Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 18:02

Après le dessin extrait du livre de l'abbé GALLETTI, les images du lac de Ninu publiées dans l'article précédent (Le paysage mystérieux : la solution) montraient la sécheresse de l'été.

En voici une autre, une photo prise en 1966 par Jacques-Antoine MARTINI (que nous remercions beaucoup). Le paysage n'est vraiment pas le même.

Ninu comme on le voit peu
Repost 0
16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 18:00
Le paysage mystérieux : la solution

Cette image a intrigué plusieurs des lecteurs du blog, surtout par la densité de sa végétation quasi-tropicale. La solution se trouvait sur la marge supérieure qui avait été dissimulée:

Le paysage mystérieux : la solution

Oui, il s’agit bien du lac de Nino (ou de Ninu comme on l’écrit maintenant) qui est fréquenté depuis longtemps par les Poggiolais, Socciais, Ortigais ou Guagnais.

Ce dessin est extrait de l’« Histoire illustrée de la Corse, contenant environ 300 dessins représentant divers sujets », livre écrit entre 1836 et 1841 par l’abbé Jean-Ange GALLETTI (1804-1866) et publié en 1863.

L’auteur de cette somme de 600 pages a lui-même dessiné une grande partie des illustrations « de géographie et d’histoire naturelle, les costumes anciens et modernes, les usages, les superstitions, les vues des paysages et des monuments, les plans des golfes et des ports, des vignettes de faits historiques et les portraits des hommes célèbres. » («L’histoire de la peinture en Corse au XIXe et XXe siècles» par Pierre Claude GIANSILY, Colonna Edition).

Le paysage mystérieux : la solution

La représentation du lac de Ninu est signée J. P. Cela pourrait correspondre à Jeanne PETIT-JEAN qui aida l’abbé GALLETTI à illustrer ce livre. Très certainement, cette artiste ne s’est pas rendue près du lac et n’a fait qu’imaginer ce que suggérait la description se trouvant à la page 18 :

 

« Moins étendu que le Rotondo, mais plus remarquable pour la beauté des sites qui l’environnent, le lac Nino ou Ino garnit l’une des extrémités du plateau du Campo-Tile. Sa superficie est de 4 hectares 74 centiares ; ses bords, émaillés de fleurs pendant le printemps, sont toujours couverts d’un gazon épais et velouté. Ses eaux sont profondes, limpides et peuplées par des myriades d’excellentes truites. Il donne naissance à la rivière du Tavignano. »

 

Sur l’image, le « gazon épais et velouté » est devenu une végétation épaisse et hirsute. Pour savoir à quoi ressemblent vraiment les paysages du lac, il est possible de se servir de trois photos, prises autrefois par Michel FRANCESCHETTI.

La première, vue du Monte Tozzu en 1973, montre l’ensemble de la forme du lac.

Le paysage mystérieux : la solution

La seconde, de la même année, montre mieux les plantes. 

Le paysage mystérieux : la solution

La troisième, datant de 2001, est du même endroit que la précédente, mais de l’autre côté des arbustes. 

Le paysage mystérieux : la solution

Une quatrième, cette fois envoyée par Jean-Marc TRAMINI et déjà utilisée dans un article de février dernier, montre, en 2006, celui-ci et Jean-Pierre FRANCESCHETTI sur un autre côté du lac.

Le paysage mystérieux : la solution

Pas de doute : le réchauffement climatique a fortement transformé les lieux depuis 1863 !

 

Repost 0
10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 10:58

Le 11 septembre 1968 est toujours présent dans la mémoire des Corses.

 

Ce jour-là, la Caravelle de la Compagnie Nationale Air France qui assurait le vol AF 1611 Ajaccio-Nice s'est abîmée en mer. Pendant sa descente, au large du cap d’Antibes, elle a subi un incendie violent et a piqué dans la mer tuant les 6 membres d'équipage et 89 passagers dont deux Poggiolais.

