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24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 17:56

Commencer l’année 2019 est une façon de dire adieu à 1968. Le cinquantenaire de cette année mythique a été célébré par des livres et quelques émissions de télévision médiocres et qui n’ont pas eu de succès. Les «baby-boomers» qui firent bouger, un peu, la société sont étudiés dans le récent et très bon livre de Jean-François SIRINELLI «Génération sans pareille» (éditions Tallandier). 

Adieu au cinquantenaire (1/2)

Voici dix ans, «L’Info U Pighjolu» avait, pour les quarante ans de cette année, publié un article de Michel FRANCESCHETTI sur «La génération 68 à Poggiolo» qui montrait comment cette jeunesse s’était comportée au village, apportant des comportements nouveaux pour l’époque mais parfois bien éloignés d’aujourd’hui.

Nous reproduisons une version mise à jour de cet article, avec des liens sur les articles du blog donnant des informations complémentaires.

 

---------

 

 

LA GÉNÉRATION 68 À POGGIOLO

 

 

Cet article a pour ambition de montrer une partie de ce qu’ont connu au village ceux qui sont maintenant pratiquement tous des retraités. Nulle nostalgie ici mais simplement le désir de faire connaître un monde  à la fois proche et lointain. Malheureusement, la place manque pour donner tous les renseignements qu’il faudrait fournir.

 

En regardant les photos prises voici un demi-siècle, il est évident que l’on ne peut s’empêcher de penser: «Nous avons tous pris un sacré coup de vieux». Notre classe d’âge est maintenant presque entièrement entrée dans une nouvelle période de sa vie: la retraite. Toutes sortes de publications, souvent médiocres, rappellent que nous avons eu 20 ans en 1968, voici 50 ans. 

Le Poggiolo d’il y a 50 ans n’était plus tout à fait le Poggiolo d’antan mais il était bien loin du Poggiolo d’aujourd’hui. La génération 68 (en fait, le groupe des jeunes ayant entre 16 et 24 ans en 1968) a connu ce changement. 

Le professeur Jean-François SIRINELLI avait intitulé «Génération 68» l’article paru en mars 2003 dans la revue «L’Histoire».

Adieu au cinquantenaire (1/2)

Il y expliquait la place particulière de cette génération qui a vécu sa jeunesse dans une France emportée par la croissance. 

«Place à part: jamais une génération n’a été plus différente de celle de ses pères et grands-pères; dans un contexte d’exode rural accéléré, cette génération est celle de l’adieu aux terroirs.»

 

Si certains sont nés à Poggiolo, nous avons, pour la très grosse majorité d’entre nous, vécu en ville (à Paris, Marseille, Nice, Epinay, Troyes…), parfois même, conséquences de l’époque coloniale, en Algérie ou en Afrique noire. Très rares sont ceux qui ont suivi des cours à l’école de Poggiolo avant sa fermeture. 

Mais SIRINELLI ajoutait: «reste que les jeunes gens du baby-boom, souvent petits-fils de paysans, fils de citadins aux racines paysannes proches, ont conservé des attaches avec le village et retournent en vacances chez les grands-parents. ».

 

Il nous semblait naturel de passer les vacances d’été au village, vacances longues: tout le mois de congé annuel de nos parents et même bien plus car plusieurs étaient laissés à la garde des grands-parents ou oncles et tantes. Nous baignions bien dans la vie du village qui restait ce que SIRINELLI nommait « une sorte de réserve naturelle des comportements collectifs ».

Ainsi, au début et à la fin du séjour, la tournée de bises était obligatoire pour saluer des vieux et vieilles dont nous connaissions à peine l’identité.

Il fallait respecter scrupuleusement les heures de repas (à midi et à 20 heures, notre grand-père Jean-Antoine était assis en bout de table, le chapeau sur la tête ; il l’enlevait quand nous étions tous là et le repas commençait).

La tenue vestimentaire était surveillée. Les jours de fête, les Poggiolais de tous les âges tenaient à être bien habillés. Ce fut un beau scandale quand certaines filles passèrent un jour en maillot de bain dans la Stretta. 

 

Adieu au cinquantenaire (1/2)

La présence à la messe, qui avait lieu tous les dimanches, célébrée par Mgr Demartini ou par le curé Milleliri, était impérative même pour ceux qui étaient modérément intéressés. 

curé Milleliri le 15 août 1965

curé Milleliri le 15 août 1965

Ce contrôle strict, encore plus sur les filles que sur les garçons, était difficile à supporter pour les demi ou trois quarts citadins que nous étions.

