Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 18:02
La devinette du mois: portrait de baby-boomers

Voici une photo très ancienne car elle a plus de cinquante ans. Elle a été prise pendant l’été 1965 lors d’une excursion en montagne.

Sur les douze excursionnistes représentés, deux vivaient toute l’année à Poggiolo (et y vivent toujours). Mais tous avaient des attaches familiales avec le village.

Ces jeunes avaient alors entre 15 et 20 ans et étaient nés lors du pic de natalité (nommé « baby boom ») que la France a connu juste après la fin de la seconde guerre mondiale.

En dehors d’une décédée et d’une autre qui ne vient plus du tout depuis longtemps, toutes ces personnes peuvent être rencontrées, à un moment ou à un autre de l'année, à Poggiolo et Guagno-les-Bains. Combien pouvez-vous en reconnaître un demi-siècle plus tard ?

 

Réponse demain.

La photo peut être agrandie en cliquant sur elle.

Repost 0
1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 18:00

La devinette qui était proposée demandait le lien entre Poggiolo et Clermont-Ferrand.

A priori, la cité industrielle et auvergnate de Clermont-Ferrand n’a aucun rapport avec le village montagnard et corse de Poggiolo. Pourtant, un lien familial a existé. Un membre de la famille PINELLI, l'une des plus anciennes de Poggiolo, est né dans la cité des usines Michelin. Il s’agit de Jean-Noël-François PINELLI, né le 31 mai 1881.

D’autres Poggiolais ont eu des villes du continent comme lieu de naissance. Seulement, Jean-Noël-François PINELLI est le seul Poggiolais à avoir fait partie d’un gouvernement. Ses fonctions de sous-secrétaire d'Etat à la marine marchande furent brèves (quatre-vingt-dix jours) mais il ne mérite pas d’être oublié.

 

Jean-Noël-François PINELLI est donc né le 31 mai 1881 à CLERMONT-FERRAND.

La solution de la devinette d'avril: Poggiolo et Clermont-Ferrand

Son père Jean-Baptiste était le fils de Jean-Noël PINELLI et de son épouse Marie Lucie NESA.

Jean-Baptiste naquit le 21 août 1848 à POGGIOLO et fit d'abord carrière dans l'armée. Il participa à la guerre de 1870 où il fut prisonnier des Allemands. Sa carrière a été racontée dans l’article "1870, la guerre oubliée" 

Il se tourna ensuite vers la banque. Il épousa Aline MENU le 3 octobre 1876 à CLERMONT-FERRAND. Leur enfant, Jean-Noël-François, appelé le plus souvent Noël, vit le jour cinq ans plus tard dans cette même ville.

Jean-Baptiste obtint le titre de chevalier de la Légion d'Honneur le 13 janvier 1907 et mourut à Paris le 15 juillet 1917.

 

Noël fit ses études au collège Fesch d'Ajaccio et à la faculté de droit d'Aix-en-Provence dont il fut lauréat.

 Avocat du barreau d'Ajaccio en 1900. Commissaire de la marine de 1901 à 1918, professeur sur le bateau-école "Duguay-Trouin", il était à Salonique en 1916 et à Londres en 1917. Il entra dans l'industrie après la guerre.

 


Il était dirigeant de la Ligue Civique, association patriotique. Il entra en 1929 au Conseil général de la Seine et au conseil municipal de Paris, dont il fut vice-président en 1933-1934. Il se présenta aux élections législatives de 1936 dans la 1re circonscription du XIVe arrondissement de Paris. Il fut élu député de Paris au second tour par 10.313 voix sur 20.466 votants, contre 9.791 à Piot. 

Il s'inscrivit au groupe des indépendants républicains (groupe parlementaire conservateur constitué, en marge de la Fédération républicaine, par un certain nombre de députés de droite). Il fut membre de la commission des comptes définitifs et des économies et de la  commission de la marine militaire.

