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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 17:40

La façade de l’établissement thermal de Guagno-les-Bains s’orne d’une inscription dont il a déjà été indiqué le caractère historiquement douteux. Au-dessous de la plaque, la décoration du mur est complétée par une jardinière couverte d'herbes folles.

Le récipient dans lequel la terre a été accumulée est en réalité une baignoire en marbre avec deux anneaux sculptés de chaque côté. L’idée de convertir un ustensile de bain pour faire pousser des plantes est excellente pour ce cadre.

La baignoire de l'impératrice

Cet objet est d’ailleurs mentionné dans plusieurs sites internet touristiques sous le nom de « la baignoire de l’impératrice », sous-entendant « l’impératrice Eugénie »,  épouse de Napoléon III. Mais il a déjà été démontré (dans l’article Napoléon Ier à Guagno-les-bains et pas Napoléon III (1/2)) que le couple impérial n’a jamais pu se rendre à Guagno-les-Bains.

D’autre part, il ne peut s’agir de LA baignoire de l’impératrice car il existe DES baignoires identiques.

PLUSIEURS  BAIGNOIRES

Sur un dépliant publié par la Préfecture de Corse-du-sud à l’occasion des Journées du Patrimoine d’il y a quelques années, on peut lire dans la partie consacrée aux jardins du Palais Lantivy:

« Les trois baignoires en marbre, 2ème moitié du XIXème siècle, proviennent de la station thermale de Guagno-les-Bains. »

La photo d’accompagnement ressemble beaucoup à ce qui est visible maintenant dans la cour de la station thermale.

La baignoire de l'impératrice

Nous en arrivons à quatre baignoires du même type. Mais on est loin du compte car les baignoires se trouvaient dans les 17 cabinets particuliers (dont 3 avaient des baignoires jumelles) installés dans les thermes lors de leur reconstruction de 1846-1855. Le total était donc de 20 baignoires.

Le devis du Conducteur des Ponts et Chaussées GIERYNSKI, daté du 13 novembre 1846 et cité par François VAN CAPPEL DE PREMONT, architecte du Patrimoine, dans son livre « Guagno-les-Bains à travers la petite histoire du thermalisme », nous apprend que ces baignoires étaient plaquées de marbre de Corte et coûtaient 84,84 francs l’unité.

 

SOUVENIR PERSONNEL

Les personnes qui ont plus de 60 ans maintenant se souviennent certainement s’être baignées dans ces baignoires, surtout avant 1968, quand l’eau courante n’avait encore été installée à Poggiolo.

Après un match de football ou après une simple promenade, si l’on n’allait pas se tremper dans la rivière, on se présentait à l’établissement thermal. Pour un prix modique, ou même gratuitement pour ceux qui résidaient toute l’année au vilage, on était introduit dans une petite pièce fermée par une porte en planches de châtaignier disjointes. La baignoire était placée contre un mur. Au-dessus d’elle, un robinet en cuivre doré permettait de faire couler une eau chaude à l’odeur de soufre très caractéristique que l’on gardait un bon moment. On était en forme pour gravir les trois kilomètres de montée jusqu'à Poggiolo.

 

DEUX MYSTÈRES ET UNE INJUSTICE

Ces baignoires ont certainement été enlevées lors des travaux qui permirent un redémarrage temporaire de la station. La date exacte serait à rechercher. Mais on se souvient que, pendant de  très longs mois, des baignoires étaient abandonnées le long des rues du village.

Les exemplaires qui se trouvent à la Préfecture d’Ajaccio seraient présentées dans le jardin depuis 1984, d’après la base de données Palissy des monuments historiques. En effet, elles ont été classées depuis le 2 mai 1984.

Mais il y a encore deux mystères :

- le dépliant des Journées du Patrimoine cite le chiffre de trois baignoires. Pourquoi la troisième n’est-elle pas dans cette liste ?

- la baignoire-jardinière de Guagno-les-Bains n’est pas mentionnée sur la liste des monuments historiques. Est-ce parce qu’elle est se trouve dans un petit village éloigné de la métropole ajaccienne ?

Même sans être LA baignoire de l’impératrice, il serait normal qu’elle soit classée.