Les matins poggiolais étaient agités avec les allers et venus au Lucciu pour remplir seaux et brocs, l’eau courante n’étant pas encore installée. Nous devions assumer notre part de la tâche. Les femmes en robe et fichu noir étaient encore nombreuses et la fontaine (dite Radio-Poggiolo) permettait d’échanger les informations et de faire des commentaires sur chacun (en corse pour que les jeunes ne comprennent pas). 

Adieu au cinquantenaire (1/2)
Adieu au cinquantenaire (1/2)

Chaque jour, plusieurs voitures de commerçants arrivaient et klaxonnaient pour attirer les clients (Marie-Thérèse qui était aux premières loges s’en souvient bien). 

Les hommes, leur binette à la main, passaient pour surveiller les rigoles d’arrosage des jardins.

N’oublions pas le facteur tout heureux de se débarrasser d’une bonne partie de son courrier entre nos mains dès qu’il arrêtait sa voiture au centre du village, méthode pas trop réglementaire mais fort conviviale. 

Adieu au cinquantenaire (1/2)

N’oublions pas non plus les passages et les cris des ânes, chiens et cochons, et puis les cocoricos des coqs. Le village était bruyant le matin et le soir. Un bruit était rare: celui des automobiles, dont le nombre augmentait peu à peu chaque année.

 

L’après-midi était souvent consacré à la rivière où nous allions à pied pour mieux nous laver qu’à la maison sans eau courante et surtout pour nous détendre entre nous, libres, avec parfois un poste à transistor pour écouter les débuts de Jean-Pierre Foucault sur RMC, seule station pouvant être captée correctement. 

 

(à suivre)

 

 

 

Sauf une, les photos sont de Jacques-Antoine Martini et Michel Franceschetti.

 

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21 février 2019 4 21 /02 /février /2019 18:00

L'année a bien débuté pour le village de Murzo et pour la famille COLONNA.

 

Le 1er janvier, Dorothée VELLUTINI, qui gère la mairie de Murzu depuis maintenant vingt-quatre ans, a reçu la Légion d'Honneur.

 

La même décoration avait été attribuée à son père Charles François COLONNA, maire de 1946 à 1976, dont le nom vient d'être donné à la place de l'église du village. La plaque portant l'inscription "Piazza duttore Ch. Fr. Colonna" a été dévoilée le 9 février dernier.

 

photo Pascale Chauveau: Dorothée avec ses frères Dominique, qui fut maire de Vico et Conseiller Général du Canton des Dui Sorru, et Jean, qui fut, lui aussi, maire de la commune,

photo Pascale Chauveau: Dorothée avec ses frères Dominique, qui fut maire de Vico et Conseiller Général du Canton des Dui Sorru, et Jean, qui fut, lui aussi, maire de la commune,

 

cette occasion, pour les jeunes générations qui n'ont pas connu ce médecin de nos villages, voici la biographie écrite par Bernard ALLIEZ, pages 356 et 357 de l'ouvrage collectif "Vico-Sagone Regards sur une terre et des hommes" (éditions Alain Piazzola) (à commander ICI).

 

 

"Charles François COLONNA, né le 17 janvier 1911 à Vico, est un enfant de Murzo. Après le décès de son père, militaire, alors qu’il n’est âgé que de 9 ans, il sera élevé par sa mère et poursuit sa scolarité à Murzo, puis à Ajaccio. Son père ayant toujours souhaité pour son fils une carrière médicale, Charles se retrouve étudiant en médecine à Marseille où il est hébergé dans une famille amie et se constitue de solides amitiés parmi ses co-étudiants. Son désir de s’installer en Corse ne l’a jamais quitté, il passe sa thèse de médecine en 1938 et rentre à Murzo où la mobilisation le conduit pour quelques mois à être médecin de la place de Sartène. Rapidement, il revient à Murzo puis Vico où il s’installe en 1947. C’est alors que sa vie est entièrement consacrée aux malades et aux familles des trois cantons, Deux Sorru, Deux Sevi et Cruzzini Cinarca. Les anciens s’en souviennent encore avec émotion.

Au début, certaines visites s’effectuaient à pied et/ou à cheval ! Jusque dans le Cruzzini! On raconte qu’un jour, un médecin italien l’appela en consultation à Guagno-les-Bains où existait un camp de prisonniers française. Charles s’y rendit avec sa mule et pour le retour son confrère lui propose une voiture, un chauffeur et de faire ramener sa monture. «Ma mule ne connaît que moi» lui répond Charles!

