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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 17:55

Ouvert depuis plusieurs mois, le magasin Super U de Sagone a été inauguré officiellement le 9 octobre. Pour l’occasion, Serge PAPIN, PDG de Système U, avait fait le déplacement.

Même si ce supermarché est conçu comme un élément de la lutte actuelle entre U et Auchan contre Leclerc, ainsi que le montre l’interview de M. PAPIN dans «Corse-Matin», ce magasin facilite la vie quotidienne des estivants et des résidents permanents des Deux Sorru.

 

On est loin des commerçants ambulants qui, avec leur camionnette aménagée, allaient de village en village proposer leurs produits à une population plus nombreuse et qui avait peu de voitures. On a pu compter que, voici cinquante ans, en 1965, le parc automobile poggiolais ne dépassait pas douze voitures l’été, vacanciers compris.

Il fallait se mettre en embuscade près de la route et tendre l’oreille pour écouter les coups de klaxon qui annonçaient l’arrivée proche du marchand. Comme les heures de passage n’étaient jamais tout à fait les mêmes, on s’inquiétait d’avoir râté l’un ou l’autre. On pouvait ainsi entendre des questions comme : «As-tu entendu si Jules-Antoine est passé?».

Il faut connaître ce contexte pour comprendre l’intérêt d’un document qui a été retrouvé par Rose-Marie CHABROLLE.

Sur une feuille de papier préparée par son père, le docteur BARTOLI, les jours de passage des commerçants sont marqués avec leurs noms (Mimi CANALE, CASALTA, JULES-ANTOINE, qui étaient les principaux épiciers de l’époque) ou leurs spécialités (pain, légumes, viande). Cet aide-mémoire date du début des années 70, certainement entre 1972 et 1975. Il a été complété en 1990 par d’autres membres de la famille (encre plus fine).

Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

Mimi, Jules-Antoine, Casalta. Un document inédit sur les commerçants disparus.

Il n’existait pas seulement le commerce alimentaire. Ce document ne mentionne pas GRIFFONI. Chaque mardi après-midi, ce Vicolais venait proposer du prêt-à-porter, des vêtements de travail, des maillots de bain, des chaussures…

Sa boutique était située à l’entrée de Vico, en face de la pharmacie, remplacée maintenant par l’étude notariale Alexandre. Maintenant fermée, elle devait voir s’implanter le nouveau bureau de Poste mais le projet semble avoir été abandonné (voir article du 27 novembre 2012 : http://poggiolo.over-blog.fr/article-la-poste-fait-peau-neuve-112436267.html).

Mimi, Jules-Antoine, Casalta. Un document inédit sur les commerçants disparus.

Déjà, après 1970, la voiture particulière s’était largement développée et une part grandissante des courses se prenait directement dans les magasins. Le mouvement n’a fait que s’amplifier et il est devenu normal de parcourir plusieurs kilomètres pour n’importe quel achat.

Mais bien des services sont rendus par le Proxi de Jean-Marc à Guagno-les-Bains et par les passages de Pierrette et de Marie-Jo.

Il faut les remercier, les commerçants d'aujourd'hui comme ceux d'hier.

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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 18:02

La procession de Soccia d’octobre 1923 (voir les articles précédents) a tourné au pugilat entre PALELLU et MATTONE qui en a perdu son pantalon. L’homme déculotté va se plaindre auprès des gendarmes.

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : la maréchaussée intervient (3/3)

La gendarmerie de Soccia se trouvait à l’entrée du village. Son emplacement exact est marqué par une croix entourée d'un cercle vert sur cette carte postale envoyée avant la première guerre mondiale par un gendarme alors affecté dans ce chef-lieu de canton. Les cartes postales étant rares, il n’avait trouvé que ce moyen pour montrer à sa famille le lieu où il travaillait.

 

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : la maréchaussée intervient (3/3)

Cette brigade avait été durement éprouvée en 1892 par la mort de deux de ses membres (voir l’article : http://poggiolo.over-blog.fr/article-les-mexicains-arrivent-48859828.html).

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : la maréchaussée intervient (3/3)
Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : la maréchaussée intervient (3/3)

Le brigadier enregistre la plainte de MATTONE qui, comme beaucoup de villageois de l’époque, a du mal à s’exprimer en français.