L'enquête officielle sur l'accident fut publiée le 14 décembre 1972. Ses conclusions indiquèrent qu'un incendie s'était déclenché dans la cabine à partir des toilettes arrières. Cette hypothèse n'a pas convaincu toutes les familles des victimes. Certaines trouvent que  la thèse d'un tir accidentel de missile, lors de manœuvres de l'armée, n'a pas été sérieusement étudiée.

Dans le cimetière de Poggiolo, une plaque garde la mémoire de ce drame.

Caravelle Ajaccio-Nice: un anniversaire toujours douloureux

Cette année, des cérémonies sont prévues jeudi 10 septembre à Nice.

Vendredi 11 septembre, à Ajaccio, Mgr Olivier de GERMAY, évêque de Corse, célèbrera une messe à 10 h 30 devant la chapelle du souvenir.

Le groupe I Muvrini sera présent pour animer cette messe au cimetière marin.

Repost 0
16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 17:40
Marthe est de retour

Marthe POLI est revenue sur internet.

Depuis 2007, son blog était très actif. Il faisait partie des "sites amis" du blog de Poggiolo car il était agréable d’y lire ses articles sur son village, Guagno, sur Ajaccio et sur sa famille. Comme elle se présente elle-même sur son nouveau site, Marthe se trouve :

« *Plutôt gentille… *Un peu "rigolote" à mes heures…

*Sérieuse... de temps en temps!! "Givrée"... aussi !

*Altruiste à en être un peu "neuneu"quelques fois!

*Grande gueule... mais souvent pas pour rien… c'est juste que, si je dois "exploser", autant le faire là. Non? »

Malheureusement, Club Corsica, qui hébergeait ses productions, a cessé son activité. Marthe POLI vient de faire repartir un blog sur Eklablog. Mais il a été impossible de récupérer les anciens articles.

Depuis quelques semaines, son dynamisme a permis de publier ou republier de nombreux articles.

Les montages musicaux sont particulièrement réussis. De très nombreuses photos anciennes du village de Guagno et de ses habitants font revivre la vie d’autrefois.

Connectez-vous à l’adresse :

https://www.eklablog.com/profile/28328122

Repost 0
9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 17:59

Le récent article comportant une carte sur les chemins de la transhumance a été très apprécié. Le don par Maryse MORETTI d’une photo de troupeau à Guagno-les-Bains en témoigne.

La carte accompagnait un article de Jean COPPOLANI sur Cargese, publié dans la "Revue de géographie alpine" en 1949.

Une transhumance bien organisée

Une partie de cette étude décrivait assez précisément la vie pastorale. La complémentarité entre la plage et la montagne explique les relations très conflictuelles entre les Corses des Deux Sorru et les Grecs de Cargese. Voir l’article : La rage contre les Grecs    http://poggiolo.over-blog.fr/article-la-rage-contre-les-grecs-116790059.html

Il est intéressant de lire ce que le géographe avait publié il y a trois quarts de siècle. On découvre que l’élevage était très organisé et qu’il s’accompagnait même de travaux agricoles.

 

   "Aujourd’hui, certains bergers sont légalement domiciliés à CARGESE, d’autres à VICO, à RENNO, à GUAGNO, à LETIA, ou plus loin encore, à CALASIMA, dans le NIOLO. Mais tous sont Corses et tous mènent la même existence nomade.

   La descente «à la plage» se fait en général dans le courant d’octobre, lorsque le froid commence à se faire sentir «à la montagne» et que les pluies d’automne ont fait reverdir les pâturages; le berger arrive, par des chemins traditionnels qui empruntent pour partie les routes nationales avec sa famille à dos d’âne, son outillage et son bétail, et s’installe dans sa demeure d’hiver. Il lui faut une journée pour venir de VICO ou de LETIA, deux pour descendre de CALASIMA (70 km)." 

Sur cette carte postale ancienne, la famille utilisait une charrette.

Sur cette carte postale ancienne, la famille utilisait une charrette.