La solution de la devinette d'avril: Poggiolo et Clermont-Ferrand

Inquiet des menaces de chômage qui pèsent sur la France, il intervint à ce propos dans les discussions sur la semaine de quarante heures (juin 1936) et sur le programme de grands travaux destiné à fournir des emplois (juillet 1936). C'est dans le même sens qu'il protesta contre l'admission de réfugiés espagnols dans le département de la Seine en mars 1939. Il demanda à interpeller le gouvernement sur sa politique navale, et il fut rapporteur pour avis de la commission de la marine militaire sur le projet de loi de février 1939 relatif à la défense nationale. Il fut nommé sous-secrétaire d'Etat à la marine marchande dans le cabinet Paul Reynaud du 21 mars 1940: il ne le restera que jusqu'au 10 mai.

Gouvernement Paul Reynaud.

Gouvernement Paul Reynaud.

Il fut désigné en juin pour aller au-devant des Allemands, à Saint-Denis, et déclarer Paris ville ouverte.

 Il vota la loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 qui donnait les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Il fut ensuite nommé au Conseil National de Vichy. Après la guerre, il fut membre de l'ADMP (Association pour la Défense de la Mémoire du Maréchal Pétain).

 
Il a été président des Poilus d'Orient et des Corses de Paris et vice-président de la Fédération des clubs automobiles de France. Il avait fondé à Salonique avec ses compatriotes Carcopino et Moro-Giafferi le Cercle amical culturel de l'Armée d'Orient dit "le CACAO!".



La solution de la devinette d'avril: Poggiolo et Clermont-Ferrand

Il est resté célibataire; on lui prête des relations amicales avec la romancière Marcelle Tinayre (voir ICI et ICI) qui lui a dédié l’un de ses romans: "Le Bouclier d’Alexandre" (1922).

Bibliophile, érudit, italianisant réputé, il séjournait régulièrement à Rome. En 1929, il publia une nouvelle traduction du "Prince" de Machiavel. Le professeur Jérôme Carcopino disait de lui qu'il était "le romaniste le plus distingué du Parlement français". Il était Commandeur de la Légion d’honneur et Croix de guerre 14-18. Décédé le 6 février 1970.

Son importante bibliothèque fut dispersée après sa mort et il en reste des ex-libris avec sa devise «Pensa e poi fa» et quelques ouvrages parfois proposés dans des sites de livres d'occasion.

 

N’oublions pas Noël PINELLI, le seul Poggiolais député et membre du gouvernement !

 

PS : cet article est une nouvelle version de celui qui a été publié le 4 juin 2010 sous le titre "Pinelli vaut trois euros".

Repost 0
23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 18:00

L'eau de Poggiolo était-elle plus pure il y a cinquante ans que maintenant?

Nous ne le savons pas mais, en complément de l’article d’hier sur la qualité de l’eau potable, nous vous proposons une vidéo sur «la corvée d’eau», quand il fallait chaque jour aller à la fontaine pour remplir seaux ou brocs.

Regroupant des séquences tournées entre 1965 et 1970 à Poggiolo et lors d’excursions en montagne, ce film permet également de voir, après une photo de l'immédiat après-guerre,les jeunes d’alors. Pourrez-vous les reconnaître ?

Vous verrez, parfois fugitivement, les visages de :

- Rose-Marie BARTOLI (maintenant CHABROLLE)

- Jean José BARTOLI

- Hervé CALDERONI

- Joël CALDERONI

- Bernard FRANCESCHETTI

- Michel FRANCESCHETTI

- Jacques-Antoine MARTINI

- Marie-Thérèse MARTINI (maintenant LECCIA)

- François OLIVA

- François ORAZY

- Hervé OULIÉ

- Hélène VECCHI (maintenant DUBREUIL)

 Il existe une version Youtube de ce film.

