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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 20:31
L'annonce du décès de l'astronaute Neil ARMSTRONG, le premier homme à avoir posé le pied sur la Lune, est l'occasion de republier une note parue le 20 juillet 2009. Ce texte indiquait la façon particulière dont les jeunes Poggiolais de l'époque avaient suivi l'événement.
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 Quarante ans après, tous les médias célèbrent l'anniversaire des premiers pas de l'homme sur la Lune, le 21 juillet 1969 à 3 h 56 (heure française), par Neil ARMSTRONG.
  Il paraît que toute l'humanité était devant la télévision pour participer à l'événement. Ce n'était pourtant pas le cas pour quinze jeunes qui venaient de quitter POGGIOLO pour visiter le nord de la Corse. Pour la première fois, ils étaient assez nombreux à avoir le permis de conduire pour organiser une expédition en voiture, comme ils le faisaient depuis longtemps pour les ballades en montagne.
  Le 20 juillet, alors que Apollo 11 alunissait, ils étaient à Saint-Florent et se préoccupaient surtout de préparer leur repas et leur couchage à la belle étoile sur la plage. Hervé OULIÉ et Michel FRANCESCHETTI étaient un peu agacés d'avoir eu un P.V. pour stationnement interdit sur un rond-point.
  Certains passèrent la soirée à se promener en ville. Quelques-uns écoutèrent la préparation de la sortie d'ARMSTRONG sur un autoradio. Un ou deux veillèrent jusqu'au bout. Après tout, pour une génération qui avait lu Jules VERNE et TINTIN et qui avait grandi en suivant les divers épisodes de la conquête spatiale, il ne s'agissait que d'un aboutissement normal.

  Finalement, la nuit fut tranquille et le réveil comme d'habitude, ce que montre la séquence ci-dessous extraite du film "Expédition dans le grand Nord".
  Tout le monde était prêt pour découvrir les charmes de l'étape suivante: le Cap corse.




Le film entier est visible sur Dailymotion et Youtube.

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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 17:55

Parvenu au village, après avoir sorti les bagages de la voiture, il faut savoir comment les ranger.

 

bagages 1976(août 1976)

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 18:10

     La loi du 28 février dernier instaure le 11 Novembre, jour de l'armistice de 1918, comme une journée "en hommage à tous les morts pour la France". Il précise que cet hommage "ne se substitue pas aux autres journées de commémorations nationales". Le 8 mai reste l'anniversaire de la capitulation allemande de 1945. Pour le 8 mai de cette année, nous reproduisons un témoignage de guerre de Mimi CANALE.

    Mimi a été facteur et épicier à Guagno-les-Bains. Sur la place qui est devant son ancien magasin (qui a été le dernier commerce de notre commune), on peut encore voir Mimi jouer aux boules chaque fin de journée, à la belle saison.

     En décembre 2007, "L'Info U Pighjolu" avait publié ce souvenir de Mimi CANALE sur sa campagne d'Italie.


Mimi maison
      Mon régiment, le 1" R.T.A descend en repos aux environ de Naples. On installe le bivouac dans une forêt de châtaigniers à proximité d'un gros village «ROCCAMONFINA». En Italie, c'est la grande famine. Pourtant, les magasins regorgent de marchandises. Mais la population manque de moyens et la prostitution se développe à grande échelle. Bien sûr, les gens du village, jeunes et moins jeunes, viennent «quémander» quelques boites de conserve, chocolat, cigarettes, etc.


Mimi 2      Parmi eux, je remarque une dame d'un certain âge, toute de noire vêtue, avec un foulard sur la tête «un mezzaro» comme portent toutes nos vieilles mamans en Corse. Je m'approche d'elle et là, j'ai un grand choc... En face de moi, j'ai l'impression de voir ma mère. Je lui adresse la parole et immédiatement nous sympathisons. Je m'empresse de lui donner quelques boîtes de conserve. Elle me demande de l'accompagner chez elle. Elle me fait visiter sa modeste demeure et me raconte un peu sa vie. J'apprends ainsi qu'elle est veuve, qu'elle vit seule. Sa fille est professeur à Rome et a deux enfants que, malheureusement elle ne connaît pas. Depuis le début de la guerre, elle n'a plus aucune nouvelle de sa famille. Pour ma part, j'ai encore mes parents, mais il est inutile de vous dire qu'ils se font beaucoup de soucis. Nous sommes six frères dans l'armée. Pendant encore quelques temps, je continue de rendre visite à la vieille dame.