 

 

La famille Colonna est à l'honneur

 

Maire de Murzo de 1946 à 1976, conseiller général et sénateur suppléant, il considérait la politique comme le prolongement indispensable de son action sociale et médicale. Son épouse l’a aidé et soutenu tout au long de sa vie familiale et médicale, ses enfants ont chacun poursuivi de brillantes carrières médicales et politiques.

Dès que possible, il circule en «traction», puis en 2 CV, enfin dans une DS qui devient célèbre dans tous les villages et sur toutes les routes. Il fut l’un des derniers à pratiquer des ponctions lombaires dans les bergeries, des accouchements à domicile même au forceps!, des réductions contentions de diverses fractures et luxations sans compter les plaies de toute nature, etc. mais toujours avec un grand souci d’hygiène et d’asepsie. C’est en assistant un accouchement à Balogna qu’il décèdera brutalement à l’âge de 65 ans, en 1976.

A Vico, il fut considéré comme le «médecin des pauvres», n’hésitant jamais à donner les médicaments ou les soins sans contrepartie. Aimé et regretté dans tous les villages, sa générosité sans limite, sa stature et son embonpoint restent comme des signes d’un homme accueillant et inspirant confiance."

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14 février 2019 4 14 /02 /février /2019 17:32
Yvette nous a quittés
Yvette nous a quittés

Avec Yvette TRAMINI, une personnalité poggiolaise vient de s'éteindre.

 

En dehors de ses états de service militaires, au sein du 25e Bataillon Médical attaché à la 9e DIC (division d'infanterie médicale), elle fut en 1977 la première femme élue au conseil municipal de Poggiolo.

 

Toutes nos condoléances à sa famille.

Yvette nous a quittés

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28 janvier 2019 1 28 /01 /janvier /2019 18:00

Suite de la chronologie poggiolaise des années se terminant par 9.

 

1849

La chapelle Saint Roch reçoit sa cloche, consacrée à Saint Roch et à saint Jean-Baptiste.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-la-cloche-de-saint-roch-s-est-tue-99657207.html

 

1899

A la Vignarella, construction de la maison de Jean-Martin DESANTI, sous-officier de carrière et chevalier de la Légion d'Honneur. Elle appartient maintenant à Bernard et Marie-Claude FRANCESCHETTI.

http://poggiolo.over-blog.fr/2018/06/les-maisons-poggiolaises-3-les-autres-maisons-de-notables.html

 

Deux prochains articles détailleront la carrière du deuxième Poggiolais à avoir été médaillé de la Légion d'Honneur.

Célébrations poggiolaises: les années en 9 (2/2)

2 décembre 1899

Naissance de Nicolas COLONNA. Il fut le plus jeune des Poggiolais ayant participé à la guerre de 1914-1918.

http://poggiolo.over-blog.fr/2018/05/poilus-poggiolais.html

 

1909

- Le 2 janvier, un gendarme est tué à Soccia par Jean SANTONI, dit GIAVANNELLI, qui est lui-même abattu le 6 à Guagno-les-Bains.

http://poggiolo.over-blog.fr/2015/12/du-sang-a-guagno-les-bains.html

 

- En application de la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat, "Le Journal Officiel" du 5 mai publie l'attribution des biens de la paroisse à la mairie qui devient ainsi propriétaire de "Chioso Chiesale" (ou "u ouijale"), terrain qui avait échappé à la vente des biens paroissiaux de 1803.

http://poggiolo.over-blog.fr/2016/01/la-laicite-en-action-dans-les-deux-sorru-le-tresor-municipal-4-6.html

http://poggiolo.over-blog.fr/2016/01/la-laicite-en-action-dans-les-deux-sorru-comment-le-cure-pourra-t-il-manger-6-6.html

 

1929

- Pendant plusieurs jours, un grand incendie détruit toute la végétation des pentes du Ciarvellu.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-le-feu-en-face-de-poggiolo-110152610.html

Célébrations poggiolaises: les années en 9 (2/2)

- Les élections municipales du 5 mai sont annulées par le conseil de préfecture de Nice. Organisées de nouveau le 30 mars 1930, elles donnent lieu à de tels incidents que le dépouillement a lieu... à Nice! Elles sont encore annulées le 13 février 1931.

http://poggiolo.over-blog.fr/2014/02/péripéties-municipales-et-le-dépouillement-eut-lieu.-à-nice.html

 

1939

- Installation à l'église Saint Siméon du tableau de la déposition du Christ, œuvre de l'artiste Damaso MAESTRACCI. Tableau remarquable par la couleur noire de la peau du Christ et par les soldats de haute taille qui l'entourent et forment un "sepolcro".