    "Sur une ou plusieurs des parcelles qui lui appartiennent ou qu’il a louées, il installe quelques cultures. Autrefois, il commençait par brûler les herbes sèches pour engraisser la terre – quelques semaines avant la descente de la montagne - ; cette coutume, extrêmement dangereuse en raison de l’extrême sècheresse du pays au début de l’automne, a été interdite à plusieurs reprises ; elle est cependant encore pratiquée de temps à autre, mais ordinairement le berger fauche plutôt le terrain qu’il se propose de cultiver. Après les premières pluies, il le laboure avec une charrue et une paire de bœufs empruntés le plus souvent à un gros propriétaire. Ensuite, il sème, un peu de blé pour lui, de l’orge et de l’avoine pour son âne ou son mulet. Dans le jardin attenant à sa maison, le berger sème quelques légumes. S’il possède en outre des oliviers, il récolte ses olives.

   Pendant ce temps, les bêtes broutent l’herbe à qui l’humidité de de la saison a rendu la fraîcheur. Les nuits sont généralement assez douces pour qu’on laisse le bétail dehors en tous temps : le système est évidemment très économique, mais ne va pas sans inconvénients, et lors des hivers froids, comme celui de 1945-46, de nombreuses bêtes meurent. Comme les parcellles sont encloses, le bétail ne demande guère de surveillance ; cependant il arrive que les chèvres franchissent les clôtures et aillent saccager les cultures des voisins.

   Vers le mois de mai, les bêtes ont épuisé tout le pâturage (il faut en moyenne un demi-hectare par tête d’animal) : le berger repart alors pour la montagne, où il va mener une existence analogue jusqu’à l’automne. A l’époque de la moisson, le berger lui-même ou un membre de sa famille redescend pour quelques jours, fauche ses céréales et les dépique sur l’aire adjacente à sa maison. A son retour définitif, il labourera de nouveau la parcelle cultivée l’an passé, et cela jusqu’à ce que les rendements soient devenus trop faibles (en général, au bout de 2 ou 3 ans) ; il défriche alors une autre parcelle, tandis que le champ précédent redevient pâturage pour 8 ou 10 ans. Cette culture itinérante ne donne évidemment que des rendements bien faibles (7-8 quintaux à l’hectare pour le blé).

   Mais la production des céréales est secondaire pour le berger. Sa grande affaire, ce sont les produits du troupeau."

Repost 0
29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 18:17

L'expression "Bagni di Vico", qui se trouve sur la représentation de la Corse dans la Galerie des Cartes du Vatican (voir l'article "La Corse (et Sorru in sù) au Vatican"), peut intriguer.

La station thermale de Guagno-les-Bains a souvent (et est encore) nommée "les Bains de Guagno". Mais elle a parfois été appelée "Bains de Vico", expression pouvant concerner également les thermes, abandonnés depuis très longtemps, de Caldanelle, près de Balogna. L'usage de ce nom s'est de plus en plus raréfié au cours du XIXème siècle. 

En 1851, le périodique d'informations "Le Magasin pittoresque" présenta les "Bains de Vico", gravure à l'appui. Et aucun doute n'est possible: il s'agit bien de Guagno-les-Bains.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Il n'est pas nécessaire de décrire cette image car le magazine en donne une description très précise:

 

"Vico, situé à 12 kilomètres de la mer, au couchant du monte Rotondo, offre peu d'intérêt; mais en s'approchant de la montagne, on arrive, par les paysages les plus pittoresques, à une source d'eaux minérales, près des rives du Liamone; elle attire les malades pendant la saison des bains. Une vue de cet établissement, construit d'une manière fort simple, est gravée à la page 132. Le Liamone, sur lequel est jeté un pont de bois, coule au premier plan; les eaux minérales sont distribuées dans des cellules dont on voit le sommet au delà du fleuve, par-dessus les maquis; une auberge occupe le haut d'une colline voisine; au fond, une chaîne de montagnes couvertes de pins, et servant de contre-fort au monte Rotondo, se dirige vers l'ouest. Cette chaîne est dominée par trois points culminants, dont l'un, composé d'un immense rocher qui a la forme d'un crâne, est nommé le Cervello."