Repost 0
18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 17:57

Une grossière erreur d’altitude de l’établissement thermal de Guagno-les-Bains était inscrite dans un dessin publicitaire de 1926 présenté par Frédéric BLANC. L’article "Publicité mensongère à Guagno-les-Bains" l’avait dévoilée. Mais est-elle le seul exemple de transformation de la réalité de ce bâtiment ?

Utilisons la planche de quatre gravures prêtée par Hervé CALDERONI et qui a servi dans deux articles de ce blog pour ses représentations des lacs de Ninu et de Creno (voir l’article "Le paysage mystérieux : la solution"). Elle était extraite de l’«Histoire illustrée de la Corse, contenant environ 300 dessins représentant divers sujets», livre écrit entre 1836 et 1841 par l’abbé Jean-Ange GALLETTI (1804-1866) et publié en 1863. Le bâtiment des Bains était également dessiné.La signature J. P. (en bas à gauche) prouve que l’auteur en est Jeanne PETIT-JEAN qui aida l’abbé GALLETTI à illustrer son livre.

Le paysage mystérieux : la solution
L’établissement thermal a-t-il été bien représenté ?

Dans les deux images, celle de 1863 et celle de 1926, l’établissement thermal a bien la forme d’un U séparé de la route par un petit mur. Il résulte de l’agrandissement du bâtiment primitif décidé par le conseil général en 1838 et approuvé par le roi Louis-Philippe qui déclara en 1840 d’utilité publique les travaux qui ne commencèrent qu’en 1845 et durèrent une dizaine d’années.

Jean de la ROCCA dans «La Corse et son avenir» publié en 1857 fournit une description précise :

« L’aile gauche est occupée par des piscines destinées aux militaires (…).

 

L’aile droite est destinée aux malades civils.

 

Le bâtiment du milieu se compose de deux grands réservoirs alimentés par la source principale (…).

 

L’établissement civil forme le premier étage de l’étabissement thermal. Il se compose d’une soixantaine de chambres meublées très convenablement, de salons de réception et autres. »

 

La gravure de Jeanne PETIT-JEAN est bien conforme à ce texte. Mais, dans une brochure intitulée «Bains de Guagno», publiée en 1851 et rééditée en 2004 par les Editions Lacour, Jean de La Rocca avait précisé que l’établissement «est fermé par le moyen d’une grille qui joint ces deux ailes; au milieu de la grille est la grande porte d’entrée». Il ne la mentionne pas en 1857. On peut supposer que le muret a été construit entre ces deux dates.

Une bizarrerie est visible sur le dessin du livre de l’abbé GALLETTI: l’aile de droite comporte une porte au rez-de-chaussée et deux niveaux de fenêtres alors que le bâtiment n’a qu’un étage. Erreur de l’artiste ?

Trois critiques principales peuvent être formulées à cette œuvre :

- L’aile gauche est flanquée de deux constructions qui, à notre connaissance, n’existent dans aucun autre document.

- La route reliant les thermes à l’hôpital militaire est double et très courte. Or, entre les deux lieux, la pente est beaucoup trop forte pour se promener comme les personnages dessinés.

- Les montagnes de l’arrière-plan sont bien plus raides et déchiquetées que la réalité.

Sur ce dernier point, la représentation de 1926 est bien plus conforme à la réalité. L’illustrateur de «La Corse touristique» a peut-être utilisé une photo ou une des cartes postales qui étaient alors très nombreuses.

L’établissement thermal a-t-il été bien représenté ?

Cette version de 1926 montre que le muret bordant la route est constitué de balustres avec une grande inscription «Gd Hôtel de l’Etablissement de Guagno-les-Bains». Ces modifications ont dû être réalisées pendant la «Belle Epoque», avant la première guerre mondiale, ainsi que le second étage qui rehausse le bâtiment central et qui contenait une salle à manger, une pièce banalisée et une cuisine.

L’image ci-dessous permet de mieux distinguer ces éléments.

