal de la Corse” qui se fait une gloire d'être actuellement le doyen de la presse européenne.

 

Le Poggiolais continuait à servir l'administration française.


Pinelli fut l'un des conseillers du général Brenier de Montmorand, responsable d'une commission chargée d'évaluer les besoins de la Corse. Il est nommé conseiller général de Soccia le 11 mars 1818.


   Il fut président du comité cantonal de Sorro in Sù de 1821 à 1825.

 

LE DEUS EX MACHINA DE L'ÉCOLE EN CORSE?

   Même retiré dans son village d’origine, il continua à avoir une fort influence comme en témoigne l’abondante correspondance qu’il échangea, notamment sur les questions d’éducation.
   On peut en avoir une idée avec les documents conservés au Musée Requien d’Avignon et étudiés par Eugène GHERARDI sous le titre: "A cullana corsa d'Esprit Requien, anderinu avignunese (1788-1851)".
  http://www.horizon-provence.com/avignon-musees/musee-requien-avignon/photos/musee-requien-esprit.jpg Esprit REQUIEN était un naturaliste français, né le 6 mai 1788 à Avignon. Il se consacra très tôt à la botanique et réalisa le premier inventaire botanique de la Corse où il passa beaucoup de temps et où il mourut le 30 mai 1851 à Bonifacio. Plusieurs lettres de l’abbé PINELLI ou envoyées à celui-ci se trouvent dans les archives de REQUIEN sans que l’on sache très bien comment elles y sont arrivées.
   Les inspecteurs chargés de l’instruction publique en Corse écrivaient souvent à l'abbé PINELLI pour l’organisation de l’enseignement dans le canton ou dans l'ensemble de la Corse.

   Ainsi, en janvier 1821, MOURRE le félicita pour son travail mais ne trouvait pas utile “d’établir une nouvelle école dans une petite commune qui en possède déjà trois” (il s'agissait de Soccia!!!). Un an plus tard, COTTARD  l’informa qu’il acceptait la nomination du signor COLONNA comme instituteur à Guagno et en profitait pour lui demander des lettres de recommandation pour des villes italiennes où le gouvernement l’envoyait en mission.

   L’influence de  l’ecclésiastique vivant bien loin d’Ajaccio était donc toujours forte. D’ailleurs, MOURRE et COTTARD ne manquaient pas de l’informer de leur nomination, maladie et mutation !

 

UN PRÊTRE SOUCIEUX DES AUTRES

    Après avoir quitté ses fonctions à la Préfecture, Gian Antonio PINELLI devint curé de SOCCIA en 1821 ou 1822 et le resta jusqu’à sa mort.

   L’Almanach du clergé de France de 1823 précise qu’il était curé de deuxième classe et que sa fonction lui donnait autorité  sur les desservants de GUAGNO, ORTO et POGGIOLO.

clergé 1823

   BENCI observe que, “retiré enfin à Poggiolo, il se consacra assidument à conseiller et à faire s'accorder  les paroissiens, passant le reste du temps dans sa bibliothèque riche et choisie” (page 76 de “Piero d’Orezza”, traduite par Dominique ANTONINI-LIARD).
   L’écrivain italien ajoute: “Je me rappellerai toujours avec grand plaisir cette brève mais douce entrevue que j'eus avec le docteur Pinelli, parmi ses livres, en grignotant  en même temps une bonne omelette au brocciu que son bon cœur m'offrit.” Il promit à BENCI de lui donner des informations sur le fameux CIRCINELLU qui refusa  de se soumettre à la France de Louis XV. Il mourut avant de pouvoir se rendre à GUAGNO pour interroger lui-même des témoins. Mais son neveu, Carlo Francesco Pasquale PINELLI, notaire et maire de POGGIOLO de 1822 à 1847, accomplit la promesse faite par son oncle.
   Gian Antonio décéda le 26 décembre 1832 à POGGIOLO, à l’âge de 72 ans. Le décès fut déclaré devant Carlo Francesco Pasquale PINELLI par deux autres de ses neveux : Gioan Vincenzo, curé, et Gioan Antonio, cultivateur (voir le dépouillement des registres d'état-civil par Pierre LECCIA, disponible sur Généanet).