L’affaire est jugée suffisamment importante pour que les représentants de la loi emportent leurs armes. Ils s’assurent que la procession puisse aller jusqu’au bout de l’itinéraire prévu. Mais leur venue a fait fuir PALELLU qui s'imagine déjà contraint à devenir un bandit. En 1923, les Deux Sorru étaient le terrain d’élection de nombreux malfaiteurs. Voir les séries d’articles parus sous les titres « Mauvaise pub pour Guagno-les-Bains » et notamment

http://poggiolo.over-blog.fr/article-mauvaise-pub-pour-guagno-les-bains-n-2-l-82765801.html

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : la maréchaussée intervient (3/3)

 

La plainte n’est pas enterrée et un procès a lieu. Le nom du tribunal et son emplacement ne sont pas désignés dans le poème mais, comme il y a un procureur et un président, la scène doit s’être déroulée à Ajaccio. Soccia avait alors un juge de paix mais, visiblement, il n’était pas compétent pour cette si grosse affaire.

MATTONE est condamné à une amende.

 

Dans le récit du procès, trois strophes avant la fin, un vers peut étonner :

« Benchi Soccia un sia Palneca » (Bien que Soccia ne soit pas Palneca).

Quel rapport avec ce village du Taravo, bien loin de Sorru ? D’après Sixte UGOLINI, dans « Macàgna e detti di i paesi corsi » (Ed. Piazzola, 2008), il avait autrefois une très mauvaise réputation dont témoignaient plusieurs proverbes comme celui-ci :

« In Palleca, un ci vive mancu una serpa »

(A Palneca, même un serpent n’y vivrait pas)

Effectivement, il en est un qui s’applique à l’attitude de PALELLU pendant son procès :

« Palleca, Palleca,

a chi fura e a chi nega ! »

(Palneca, Palneca,

les uns volent et les autres nient !).

 

Les deux vers de conclusion expriment la honte de PALELLU d’avoir été condamné :

« Cusi vide in prucissione

A san Roccu in lu stagnone »

(Ainsi je vis en procession

Saint Roch dans le bidon).

Jean-Baptiste PAOLI ajoute un point d’interrogation et des points de suspension car la traduction de cette expression lui a donné du fil à retordre. Normalement, les lecteurs habituels du blog doivent la connaître, s'ils se souviennent des renseignements qui avaient été donnés dans l’article paru le 15 août 2014 et intitulé « Saint Roch peut vous « en faire baver » ».

http://poggiolo.over-blog.fr/2014/08/saint-roch-peut-vous-en-faire-baver.html​

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : la maréchaussée intervient (3/3)

Ce récit est une mise en garde : les processions ne sont pas toujours un long fleuve tranquille.

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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 18:03

Comme indiqué dans l’article précédent, la procession du 4 octobre 1923 en l’honneur de saint François avait été minutieusement préparée.

Elle pouvait ressembler, les torches mises à part, à cette procession qui se déroula à Poggiolo vers 1960.

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : la pantalonnade (2/3)

Mais le désordre arrive avec l’attitude de MATTONE. L’auteur, MAISTRALE, décrit l’incident avec force détails.

Cliquer sur les documents pour les agrandir.

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : la pantalonnade (2/3)

MATTONE est jaloux de PALELLU qui a la meilleure place. Il va déstabiliser la belle organisation car il veut être vu et, surtout, car il ne veut pas être mis une nouvelle fois à l’amende par le prieur. Il exige de porter la statue à la place de PALELLU.

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : la pantalonnade (2/3)

Le ton monte vite. Avec le refus de PALELLU, les insultes et les menaces ont commencé.

Des échanges de gentillesses, on peut retenir une expression peu connue mais qui, après tout, pourrait toujours servir de nos jours :

« Vai a vede versu Vicu

Si tu troviu me billicu. »

(Vas voir du côté de Vico

Si tu y trouves mon nombril)

MATTONE est le premier à en venir aux mains, de façon ridicule : en pinçant son adversaire.

Un autre exemple de procession perturbée. Dessin de Nicolas CARLOTTI extrait de « Grosso Minuto » (La Marge, 1996)

Un autre exemple de procession perturbée. Dessin de Nicolas CARLOTTI extrait de « Grosso Minuto » (La Marge, 1996)

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : la pantalonnade (2/3)
Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : la pantalonnade (2/3)

Les coups pleuvent et les cris des deux hommes s’entendent jusqu’à l’Umbriccia, quartier de Soccia éloigné de l’église.

La bagarre tourne à la farce : MATTONE perd son pantalon, ce qui fait s’évanouir une femme.