EXIGEONS LA RECONNAISSANCE DU CARACTERE DE MONUMENT HISTORIQUE À LA BAIGNOIRE DE GUAGNO-LES-BAINS !

La baignoire de l'impératrice

En tout cas, monument historique ou non, l'exposition de cette baignoire et son placement sous la plaque "1808" sont les symptômes de la nostalgie que l'on ressent à Guagno-les-Bains et à Poggiolo, celle de "l'âge d'or de Guagno-les-Bains, quand des centaines de curistes se succédaient tout au long de l'été, faisant vivre le commerce local", comme le fait dire le romancier Didier DAENINCKX, dans son livre "Têtes de Maures", au conseiller général (voir l'article "Guagno-les-Bains, cadre de roman (1/3: des Archives à la fin de "l'âge d'or")").

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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 17:52

A l'occasion de ce 8 mai 2015 qui est le soixante-dixième anniversaire de la capitulation allemande, nous pouvons nous souvenir de Mimi CANALE, dont tous les amis de Poggiolo et de Guagno-les-Bains déplorent le décès le 28 octobre 2014, et qui fut un grand soldat de la seconde guerre mondiale. 

Ce blog a déjà publié un très attachant souvenir de sa guerre en Italie (voir La campagne d'ITALIE de Mimi CANALE).

Mimi avait donné un long entretien au bulletin "INSEME" d'avril 1998. Nous en extrayons les parties qui concernent d'autres moments de ses souvenirs de soldat.

La guerre de Mimi

La guerre est arrivée, qu'avez-vous fait ?

J'ai fait la guerre! comme engagé volontaire. En 1943, j'ai participé au débarquement en Corse avec les goumiers marocains. J'étais le premier soldat arrivé à Vico. Puis, ça a été Bastia comme "radio", Teghime, San Stefano, puis l'Italie avec le fameux Cassino, la Provence, l'Autriche et l'Allemagne.

 

Racontez-nous quelques anecdotes de la guerre.

Je vais vous en raconter trois:

 

- En Allemagne, je suis tombé malade et l'année française m'a laissé sur le chemin prés d'un village. J’ai été récupéré par trois femmes, des coiffeuses qui m'ont soigné si bien que, quand l'armée a pris le bourg, ils ont mis un signe sur leur maison pour qu'elles ne soient pas inquiétées.

 

- La deuxième, c'est les Vosges. Il faisait très froid, moins 42°, on faisait des trous dans la neige et on survivait avec du schnaps et de l'alcool solidifié qui arrivait dans de gros sacs de jute ; on en cassait des morceaux puis on les faisait fondre.

 

- La troisième, c'est quand nous étions installés à Lyon très confortablement. On nous a fait descendre à Marseille pour partir en permission. Là, les conditions d'hébergement étaient très difficiles et en plus il n'y avait pas de bateaux pour partir à Bastia ou Ajaccio, alors que quand il s'agissait de nous faire partir pour la guerre, là, il n'y avait pas de problèmes: ils en trouvaient! Donc, nous voilà partis à Marseille bien impatients! Un jour, bien que n'étant pas sur la liste des 20 désignés pour le départ, nous sommes descendus sur les quais et ceux qui s'occupaient de l'embarquement nous ont dit qu'il y avait de la place mais pas de quoi nous nourrir pendant la traversée. Cela nous était égal; alors nous voilà partis !

 

A la libération, il fallait travaiIler. Je n'avais pas envie de rester dans l'armée; mon régiment partait pour Madagascar.

J'ai hésité entre la police et la poste, puis j'ai fait l’école de croupier, nous étions mieux rémunérés et pendant quelques années j'ai exercé ce métier. L'hiver par exemple, j'étais au casino de l'Eldorado à Nice, et c'est là que j'ai retrouvé celle qui allait devenir ma femme et dont j'avais fait la connaissance à Lyon où elle était la marraine de notre régiment.

 

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 17:55

Depuis quarante ans, le canton des Deux Sorro rassemble les cantons de Soccia et de Vico. L'histoire du premier a été présentée dans l'article "La liste des conseillers généraux de Sorru in sù".