Repost 0
16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 17:40

La façade de l’établissement thermal de Guagno-les-Bains s’orne d’une inscription dont il a déjà été indiqué le caractère historiquement douteux. Au-dessous de la plaque, la décoration du mur est complétée par une jardinière couverte d'herbes folles.

Le récipient dans lequel la terre a été accumulée est en réalité une baignoire en marbre avec deux anneaux sculptés de chaque côté. L’idée de convertir un ustensile de bain pour faire pousser des plantes est excellente pour ce cadre.

La baignoire de l'impératrice

Cet objet est d’ailleurs mentionné dans plusieurs sites internet touristiques sous le nom de « la baignoire de l’impératrice », sous-entendant « l’impératrice Eugénie »,  épouse de Napoléon III. Mais il a déjà été démontré (dans l’article Napoléon Ier à Guagno-les-bains et pas Napoléon III (1/2)) que le couple impérial n’a jamais pu se rendre à Guagno-les-Bains.

D’autre part, il ne peut s’agir de LA baignoire de l’impératrice car il existe DES baignoires identiques.

PLUSIEURS  BAIGNOIRES

Sur un dépliant publié par la Préfecture de Corse-du-sud à l’occasion des Journées du Patrimoine d’il y a quelques années, on peut lire dans la partie consacrée aux jardins du Palais Lantivy:

« Les trois baignoires en marbre, 2ème moitié du XIXème siècle, proviennent de la station thermale de Guagno-les-Bains. »

La photo d’accompagnement ressemble beaucoup à ce qui est visible maintenant dans la cour de la station thermale.

La baignoire de l'impératrice

Nous en arrivons à quatre baignoires du même type. Mais on est loin du compte car les baignoires se trouvaient dans les 17 cabinets particuliers (dont 3 avaient des baignoires jumelles) installés dans les thermes lors de leur reconstruction de 1846-1855. Le total était donc de 20 baignoires.

Le devis du Conducteur des Ponts et Chaussées GIERYNSKI, daté du 13 novembre 1846 et cité par François VAN CAPPEL DE PREMONT, architecte du Patrimoine, dans son livre « Guagno-les-Bains à travers la petite histoire du thermalisme », nous apprend que ces baignoires étaient plaquées de marbre de Corte et coûtaient 84,84 francs l’unité.

 

SOUVENIR PERSONNEL

Les personnes qui ont plus de 60 ans maintenant se souviennent certainement s’être baignées dans ces baignoires, surtout avant 1968, quand l’eau courante n’avait encore été installée à Poggiolo.

Après un match de football ou après une simple promenade, si l’on n’allait pas se tremper dans la rivière, on se présentait à l’établissement thermal. Pour un prix modique, ou même gratuitement pour ceux qui résidaient toute l’année au vilage, on était introduit dans une petite pièce fermée par une porte en planches de châtaignier disjointes. La baignoire était placée contre un mur. Au-dessus d’elle, un robinet en cuivre doré permettait de faire couler une eau chaude à l’odeur de soufre très caractéristique que l’on gardait un bon moment. On était en forme pour gravir les trois kilomètres de montée jusqu'à Poggiolo.

 

DEUX MYSTÈRES ET UNE INJUSTICE

Ces baignoires ont certainement été enlevées lors des travaux qui permirent un redémarrage temporaire de la station. La date exacte serait à rechercher. Mais on se souvient que, pendant de  très longs mois, des baignoires étaient abandonnées le long des rues du village.

Les exemplaires qui se trouvent à la Préfecture d’Ajaccio seraient présentées dans le jardin depuis 1984, d’après la base de données Palissy des monuments historiques. En effet, elles ont été classées depuis le 2 mai 1984.

Mais il y a encore deux mystères :

- le dépliant des Journées du Patrimoine cite le chiffre de trois baignoires. Pourquoi la troisième n’est-elle pas dans cette liste ?