 

La bagarre va-t-elle dégénérer ? Le sang va-t-il couler ? La procession ira-t-elle jusqu’à son terme ? Les réponses seront données dans le troisième article de cette série.

A suivre

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 19:35

Les cérémonies officielles ne se déroulent pas toujours comme prévu. Même les processions religieuses de village peuvent finir dans le plus grand désordre. Il en fut ainsi à Soccia dans une occasion décrite avec ironie par le poète MAISTRALE.

MAISTRALE (Dumenicu Antone VERSINI), surnommé le barde de la Corse, est né en 1872 à Marignana et est mort en 1950 à Ajaccio. Un article lui sera ultérieurement consacré sur ce blog car il avait des liens avec Poggiolo.

Il publia en 1924, imprimé par «A Muvra», ce texte intitulé «Una prucissione in Soccia».

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : une belle organisation (1/3)

Ce poème de 37 strophes de 6 vers évoque un incident qui n’a pas dû être inventé par le poète. Les précisions de date et de personnages sont  suffisamment grandes pour le supposer.

Ce texte va être présenté en plusieurs parties afin de mieux le comprendre.

L’œuvre était écrite en corse. La traduction française a été assurée par Jean-Baptiste PAOLI, l’historien de Soccia, qui en avait réalisé une petite brochure vendue au profit de l’église voici quelques années. Les renseignements historiques cités ici viennent en grande partie de son opuscule « Soccia : Santa Maria delle Grazie, a nostra ghjesgia », publié à l’aide d’A Mimoria.

 

Cliquer sur le texte pour l'agrandir.

 

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : une belle organisation (1/3)

La première ligne indique que les faits se sont produits le « quatre octobre dernier » qui était le jour de la « fête de saint François » d’Assise. La revue datant de 1924, la fameuse procession doit avoir eu lieu le jeudi 4 octobre 1923.

Les premières strophes nous apprennent qu’il existait à Soccia une confrérie bien organisée qui possédait un prieur, un registre d’appel des membres et des amendes.

Cette confrérie était celle du Saint Rosaire qui, depuis 1919, avait comme prieur un autre Jean-Baptiste PAOLI et pour sous-prieur Antoine Dominique PIETRI, comme le montre le procès-verbal ci-dessous, extrait de la brochure mentionnée plus haut.

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : une belle organisation (1/3)

Associations de laïcs à vocation pieuse, les confréries sont apparues en Corse sont avec celles de la Sainte-Croix à la fin du XIVe siècle. Les confréries du Rosaire et du Saint-Sacrement sont, elles, fondées aux XVe et XVIe siècles. Après des périodes d’essor et de déclin, elles connaissent de nos jours un renouveau notable. Au-delà de l’engagement spirituel et religieux toujours présent, elles constituent un espace de sociabilité essentiellement masculin et un lieu de transmission des chants religieux traditionnels. (texte extrait du site : www.musee-corse.com)

D’après les notes du Père Louis DOAZAN sur les visites épiscopales, il existait en 1728, lors de la visite de l’évêque de Sagone Pier Maria GIUSTINIANI, une confrérie du Saint Rosaire mais elle était féminine.

Son nom n’apparaît pas dans les listes de confréries dressées pour 1789 et 1810 par François CASTA dans son article « Paroisses, confréries et dévotions de Corse à l’épreuve de la Révolution Française » (Revue « Provence historique », 1989).

Celle qui existait au XXème siècle était entièrement masculinisée.

La ferveur à Notre-Dame du Rosaire était importante dans ce village.

L’origine de cette dévotion à Soccia a été expliquée dans l’article paru dans ce blog:

http://poggiolo.over-blog.fr/la-fête-d-octobre-à-soccia 

 L’actuelle église Sainte Marie avait été même inaugurée le 1er octobre 1843 par la messe du Rosaire. Jusqu’à voici quelques années, une procession avait lieu le premier dimanche d’octobre, avec des fenêtres illuminées, comme au 15 août.

Mais, dans ce texte, il s’agit bien de la saint François. Maistrale mentionne bien la statue du saint et pas de Marie.

Faut-il penser qu’il y avait une procession pour saint François d’Assise le 4 octobre et aussi une le dimanche de Notre-Dame du Rosaire ? A moins que l’écrivain ait commis une confusion…

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : une belle organisation (1/3)

Les confrères ont reçu des consignes précises et très détaillées sur leur allure pendant la procession, leur habillement, leur façon de chanter…

On pourra remarquer que tous les chants sont en latin, comme l’était alors toute la célébration de la messe.