http://poggiolo.over-blog.fr/2017/04/solution-a-la-devinette-du-mois-le-christ-etait-noir.html

http://poggiolo.over-blog.fr/2018/03/le-sepolcro-de-poggiolo-a-ete-oublie.html

Célébrations poggiolaises: les années en 9 (2/2)

- Le 24 septembre, à la suite de la déclaration de guerre, le conseil municipal décide de créer un magasin municipal pour garantir l'approvisionnement du village contre la hausse des prix. L'initiative dura jusqu'au 27 juillet 1940.

http://poggiolo.over-blog.fr/la-mairie-pense-à-l-alimentation-des-habitants

 

1959

Le 19 mars, le socialiste Martin PAOLI, déjà conseiller général du canton de Soccia depuis 1945, est élu maire de Poggiolo. Il le reste jusqu'à son décès en mai 1968.

 

1999

Arrêt de l'exploitation de l'établissement thermal de Guagno-les-Bains pour cause de légionellose.

 

16 août 1999

Dans le cadre des animations de la saint Roch pour restaurer les églises poggiolaises, exposition de vieilles photos dans les rues du village. 

http://poggiolo.over-blog.fr/2016/07/quand-les-poggiolais-regardaient-leur-ancetres.html

 

octobre 2009

Le peintre Mario SEPULCRE achève la fresque "Le banquet des amis" pour un tombeau du cimetière communal.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-la-bonne-annee-de-mario-42832124.html

 

 

 

Et n'oublions pas:

 

1er mars 2009:

démarrage du Blog des Poggiolais.

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1 janvier 2019 2 01 /01 /janvier /2019 17:58

A chaque début d'année, on espère que les douze mois à venir seront heureux et on envoie des vœux de toute sorte. Mais lequel choisir en priorité?

Bien sûr, la santé est très importante mais il faut insister sur la PAIX. Nous en avons tous grandement besoin en ce moment.

Pour illustrer le souhait pacifique, cette petite scène d'un vieux monsieur s'amusant avec un petit chat convient très bien.

Pour une année de paix

De plus, cette photo, prise par Jacques Antoine MARTINI en 1968, a un rapport avec l'année 2018 qui était celle du centenaire de la fin de la première guerre mondiale: l'homme représenté assis sur le mur bordant la maison de Valère Ceccaldi était soldat en 14-18.

 

Laurent Antoine PINELLI (1891-1974) entra dans l'armée en 1912. Il ne mesurait que 1,52 m de hauteur. Il fut d’ailleurs connu toute sa vie sous le surnom de «Antunarellu» (le petit Antoine). Il aurait pu être exempté du service militaire mais, si la taille minimale exigée était de 1,54 m jusqu’en 1901, une loi rendit, cette année-là, le conseil de révision souverain de sa décision. Et Laurent Antoine commença sa carrière militaire.

Il embarqua pour l'Indochine et devint caporal puis sergent dans un régiment de tirailleurs tonkinois. Il revint en Europe en octobre 1918, puis rentra en Indochine.

Il fut ensuite envoyé au Levant où il participa de 1920 à 1922 à la très dure campagne de Syrie-Cilicie contre les Turcs. Après quelques mois en AOF, il fut affecté en Cochinchine jusqu'à la fin de sa carrière en janvier 1928. Il retourna en Corse avec le grade d'adjudant et de nombreuses médailles.

 

En 1959, quand Martin PAOLI fut élu maire de Poggiolo, Laurent Antoine devint premier adjoint, fonction qu'il assuma jusqu’en 1971.

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21 décembre 2018 5 21 /12 /décembre /2018 11:13
Storia nostra numéro 4: XIXe et XXe siècles

Jean-Pierre GIROLAMI termine sa série sur "les 50 dates qui ont fait l'histoire de la Corse" (présentée sur ce blog en janvier dernier) avec la quatrième partie consacrée aux XIXe et XXe siècles, parue aujourd'hui vendredi 21 décembre dans "Settimana".

Comme l'indique sa présentation: "Un panorama de l'histoire de la Corse s'est révélé ainsi par petites touches. Sans prétendre à l'exhaustivité, il présente une chronologie des événements principaux qui ont façonné cette île depuis le préhistoire, répondant ainsi à une curiosité légitime".

Et n'est-ce pas un fort symbole que cette chronologie s'arrête avec la victoire des nationalistes aux dernières élections?