Voyons ce qu'il en fut de l’ancienne pieve de Sorro in giù, devenue canton de Vico. Ce territoire était composé des communes de Vico, Murzo, Letia, Arbori, Balogna, Cargese, Coggia et Renno.

Quels en furent les représentants au conseil général de la Corse ?

Il est à remarquer que beaucoup furent maires de Vico et plusieurs députés ou sénateurs.

 

Pendant pratiquement tout le Second Empire, le conseiller général du canton de Vico fut Jean-Jourdain CASANELLI d'ISTRIA, président du tribunal civil de Sartene,            

A partir de 1871, le siège fut détenu par le comte Alfred MULTEDO (1846-1908), personnage important du parti bonapartiste auquel il resta attaché toute sa vie. Membre d'une grande famille de propriétaires de Vico (et, par exemple, de l'hôpital militaire de Guagno-les-Bains), il fonda le 1er Octobre 1892 le Comité Napoléonien, ancêtre du CCB (comité central bonapartiste) qui donna plusieurs maires à Ajaccio jusqu’en 2001. Il fut deux fois élu et invalidé à l’Assemblée nationale en 1885 et 1889, pour avoir bénéficié de "pressions cléricales".

Sa biographie complète se trouve en suivant le lien :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65623170/f15.image.r=

Ayant abandonné la politique en 1894, il fut alors remplacé au conseil général par un républicain : Dominique CRISTINACCE, maire de Vico de 1888 à 1896 et de 1908 à 1910.

En 1901, le canton tomba entre les mains d’Ange MURACCIOLE qui avait été sénateur de 1892 à 1894 et le redevint en 1903. Petite particularité: ce natif du village de Muracciole avait été longtemps maire de Belgodere et conseiller général de Vezzani avant de se présenter à Vico. Il mourut le 2 juillet 1904.

Ange MURACCIOLE

Ange MURACCIOLE

De 1904 à 1907, le poste fut occupé par M. COLONNA, maire de Vico.

Pendant quelques mois, il revint à Raphaël CASANELLI d'ISTRIA, ancien secrétaire général à Ajaccio.

Puis, en 1908, Jean-François GALLINI, avocat-défenseur à Sousse, devint conseiller général. Il fut sénateur de 1920 à son décès, en 1923

Sa biographie a été publiée sur le blog des Poggiolais :

Les Poggiolais ont de l'initiative (n°3: l'empire sahélien des Sorrinesi)

 

Jean-François GALLINI

Jean-François GALLINI

Mais, en 1921, sa réélection ayant été invalidée, «l’empereur du Sahel» se heurta à l’ambition de François COTY, ce qui aboutit à l’élection de COTY à Soccia et, dans le canton de Vico, du docteur Philippe CHIAPPINI qui resta en place jusqu’à la guerre.

Voir les deux articles :

En 1921, le canton était au parfum (début)

En 1921, le canton était au parfum (fin)

En 1951, Pascal ARRIGHI fut élu conseiller général avec l'étiquette radicale. Il siégea à l'Assemblée Nationale de 1956 à 1962 (comme radical puis comme gaulliste de UNR) et de 1986 à 1988 (comme Front National). Sa biographie se trouve à la fin de l'article: Arrighi avant Mamberti

Pascal ARRIGHI

Pascal ARRIGHI

Il fut maire de Vico de 1959 à 1983 mais céda le canton dès 1958 au radical de gauche Dominique COLONNA.

En 1973, la réforme cantonale ayant regroupé les cantons de Soccia et de Vico dans le canton des Deux Sorru, le nouveau siège revint à Dominique COLONNA, maire de Vico en 1983, puis, en 2008, au candidat de droite François COLONNA, également devenu maire de la commune en 2001.

François COLONNA

François COLONNA

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La documentation utilisée étant très parcellaire, il est possible que des erreurs ou des oublis apparaissent dans les lignes ci-dessus. Nous serions heureux de recevoir toute information permettant d'améliorer cet article.

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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 17:41

Poggiolo faisait partie du canton de Soccia qui correspondait à la pieve de Sorru in sù instituée à l'époque génoise et continuée par la monarchie française. Ce canton réunissait les communes de Poggiolo, Orto, Guagno et Soccia. Il comprenait donc tout le territoire commençant au pont de Rioseccu, à mi-chemin de Sorru et de Guagno-les-Bains, et allant jusqu'aux sommets des montagnes environnantes. Malgré une légende tenace, venant du nom utilisé, la limite administrative de ce canton n'englobait pas le col, qui est dans la commune de Murzo.