Acte de décès de Gian Antonio Pinelli

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/36/Pierre-Jean_Robiquet_vers_1830.jpg
La plupart de ses notes, notamment le manuscrit d'une monographie sur le département du Liamone, ont été confiées par ses héritiers à l'ingénieur Robiquet (image ci-contre), auteur d'un volumineux ouvrage sur l'île.


    Ce livre de 600 pages, "Recherches historiques et statistiques sur la Corse", eut un grand retentissement à l’époque et fut critiqué par les Corses. 


    La réputation de grand intellectuel de l’abbé PINELLI et celle de la richesse de sa bibliothèque restèrent vives longtemps. Plusieurs livres et guides sur la Corse publiés au XIXème siècle en font mention. Par exemple, Jean-Ange GALLETTI, à la page 140 de son “Histoire illustrée de la Corse”, écrit en 1863: “POGGIOLO (...) a donné le jour à l’abbé PINELLI, ancien moine, et homme remarquable dans les belles-lettres”.
    Depuis cette époque, il ne reste plus rien des livres accumulés par l’homme le plus cultivé de Corse.


    Les souvenirs même de l'existence de Gian Antonio PINELLI, ce Poggiolais exceptionnel, se sont effacés. Dans le village, rien, pas même une petite inscription. Espérons que ce blog permettra de combler ce trou de la mémoire collective.

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 18:00

  Suite de la biographie de Gian Antonio PINELLI (première partie: cliquer ICI

  

UNE RÉFÉRENCE DANS L'ENSEIGNEMENT

   La notice d'Eugène GHERARDI, dans le "Dictionnaire historique de la Corse", avait indiqué que le prêtre poggiolais Gian Antonio PINELLI avait jugé plus prudent d'aller habiter Florence à l'époque des troubles du royaume anglo-corse entre 1794 et 1796.

 

C'est au cours de cette période d'exil toscan que Gian Antonio PINELLI rédige un glossaire destiné à aider les lecteurs de l'Odyssée.
Gian Antonio PINELLI retourne en Corse en 1796 où il est promu par l'évêque GUASCO à la charge de vicaire général du diocèse de Sagone; on le retrouve en 1805 prêtre à Piana.

 

   Il doit s’agir de Matteu Francescu GUASCO, dernier évêque de Sagone de 1773 à 1801.


PINELLI entame par la suite une carrière dans l'enseignement. Bénéficiant de l'amitié de Letizia Bonaparte et du cardinal Fesch, Pinelli est tour à tour directeur, en 1806, de l'école secondaire communale d'Ajaccio puis proviseur lorsque l'école devient collège en 1818.

 


   La  “Revue encyclopédique” de 1819 permet d'apprendre qu'il fut aussi “régent de rhétorique” et développa, lors de la rentrée des classes du 25 octobre 1818, devant toutes les autorités religieuses, civiles et militaires de la Corse, “le plan d’enseignement prescrit pour ce collège, et la supériorité de la méthode d’enseignement actuelle”.

   Il avait donc la haute main sur l'enseignement en même temps qu'il dirigeait l'administration de l'île.

 

LE PILIER DE L'ADMINISTRATION NAPOLÉONIENNE

 

De 1810 à 1816, il est secrétaire général de la préfecture.

 

   Il exerça d’abord la fonction de secrétaire général du département du Liamone puis de toute la Corse quand celle-ci fut réunie en un seul département en 1811.

   Il assista donc Ghjacintu ARRIGHI de CASANOVA, préfet du Liamone depuis  1803 et ensuite de toute l’île. Le 15 mars 1814, le nouveau préfet fut  Francescu Saveriu GIUBEGA, neveu de Lorenzo GIUBEGA, parrain de Napoléon BONAPARTE. Le 5 septembre, Louis XVIII nomma François Louis Joseph de BOURCIER de MONTUREUX. Le 6 avril 1815, avec le retour de l’empereur, GIUBEGA revint... jusqu’au 14 juillet où le roi, de nouveau sur le trône, désigna Louis COURBON de SAINT GENEST.

 

nomination Giubega


   Pendant cette période troublée, PINELLI resta à son poste et assura la permanence de l’administration française. Il aurait été l'homme le plus puissant de Corse sans le général MORAND qui imposait un ordre despotique et qui lui l'humilia en 1810.