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14 décembre 2018 5 14 /12 /décembre /2018 20:06

Tous les Corses sont devenus orphelins aujourd'hui 14 décembre, quand Edmond Simeoni a rendu son dernier soupir à Ajaccio.

Il incarnait la défense de la Corse et de son peuple depuis si longtemps...

Né le 6 août 1934 à Corte, il fit ses études de médecine à Marseille et exerça à Bastia au milieu des années 1960 comme gastro-entérologue.

Avec son frère Max, il anima la contestation au projet d’un centre d’expérimentation nucléaire en Corse (1960), créa le CEDIC (centre d'étude et de défense des intérêts de la Corse) puis l’ARC (Action Régionaliste Corse) en 1967. Il se fit connaître en 1970 par son opposition au déversement des boues rouges de la société italienne Montedison au large de l’île de Beauté. Pour sauver une Corse en état de sous-développement avancé, son mouvement s'engagea dans la dénonciation de la mainmise des clans sur la vie politique locale, la redécouverte de la culture traditionnelle corse, la lutte contre la spéculation et la défense de l’environnement.

En 1974, l'ARC publia son livre-manifeste «Autonomia» réclamant la reconnaissance du peuple corse et une autonomie interne dans le cadre de la République.

 

Tout bascula le 21 août 1975. Un commando de militants de l’ARC dirigés par Edmond occupa une cave d’Aleria pour dénoncer les scandales financiers dans la filière viticole et l'impunité dont bénéficiaient par certains pieds-noirs. Le ministre de l’intérieur, Michel Poniatowski, couvert par le 1er ministre Jacques Chirac, utilisa des moyens démesurés: 1.500 gardes mobiles, blindés, hélicos… Les armes parlèrent et firent 2 morts à Aleria et 1 à Bastia le lendemain. Le jacobinisme n'avait pas voulu discuter.

 

Edmond Simeoni à Aleria (image INA).

Edmond Simeoni à Aleria (image INA).

Incarcéré, Edmond fut amnistié en 1981. Mais le FLNC, fondé en 1976, avait commencé ses actions terroristes. Simeoni s'opposa toujours aux violences clandestines, ce qui lui valut de nombreuses critiques des extrémistes. Il continua à incarner un courant modéré dans la forme mais intransigeant sur la défense des racines qui font l'identité  corse. Elu plusieurs fois sur les bancs de l'assemblée territoriale, il était reconnu comme un sage qui gardait une grande influence. Il eut la joie de voir son fils Gilles devenir maire de Bastia puis président du conseil exécutif de la Corse.

Edmond travaillait beaucoup auprès des Corses de l'extérieur, persuadé que leur appui était nécessaire pour sauver son île. Il écrivait toujours beaucoup et certains de ses très récents textes sont très instructifs.

 

Droit à l'existence du peuple corse

Le Peuple Corse qui a le droit imprescriptible à la vie - il le tient de l'Histoire et de sa légitimité -, a aussi le droit en vertu des conventions internationales, le droit imprescriptible à la reconnaissance officielle, à la maîtrise de son destin dans son Pays, pour y vivre paisiblement dans la paix; mais aussi par la création d'un développement maîtrisé et mieux partagé, projet dont le socle est constitué par les principes de l'humanisme.

Blog d'Edmond Simeoni, 21 novembre 2018

Sur la violence

  • Que notre combat engagé, pour la reconnaissance, la dignité et la liberté, n’a jamais eu pour vocation de démembrer nos Etats respectifs. Leur intransigeance, leur refus systématique de dialogue ont inévitablement suscité, dans certains cas et suivant les Pays, des actions violentes  que l’on peut regretter mais  qui sont tout à  fait  compréhensibles ; L’objectif a toujours été de faire reconnaître les droits et la légitimité de nos peuples en lutte. Il y aurait suffi une volonté et des évolutions adaptées, conformes aux intérêts légitimes des parties pour prévenir cette évolution.

 

remise du Prix Coppieters à Edmond Simeoni le 24 novembre 2018

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Edmond Simeoni et Michel Franceschetti au salon du livre d'Ajaccio le 9 août 2013

Edmond Simeoni et Michel Franceschetti au salon du livre d'Ajaccio le 9 août 2013

L'autonomie

Le plus important est, écrit Edmond dans son billet du 1ermars, de « poursuivre notre chemin sans outrances, sans violences avec pour objectif un statut d’autonomie de plein droit dans la République. »

Qu’est-ce que cette autonomie ? Edmond le précise dans le quotidien « La Dépêche» du 7 février : «Nous voulons rester dans une République qui conserve ses pouvoirs régaliens: la monnaie, la Défense, la Police, la Justice, les Affaires étrangères, avec pour le reste une autonomie de gestion. »

Idées et personnalité d'Emmanuel Macron (publié sur son blog le 1ermars 2018).