Le canton, nommé canton de Soccia, était représenté par un conseiller général qui siégeait avec l'ensemble du conseil général de la Corse au Palais Lantivy, siège de la Préfecture à Ajaccio. 

Les prochaines élections, dites départementales, vont bouleverser le fonctionnement des départements. Il est donc intéressant de savoir qui parlait au nom de Sorru in sù dans le passé. Il est vrai que certains de ces notables étaient des personnalités assez curieuses, dont certaines ont déjà été évoquées sur ce blog.

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Le conseil général du département est une institution créée sous le Consulat le 17 février 1800. Sous Napoléon et à la Restauration, les membres en étaient nommés par le gouvernement. Ce fut le cas pour l’abbé Jean-Antoine PINELLI, nommé en 1818 par Louis XVIII (voir l'article "L'homme le plus cultivé de Corse (3/3)").

L’élection se fit au suffrage universel à partir du 3 juillet 1848.

Sous le Second Empire, le canton vota très fidèlement pour les bonapartistes, représentés par Etienne LECA, géomètre en chef à Ajaccio, élu en 1858 contre l’avocat CASANELLI, neveu de l’évêque d’Ajaccio qui mobilisa les prêtres du canton et du séminaire pour la campagne électorale (voir l'article ""Battue de prêtres" dans le canton de Soccia").

En 1867, le prince Napoléon-Charles BONAPARTE (1839-1899), petit-fils à la fois de Lucien et de Joseph Bonaparte, remporta le scrutin haut la main mais, élu également à Ajaccio, préféra opter pour la ville-préfecture. Etienne LECA retrouva son siège.

prince Napoléon-Charles BONAPARTE

prince Napoléon-Charles BONAPARTE

En 1872, le comte François POZZO-DI-BORGO (né en 1837, décédé en 1907) garda le canton au camp bonapartiste bien que Poggiolo eut été l’une des premières communes corses à se rallier au nouveau régime. Il devint ensuite républicain modéré.

Il fut battu fin 1877 par l’avocat républicain Simon UCCIANI (né en 1838) qui fit un grand travail de «républicanisation» du canton (voir l'article "Péripéties municipales: on ne peut pas se fier au petit personnel (2/2)").

Simon UCCIANI

Simon UCCIANI

Le poste de conseiller général passa en 1883 au républicain radical Etienne LECA, géomètre en chef du cadastre à Constantine, qui fut aussi candidat malheureux de la gauche aux élections législatives de 1885.

En 1890, Philippe LECA fut élu. Il était avocat à Ajaccio et devint ensuite juge à Embrun.

Après un bref intermède PINELLI en 1895, le siège de Soccia revint en 1896 à Antoine LECA, chancelier du consulat de France à La Canée en Crète.

En 1901, l’abbé Antoine-Louis OTTAVI, professeur au petit séminaire d’Ajaccio, remporta les élections. Bien que prêtre, il ne s’opposa pas beaucoup à la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, au contraire des paroissiens de Soccia qui se rassemblèrent avec leurs armes et leurs outils devant leur église pour empêcher l'inventaire des objets du culte. L'abbé soutint ensuite le candidat républicain aux élections législatives de 1906.

réunion de fidèles opposés aux inventaires devant l'église de Soccia (photo extraite de "Histoire d'un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud", écrite par Jean-Baptiste PAOLI)

réunion de fidèles opposés aux inventaires devant l'église de Soccia (photo extraite de "Histoire d'un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud", écrite par Jean-Baptiste PAOLI)

Ces positions expliquent qu’il fut battu en 1907 par Antoine LECA qui revint dans le canton avec, cette fois, le titre de vice-consul de France à Palerme. L’année suivante, il était vice-consul de France à Naples. En 1910, il avait la fonction de consul de France à Cagliari, en Sardaigne. Ces affectations différentes ne l’empêchaient pas d'être membre du conseil général de Corse.

En 1913, ce fut à l’avocat parisien Antoine-François CECCALDI de siéger au Palais Lantivy.