- la baignoire-jardinière de Guagno-les-Bains n’est pas mentionnée sur la liste des monuments historiques. Est-ce parce qu’elle est se trouve dans un petit village éloigné de la métropole ajaccienne ?

Même sans être LA baignoire de l’impératrice, il serait normal qu’elle soit classée.

EXIGEONS LA RECONNAISSANCE DU CARACTERE DE MONUMENT HISTORIQUE À LA BAIGNOIRE DE GUAGNO-LES-BAINS !

La baignoire de l'impératrice

En tout cas, monument historique ou non, l'exposition de cette baignoire et son placement sous la plaque "1808" sont les symptômes de la nostalgie que l'on ressent à Guagno-les-Bains et à Poggiolo, celle de "l'âge d'or de Guagno-les-Bains, quand des centaines de curistes se succédaient tout au long de l'été, faisant vivre le commerce local", comme le fait dire le romancier Didier DAENINCKX, dans son livre "Têtes de Maures", au conseiller général (voir l'article "Guagno-les-Bains, cadre de roman (1/3: des Archives à la fin de "l'âge d'or")").

Repost 0
7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 17:52

A l'occasion de ce 8 mai 2015 qui est le soixante-dixième anniversaire de la capitulation allemande, nous pouvons nous souvenir de Mimi CANALE, dont tous les amis de Poggiolo et de Guagno-les-Bains déplorent le décès le 28 octobre 2014, et qui fut un grand soldat de la seconde guerre mondiale. 

Ce blog a déjà publié un très attachant souvenir de sa guerre en Italie (voir La campagne d'ITALIE de Mimi CANALE).

Mimi avait donné un long entretien au bulletin "INSEME" d'avril 1998. Nous en extrayons les parties qui concernent d'autres moments de ses souvenirs de soldat.

La guerre de Mimi

La guerre est arrivée, qu'avez-vous fait ?

J'ai fait la guerre! comme engagé volontaire. En 1943, j'ai participé au débarquement en Corse avec les goumiers marocains. J'étais le premier soldat arrivé à Vico. Puis, ça a été Bastia comme "radio", Teghime, San Stefano, puis l'Italie avec le fameux Cassino, la Provence, l'Autriche et l'Allemagne.

 

Racontez-nous quelques anecdotes de la guerre.

Je vais vous en raconter trois:

 

- En Allemagne, je suis tombé malade et l'année française m'a laissé sur le chemin prés d'un village. J’ai été récupéré par trois femmes, des coiffeuses qui m'ont soigné si bien que, quand l'armée a pris le bourg, ils ont mis un signe sur leur maison pour qu'elles ne soient pas inquiétées.

 

- La deuxième, c'est les Vosges. Il faisait très froid, moins 42°, on faisait des trous dans la neige et on survivait avec du schnaps et de l'alcool solidifié qui arrivait dans de gros sacs de jute ; on en cassait des morceaux puis on les faisait fondre.

 

- La troisième, c'est quand nous étions installés à Lyon très confortablement. On nous a fait descendre à Marseille pour partir en permission. Là, les conditions d'hébergement étaient très difficiles et en plus il n'y avait pas de bateaux pour partir à Bastia ou Ajaccio, alors que quand il s'agissait de nous faire partir pour la guerre, là, il n'y avait pas de problèmes: ils en trouvaient! Donc, nous voilà partis à Marseille bien impatients! Un jour, bien que n'étant pas sur la liste des 20 désignés pour le départ, nous sommes descendus sur les quais et ceux qui s'occupaient de l'embarquement nous ont dit qu'il y avait de la place mais pas de quoi nous nourrir pendant la traversée. Cela nous était égal; alors nous voilà partis !

 

A la libération, il fallait travaiIler. Je n'avais pas envie de rester dans l'armée; mon régiment partait pour Madagascar.