      Un jour, je suis convoqué au P.C du régiment. Je dois me rendre à Rome avec ma jeep pour y conduire deux officiers supérieurs et rester à leur disposition. Je les contacte et prends rendez-vous avec eux. Après avoir fixé le jour du départ, je vais voir la vieille dame pour lui signifier mon départ. Je lui demande l'adresse de sa fille. Elle me remet un paquet. J'ignore ce qu'il y a à l'intérieur ... sûrement une lettre. Me voici rendu à destination. Mes supérieurs me donnent « quartier libre ». Je dois venir les récupérer quelques jours plus tard. Je suis logé et nourri par l'armée. Elle fait bien les choses. Le seul problème, je ne sais pas où laisser la voiture durant la nuit.

 
      Fort heureusement, à proximité du «mess» des sous-officiers, il y a un couvent de religieuses. Parmi elles, certaines parlent français. La mère supérieure, très aimable, me confie la clé de la cour afin que je puisse garer ma voiture. Un problème de régler. Je décide de me mettre à la recherche du professeur... La tache est difficile car Rome n'est pas Ajaccio ... Je m'entoure de deux jeunes Italiens ... Nous voilà partis à l'aventure dans cette grande cité.

      Après plusieurs tours et détours, nous voilà à l'adresse indiquée. Pendant que mes deux jeunes Mimi 1guides montent la garde près de la voiture, je frappe à la porte... Une dame très distinguée m'ouvre. Elle est très impressionnée à la vue d'un militaire... Je la rassure, lui remet le petit paquet après lui avoir expliqué que je viens de la part de sa maman. Bien sûr, il y a une lettre... Fébrilement, elle la lit devant moi ... puis les larmes aux yeux, elle m'embrasse. Auprès d'elle, il y a ses deux petits garçons... Alors, à son tour, elle me remet une longue lettre, quelques photos de ses enfants.


      De retour au bivouac, je m'empresse de rejoindre la vieille dame afin de lui remettre la missive de sa fille. Elle prend connaissance de la lettre qui lui est adressée, elle s'effondre en larmes... Puis, en faisant le signe de la croix,... elle se jette dans mes bras en me disant « que Dieu vous protège » ...

      Je crois bien que son vœu a été exaucé puisque j'ai continué toute la campagne «France Allemagne Autriche»... et me voilà toujours en vie.

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 17:51

   La réputation de fraudeurs aux élections colle à la peau des Corses depuis longtemps. Elle correspond peut-être à des pratiques anciennes qui ont pu exister dans l'île et à Poggiolo.

   Nous reviendrons peut-être plus tard sur certaines contestations et annulations (la dernière ayant eu lieu en 1989) qui ont agité le village. Mais ce diaporama réalisé lors des élections territoriales du 21 mars 2010 montre bien que la légalité est scrupuleusement respectée et que les Poggiolais sont très intéressés par ce devoir civique.

 

 

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 17:59

  Dans l'appel qu'il a lancé, via "INSEME", pour la prière de la Vierge pélerine (voir article précédent), le Père Dominique tient à préciser que "cela n'a rien à voir avec la Vierge du grand retour connue autrefois après la guerre".

   Il fait référence au grand mouvement de ferveur qui accompagna le passage de la statue de ND de Boulogne en 1947 et 1948: voir l'article "La barca di a Madonna à Guagno".

    La pérégrination de cette statue a tellement marqué les esprits qu'elle a inspiré un roman de Jacques THIERS qui a une version française ("La vierge à la barque") et une version en langue corse ("A Barca di a Madonna") publiées aux Editions Albiana.

L'intrigue est présentée ainsi par l'éditeur:

Pourquoi donc tous les gens qu’aime Maria Laura lui cachent-ils le mystère qui entoure sa naissance dans la Corse de l’après-guerre ? Et quel rapport avec la blanche statue de Notre-Dame du-Grand-Retour, qu’accompagnent des dévotions d’un autre âge ?


Une équipe italienne réalisé la présentation vidéo ci-dessous qui mêle l'intrigue du roman et les témoignages sur cette venue en Corse de la statue.