L’établissement thermal a-t-il été bien représenté ?

Mais, dans la carte postale ci-dessous, le muret n’est pas surmonté d’une véritable balustrade en pierre. D’autre part, l’inscription contient l’adjectif «thermal» après «établissement».

L’établissement thermal a-t-il été bien représenté ?

La cour est plus agréable qu’en 1863 avec la présence d’un bassin, de deux arbres et de plusieurs arbustes. Mais la végétation était en réalité bien plus touffue comme le montrent les vues de l’époque.

L’établissement thermal a-t-il été bien représenté ?

Les modifications de l’établissement thermal de Guagno-les-Bains ont été nombreuses et il est difficile de bien les connaître avant l’utilisation de la photographie. Les travaux de 1973 ont de nouveau modifié le muret et ordonné la végétation.

L’établissement thermal a-t-il été bien représenté ?

Malheureusement, plus rien ne se passe depuis la fermeture de ses activités, et c’est bien dommage.

Repost 0
1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 18:00

Pas de Poggiolais à Verdun, tel était le titre de l’article qui, à l’occasion du centenaire de cette bataille, remarquait qu’aucun Poggiolais n’avait été tué à cet endroit. Par contre, cinq périrent dans la Somme dont DEMARTINI Jean Toussaint le 9 février, voici cent ans et presque un mois.

La grande offensive alliée, qui échoua lamentablement, débuta le 1er juillet. Mais les combats étaient déjà quotidiens. Jean Toussaint y faisait allusion dans sa dernière lettre, écrite le 4 février 1916 à ses Parents... Il ne lui restera que 5 jours à SURVIVRE !

La dernière lettre de Jean Toussaint
La dernière lettre de Jean Toussaint

En voici le texte :

 

Mes chers parents,

Je me porte toujours bien, je vous en souhaite autant.

Depuis 6 jours on se bat. Tout va bien pour le moment. Je vous embrasse 

Toussaint

 

Merci à Philippe PRINCE pour ce document si émouvant.

-----------------------------

DEMARTINI Jean Toussaint était né le 1er novembre 1889 à Poggiolo, de François Antoine DEMARTINI (1845-1920) et de Maria Graziosa DESANTI, son épouse (1858-1948).

Il s’était engagé dans l’armée en 1907. Après cinq ans au 3ème régiment de zouaves, il se rengagea dans les troupes coloniales.

Jean Toussaint participa  aux combats de 1914 contre les Allemands du Togo et du Dahomey. Il fut même cité à l’ordre des troupes du groupe de l’AOF (Afrique Occidentale Française) et fut blessé à la jambe au combat de Khra (Togo) le 21 août 1914.

Devenu sergent, il rentra à Marseille en mai 1915. Quand il tomba au combat le 9 février 1916, il était passé au 24ème régiment d’infanterie coloniale depuis décembre 1915.

Repost 0
23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 18:10

L’altitude peut être un argument important pour le tourisme, par exemple pour les stations de ski.

Les bornes de nivellement présentées dans l’article "La solution à la devinette du mois : cinq photos, un point commun" permettent d’avoir les vrais chiffres, mais il faut recopier ceux-ci avec sincérité. La publicité n’est pas un prétexte suffisant pour publier n’importe quoi.

Or, que lit-on dans l’annonce ci-dessous présentant l’établissement thermal?

Cliquer pour agrandir.

Cliquer pour agrandir.

En haut à droite, il est bien écrit :

(Altitude 840 mètres)

 

Dans la réalité, Guagno-les Bains est en contrebas de Poggiolo qui se situe à des altitudes bien inférieures à 800 mètres.

Les cartes de l’IGN, dressées avec l’aide des bornes de nivellement et les repères géodésiques, fournissent des indications bien précises.