En 1810, il a l'honneur d'être choisi pour assister au mariage de Napoléon, mais la délégation ne peut s'y rendre à cause de l'opposition du général Morand qui gouverne l'île.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/0a/Napoleon_Marie_Louise_Marriage.jpeg/400px-Napoleon_Marie_Louise_Marriage.jpeg

 

   Avec la réinstallation de la monarchie des lys en France, en 1815, la carrière de Gian Antonio PINELLI, tout entière placée sous la protection des Bonaparte, n'était-elle pas terminée?

(à suivre ici)

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 18:00

   On croit que Poggiolo est un petit village où rien ne se passe jamais et où aucun personnalité n'a émergé. Pourtant, un enfant du village a eu une influence considérable en Corse pendant le Premier Empire et la Restauration. Il s'agit de Gian Antonio (Jean-Antoine) PINELLI. Il est d'ailleurs le seul Poggiolais à être mentionné dans le "Dictionnaire historique de la Corse" publié sous la direction d'Antoine-Laurent Serpentini voici quelques années.

   Pour le connaître, nous allons publier trois articles en partant de ce livre, en recopiant la notice rédigée par Eugène GHERARDI. Ce texte, publié ici sur fond bleu, sera coupé par des explications et des compléments s'appuyant sur des documents sérieux. Les intertitres ont été ajoutés par la rédaction du blog.

 

PINELLI, Gian Antonio (Jean-Antoine) (Poggiolo 6 sept. 1760 - id. 28 déc. 1832). Issu d'une famille originaire de Poggiolo,


   Il était le fils de Gioan Stefano PINELLI (1731-1786) et l’arrière-petit-fils de Natale (né vers 1690 et mort vers 1729), premier PINELLI connu. Voir dépouillement des registres d'état-civil par Pierre LECCIA, disponible sur Généanet.

 

LES ANNÉES DE FORMATION


c'est chez les frères du couvent de Vico qu'il effectue ses premières études,

   

  C’est à Vico qu’il entra dans les ordres et qu'il commença à se faire connaître. Il était qualifié de diacono (diacre) dans le rapport établi par le podestat et les “padre del comune” (dont un était son père) daté du 30 avril 1783 et destiné à l’intendant royal qui voulait connaître la situation des écoles primaires. Agé de 23 ans, Gian Antonio avait alors 16 élèves. Voir l'article sur L'école poggiolaise au XVIII ème siècle.

   On peut l'imaginer tel que "Le précis d'histoire de l'éducation en Corse" (édité par le CRDP de Corse) représente un autre enseignant, Petru CIRNEU.

 

prêtre enseignant

 

Il ne resta pas longtemps


 avant de prendre le chemin de Rome où il se dote d'une solide formation en poursuivant des études de théologie à la Faculté Saint-Thomas-d'Aquin et des études de philosophie, de lettres et de droit à l'Archigymnasium Romanum. Il devient docteur «in teologia sacra» (20 déc. 1785) et docteur en droit (23 juil. 1789).


   Sa culture phénoménale fera l’admiration de tous ceux qui le fréquentèrent. Ainsi, à la fin de sa vie, il rencontra Antonio BENCI, écrivain toscan qui, partisan du Risorgimento (l’unité de l’Italie), s’exila en Corse de 1831 à 1834. Dans sa préface à son roman “Piero d’Orezza”, celui-ci écrivit, à la page 76, “Le docteur PINELLI lisait en plus de notre idiome (l’italien), le français, l’anglais, le latin, le grec, l’hébreu; et à l’érudition, il joignait l’étude des sciences physiques, économiques, du droit et je ne sais combien de fonctions et de charges il exerça!” (traduit de l’italien par Dominique ANTONINI-LIARD).

 

Destiné à faire une brillante carrière ecclésiastique dans la cité pontificale, Giao Antonio Pinelli accède à la charge de protonotaire apostolique (1er sept. 1789) et est accepté comme avocat de la curie romaine (11 juil. 1790). Ses activités sont aussi à caractère littéraire. Ainsi, le 11 mai 1790, est-il reçu “pastore” au sein du Sacro Collegio di Arcadia « col nome di Filelfo e con l'onore di pater recirare ne! Bosco Parrasio ».