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 18:39

Samedi 24 mars, à 14h30, au couvent de Vico, une messe sera célébrée à la mémoire du Père ESTEVE. A cette occasion voici le texte publié par le dernier numéro de "INSEME", lequel utilisait un article paru dans le journal des OMI.

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NOTRE FRERE FERNAND ESTEVE a rejoint la maison du père

le dimanche 29 janvier 2012.


    La célébration des obsèques a eu lieu le 2 février à la chapelle St François d'Assise à Lyon suivie de l'inhumation au cimetière de Ste Foy lès Lyon.

    Fernand est né à Lozanne (69) le 25 mai 1916. Il fait ses études primaires à l'orphelinat des sœurs de l'Immaculée Conception à Annecy et ses études secondaires au juniorat de Ste Foy lès Lyon. Il entre chez les Oblats et accomplit son noviciat à Bon Secours de juillet 1934 à juillet 1935. Viennent ensuite deux ans de philosophie à Lumières, mais ses études sont interrompues par le service militaire, puis dix-huit mois de guerre et de captivité, qui l'ont marqué dans sa chair.

Estève Fernand   Il revient au scolasticat en avril 1941, et y retrouve son frère cadet Louis, qui a été son pôle lumineux et son solide appui fraternel. Il prononce ses vœux perpétuels le 31 mai 1942, et est ordonné prêtre le 27 février 1944. Sa première obédience est pour Lumières comme professeur ... ce qu'il accepte au nom de l'obéissance.

    En 1948, il est nommé professeur et économe au grand Séminaire d'Ajaccio. Vient une année de séminaire pastoral: c'est là qu'il commence à découvrir la Corse et les corses. Il y passera 32 ans.

    Il devient supérieur de la communauté de Vico en 1957, et après deux triennats, il est nommé Cotignac en 1963. En 1968, il retourne en Corse dans le Cruzzini, mais il ne tient pas: c'est la dépression. En septembre 1969, il vient à Lumières où il est affecté au secteur paroissial, il y reste jusqu'en 1979. Il rejoint alors son frère Louis à l'Osier. Toujours en 1979, nouveau retour en Corse au couvent de Vico. D'abord curé de Guagno, il vient ensuite à Soccia, Poggiolo et Orto. Apprenant que Fernand était sur sa fin, la population de ces villages y a allumé des bougies. Il y a été très aimé! Outre la pastorale, il y a exercé avec compétence une activité manuelle qui l'occupait beaucoup: réparer montres et horloges. C'était vraiment une occupation qui lui faisait du bien.

    En 1993, obédience pour Lumières, puis en 1994 pour Entrevaux. En 1995, il retourne à l'Osier, et en 1996, retour à Vico (paroisses). Jusqu'en 1999, date à laquelle il vient en retraite à Lumières où il est aimé spécialement par tout le personnel.

    En 2010, nouvelle dépression qui le pousse à demander à venir rejoindre l'EHPAD de Lyon. Ce ne sera pas toujours facile pour lui, et il y vivra des crises graves, en particulier en décembre 2011. Mais l'environnement du personnel soignant du docteur Emmanuel Henry et de sa communauté lui permettra de surmonter cette crise.

 

    On ne peut comprendre toute l'histoire de Fernand sans savoir que sa fragilité (qui vient de son enfance tragique), a été cause de dépressions qui l'ont marqué profondément, mais aussi à cause de son immense capacité à accueillir, à aimer les autres ... Ce qui fait que partout il a été aimé par ceux auxquels il a été envoyé.

    Hospitalisé, il attendait la fin comme une délivrance. Il n'en pouvait plus ... Il est maintenant auprès de ce Dieu qu'il a servi en toute fidélité, même dans ses périodes de nuit et de désespérance ... Il est maintenant auprès de son frère Louis, décédé le 28 janvier 2002. Fernand a dû attendre dix ans et deux jours pour le rejoindre.
 

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 19:03

   Le 3 février dernier, ce blog demandait aux Poggiolais d'envoyer de vieilles images:

  "Il doit également exister de très nombreuses photographies de toutes sortes de cérémonies (messes, communions et processions) des lointaines années. Ce sont des témoignages historiques d'une grande importance pour connaître notre passé, nos traditions, nos racines."

 

   La preuve que des documents existent et qu'ils peuvent être utiles est fournie par ce cliché paru dans "L'Info U Pighjolu" d'août 2007.