En 1921, le richissime parfumeur François COTY (1887-1934) battit le maire de Poggiolo Jean-François CECCALDI, qui représentait la gauche. Cette élection fut suivie par toute la Corse et même sur le continent, ainsi que le montrent les articles "En 1921, le canton était au parfum (début)" et "En 1921, le canton était au parfum (fin)".

François COTY

François COTY

Jean-François CECCALDI prit sa revanche en 1925.

En 1933, élection de François OTTAVI, républicain radical soutenu par le parti d’Adolphe LANDRY qui représentait la gauche en Corse.

Mais, le scrutin étant invalidé, le Docteur ANTONINI fut élu. Il était républicain de gauche (du parti de François PIETRI), c’est-à-dire de centre-droit!!!

Après une nouvelle invalidation, le Docteur ANTONINI fut réélu, le 16 août, contre Noël PINELLI, socialiste SFIO (parti Landry).

A la Libération, le 23 septembre 1945, Martin PAOLI fut élu sous l’étiquette SFIO. Il devint vice-président du conseil général, puis maire de Poggiolo à partir de 1959.

La liste des conseillers généraux de Sorru in sù

Après le décès de Martin PAOLI en mai 1968, le maire de Guagno Jean-Antoine GAFFORY gagna l'élection. Voir l'article "1968: le canton passe à Guagno".

En 1973, la réforme cantonale ayant regroupé les cantons de Soccia et de Vico dans le canton des Deux Sorru, le nouveau siège revint au maire de Vico Dominique COLONNA (divers gauche), puis, en 2008, au divers droite François COLONNA.

 

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La documentation utilisée étant très parcellaire, il est possible que des erreurs ou des oublis apparaissent dans les lignes ci-dessus. Nous serions heureux de recevoir toute information permettant d'améliorer cet article.

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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 22:29

Si Poggiolo n'a pas vraiment eu à souffrir de la tempête de vent, les dégâts ont été réels à Guagno. La forêt a été touchée par une mini-tornade qui a dévasté près de 50 hectares.

L'article de France 3 Corse Via Stella donné en lien ci-dessous donne plus de renseignements.

Il est curieux de se rendre compte que cette catastrophe a eu lieu, à quelques semaines près, exactement 110 ans après un autre phénomène climatique qui détruisit également de nombreux arbres. Nous donnons aussi le lien sur l'article du blog de Poggiolo qui avait rendu compte du cyclone de 1905.

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 17:56

La demande de photo publiée dans l'article précédent (A la recherche du violoneux) a pu intriguer certains qui n'avaient jamais entendu parler de Martitinu. Toutes les générations ont eu, malgré la dureté du travail, le besoin de s'amuser. Au XIXème et au début du XXème siècle, le violon était l'instrument par excellence de toutes les fêtes.

Dans les villages de Sorru in Sù, Martitinu (qui s'écrit aussi Martinchjinu) eut une grande célébrité ainsi que, avant lui, Cumandante. Ces deux représentants de la culture populaire ont été évoqués dans un article ( de Xavier Paoli?) paru dans "L'info U Pighjolu" de juillet 2007. 

"Evoquons, pour leur rendre hommage, deux de ces modestes artistes qui faisaient danser nos arrière-grands-parents.

Tout d'abord, chronologiquement, Ghjuvan Battistu BATTESTI, natif d'Ortu mais ayant fait souche à U Pighjolu par le mariage. Grand escogriffe, doté de plusieurs surnoms dont un lui allait comme un gant ("Cicala") et un autre ("Cumandante") dont on pouvait se demander où il en avait gagné les galons, lui qui n'avait jamais pratiquement quitté son île. Il était en réalité maçon et sonneur de cloches (aux appointements de 50 francs par an en 1881). Mais il ajoutait à ces multiples et variées occupations un vrai talent de musicien, apprécié dans tout le canton et même au-delà.

Versificateur hors pair, il était très sollicité dans toute la région pour les festivités du carnaval. Mêlant musique et couplets entraînants, l'archet frénétique, le quatrain moqueur à la bouche, il menait la sarabande carnavalesque avec un entrain jamais démenti. Peut-être là est l'origine de son surnom de «Cumandante» (… di Carnavà, disaient les mauvaises langues).