Publicité mensongère à Guagno-les-Bains

Les maisons des Bains sont surmontées par la chapelle St Antoine près de laquelle la bifurcation de la route se situe à 481 m de hauteur. Tout en bas, le pont de Caldane est à 425 m, plus bas que le pont de Genice (qui est en amont, donc plus haut) où la borne de nivellement indique 443 m.

Quant à l’établissement thermal lui-même, il peut être étudié grâce aux courbes de niveau entre lesquelles la hauteur est de 10 mètres. Il est placé entre les lignes 440 et 450.

Où sont les 840 mètres ?

L’erreur est énorme, quasiment du simple au double.

Cette réclame, comme on disait à l’époque, est parue dans la revue «La Corse touristique» en 1926. Le blog remercie Frédéric BLANC d’en avoir envoyé la reproduction.

En plus du texte, le dessin est remarquable car l’établissement thermal paraît bien plus grand qu’il n’est en réalité et car il est bordé à gauche par une grande avenue qui n’a rien à voir avec la minuscule ruelle existante.

Photo Google

Photo Google

On peut espérer que, au moins, une telle présentation a pu attirer de nombreux touristes supplémentaires à cette époque !!!!!!!

Repost 0
21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 18:00

Le 21 février 1916, en lançant leur grande offensive sur Verdun, les Allemands faisaient démarrer la plus grande bataille de la première guerre mondiale. Avec un tiers de million de morts et un peu plus de blessés, son bilan ne fut dépassé que par Stalingrad lors du second conflit mondial.

Les cérémonies, les émissions de télévision et les publications ne vont pas manquer pour évoquer le centenaire de cette bataille acharnée. A ce propos, il faut citer l’excellent dossier réalisé par Sébastien OTTAVI dans le numéro du 19 février de «Settimana», le supplément de «Corse-Matin». Ne se limitant pas à Verdun, il rassemble des documents et les plus récents travaux sur les Corses et la Corse en 14-18. Des légendes sur l’ampleur des pertes insulaires ou sur l’existence de «régiments corses» y sont battues en brèche.

Pas de Poggiolais à Verdun

Curieusement, Verdun ne compte pas beaucoup pour Poggiolo.

En effet, sur les trente Poggiolais qui donnèrent leur vie pendant cette guerre, aucun ne tomba à Verdun.

Sur les six morts de l’année 1916, un, le lieutenant ANTONINI Pierre Toussaint, décéda à Salonique, en Grèce, où il est enterré. Les cinq autres sont morts dans le 80, le département de la Somme, bien loin de Verdun :

3-DEMARTINI Antoine Francois    08/07/1916    Assevillers (80)

6-DEMARTINI Jean Toussaint    09/02/1916    Cappy (80)

10-DESANTI Jean Antoine Martin    03/08/1916 (80)    

14-MARTINI Martin    03/09/1916 Cléry-sur-Somme (80)    

18-PATACCHINI Jean André Zacharie    13/08/1916 Curlu (80)    

 

Les numéros correspondent à la carte, publiée dans l’article «Où les poilus poggiolais sont-ils tombés?», qui montre les lieux de décès des trente héros poggiolais.

Pas de Poggiolais à Verdun

L’année 1916 fut aussi celle de la bataille de la Somme engagée, elle, sur l’ordre de JOFFRE et qui fut un échec pour les Alliés. Il y eut beaucoup de morts et blessés, dont une majorité de Britanniques, entre le 1er juillet et décembre 1916. Mais elle fut moins connue que celle de Verdun.

Il est à remarquer que DEMARTINI Jean Toussaint est mort dans cette zone le 9 février, avant le début de cette offensive.

Pour éviter l’épuisement des soldats, PÉTAIN institua une rotation qui amena à tour de rôle près des 2/3 des unités françaises dans cette bataille. Si aucun soldat de Poggiolo n’a été tué à Verdun, plusieurs s’y battirent quand même.