St Roch année?

 

    Ainsi que ce journal l'a écrit, il s'agit d'une procession de la Saint Roch, donc le 16 août. En quelle année? Et quel est l'intérêt historique de cette vieille image?

    Nous allons tomber dans le pédantisme en analysant les parties de ce cliché. Nous ferons ainsi du micro-localisme comme cela a été déjà réalisé pour l'ancien terrain de bal qui était d'ailleurs juste à côté de cet endroit (voir l'article en question en cliquant ICI).

   L'étude sera éclairée par la comparaison avec un film de la vidéothèque poggiolaise et avec d'autres photographies.


procession pédante


LES PROCESSIONNAIRES

    Les trois enfants de chœur (1) sont identifiés comme Jean-Martin PINELLI (l'actuel président de l'Association Artistique et Culturelle de Sorru in Sù), son frère François PINELLI et Noël SICCHI.

   Comme ils ont un peu plus de soixante ans chacun, l'événement peut être daté de légèrement avant 1960. Mais les actuels propriétaires de la photo pourraient donner une plus grande précision.

    Ces trois enfants sont habillés avec la soutane ou soutanelle, longue robe rouge, noire ou violette, et  avec le surplis ou cotta, vêtement blanc qu'on met sur la soutane. Ces ornements furent peu utilisés après le concile Vatican II (1962-1965) qui préconisa une plus grande simplicité des cérémonies catholiques. Actuellement, les enfants de chœur ont plutôt une aube blanche.

    Dans le film de la procession du 15 août 1966, pour l'Assomption à Poggiolo (voir ci-dessous), les vêtements des enfants de chœur ont disparu. Jean-José BARTOLI, qui est à la tête de la procession avec la même croix que sur la photo (2), a un costume civil, de même que son frère François qui se tient à côté du curé MILLELIRI.

 

 

 

   Si la croix est présente dans les deux cas, la bannière de la procession de St Roch (3), qui semble représenter la Vierge et qui est tenue par une femme, n'existe plus sur le film alors qu'elle avait tout à fait sa place le 15 août. Qu'est-elle devenue? Quand ne fut-elle plus utilisée? 

   L'ordonnancement est, grosso modo, le même dans les deux cas, à savoir que les femmes sont devant, puis vient la statue de Saint Roch avec ses porteurs (4) et les hommes derrière. Il est vrai qu'un minimum d'organisation donne un cachet particulier.

   La procession rassemble une soixantaine de personnes. La vidéo ne permet pas de compter tous les participants mais on peut penser qu'ils étaient du même ordre.

    Très peu d'enfants se voient sur cette photo, moins que dans les images de 1966. Mais cette année-là le cinéaste avait alors lui-même 17 ans et s'était attaché à sa classe d'âge.

    Sur la photo, de nombreuses femmes sont en robe noire et foulard noir.  Ce costume traditionnel est visible aussi sur le film.


L'ITINÉRAIRE

    Le photographe devait être juché sur le mur à l'angle de la route et de la stretta, ce qui donne une vue plongeante de la procession qui descend du Lucciu au village.

   Quel était donc l'itinéraire?

   Ce tronçon de la route a rarement été utilisé car il oblige à passer deux fois au même endroit. Le film présente l'itinéraire de l'église St Siméon à la chapelle St Roch. En général, les fidèles du 16 août font une boucle partant de St Roch et y aboutissant.

   Une seule exception récente s'est produite en 2004.

   Le 16 août de cette année-là, la procession marcha sur la route plus haut que la fontaine du Lucciu.

St Roch 2004-1

 

   Il s'agissait d'apporter du réconfort à Ceccarella, la doyenne du village qui ne pouvait plus se déplacer.

Ceccarella

   En avant, était brandie la bannière de la Cunfraternità di u Padre Albini, présente cette année-là.

St Roch 2004-3

St Roch 2004-4

LE DÉCOR

procession pédante

    Sur la vieille photo, le début de la procession arrive près du grillage et du petit portail de la maison MARTINI (5). L'endroit n'a pas changé depuis.

    Par contre, l'arbre (6), qui était peut-être un mûrier (un lecteur pourrait-il nous le confirmer?), a disparu. D'après certains souvenirs, il aurait été enlevé entre 1965 et 1969. Près de l'arbre, en partie cachée par la bannière de la Vierge, une voiture est stationnée. On peut comparer avec le nombre d'automobiles présentes en 2004.