 

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : une belle organisation (1/3)

Chacun a une place précise :

- en avant, les enfants

- puis, les « filles de Marie », ou enfants de Marie, adolescentes engagées dans ces groupes fondés en 1837 pour approfondir leur foi, mais qui, visiblement, pensent à autre chose, petit clin d’œil sur la différence entre l’aspect extérieur et la réalité profonde

- le curé qui était Jean-François BONIFACI depuis 1917

- la statue de saint François d’Assise (qui avait été offerte en 1893 par des paroissiens) avec ses porteurs

- le reste de la confrérie

- les autres habitants.

Costumes de confréries (Musée de Corte)

Costumes de confréries (Musée de Corte)

Tout est magnifique mais, très rapidement, ce bel ordre va se détraquer et la procession tournera à la grosse farce.

 

A suivre

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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 18:02

Après le dessin extrait du livre de l'abbé GALLETTI, les images du lac de Ninu publiées dans l'article précédent (Le paysage mystérieux : la solution) montraient la sécheresse de l'été.

En voici une autre, une photo prise en 1966 par Jacques-Antoine MARTINI (que nous remercions beaucoup). Le paysage n'est vraiment pas le même.

Ninu comme on le voit peu
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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 18:00
Le paysage mystérieux : la solution

Cette image a intrigué plusieurs des lecteurs du blog, surtout par la densité de sa végétation quasi-tropicale. La solution se trouvait sur la marge supérieure qui avait été dissimulée:

Le paysage mystérieux : la solution

Oui, il s’agit bien du lac de Nino (ou de Ninu comme on l’écrit maintenant) qui est fréquenté depuis longtemps par les Poggiolais, Socciais, Ortigais ou Guagnais.

Ce dessin est extrait de l’« Histoire illustrée de la Corse, contenant environ 300 dessins représentant divers sujets », livre écrit entre 1836 et 1841 par l’abbé Jean-Ange GALLETTI (1804-1866) et publié en 1863.

L’auteur de cette somme de 600 pages a lui-même dessiné une grande partie des illustrations « de géographie et d’histoire naturelle, les costumes anciens et modernes, les usages, les superstitions, les vues des paysages et des monuments, les plans des golfes et des ports, des vignettes de faits historiques et les portraits des hommes célèbres. » («L’histoire de la peinture en Corse au XIXe et XXe siècles» par Pierre Claude GIANSILY, Colonna Edition).

Le paysage mystérieux : la solution

La représentation du lac de Ninu est signée J. P. Cela pourrait correspondre à Jeanne PETIT-JEAN qui aida l’abbé GALLETTI à illustrer ce livre. Très certainement, cette artiste ne s’est pas rendue près du lac et n’a fait qu’imaginer ce que suggérait la description se trouvant à la page 18 :

 

« Moins étendu que le Rotondo, mais plus remarquable pour la beauté des sites qui l’environnent, le lac Nino ou Ino garnit l’une des extrémités du plateau du Campo-Tile. Sa superficie est de 4 hectares 74 centiares ; ses bords, émaillés de fleurs pendant le printemps, sont toujours couverts d’un gazon épais et velouté. Ses eaux sont profondes, limpides et peuplées par des myriades d’excellentes truites. Il donne naissance à la rivière du Tavignano. »

 

Sur l’image, le « gazon épais et velouté » est devenu une végétation épaisse et hirsute. Pour savoir à quoi ressemblent vraiment les paysages du lac, il est possible de se servir de trois photos, prises autrefois par Michel FRANCESCHETTI.

La première, vue du Monte Tozzu en 1973, montre l’ensemble de la forme du lac.

Le paysage mystérieux : la solution

La seconde, de la même année, montre mieux les plantes. 

Le paysage mystérieux : la solution

La troisième, datant de 2001, est du même endroit que la précédente, mais de l’autre côté des arbustes. 

Le paysage mystérieux : la solution

Une quatrième, cette fois envoyée par Jean-Marc TRAMINI et déjà utilisée dans un article de février dernier, montre, en 2006, celui-ci et Jean-Pierre FRANCESCHETTI sur un autre côté du lac.

Le paysage mystérieux : la solution

Pas de doute : le réchauffement climatique a fortement transformé les lieux depuis 1863 !