 

«Le Président de la République Française est un homme pressé, affairé, ambitieux ; il voit le monde à travers le diagramme, les ratios, la productivité ; il est parfaitement à l’aise à Davos et il vit les rendez-vous avec les grands de ce monde avec une jubilation manifeste. Il croit que le monde économique en particulier doit être tiré vers le haut, par des entreprises leaders performantes et qu’ainsi le cycle vertueux finira par profiter à toutes les bases.

On cherche en vain, dans sa démarche générale, une once d’humanité, de compassion, de compréhension; on a l’impression, peut-être fausse, qu’il considère les sociétés, les peuples, les entreprises, les institutions comme de simples variables d’ajustement qui doivent progressivement trouver leur juste place, grâce à l’harmonie rédemptrice du capital, des grands groupes, des financiers ! Un fantasme.

A mon sens, le lien avec la Corse est clair; il ne connaît pas du tout le dossier et la modestie des enjeux locaux, à l’échelle mondiale, le dissuade de s’y intéresser.»

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3 décembre 2018 1 03 /12 /décembre /2018 18:00

La question de savoir combien de curés poggiolais participèrent à la première guerre mondiale n'est pas farfelue.

En effet, à chaque génération, les principales familles de Poggiolo avaient au moins un prêtre dans leurs rangs. 

Quand la mobilisation générale fut décidée en 1914, deux ecclésiastiques originaires du village furent rappelés sous les drapeaux. Mais un seul participa à la guerre.

 

La bonne réponse était : UN. 

 

Qui était-il?

 

Et pourquoi la réponse DEUX n'est-elle pas la bonne?

Solution à la devinette du mois: Curés sac au dos !

Jacques Antoine MARTINI, trois fois soldat

Fils de Pierre MARTINI et de son épouse Marie Antoinette, Jacques Antoine MARTINI naquit à Poggiolo le 4 juillet 1873.

 

Elève du séminaire quand il fut recensé par l'armée, il fut incorporé au 40e régiment d'infanterie en novembre 1894. Il dépendait alors de la loi "curés sac au dos". Ce sobriquet avait été donné à la loi Freycinet du 15 juillet 1889 car elle supprimait de nombreuses exemptions au service militaire, et notamment celle des prêtres qui durent revêtir l'uniforme.

 

Mais, alors que le service militaire durait 3 ans, Jacques Antoine ne fit qu'un passage d'un an de novembre 1894 à septembre 1895... puis il fut rappelé en novembre 1899.

 

En effet, la loi "curés sac au dos" permettait aux élèves ecclésiastiques continuant leurs études de ne faire qu'un séjour d'un an sous les drapeaux. Seulement, s'ils n'étaient pas pourvus d'un emploi à 26 ans, l'article 24 les obligeait à accomplir les deux années de service restantes. Ce fut le cas pour Jacques Antoine qui se retrouva au 141e régiment d'infanterie jusqu'au 21 septembre 1901.

Jacques Antoine en uniforme du 141e RI.

Jacques Antoine en uniforme du 141e RI.

 

 

Il eut ensuite des postes dans l'Eglise corse, notamment comme vicaire à Cauro entre 1903 et 1906, puis à Renno.

 

Passé dans la territoriale, il fut rappelé le 1er août 1914. L'autorité militaire l'envoya au dépôt des blessés et prisonniers de Castelluccio comme infirmier (il avait accompli une période d'exercice dans une section d'infirmiers militaires en 1909). Mais il fut classé dans le service auxiliaire, puis réformé pour bronchite chronique en novembre 1915. 

 

Au total, Jacques Antoine MARTINI fut soldat plus de quatre ans en trois périodes distinctes.

 

Surnommé prête Ghjacumu, il fut ensuite nommé à Calcatoggio et Piana. Il décéda le 14 juin 1956, âgé de 82 ans, à Poggiolo.

Un article précédent a publié une photo de la Fête-Dieu au village peu avant le décès de Jacques Antoine. On devine le prêtre portant l'ostensoir sous le dais à côté de la chapelle Saint Roch. Au premier plan, on reconnaît Guy TRAMINI.

Solution à la devinette du mois: Curés sac au dos !