C'est probablement à son école que Ghjuvan Martinu PINELLI (Martinchjinu), né en 1878 à U Pighjolu, semble avoir fait son apprentissage de violoneux. Vigneron, cordonnier, il tenait aussi le Café du village où il vendait le vin et l'eau-de-vie de sa production.

"Cumandante" se faisant vieux, il avait succédé à celui-ci dans le rôle d'animateur de festivités. Alors qu'il ne jouait plus depuis longtemps, les plus âgés d'entre nous ont pu l'entendre peu de temps avant sa mort en 1950, animer une soirée impromptue où plusieurs couples retrouvant leurs jambes de vingt ans, nous offrirent le témoignage d'une civilisation à jamais disparue." 

Violons, guitares et chants à U Pighjolu (16 août 1997)

Violons, guitares et chants à U Pighjolu (16 août 1997)

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 06:50
Jean GAFFORY, une grande figure qui manquera

Toutes nos condoléances à l'épouse, aux enfants et à toute la famille de Jean GAFFORY.

Jean GAFFORY, une grande figure qui manquera

Jean GAFFORY, né en 1925, était une personnalité très connue dans nos villages, d'abord en tant que directeur de la Caisse d'assurance-maladie, puis par ses mandats électifs.

Il fut maire de Guagno pendant 43 ans, de 1965 à 2008. Il devint conseiller général du canton de Soccia en 1968, à la mort du maire de Poggiolo Martin PAOLI. Il garda cette fonction jusqu'en 1973, quand la réforme cantonale fit fusionner ce canton avec celui de Vico pour créer les Deux-Sorru.

Homme de conviction (il fut radical de gauche et il parraina la candidature de Jean-Pierre Chevènement à l'élection présidentielle de 2002), il était toujours proche des gens et prêt à aider chacun. En 2008, le conseil municipal de Guagno lui avait attribué le titre de maire honoraire. 

Nous vous proposons deux vidéos qui évoquent les deux grands moments de sa carrière:

- l'élection à la mairie de Guagno en 1965 (montage de Marthe POLI)

- l'élection cantonale de 1968 (film de Michel FRANCESCHETTI)

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 18:00

Les électeurs ajacciens doivent retourner aux urnes le 25 janvier à la suite de l'annulation des élections municipales pour manœuvres frauduleuses. Le tribunal administratif s'est basé sur le grand nombre de procurations délivrées, surtout entre les deux tours, et dont beaucoup comportaient des erreurs troublantes.

 

Dans tout système électoral, les fraudes ont toujours existé  et la Corse a souvent été moquée pour en avoir connu de toutes les sortes.

Autrefois, les tentatives de manipulation étaient peut-être plus grossières. Ainsi, voici un siècle, Vico a connu un cas particulier: le sabotage à l'huile.

L'affaire est racontée dans le quotidien "La Croix" du 5 mai 1914. 

Sabotage à Vico

Il s'agissait, dans le cadre des élections législatives qui se déroulèrent dans toute la France le 26 avril 1914, de désigner le député d'Ajaccio.

Le complot échoua puisque la commission de recensement des votes accepta les "plus de 150 bulletins" tachés. De toute façon, s'ils n'avaient pas été pris en compte, le résultat final aurait été le même: le député sortant Dominique PUGLIESI-CONTI fut réélu dès le premier tour avec 79% des voix de la circonscription.

La carrière de ce député-maire d'Ajaccio et son combat électoral de 1914 ont été racontés dans l'article "Il y a cent ans: l'originalité poggiolaise", publié le 22 mai 2014.

"L'originalité" de Poggiolo résidait qu'il fut le seul village des Deux Sorru à avoir donné son meilleur score au candidat socialiste et non pas à PUGLIESI-CONTI. Si nos lecteurs s'en souviennent, un chiffre pouvait intriguer dans le tableau de chiffres alors publié.

Sabotage à Vico

Il est noté que 172 bulletins avaient été déclarés nuls à Vico. Ce sont bien les "plus de 150 bulletins" tachés. Mais ce tableau est paru dans le journal "Avanti" du 2 mai 1914. La commission n'avait pas encore pris la décision de compter ces enveloppes, décision qui est rapportée par "La Croix" du 5 mai.