Repost 0
19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 18:00

Un des buts de la collecte de dons lancée à Letia est la restauration des peintures de Raymond RIFFLARD dans l’église St Martin (voir l'article "Sauver Choupik et Rifflard"). Mais cet artiste a laissé à Orto une œuvre très originale, et qui n’a rien de religieux.

 

D’après sa notice biographique parue sur le site «Cronica di a Corsica», Raymond RIFFLARD dit RIF est né à Paris en 1896. Artiste peintre, il s’installe à Ajaccio dès le milieu des années 1920. Il illustre la revue «L’Almanaccu di a Muvra» en 1927. Auteur de nombreux paysages de Corse, il expose régulièrement à Ajaccio. Il décore et effectue des peintures dans les églises de Marignana, Cozzano, Cristinacce, Propriano…

Ainsi, il a repris les décors d’IVANOFF (peintre russe présenté dans "Où sont les traces des Russes ?") à Soccia et à St Martin d’Evisa en 1971. Il reprend le décor de Jean Noël COPPOLANI à St Jacques de Marignana.

Il décore également des établissements privés (bars, Maison des Combattants à Ajaccio…). Il décède à Sagone en 1981.

 

En 1958, sur le mur du bar d’Orto, il créa une fresque représentant le général de Gaulle. Le 18 juin 2009, J-M F, le correspondant de «Corse-Matin», avait publié l’histoire de sa création.

 

Nous reproduisons l'article, dans lequel le nom du peintre a été déformé.

Le général de Gaulle à Orto

"A Orto, dans l'établissement de Thérèse Massiani, où les habitants aiment à se retrouver après le travail, Charles de Gaulle depuis 1958, en son costume de général, assiste impassible à toutes les discussions, chants, soirées jeux de société et autres. Comment le libérateur de la nation peut-il trôner dans un petit village de montagne? Thérèse a bien voulu 51 ans après et pour la première fois nous raconter avec passion l'histoire de cette peinture.

A Orto en 1958 un artiste peintre nommé Riflar avait été chargé de restaurer l'église. Celui-ci avait pris pension en l'établissement le café de la paix tenu par son époux Etienne. Lors des longues soirées parties de cartes, dialogues, tous les sujets de société étaient évoqués. "C'était l'époque des événements d'Algérie et le putsch des généraux. Sur une revue relatant les faits, la première de couverture représentait le général en buste. Etienne dit à Riflar (et je m'en souviens comme si c'était hier): tu es incapable de me peindre le général, Etienne en était un inconditionnel. L'artiste peintre aussitôt a tracé une esquisse sur le mur de l'établissement et a reproduit le portrait de de Gaulle sur 1,40 mètre par 1,35 mètre au fil des soirées ".

C'est un saisissant portrait du grand homme qui malgré les décennies n'est pas dégradé.

Bref, le détour par Orto pour ceux qui viennent dans les Deux Sorru s'impose, un chef d'œuvre unique dévoilé 51 ans après l'appel du 18 juin 1940 existe dans cet établissement bien nommé: le café de la paix."

J.-M.F

 

 

Petite note historique: si le général de Gaulle est bien revenu au pouvoir en 1958 grâce aux événements d'Algérie (manifestation des Français d'Algérie le 13 mai, à laquelle la Corse se rallie le 24 mai sous l'impulsion de Pascal ARRIGHI dont la biographie se trouve dans l'article "Arrighi avant Mamberti"), le putsch des généraux a eu lieu en avril 1961.

 

Une œuvre si particulière ne mériterait-elle pas d'être classée par les monuments historiques ?

 
Repost 0
4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 18:00
Photo Michel Franceschetti

Photo Michel Franceschetti

L’image présentée pour la devinette de février est celle d’un saint posée sur une matière métallique, plus précisément sur le bronze de la cloche de Guagno-les-Bains.

Photo Michel Franceschetti

Photo Michel Franceschetti

Au-dessus du village, se trouve la chapelle Saint Antoine, dont la fête a eu lieu le 16 janvier dernier.