J'ai hésité entre la police et la poste, puis j'ai fait l’école de croupier, nous étions mieux rémunérés et pendant quelques années j'ai exercé ce métier. L'hiver par exemple, j'étais au casino de l'Eldorado à Nice, et c'est là que j'ai retrouvé celle qui allait devenir ma femme et dont j'avais fait la connaissance à Lyon où elle était la marraine de notre régiment.

 

Repost 0
20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 17:55

Depuis quarante ans, le canton des Deux Sorro rassemble les cantons de Soccia et de Vico. L'histoire du premier a été présentée dans l'article "La liste des conseillers généraux de Sorru in sù".

Voyons ce qu'il en fut de l’ancienne pieve de Sorro in giù, devenue canton de Vico. Ce territoire était composé des communes de Vico, Murzo, Letia, Arbori, Balogna, Cargese, Coggia et Renno.

Quels en furent les représentants au conseil général de la Corse ?

Il est à remarquer que beaucoup furent maires de Vico et plusieurs députés ou sénateurs.

 

Pendant pratiquement tout le Second Empire, le conseiller général du canton de Vico fut Jean-Jourdain CASANELLI d'ISTRIA, président du tribunal civil de Sartene,            

A partir de 1871, le siège fut détenu par le comte Alfred MULTEDO (1846-1908), personnage important du parti bonapartiste auquel il resta attaché toute sa vie. Membre d'une grande famille de propriétaires de Vico (et, par exemple, de l'hôpital militaire de Guagno-les-Bains), il fonda le 1er Octobre 1892 le Comité Napoléonien, ancêtre du CCB (comité central bonapartiste) qui donna plusieurs maires à Ajaccio jusqu’en 2001. Il fut deux fois élu et invalidé à l’Assemblée nationale en 1885 et 1889, pour avoir bénéficié de "pressions cléricales".

Sa biographie complète se trouve en suivant le lien :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65623170/f15.image.r=

Ayant abandonné la politique en 1894, il fut alors remplacé au conseil général par un républicain : Dominique CRISTINACCE, maire de Vico de 1888 à 1896 et de 1908 à 1910.

En 1901, le canton tomba entre les mains d’Ange MURACCIOLE qui avait été sénateur de 1892 à 1894 et le redevint en 1903. Petite particularité: ce natif du village de Muracciole avait été longtemps maire de Belgodere et conseiller général de Vezzani avant de se présenter à Vico. Il mourut le 2 juillet 1904.

Ange MURACCIOLE

Ange MURACCIOLE

De 1904 à 1907, le poste fut occupé par M. COLONNA, maire de Vico.

Pendant quelques mois, il revint à Raphaël CASANELLI d'ISTRIA, ancien secrétaire général à Ajaccio.

Puis, en 1908, Jean-François GALLINI, avocat-défenseur à Sousse, devint conseiller général. Il fut sénateur de 1920 à son décès, en 1923

Sa biographie a été publiée sur le blog des Poggiolais :

Les Poggiolais ont de l'initiative (n°3: l'empire sahélien des Sorrinesi)

 

Jean-François GALLINI

Jean-François GALLINI

Mais, en 1921, sa réélection ayant été invalidée, «l’empereur du Sahel» se heurta à l’ambition de François COTY, ce qui aboutit à l’élection de COTY à Soccia et, dans le canton de Vico, du docteur Philippe CHIAPPINI qui resta en place jusqu’à la guerre.

Voir les deux articles :

En 1921, le canton était au parfum (début)

En 1921, le canton était au parfum (fin)

En 1951, Pascal ARRIGHI fut élu conseiller général avec l'étiquette radicale. Il siégea à l'Assemblée Nationale de 1956 à 1962 (comme radical puis comme gaulliste de UNR) et de 1986 à 1988 (comme Front National). Sa biographie se trouve à la fin de l'article: Arrighi avant Mamberti

Pascal ARRIGHI

Pascal ARRIGHI

Il fut maire de Vico de 1959 à 1983 mais céda le canton dès 1958 au radical de gauche Dominique COLONNA.