Le désir de frauder pousse à faire preuve d'une forte ingéniosité. Mais, dans le cas de Vico en 1914, ce fut un coup pour rien.

Nous souhaitons aux électeurs d'Ajaccio un scrutin limpide et sans huile.

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 18:09

Le centenaire du début de la première guerre mondiale a permis aux médias de s'étaler largement sur le grand nombre de morts, sur l'énergie des soldats, sur les combats sanglants, etc., etc..

Mais, si de nombreux villages perdirent alors leurs jeunes, ce ne fut pas seulement parce qu'ils périrent sous l'uniforme. 

 

UN CANTON PARTICULIÈREMENT SAIGNÉ

De nombreuses publications ont montré l'importance de "l'impôt du sang" versé par la Corse pendant la Grande Guerre.

Si l'on compte que, sur 40.000 mobilisés et 2.500 engagés volontaires, il y eut près de 11.000 morts, la proportion par rapport aux mobilisés atteint près d'un quart, contre 16,5% pour l'ensemble du pays.

On peut aussi rapporter le nombre de tués à la population totale. Le pourcentage est de 3,5% pour l'ensemble de la France. La Corse, quant à elle, déplora la disparition de 3,9% de ses habitants.

Sur la carte suivante, extraite de de "50 DOCUMENTS POUR UNE HISTOIRE DE LA CORSE", publication du CRDP de Corse, 50 cantons ont une moyenne de disparus supérieure à 3%. Mais les deux taches rouges correspondent aux cantons de SOCCIA et de Vezzano qui furent les seuls à dépasser les 6% de morts par rapport à la population totale.

 

Pourquoi les soldats ne sont-ils pas revenus?

Pourquoi ce triste record? Ce serait à étudier attentivement. Il est certain que, ainsi saignées, les communes de Sorru in Sù pouvaient difficilement se relever.

Mais ce ne fut pas tout.

LE NON-RETOUR DES SURVIVANTS

lDes lecteurs ont pu être surpris, en lisant l'article "Ceux qui en sont revenus", d'apprendre que Jean-Antoine FRANCESCHETTI, après sa démobilisation et son mariage, au lieu de s'installer à Poggiolo, alla travailler à Marseille pendant plus d'un tiers de siècle. Grâce à son grand-oncle, le curé Philippe Antoine FRANCESCHETTI (1840-1924), il avait pu suivre à Ajaccio des études un peu plus approfondies que les jeunes du village. Il pu ainsi avoir plus facilement un emploi dans l'administration municipale marseillaise. Dès juillet 1921, Jean-Antoine habita au 7 rue Méolan, près de la Canebière, puis, à partir de 1935, au 25 rue docteur Jean Sicard (actuelle rue Marx Dormoy). Il ne revint s'installer à Poggiolo qu'à sa retraite.

Son cas ne fut pas isolé. Quel que fut leur niveau d'instruction, de nombreux jeunes Corses, après avoir quitté l'uniforme, ne revinrent pas au pays.

Paul SILVANI avait décrit ce phénomène dans le quotidien "Le Monde" du 7 novembre 1998:

"Une grande partie des survivants ne regagneront pas leur ville ou leur village: ils ont pour la plupart gagné des galons et préféré rester dans l'armée ou entrer dans la gendarmerie, les douanes, la police, l'administration coloniale ou pénitentiaire.(...)

Ainsi tous ces Corses tournent-ils le dos à l'économie agro-pastorale de subsistance de l'avant-guerre, c'est-à-dire une vie rude, difficile et sans avenir. La découverte d'un monde nouveau et des perspectives qu'il ouvre à tous ces jeunes gens qui, sans la guerre, n'auraient probablement jamais franchi la mer en masse (...) augure à la fois de carrières prometteuses et du déclin de l'économie des vallées de l'intérieur. (...)

Les conscrits sont très nombreux à ne pas regagner leur île, où il n'y a pas de travail, à la fin de leur temps: 100% EN 1921 POUR LE CANTON DE SOCCIA, 50% dans ceux de Lama et Castifao. (...)