    Au fond, au bout de la bordure en pierres (7), on peut remarquer que la maison de Fosca n'existe pas encore.

    Quant au pylône en béton (8) qui se cache derrière le feuillage de l'arbre, il est remplacé maintenant par un lampadaire en bois.

   Google Maps montre le même lieu aujourd'hui.

  lieu procession

 

   Sera-t-il de nouveau emprunté par les processions? Comment sera organisé le prochain Saint Roch?

   Et qui pourrait proposer d'autres documents-témoignages du passé de notre village?

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 18:01

   Un article tout à fait inattendu a été publié par "Corse-Matin" lundi 30 janvier: il était consacré à I Barchi di a Madonna.

    Ce sont des niches vitrées qui ornent des façades de plusieurs maisons ajacciennes. "A l'intérieur, toujours la même statuette représentant la Vierge, debout à la proue d'une barque et tenant l'Enfant Jésus dans ses bras".

   Exemple: ici, au cours Grandval.

http://www.corsematin.com/media_corsematin/image/protec/2012/01/30/15810561.jpg

    Jean ALESANDRI, qui écrit cet article, explique qu'il s'agit de Notre-Dame-de-Boulogne, appelée aussi Notre-Dame-du-Grand-Retour, statue qui fait l'objet d'un pèlerinage important à Boulogne-sur-Mer depuis sa découverte vers 633.

    De 1943 à 1948, quatre reproductions de cette Vierge, chacune montée sur un char, parcoururent 120 000 km à travers la France, visitant 16 000 paroisses, en provoquant un élan de foi, prières et conversions sur son passage.
    La statue de la Vierge portée sur un bateau s’accompagnait d’une demande de délivrance de la France qui prend tout son sens dans le contexte de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit du Grand Retour des prisonniers de guerre, et aussi du retour de la paix et de la réconciliation. La statue était souvent traînée à pieds, sur une petite charrette. Il y avait une très grande ferveur. Parties de quatre coins de la France dès 1942, les quatre statues se rejoignirent en 1946 au stade de Colombes, puis reprirent la route. Celle qui était destinée à la Corse arriva à Ajaccio le 27 avril 1947.

    Le texte publié par "Corse-Matin" décrit la ferveur qui se manifesta alors: plus de 20.000 personnes pour l'accueillir sur les quais, les carillons de cloches, la décoration des maisons et des rues, les dons à la Madone. Le texte intégral est à lire en cliquant ICI.


    C'est fort bien mais quel rapport avec les Deux Sorru?


    Après quelques jours, la statue quitta Ajaccio pour faire le tour des paroisses de Corse où elle resta sept mois, soit plus que dans le département de la Seine.

    Marthe POLI a retrouvé une photo de la visite de la statue dans le village de Guagno. Elle l'a publiée sur son blog le 13 avril 2011 en donnant un historique du pèlerinage et en identifiant certaines personnes. La statue est facilement reconnaissable. Au premier plan, se trouve le père Baldet, alors curé de la paroisse.

   Pour l'article de Marthe POLI,  cliquez ICI.

 

Boulogne Guagno

  

   La procession a certainement dû aller à Poggiolo et à Soccia. Quelles en sont les traces et les souvenirs?

Certains Poggiolais doivent se rappeler d'avoir vu ou participé à cette cérémonie.

   Racontez vos souvenirs.

 

   Certaines familles ont très certainement gardé des photos et des documents de ce passage qui bouleversa les Corses de l'époque.

    Recherchez dans vos tiroirs.


   Il doit également exister de très nombreuses photographies de toutes sortes de cérémonies (messes, communions et processions) des lointaines années. Ce sont des témoignages historiques d'une grande importance pour connaître notre passé, nos traditions, nos racines.

   N'ayez pas peur de les montrer.


   Le blog de Poggiolo est prêt à publier tous les textes et toutes les photos des Poggiolais.

 

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 18:55

    Après l'attaque des hôtels de GUAGNO-LES-BAINS et le meurtre qu'il y commit le 17 août 1931, voici quatre-vingts ans, François CAVIGLIOLI était pourchassé par la gendarmerie. Le lieutenant NEUVEGLISE, commandant de la brigade de VICO, ratissa toute la région pour retrouver le bandit. Mais celui-ci quitta TIUCCIA pour la montagne.