 

UN DÉBUT DE VIE PUBLIQUE HÉSITANT

 

La Révolution Française, dont il semble approuver les principes, le ramène en Corse au printemps de 1790. Inscrit comme avocat au barreau de Bastia (25 juin 1790), il fait partie des trente-six membres de l'assemblée du département de la Corse. Il est élu par le district de Vico en même temps que Cittadella, Vincenzo Colonna et le chanoine Multedo. Opposé à la Constitution civile du clergé, Pinelli se retire dans son village où il s'occupe de sa très importante bibliothèque. S'il désapprouve le régime de terreur qui s'instaure en France, il n'accepte pas l'expérience du Royaume anglo-corse, et choisit de s'exiler à Florence.



armoiries anglo-corses   Cependant, il fut  bien présent à la consulte du 19 juin 1794 en tant que représentant de la Comunità de POGGIOLO  et signa l’Atto Costituzionale qui désigna le roi d’Angleterre comme roi de Corse, comme le montre la page 385 de "Pièces et documents divers pour servir à l'histoire de la Corse : pendant la Révolution française. T2 / recueillis et publiés par M. l'abbé Letteron".
   Il ne se présenta pas pour l’élection du Parlement anglo-corse dans lequel Sorro in sù sera représenté par le podestat Francesco FRANCESCHETTI (voir article "Contestation ortigaise").


Pourtant, son frère Gian Stefano sert comme capitaine au sein d'une compagnie indépendante au service du roi d'Angleterre.

 

    Giaon Stefano avait 10 ans de moins que Gian Antonio et mourut en 1857. Plusieurs milliers de Corses combattirent avec les Anglais contre la république française, certains même jusqu’à la fin du règne de Napoléon. Voir l'article très documenté sur ces troupes à l’adresse: https://sites.google.com/site/tirailleurscorses/home/les-troupes-du-royaume-anglo-corse.

Troupes anglo-Corses

Après un temps d'éloignement, le moment de s'affirmer allait arriver.

 

(à suivre ici)

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 23:01

Jean-Baptiste PAOLI, a été interviewé (en corse) pendant 1/2 heure pour l'émission "Par Battiun dettu" ("Pour ainsi dire") sur FR3 Corse Via Stella.

Dans ce magazine en langue corse, Pierre Leca reçoit des invités du monde culturel. L'objectif est de mettre en évidence leurs différentes facettes, leurs vécus, leurs influences, leurs aspirations ainsi que leurs avis.
Batti a évoqué la langue corse, son parcours personnel et, à la fin, il a chanté une chanson peu connue ailleurs que par chez nous :" l'histoire de la jeune fille et des voltigeurs."

D'après nos renseignements, l'émission doit être rediffusée mercredi 5 décembre à 21 h 30 et samedi 8 décembre à 17 h 05.

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 18:00

Si des familles existent depuis toujours à Poggiolo (comme les PINELLI), certains patronymes (comme LOVICHI) apparaissent à certains moments car, pour des raisons particulières à chaque cas, des habitants nouveaux s'installent au village. C'est le cas pour CANAVELLI dont la présence provient de l'implantation de Toto (que certains se rappelent l'avoir  longtemps nommé "Toto de Balogna") de par son mariage avec Josiane.

Toto Nice-Matin 2Les journalistes de "Corse-Matin" qui sont venus le 9 août pour réaliser des reportages sur POGGIOLO se sont entretenus avec Toto et en ont tiré l'article suivant:

 

   TOTO, c'est l'âme et la mémoire du village. Pourtant, cet agriculteur est né à BALOGNA. Mais la vie et surtout son mariage avec une Poggiolaise en ont décidé autrement. «Et depuis je n'ai plus quitté le village; cela fait maintenant quarante ans». Bien sûr, cet éleveur porcin et bovin retourne régulièrement à Balogna voir sa famille, mais sa vie est viscéralement attachée à Poggiolo. "J'ai connu tous les ancêtres du village, qui malheureusement ont aujourd'hui disparu. Les jeunes ne veulent plus rester. Je les comprends car trouver du travail au village est difficile. Heureusement, dernièrement, un jeune, Jean-Mathieu, a repris le métier de muletier. Mais à part lui, tout le monde s'en va ... C'est triste".
    Et TOTO sait bien que derrière l'image d'un village animé, durant la saison estivale, l'hiver le confronte à une autre réalité. «Heureusement que je continue à travailler et à faire un peu de charcuterie. Ma femme m'aide de plus en plus car les ans passent aussi pour moi! Mais pour l'instant, et je touche du bois, je n'ai pas de problème de santé, je peux encore m'occuper des bêtes. Mais c'est vrai que l'hiver, c'est une autre vie. Je ne regrette rien mais, s'il y avait un peu plus de jeunes, la vie serait plus agréable ».