 La guerre de 14-18 constitue ainsi une étape décisive dans le processus de désertification rurale."

 

Notre concitoyen Xavier PAOLI l'a écrit pour Poggiolo dans son "Histoire abrégée du village avant 1914" que l'on peut consulter dans la rubrique "Pour nous connaître" de ce blog: 

"cet harmonieux équilibre entre la nature et l'homme, lentement et patiemment élaboré au cours des siècles, sera brutalement détruit en 1914.
Plus rien n'arrêtera alors la chute inexorable vers ce que nous connaissons actuellement."

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 18:04

Les héros de la Première Guerre Mondiale ne sont pas seulement les soldats qui sont morts entre 1914 et 1918 comme ceux qui ont été présentés dans des articles précédents.

Ceux qui sont revenus vivants de cette grande boucherie ont été marqués toute leur vie par des blessures physiques et psychologiques.

A eux peut s'appliquer cet extrait de la chanson de Jean Ferrat "Nuit et brouillard" qui concernait les déportés de la seconde guerre mondiale:

Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux
Ils essaient d'oublier, étonnés qu'à leur âge
Les veines de leurs bras soient devenues si bleues

 

Voici trois exemples poggiolais.

 

Certains ont pu être profondément marqués dans leur chair comme Joseph DESANTI, né le 1er février 1889 à Poggiolo. Mobilisé au 173e  Régiment d’Infanterie (le régiment des Corses), il fut blessé à la tête et au bras droit par un éclat d’obus à Douaumont. Il en fut profondément défiguré. Bien longtemps après, ses souffrances lui valurent la Légion d’Honneur par décret du 31 août 1960, mais à titre posthume… car il était mort le 16 juin 1959.

 

Autre Poggiolais chevalier de la Légion d’Honneur mais décoré de son vivant, lui aussi en 1960: le greffier Antoine François Léonard PINELLI (1893-1964) qui eut sa main gauche paralysée par une balle en 1917.

 

Jean-Antoine FRANCESCHETTI fut également un grand blessé, avec des blessures moins visibles bien que très réelles.

Né le 24 septembre 1897 à Poggiolo, il fut incorporé en 1917 au 29e Bataillon de Chasseurs à Pied dans lequel il fut un bon soldat comme le prouve le certificat de bonne conduite donné lors de son retour à la vie civile.

Ceux qui en sont revenus

L’illustration de ce document est un tableau de Louis-Théodore Devilly qui montre le dernier jour de la bataille de Sidi-Brahim devenue le symbole des chasseurs, le 26 septembre 1845, au moment où les rescapés du 8e bataillon de chasseurs à pied vont succomber devant les troupes de l’émir Abd El-Kader. 

Ceux qui en sont revenus

Jean-Antoine fut blessé le 19 avril 1917 à Corbeny, dans l’Aisne. Un éclat d’obus lui infligea une grande plaie à l’avant-bras gauche et à la hanche. Soigné, il repartit au front et fut intoxiqué par une attaque aux gaz le 6 août 1918.

Les conséquences furent graves. Sa cicatrice de la crête iliaque gauche était grosse et douloureuse. Ses poumons et son cœur fonctionnaient souvent difficilement.

Mais il passa outre pour avoir une vie normale. Jean-Antoine FRANCESCHETTI épousa en 1922 Rose DESANTI, nièce de Philippe CERATI dont la biographie a été publiée dans l'article "La réponse à la devinette guagnaise".

Il eut deux fils, Jean-Martin et Philippe, et mena une carrière de fonctionnaire à Marseille. Après son retour à Poggiolo en 1958, il s’acharna à soigner ses arbres, à prendre soin de ses chèvres, cochons et ânes, et à cultiver quotidiennement son jardin jusqu’à quelques jours avant son décès le 27 août 1987, après une vie de labeur incessant. S’il ne parlait pas beaucoup de la guerre, celle-ci le fit souffrir chaque jour. Il en fut de même de beaucoup d’autres.

Jean-Antoine FRANCESCHETTI (à gauche) et son frère Philippe pendant son service militaire (photo de 1921 ou 1922)

Jean-Antoine FRANCESCHETTI (à gauche) et son frère Philippe pendant son service militaire (photo de 1921 ou 1922)

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