Un des frères de Jacques Antoine MARTINI, Paul Mathieu Alexandre Louis (1880-1958), qui n'était pas prêtre, fut rappelé lui aussi en 1914 et fit toute la guerre, dans l'infanterie puis dans l'artillerie.

 

 

Martin DEMARTINI, le prêtre insoumis

 

 

Le cas de Martin Demartini fut particulièrement embrouillé.

 

Né le 17 décembre 1882 à Poggiolo, d'Antoine François et son épouse Marthe, il fut appelé sous les drapeaux en novembre 1903, alors qu'il était "élève ecclésiastique" à Rome.

 

Il fut tout de suite réformé pour raison médicale, diagnostic confirmé l’année suivante. Rappelé dix ans plus tard, quand la guerre éclata, il fut encore exempté en décembre 1914.

 

En 1917, l'armée française cherchant à combler les pertes devenues immenses, son cas, comme celui de très nombreux exemptés, fut réexaminé et, cette fois, la commission, sans le voir, le classa «bon pour le service».

 

Martin DEMARTINI fut affecté à un régiment qu’il ne rejoignit pas. En conséquence, le 9 février 1918, il fut déclaré «insoumis en temps de guerre».

 

Mais il bénéficia d’une visite médicale particulière le 7 octobre 1918... au consulat français de la ville argentine de Rosario!

 

De nouveau pourvu d’une réforme pour raison de santé, il dut  cependant attendre juillet 1920 pour être rayé de la liste des insoumis.

 

Pendant ces années, si Martin Demartini, séminariste, puis prêtre, était mobilisable au titre de la loi française, le problème était compliqué par le fait qu’il se trouvait en Italie et qu'il travaillait au Saint-Siège, lequel l’envoya en mission diplomatique en Amérique du Sud pendant la guerre.

 

Ses deux frères combattirent:

- Jean Toussaint (1884-1960) fut blessé à la bataille de la Marne,

- et Jean Baptiste, né en 1893, mourut pour la France en 1915. Son nom est sur le monument aux morts de Poggiolo.

 

Martin DEMARTINI décéda en 1970 à Ajaccio. Mais certains Poggiolais se souviennent encore d'avoir vu dans les années 60pour suppléer l'abbé MILLELIRI certains dimanches, un vieux prêtre que l'on disait être "un monsignore" célébrer à Saint Roch en restant toute la messe assis à cause de son grand âge.

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2 décembre 2018 7 02 /12 /décembre /2018 18:57
La devinette du mois: curés sac au dos!

Dans la ligne du centenaire de l'armistice de 1918, nous continuons à présenter l'action des Poggiolais durant la première guerre mondiale.

Pendant longtemps, à chaque génération, les principales familles du village fournissaient au moins un curé. Quand la guerre commença, plusieurs ecclésiastiques étaient donc d'origine poggiolaise.

 

Combien de prêtres nés à Poggiolo ont-ils participé à la guerre ?

1 ?

2 ?

3 ?

4 ?

 

Réponse demain.

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29 novembre 2018 4 29 /11 /novembre /2018 18:12

Suite de la présentation de la correspondance de deux soldats poggiolais en 1914-1918.

 

 

Un devoir patriotique à accomplir

Les renseignements sur le déroulement de la guerre  étaient rares à cause du contrôle postal.

Jean Lovichi y fit allusion le 1erjuin 1915: « Je vous avais fait une lettre avec des précisions, mais (…) elle n’était pas licite ». Quelques jours après, il écrivit : « Il y a eu l’autre jour de rudes choses dont je me souviendrai jusqu’à être grand-père. Permettez mon langage de Sibylle. Les circonstances le réclament. »

Dans sa lettre du 28 octobre 1914, Jean Toussaint Demartini put raconter dans le détail la capitulation des forces allemandes du Togo et l’entrée des troupes franco-anglaises le 24 août à Kamina mais c'était parce que les opérations militaires étaient complètement terminées depuis deux mois dans ce territoire.

 

Début de la lettre de Jean Toussaint Demartini du 28 octobre 1914.

Début de la lettre de Jean Toussaint Demartini du 28 octobre 1914.

 

 

Cependant, dans sa carte du 4 février 1916, il nota, sans plus de précision : « Depuis 6 jours, on se bat ». Il s’agissait de la bataille de la Somme dans laquelle il mourut le 9 février.

 

Quand les soldats écrivaient sur les batailles, ils répercutaient souvent des fausses nouvelles, comme Jean Toussaint Demartini qui, le 1eroctobre 1915, était enthousiasmé par « l’éclatante victoire que les troupes françaises viennent de remporter » à propos de la deuxième bataille de Champagne qui permit bien une petite progression des troupes françaises mais au prix de pertes énormes.