    La désertification, TOTO l'a touchée du doigt, quand le café a fermé. "C'était un lieu convivial où l'on se retrouvait pour boire un verre et jouer aux cartes. Désormais, et c'est une chance, un bar est encore ouvert avec une partie restauration".

    L'hiver dernier, TOTO a connu, chose plutôt rare, à Poggiolo, un mois de neige. «C'était incroyable mais, au bout de la première semaine, ça commençait à être vraiment difficile. La vie s'est arrêtée. Et puis après, comme pour tout dans la vie, on a pris l'habitude de cette neige et on a fait avec ».

    L'été, TOTO savoure, comme il se doit, l'animation dans le village. Lui aussi, comme l'ensemble des Poggiolais, il attend avec impatience, la fête de la Saint Roch, le 16 août. Une date incontournable qui met en liesse ,au-delà du village, l'ensemble du canton. 

    Mais très vite, il le sait, l'hiver fera ses premiers pas. Son «autre» vie va recommencer. «Vous savez, Toto Nice-Matin 1j'ai une vie simple et pas compliquée. Avec mes chiens, ce sera un peu de chasse et je continuerai à faire à mon rythme la charcuterie».

    Hier, à Poggiolo, les yeux de TOTO CANAVELLI brillaient comme ceux d'un petit garçon. La vie ruisselait dans les ruelles et la venue de "Corse-Matin" apportait cette animation qui faisait battre les coeurs.
    Comme si Poggiolo retrouvait comme par magie le lustre d'un passé recomposé.

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 18:11

Elections cantonales, risque nucléaire au Japon, bombardements en Libye, que de motifs d'inquiétude! Il est bon de prendre un peu d'éloignement par rapport aux rumeurs du monde.

 

C'est ce que fait en ce moment Jean PINELLI qui est allé revoir la Guyane où il est né en 1946, à St Laurent du Maroni où son père Xavier Leto PINELLI, militaire, était en fonctions.

Le président de l'AACSIS et Jean-Bernard POLI adressent leur bonjour aux lecteurs du blog des Poggiolais.


Poggiolo et Guagnu en action de pêche sur le fleuve KOUROU.

Kourou

 

P.S.: La présence de Poggiolais en Guyane au temps du pénitencier a été évoquée dans l'article "le bagne présent à Poggiolo".

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 07:18

Le 7 février a été le troisième anniversaire de la disparition de Jean-Pierre. Son énergie, son dynamisme, son sourire manquent beaucoup à tous ceux qui l'ont connu. En souvenir, cette simple photo du début des années 1960. L'entrain de Jean-Pierre y fait la joie des demoiselles FRANCESCHETTI, CECCALDI et PINELLI.


 Jean-Pierre filles

 

 

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 17:50

      Un petit avis "In Memoriam" paru dans "Corse-Matin" dimanche 12 décembre rappelle que, voici maintenant exactement trois ans, les Poggiolais et les Socciais ont perdu une personne importante, et même une personnalité: Joseph ANTONINI.

in memoriam

      Dans le numéro 11 du journal "L'info U Pighjolu", Hélène Dubreuil lui avait rendu un bel hommage que nous reproduisons maintenant.

                                                                                       --------------------

    En ce 19 décembre 2007, il y avait beaucoup de monde en l'église de SOCCIA comme Hélène têteil y avait aussi beaucoup de personnes du canton à la levée du corps à Ajaccio, pour saluer et manifester une dernière fois son affection à Monsieur Joseph ANTONINI.
    Il faisait beau, le soleil brillait sur le village et, du coup, cette cérémonie alliait mélancolie et sérénité. L'ardeur du soleil et ses rayons nous renvoyaient à l'œil pétillant de Jojo, car c'est ainsi que, tous, nous l'appelions.
    C'est le maître d'école que je souhaite évoquer.