Elle n’a pas de clocher mais un clocheton éloigné de quelques mètres du bâtiment. Autrefois, près de nombreuses églises, dont les fidèles n’avaient pas les moyens de payer l’édification d’un clocher, une cloche était suspendue à la grosse branche d’un arbre ou entre deux troncs. Ce fut le cas pendant longtemps avant l’actuelle construction en moellons de granite bétonnés. A Poggiolo, il fallut de nombreuses années pour que Saint Siméon obtienne son clocher (voir article: "La Laïcité en action dans les Deux Sorru : La fabrique part dans la dignité").

Depuis quand le clocheton existe-t-il à Guagno-les-Bains ?

Un élément en donne une idée. Le côté de la cloche opposé au saint comporte un crucifix et l’inscription :

 « LAUDATE DOMINUM

A. D . 1926 »

(Louez le Seigneur

Année du Seigneur 1926)

Photo Leca Anna-Maria et Medurio Noelle, Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses.

Photo Leca Anna-Maria et Medurio Noelle, Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses.

Depuis au moins 1926, cette cloche domine la chapelle et les maisons de Guagno-les-Bains, comme sur cette carte postale où le clocheton, entouré d’un cercle rouge, émerge des ruines de l’hôpital militaire.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Repost 0
19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 18:00

Si la loi de 1905 est la plus connue des mesures qui imposèrent la laïcité, elle fut précédée par de nombreuses autres décisions.

Dès 1789, toutes les propriétés de l’Eglise furent nationalisées et vendues comme biens nationaux. Puis, quand, en 1879, les républicains eurent remplacé les monarchistes de la Chambre des Députés, du Sénat et de la Présidence de la République, ils mirent en place avec Jules FERRY une législation anticléricale de grande ampleur.

Vico fut au premier plan des retombées de cette politique. Le couvent,  franciscain à l'origine, avait été fondé en 1481 par Giovan Paolo de LECA. Sur l'importance de ce personnage, voir l’article paru dans ce blog: Le feuilleton de l'été - Les guerres des seigneurs - 3/3: la fin de la Cinarca

Nationalisé comme tous les biens religieux en 1789, le monastère fut épargné de la destruction car les Vicolais s’opposèrent à sa vente et laissèrent des frères vivre dans les bâtiments qui s’abimaient peu à peu.

Il fut sauvé de la ruine quand, en février 1836, l’évêque d’Ajaccio, Mgr Raphaël CASANELLI d’ISTRIA, l’acheta aux Domaines. Le 7 mai 1836, il en fit donation à la congrégation des Oblats de Marie Immaculée, fondée par Mgr Eugène de MAZENOD. Le premier supérieur en fut le Père ALBINI dont l’œuvre marqua les esprits.

Statue de Mgr CASANELLI d'ISTRIA à Vico.

Statue de Mgr CASANELLI d'ISTRIA à Vico.

LE SAUVETAGE DE 1880

 

Les décrets de mars 1880, inspirés par Jules FERRY et Léon GAMBETTA, permirent de fermer 261 couvents et d’expulser près de 6.000 religieux dont beaucoup partirent à l’étranger. Mais, là encore, le couvent est sauvé, comme l’écrit l’abbé François CASTA :

«A l’annonce de l’application des décrets de 1880, l’attitude des populations fut si menaçante – en particulier à Vico en faveur des Oblats et à Sartène en faveur des Franciscains – que le préfet télégraphia à Paris pour signaler que l’expulsion des religieux était, dans ce département, une entreprise dangereuse, voire impossible. Après avoir reçu un blâme du ministre, le préfet, prêt à donner sa démission, se rendit à Paris. Très mal reçu, il finit par faire entendre ses arguments et obtenir un sursis en faveur des religieux de Corse, à l’exception des Jésuites» (François J. CASTA, «Le diocèse d’Ajaccio», ed. Beauchesne, 1974, page 216).