 

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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 10:58

Le 11 septembre 1968 est toujours présent dans la mémoire des Corses.

 

Ce jour-là, la Caravelle de la Compagnie Nationale Air France qui assurait le vol AF 1611 Ajaccio-Nice s'est abîmée en mer. Pendant sa descente, au large du cap d’Antibes, elle a subi un incendie violent et a piqué dans la mer tuant les 6 membres d'équipage et 89 passagers dont deux Poggiolais.

L'enquête officielle sur l'accident fut publiée le 14 décembre 1972. Ses conclusions indiquèrent qu'un incendie s'était déclenché dans la cabine à partir des toilettes arrières. Cette hypothèse n'a pas convaincu toutes les familles des victimes. Certaines trouvent que  la thèse d'un tir accidentel de missile, lors de manœuvres de l'armée, n'a pas été sérieusement étudiée.

Dans le cimetière de Poggiolo, une plaque garde la mémoire de ce drame.

Caravelle Ajaccio-Nice: un anniversaire toujours douloureux

Cette année, des cérémonies sont prévues jeudi 10 septembre à Nice.

Vendredi 11 septembre, à Ajaccio, Mgr Olivier de GERMAY, évêque de Corse, célèbrera une messe à 10 h 30 devant la chapelle du souvenir.

Le groupe I Muvrini sera présent pour animer cette messe au cimetière marin.

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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 17:40
Marthe est de retour

Marthe POLI est revenue sur internet.

Depuis 2007, son blog était très actif. Il faisait partie des "sites amis" du blog de Poggiolo car il était agréable d’y lire ses articles sur son village, Guagno, sur Ajaccio et sur sa famille. Comme elle se présente elle-même sur son nouveau site, Marthe se trouve :

« *Plutôt gentille… *Un peu "rigolote" à mes heures…

*Sérieuse... de temps en temps!! "Givrée"... aussi !

*Altruiste à en être un peu "neuneu"quelques fois!

*Grande gueule... mais souvent pas pour rien… c'est juste que, si je dois "exploser", autant le faire là. Non? »

Malheureusement, Club Corsica, qui hébergeait ses productions, a cessé son activité. Marthe POLI vient de faire repartir un blog sur Eklablog. Mais il a été impossible de récupérer les anciens articles.

Depuis quelques semaines, son dynamisme a permis de publier ou republier de nombreux articles.

Les montages musicaux sont particulièrement réussis. De très nombreuses photos anciennes du village de Guagno et de ses habitants font revivre la vie d’autrefois.

Connectez-vous à l’adresse :

https://www.eklablog.com/profile/28328122

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 17:59

Le récent article comportant une carte sur les chemins de la transhumance a été très apprécié. Le don par Maryse MORETTI d’une photo de troupeau à Guagno-les-Bains en témoigne.

La carte accompagnait un article de Jean COPPOLANI sur Cargese, publié dans la "Revue de géographie alpine" en 1949.

Une transhumance bien organisée

Une partie de cette étude décrivait assez précisément la vie pastorale. La complémentarité entre la plage et la montagne explique les relations très conflictuelles entre les Corses des Deux Sorru et les Grecs de Cargese. Voir l’article : La rage contre les Grecs    http://poggiolo.over-blog.fr/article-la-rage-contre-les-grecs-116790059.html

Il est intéressant de lire ce que le géographe avait publié il y a trois quarts de siècle. On découvre que l’élevage était très organisé et qu’il s’accompagnait même de travaux agricoles.

 

   "Aujourd’hui, certains bergers sont légalement domiciliés à CARGESE, d’autres à VICO, à RENNO, à GUAGNO, à LETIA, ou plus loin encore, à CALASIMA, dans le NIOLO. Mais tous sont Corses et tous mènent la même existence nomade.

   La descente «à la plage» se fait en général dans le courant d’octobre, lorsque le froid commence à se faire sentir «à la montagne» et que les pluies d’automne ont fait reverdir les pâturages; le berger arrive, par des chemins traditionnels qui empruntent pour partie les routes nationales avec sa famille à dos d’âne, son outillage et son bétail, et s’installe dans sa demeure d’hiver. Il lui faut une journée pour venir de VICO ou de LETIA, deux pour descendre de CALASIMA (70 km)." 

Sur cette carte postale ancienne, la famille utilisait une charrette.

Sur cette carte postale ancienne, la famille utilisait une charrette.