 

Malgré les aléas de la guerre, l’amour de la patrie et le sentiment du devoir à accomplir restaient importants :

« Qu’ils m’envoient partout où ils veulent, je suis indifférent, je ferai mon devoir comme par le passé » (JT Demartini, 10 décembre 1915).

« Puisqu’il faut se battre mieux vaut le faire de bon cœur » (J Demartini, 28 octobre 1915).

« Nous voulons offrir à la France les routes de la Propontide qui ont toujours tenté le monde et qui furent toujours les voies chéries de la pensée » (J Lovichi, 2 juin 1915).

« L’élan de tous était superbe. Pour chaque chose, je trouvais volontiers de braves bougres enthousiastes du sacrifice » (J Lovichi, 27 juin 1915).

 

Cet enthousiasme n’empêchait pas de ressentir l’angoisse de la veille du combat

« Les tranchées sont face à face. Les guetteurs s’observent, les fusils couchés sur les créneaux, les mitrailleuses pointées, les crapouillots aux grosses gueules dorment jusqu’au déclenchement de l’action. » (J Lovichi, 7 juin 1915).

 

On était lucide sur les risques encourus. Le plus gênant était « le bruit continuel des canons » (J Demartini, sans date) mais on s’en moquait dans la correspondance :

« Beaucoup de bruit, un joli bruit strident… J’en ai déjà la vieille habitude » (J Lovichi, 31 mai 1915).

Même une blessure était minorée comme par Demartini, blessé le 21 août 1914: « Elle est absolument insignifiante, j’ai la jambe gauche traversée. Mais maintenant je suis entièrement guéri ; il reste à peine deux cicatrices où la balle est entrée et sortie. Le médecin Anglais voulait m’évacuer. Je n’ai pas voulu.» mais, les jours suivants, il note quand même: « je marchais en hamac » (J T Demartini, 28 octobre 1914). 

 

 

Une vie difficile et qui fait réfléchir

La vie quotidienne était difficile, mais elle inspirait des comparaisons amusantes :

« Aujourd’hui, nous construisons des tranchées, jusqu’à 9 heures du soir; ce travail ressemble beaucoup aux fossés que l’on fait dans les vignes pour planter des ceps américains » (JT Demartini, 28 octobre 1915).

« Je suis poussiéreux, hirsute et ressemble à je ne sais quel moyenâgeux Bachi-Bouzouk » (J Lovichi, juin 1915).

 

Il est vrai qu’il existait des moments agréables entre les coups durs :

« J’ai plus bu de champagne que j’en boirai peut-être dans ma vie » écrivit le 28 octobre 1914 Jean Toussaint Demartini qui profitait alors des provisions laissées par les Allemands au Togo à la suite de leur capitulation.

« Je vais me baigner à la mer comme Hector et face à une aventure analogue j’y promène mon poitrail nu. Le costume des baigneurs est celui d’Adam » (J Lovichi, 31 mai 1915). Les combats des Dardanelles ayant lieu à quelques kilomètres de l’emplacement de l’ancienne cité de Troie, le courrier de Jean Lovichi y fait plusieurs allusions, comme ici par cette comparaison avec Hector.

 

Jean LOVICHI et ses sœurs.

Jean LOVICHI et ses sœurs.

 

Surtout, une grande camaraderie régnait entre les combattants :

« Ma grande joie est de me sentir entouré de l’amitié de tous mes hommes » (J Lovichi, 30 juin 1915).

« Hier nous avons fêté ma fête (la Toussaint), mes camarades m’avaient offert beaucoup de fleurs, on s’est bien amusé » (JT Demartini, 2 novembre 1915).

 

Dans ces combats atroces, on gardait son humanité et on se sentait grandir :

« Tel j’étais tel je suis, avec cet avantage que j’ai l’âme un peu plus trempée par les circonstances actuelles » (JT Demartini, 28 octobre 1914).

« J’ai presque dépouillé le vieil homme et n’aspire plus maintenant qu’à me redresser de toute ma taille de défenseur de la Patrie » (J Lovichi, sans date, certainement mai 1915, avant son départ pour les Dardanelles).

« J’aurais été, si je n’avais pas été appelé, réduit aux sophismes et à la vie misérable. Maintenant une vie nouvelle commence, de force et de responsabilité » (J Lovichi, sans date).

Cette "vie nouvelle" fut brisée par une balle le 14 juillet 1915.

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