    Dans le canton, comme à Ajaccio, nous étions nombreux encore, ses anciens élèves à garder le souvenir d'un maître attentif et enjoué. Il est l'un des derniers enseignants à avoir exercé à POGGIOLO (1) et j'ai eu la grande chance d'avoir été son élève. Ce fut mon Maître d'école. Il menait avec intelligence et fermeté la classe unique où nous étions une dizaine de 6 à 14 ans, filles et garçons mélangés. Attentif à tous et à toutes, il nous a appris à lire, écrire et compter. Il nous a ouvert l'esprit, nous a appris à penser et à parler dans une langue qui, pour la plupart, n'était pas leur langue maternelle. En fait, à devenir les hommes et les femmes école Jojo à Parisque nous sommes aujourd'hui. Il conduisait avec fermeté et vigueur les candidats au «Certificat d'études». Je le vois encore brandissant, à la fenêtre du car de DUMENICU-ANTONE, les parchemins des lauréats...
    « Tous reçus! » nous criait-il, rouge de bonheur et de fierté, à nous les plus jeunes, qui avions attendu leur retour de Vico, dans la plus grande anxiété.
    Il y a plus de cinquante ans, ce n'était pas une mince affaire que de descendre à Vico! Les distances et le temps n'ont pas aujourd'hui les mêmes valeurs et puis personne, ou presque, n'avait de voiture. Prendre le car de DUMENICU-ANTONE,  c'était partir pour une franche aventure. Je me souviens de tous ces après-midi où, sagement assis en rang d'oignons sur le mur du « LUCCIU », à la fontaine, nous attendions de le voir paraître surgissant sur sa moto flamboyante, tel un destrier de l'apocalypse.
    Nous étions en plein « Cinéma Paradiso ».    

Jojo ANTONINI à Paris

     Et puis, au printemps, toute la classe partait herboriser dans le maquis. On découvrait les abeilles, les fleurs, les oiseaux et la rivière dormante. C'était un bonheur d'enfance qui m'a porté toute ma vie. C'est pour cela que j'ai voulu revenir vivre en Corse, ici, au village. C'est pour cela que j'ai voulu que mes propres enfants connaissent et fréquentent, eux aussi, les écoles rurales du canton de SOCCIA et SAGONE. Ces expériences-là, c'est du bonheur que l'on emmagasine pour toute la vie !

    Jojo, c'était un maître d'école d'un autre temps, un de ses «Hussards de la République» qui ont permis au pays de se construire. C'est le témoin d'une époque désormais révolue, et nous sommes nombreux à garder son souvenir dans notre cœur et notre esprit.


... "Un ci scurdaremu mai di tè, o Jojo, i to sculari ti ringrazianu di tuttu ci o chi tù ai fattu."

école Jojo chez luisa dernière photo (juillet 2007)


(1) Jojo fut l'instituteur de Poggiolo entre 1945 et 1954. L'école ferma à l'été 1965.

 

 

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 21:47

    Comme toutes les communes, Poggiolo a connu sa cérémonie de remise du diplôme d’honneur aux anciens combattants de la seconde guerre mondiale.

    Dans le cadre du 70e anniversaire de la seconde guerre mondiale, Hubert FALCO, secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens combattants, a souhaité rendre hommage aux quelques 250.000 anciens combattants de la seconde guerre mondiale encore en vie par la remise d’un diplôme d’honneur.
    Les maires doivent remettre le diplôme au moment qu’ils jugent opportun: le 8 mai, le 18 juin, le 14 juillet, le 11 novembre ou lors d’une commémoration liée à l’histoire locale.

    Ce geste symbolique de la gratitude du pays a eu lieu au village. Sur les cinq anciens combattants habitant Poggiolo, quatre (Barthélémy CANALE, Archange COLONNA, Charles TRAMINI et Yvette TRAMINI) avaient eu le diplôme à leur domicile.

    Le cinquième, Jean-Martin FRANCESCHETTI, était bien présent, devant le monument aux morts, jeudi 11 novembre.