En 1973, la réforme cantonale ayant regroupé les cantons de Soccia et de Vico dans le canton des Deux Sorru, le nouveau siège revint à Dominique COLONNA, maire de Vico en 1983, puis, en 2008, au candidat de droite François COLONNA, également devenu maire de la commune en 2001.

François COLONNA

François COLONNA

-------------------------------

La documentation utilisée étant très parcellaire, il est possible que des erreurs ou des oublis apparaissent dans les lignes ci-dessus. Nous serions heureux de recevoir toute information permettant d'améliorer cet article.

Repost 0
14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 17:41

Poggiolo faisait partie du canton de Soccia qui correspondait à la pieve de Sorru in sù instituée à l'époque génoise et continuée par la monarchie française. Ce canton réunissait les communes de Poggiolo, Orto, Guagno et Soccia. Il comprenait donc tout le territoire commençant au pont de Rioseccu, à mi-chemin de Sorru et de Guagno-les-Bains, et allant jusqu'aux sommets des montagnes environnantes. Malgré une légende tenace, venant du nom utilisé, la limite administrative de ce canton n'englobait pas le col, qui est dans la commune de Murzo.

Le canton, nommé canton de Soccia, était représenté par un conseiller général qui siégeait avec l'ensemble du conseil général de la Corse au Palais Lantivy, siège de la Préfecture à Ajaccio. 

Les prochaines élections, dites départementales, vont bouleverser le fonctionnement des départements. Il est donc intéressant de savoir qui parlait au nom de Sorru in sù dans le passé. Il est vrai que certains de ces notables étaient des personnalités assez curieuses, dont certaines ont déjà été évoquées sur ce blog.

-------------------

Le conseil général du département est une institution créée sous le Consulat le 17 février 1800. Sous Napoléon et à la Restauration, les membres en étaient nommés par le gouvernement. Ce fut le cas pour l’abbé Jean-Antoine PINELLI, nommé en 1818 par Louis XVIII (voir l'article "L'homme le plus cultivé de Corse (3/3)").

L’élection se fit au suffrage universel à partir du 3 juillet 1848.

Sous le Second Empire, le canton vota très fidèlement pour les bonapartistes, représentés par Etienne LECA, géomètre en chef à Ajaccio, élu en 1858 contre l’avocat CASANELLI, neveu de l’évêque d’Ajaccio qui mobilisa les prêtres du canton et du séminaire pour la campagne électorale (voir l'article ""Battue de prêtres" dans le canton de Soccia").

En 1867, le prince Napoléon-Charles BONAPARTE (1839-1899), petit-fils à la fois de Lucien et de Joseph Bonaparte, remporta le scrutin haut la main mais, élu également à Ajaccio, préféra opter pour la ville-préfecture. Etienne LECA retrouva son siège.

prince Napoléon-Charles BONAPARTE

prince Napoléon-Charles BONAPARTE

En 1872, le comte François POZZO-DI-BORGO (né en 1837, décédé en 1907) garda le canton au camp bonapartiste bien que Poggiolo eut été l’une des premières communes corses à se rallier au nouveau régime. Il devint ensuite républicain modéré.

Il fut battu fin 1877 par l’avocat républicain Simon UCCIANI (né en 1838) qui fit un grand travail de «républicanisation» du canton (voir l'article "Péripéties municipales: on ne peut pas se fier au petit personnel (2/2)").

Simon UCCIANI

Simon UCCIANI

Le poste de conseiller général passa en 1883 au républicain radical Etienne LECA, géomètre en chef du cadastre à Constantine, qui fut aussi candidat malheureux de la gauche aux élections législatives de 1885.

En 1890, Philippe LECA fut élu. Il était avocat à Ajaccio et devint ensuite juge à Embrun.

Après un bref intermède PINELLI en 1895, le siège de Soccia revint en 1896 à Antoine LECA, chancelier du consulat de France à La Canée en Crète.