    "Sur une ou plusieurs des parcelles qui lui appartiennent ou qu’il a louées, il installe quelques cultures. Autrefois, il commençait par brûler les herbes sèches pour engraisser la terre – quelques semaines avant la descente de la montagne - ; cette coutume, extrêmement dangereuse en raison de l’extrême sècheresse du pays au début de l’automne, a été interdite à plusieurs reprises ; elle est cependant encore pratiquée de temps à autre, mais ordinairement le berger fauche plutôt le terrain qu’il se propose de cultiver. Après les premières pluies, il le laboure avec une charrue et une paire de bœufs empruntés le plus souvent à un gros propriétaire. Ensuite, il sème, un peu de blé pour lui, de l’orge et de l’avoine pour son âne ou son mulet. Dans le jardin attenant à sa maison, le berger sème quelques légumes. S’il possède en outre des oliviers, il récolte ses olives.

   Pendant ce temps, les bêtes broutent l’herbe à qui l’humidité de de la saison a rendu la fraîcheur. Les nuits sont généralement assez douces pour qu’on laisse le bétail dehors en tous temps : le système est évidemment très économique, mais ne va pas sans inconvénients, et lors des hivers froids, comme celui de 1945-46, de nombreuses bêtes meurent. Comme les parcellles sont encloses, le bétail ne demande guère de surveillance ; cependant il arrive que les chèvres franchissent les clôtures et aillent saccager les cultures des voisins.

   Vers le mois de mai, les bêtes ont épuisé tout le pâturage (il faut en moyenne un demi-hectare par tête d’animal) : le berger repart alors pour la montagne, où il va mener une existence analogue jusqu’à l’automne. A l’époque de la moisson, le berger lui-même ou un membre de sa famille redescend pour quelques jours, fauche ses céréales et les dépique sur l’aire adjacente à sa maison. A son retour définitif, il labourera de nouveau la parcelle cultivée l’an passé, et cela jusqu’à ce que les rendements soient devenus trop faibles (en général, au bout de 2 ou 3 ans) ; il défriche alors une autre parcelle, tandis que le champ précédent redevient pâturage pour 8 ou 10 ans. Cette culture itinérante ne donne évidemment que des rendements bien faibles (7-8 quintaux à l’hectare pour le blé).

   Mais la production des céréales est secondaire pour le berger. Sa grande affaire, ce sont les produits du troupeau."

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 18:17

L'expression "Bagni di Vico", qui se trouve sur la représentation de la Corse dans la Galerie des Cartes du Vatican (voir l'article "La Corse (et Sorru in sù) au Vatican"), peut intriguer.

La station thermale de Guagno-les-Bains a souvent (et est encore) nommée "les Bains de Guagno". Mais elle a parfois été appelée "Bains de Vico", expression pouvant concerner également les thermes, abandonnés depuis très longtemps, de Caldanelle, près de Balogna. L'usage de ce nom s'est de plus en plus raréfié au cours du XIXème siècle. 

En 1851, le périodique d'informations "Le Magasin pittoresque" présenta les "Bains de Vico", gravure à l'appui. Et aucun doute n'est possible: il s'agit bien de Guagno-les-Bains.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Il n'est pas nécessaire de décrire cette image car le magazine en donne une description très précise:

 

"Vico, situé à 12 kilomètres de la mer, au couchant du monte Rotondo, offre peu d'intérêt; mais en s'approchant de la montagne, on arrive, par les paysages les plus pittoresques, à une source d'eaux minérales, près des rives du Liamone; elle attire les malades pendant la saison des bains. Une vue de cet établissement, construit d'une manière fort simple, est gravée à la page 132. Le Liamone, sur lequel est jeté un pont de bois, coule au premier plan; les eaux minérales sont distribuées dans des cellules dont on voit le sommet au delà du fleuve, par-dessus les maquis; une auberge occupe le haut d'une colline voisine; au fond, une chaîne de montagnes couvertes de pins, et servant de contre-fort au monte Rotondo, se dirige vers l'ouest. Cette chaîne est dominée par trois points culminants, dont l'un, composé d'un immense rocher qui a la forme d'un crâne, est nommé le Cervello."

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SOCCIA 11h messe Toussaint et bénédiction du cimetière; 

ORTO 15h messe Toussaint et bénédiction du cimetière; 

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POGGIOLO15h messe Défunts et bénédiction du cimetière;

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