11 nov lecture

Après la lecture du message  du secrétaire d'Etat par le premier adjoint, Jean Silius PAOLI, le dépôt d'une gerbe et la minute de silence, le Maire Angèle PINELLI lui remit le diplôme.


11 nov remerciement   

En remerciement, Jean-Martin FRANCESCHETTI a prononcé la déclaration suivante:

 

    "Madame le Maire, je vous remercie, ainsi que le conseil municipal, de me remettre en ce 11 novembre 2010 le diplôme de reconnaissance.

    Ce diplôme ne m'appartient pas. C'est un "devoir de mémoire" que je dédie à mon père Jean-Antoine, à mon beau-père Emilien QUAIRÉ, tous deux combattants de la guerre 1914-1918 et plusieurs fois blessés lors des combats.

    Je le dédie à mes camarades d'enfance poggiolais morts pendant la deuxième guerre mondiale 39/45, sans oublier Félix PINELLI et Marcel ANGELINI, morts à ce jour. 

    Je le dédie aussi à mes camarades de combat des Forces Marseille occupéejpgFrançaises de  l'Intérieur et des Milices Socialistes qui ont laissé leur vie lors de la Libération de Marseille et la prise de Notre-Dame de la Garde.

    Je le dédie aussi à ma belle-sœur Jeanine qui, du 5 au 25 août 1941, à la ligne de démarcation de la zone occupée, a fait transiter dans la région de Solutré les enfants orphelins juifs, les sauvant d'une mort certaine, et ce grâce au groupe des Eclaireurs de France de Marseille auquel nous appartenions tous les deux.

    Je le dédie enfin à mon frère Philippe qui, malgré lui, au travers du S.T.O., a connu en Allemagne les affres du nazisme hitlérien et le fascisme aveugle de ses alliés.

    Je vous remercie tous."


juin 44

  Photo du groupe de résistance des Eclaireurs de France à la permanence du Quai du Vieux Port

(actuel Cours Jean Ballard) à Marseille le 1er juin 1944. Jean-Martin FRANCESCHETTI est à l'extrême-gauche.


 

certificat résistance

  Après cette sobre et émouvante cérémonie, les habitants présents se réunirent autour du pot de l'amitié.

11 nov 2


(merci à Marie OTTAVY pour son reportage photo)

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 18:45

Communiqué du conseil paroissial de SOCCIA:

 

"Reprenant la tradition de Notre-Dame du Rosaire, le église Socciaconseil paroissial de SOCCIA invite les fidèles du village, de POGGIOLO et de toutes les paroisses des Deux-Sorru à participer à la messe prévue samedi 9 octobre à 16 heures église Sainte-Marie.

La célébration eucharistique sera suivie d'un moment de convivialité et de partage autour du verre de l'amitié."


P.S.:

La fête de Notre-Dame du Rosaire s’appelait d'abord Notre-Dame de la Victoire pour fêter la victoire de Lépante le 7 octobre 1571, bataille qui unit l’Espagne, la république de Venise et les États pontificaux contre l’envahisseur turc, victoire qui fut attribuée à la récitation du rosaire demandée alors par le pape saint Pie V. Son successeur Grégoire XIII changea en 1573 le nom de cette fête locale en fête du Saint-Rosaire, fixée le premier dimanche d’octobre. Elle a donc été instituée pour méditer les mystères mariaux et s’unir à la vie de la Vierge, ainsi que pour se souvenir secondairement de la libération de l’Occident devant la menace ottomane.
Clément XII étend la fête du Saint-Rosaire à l’ensemble de l’Église catholique de rite latin en 1716 et saint Pie X en fixe la fête le 7 octobre en 1913. Paul VI change une nouvelle fois son nom en Notre-Dame du Rosaire en 1969. (encyclopédie WIKIPEDIA)

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Le calendrier poggiolais

 

Lisez "INSEME" de mai en cliquant sur l'image:

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- dimanche 22 mai:

fête du Père ALBINI au couvent de Vico (messe à 10h 30 suivie d'un apéritif et d'une exposition).

- dimanche 26 juin:

trail A Viculese

- 8 juillet: 

Fin des classes

- dimanche 25  septembre:

u Mele in Festa à Murzo.

 

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La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

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