En 1901, l’abbé Antoine-Louis OTTAVI, professeur au petit séminaire d’Ajaccio, remporta les élections. Bien que prêtre, il ne s’opposa pas beaucoup à la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, au contraire des paroissiens de Soccia qui se rassemblèrent avec leurs armes et leurs outils devant leur église pour empêcher l'inventaire des objets du culte. L'abbé soutint ensuite le candidat républicain aux élections législatives de 1906.

réunion de fidèles opposés aux inventaires devant l'église de Soccia (photo extraite de "Histoire d'un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud", écrite par Jean-Baptiste PAOLI)

réunion de fidèles opposés aux inventaires devant l'église de Soccia (photo extraite de "Histoire d'un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud", écrite par Jean-Baptiste PAOLI)

Ces positions expliquent qu’il fut battu en 1907 par Antoine LECA qui revint dans le canton avec, cette fois, le titre de vice-consul de France à Palerme. L’année suivante, il était vice-consul de France à Naples. En 1910, il avait la fonction de consul de France à Cagliari, en Sardaigne. Ces affectations différentes ne l’empêchaient pas d'être membre du conseil général de Corse.

En 1913, ce fut à l’avocat parisien Antoine-François CECCALDI de siéger au Palais Lantivy.

En 1921, le richissime parfumeur François COTY (1887-1934) battit le maire de Poggiolo Jean-François CECCALDI, qui représentait la gauche. Cette élection fut suivie par toute la Corse et même sur le continent, ainsi que le montrent les articles "En 1921, le canton était au parfum (début)" et "En 1921, le canton était au parfum (fin)".

François COTY

François COTY

Jean-François CECCALDI prit sa revanche en 1925.

En 1933, élection de François OTTAVI, républicain radical soutenu par le parti d’Adolphe LANDRY qui représentait la gauche en Corse.

Mais, le scrutin étant invalidé, le Docteur ANTONINI fut élu. Il était républicain de gauche (du parti de François PIETRI), c’est-à-dire de centre-droit!!!

Après une nouvelle invalidation, le Docteur ANTONINI fut réélu, le 16 août, contre Noël PINELLI, socialiste SFIO (parti Landry).

A la Libération, le 23 septembre 1945, Martin PAOLI fut élu sous l’étiquette SFIO. Il devint vice-président du conseil général, puis maire de Poggiolo à partir de 1959.

La liste des conseillers généraux de Sorru in sù

Après le décès de Martin PAOLI en mai 1968, le maire de Guagno Jean-Antoine GAFFORY gagna l'élection. Voir l'article "1968: le canton passe à Guagno".

En 1973, la réforme cantonale ayant regroupé les cantons de Soccia et de Vico dans le canton des Deux Sorru, le nouveau siège revint au maire de Vico Dominique COLONNA (divers gauche), puis, en 2008, au divers droite François COLONNA.

 

-------------------------------

La documentation utilisée étant très parcellaire, il est possible que des erreurs ou des oublis apparaissent dans les lignes ci-dessus. Nous serions heureux de recevoir toute information permettant d'améliorer cet article.

Repost 0

Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

La vidéothèque poggiolaise

La vidéothèque poggiolaise
Les films et les photos de famille et de vacances deviennent tous, au bout de quelques années, des documents historiques  qui montrent comment les diverses générations ont vécu.
Plusieurs films des décennies 60 et 70 à Poggiolo sont visibles sur DAILYMOTION (http://www.dailymotion.com/michelfran).
Cherchez dans vos greniers si vous n'avez pas des documents à faire connaître à la communauté poggiolaise.

Recherche

qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Le calendrier poggiolais

 

Début des vacances d'été: samedi 8 juillet midi.

Festival Sorru in Musica: du 21 au 30 juillet.

Fête de saint Roch: mercredi 16 août.

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

En-tete-inseme-copie-1.jpg

.

POGGIOLO SUR FACEBOOK

Votre blog est maintenant sur Facebook. https://www.facebook.com/pages/ Poggiolo/167056470125907