Une pétition, présentée au Sénat par le légitimiste Charles CHESNELONG, signée par trois mille habitants de Vico et des environs (plus exactement de Cargèse, Murzo, Ota, Bologna, Guagno, Rosazia, Pastricciola, Arbori, Vico, Salice, Poggiolo, Orto, Coggia, Soccia, Marignana et Azzana) qui s’étaient dits prêts à donner leur vie pour garder les Oblats, explique l’attitude du préfet OMER de MARÇAY. Il fut d’ailleurs remplacé dès octobre de la même année 1880.

L'EXPULSION MAIS SANS LA CONFISCATION

 

Une nouvelle alerte eut lieu en 1903 alors que les expulsions de communautés religieuses se multipliaient.

La plus spectaculaire fut celle des Chartreux qui quittèrent le monastère de la Grande-Chartreuse dans la neige, entre deux rangées de soldats. 

La Laïcité en action dans les Deux Sorru : le sauvetage du couvent (3/6)

«En juillet 1901, nouvelle loi d'expulsion contre les congrégations non autorisées. Les Oblats de Vico reçurent l'ordre de livrer la maison au Gouvernement le 2 mai 1903. La foule accourue empêcha les forces de l'ordre de déloger les Oblats et les autorités judiciaires d'apposer les scellés aux portes. Le préfet réquisitionna la troupe qui devait arriver le 3. Pour éviter des incidents sanglants, le père Bernardin d'Istria se présenta à une fenêtre du couvent et convainquit les fidèles à laisser partir la communauté, qui fut solennellement accompagnée à Vico.



Le couvent ne fut nationalisé que pour peu de temps. Mgr Noël Casanelli, vicaire général et neveu de Mgr Raphaël Casanelli d'Istria, fit valoir en justice une clause de l'acte de donation du couvent aux Oblats par son oncle. Elle stipulait que si pour une raison quelconque ceux-ci quittaient la maison, la propriété devait revenir à sa famille. Il obtint gain de cause en 1907 et le couvent devint la propriété de la famille Casanelli qui en fit sa résidence d'été.» (Yvon BEAUDOIN, OMI, article Vico dans le Dictionnaire historique vol. 1 du site Oblate Communications, http://www.omiworld.org/).

Grâce à la précaution de l’évêque, l’Etat ne put mettre la main sur le couvent. Le couvent revint finalement au diocèse en 1927 et les Oblats s’y réinstallèrent en 1935. Et ils y sont toujours.

 

(à suivre: le trésor municipal)

Repost 0

Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

La vidéothèque poggiolaise

La vidéothèque poggiolaise
Les films et les photos de famille et de vacances deviennent tous, au bout de quelques années, des documents historiques  qui montrent comment les diverses générations ont vécu.
Plusieurs films des décennies 60 et 70 à Poggiolo sont visibles sur DAILYMOTION (http://www.dailymotion.com/michelfran).
Cherchez dans vos greniers si vous n'avez pas des documents à faire connaître à la communauté poggiolaise.

Recherche

Le calendrier poggiolais

Fête de la Toussaint

Mercredi 1er novembre:

SOCCIA 11h messe Toussaint et bénédiction du cimetière; 

ORTO 15h messe Toussaint et bénédiction du cimetière;

GUAGNO Les BAINS 16h30 bénédiction du cimetière

Jeudi 2 novembre:

SOCCIA 11h messe Toussaint et bénédiction du cimetière; 

ORTO 15h messe Toussaint et bénédiction du cimetière; 

GUAGNO 11h messe Défunts et bénédiction du cimetière;

POGGIOLO15h messe Défunts et bénédiction du cimetière;

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

En-tete-inseme-copie-1.jpg

.

POGGIOLO SUR FACEBOOK

Votre blog est maintenant sur Facebook. https://www.facebook.com/pages/ Poggiolo/167056470125907