 

 Bazal

   L'initiative du choix du jour et du lieu de l'affrontement entre le bandit et le gendarme revint à  CAVIGLIOLI. Le récit suivant est inspiré en grande partie de  "Avec les derniers bandits corses" de Jean BAZAL.

 

    Le matin du 2 novembre 1931, en compagnie de ses deux neveux TORRE Jean-Baptiste et CAVAGLIOLI Toussaint, François CAVIGLIOLI s'arrêta pour boire à la buvette du col de Saint-Antoine, au-dessus de VICO.

   Il fit du tir à la cible dont les échos durent parvenir jusqu'à la place Casanelli. Il arrêta le car d'Ajaccio et obligea les voyageurs à chanter un lamento avec lui. Il s'empara finalement d'une voiture et obligea un menuisier de BALOGNA à conduire le groupe jusqu'à ce village.

http://www.paese-di-marignana.fr/rughjoni/balogna_1.jpg   Là-haut, les bandits s'arrêtèrent à un café où ils commandèrent un repas. Après avoir coupé le fil de la cabine téléphonique, ils attendirent et ils finirent par voir dans leurs jumelles une voiture de gendarmes qui grimpait la route sinueuse. Les hors-la-loi  se disposèrent pour l'embuscade qui aura lieu près du pont, un peu avant l'entrée de BALOGNA.

    Quand le véhicule des forces de l'ordre arriva, il fut accueilli par une pluie de projectiles lancés par la mitraillette et le fusil de Jean-Baptiste et Toussaint. Le maréchal des logis TOMI et le gendarme KLEIN furent tués. Le gendarme SOYER, chauffeur du véhicule, eut le bras brisé (il fut ensuite amputé). Quant au  lieutenant NEUVEGLISE, il fut grièvement blessé à l'abdomen et à la poitrine.

   Mais le gendarme CHAZE parvint à sortir de la camionnette et à répliquer par des rafales de fusil-mitrailleur. François CAVIGLIOLI, qui s'était imprudemment approché, reçut une balle en plein front. Ses complices prirent alors la fuite, Toussaint étant blessé par un autre tir de CHAZE. La bande se réfugia dans le maquis autour de BALOGNA.

   Toussaint se constituera prisonnier le 1er décembre près de BELFIORE, à côté de VICO. Jean-Baptiste TORRE sera capturé à MUNA deux mois plus tard, le 10 février 1932, après avoir été endormi par des beignets contenant un soporifique.

   L'agression de GUAGNO-LES-BAINS était vengée.

 

   La sanglante bataille de BALOGNA eut un grand écho dans la presse, dépassant celui de l'attaque de l'établissement thermal du 17 août. Voici le début de l'article paru en première page du "PETIT PARISIEN" du 3 novembre 1931. La seconde partie, non reproduite ici, rappelle en détails l'affaire des Bains.


http://gallica.bnf.fr/proxy?method=R&ark=bpt6k627171q.f1&l=5&r=664,4100,751,359&save

 

 

   Une gravure en couleurs de la scène de l'attaque, qui se voulait "reconstituée avec les documents et les précisions de l'affaire" (mais qui comporte pourtant quelques erreurs), fit la première page du numéro 2134, daté du 15 novembre 1931, de "L'Illustré du Petit Journal", lequel était le nouveau titre du "Petit Journal Illustré" depuis le 18 octobre.

 

mort Caviglioli

 

En tout cas, avant les derniers moments de CAVIGLIOLI, l'expédition militaire en Corse avait été décidée par le gouvernement et elle débuta quelques jours après.

Ce sera le sujet de la prochaine série d'articles, "Les 80 ans de l'épuration du maquis", qui débutera le 3 novembre.

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Cette série "Mauvaise pub pour Guagno-les-Bains" comprend quatre autres articles:

 

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 18:00

    Si l'agression de Guagno-les-Bains, en août 1931 (voir ici), fut la goutte d'eau (ou de sang) qui fit déborder le vase, il faut reconnaître que le banditisme en Corse, et notamment dans notre micro-région, bénéficiait à cette époque (entre les deux guerres mondiales) d'une énorme caisse de résonance constituée par la presse de l'époque.

    Comme la mode des cow-boys commençait à se répandre dans les magazines pour jeunes et sur les écrans de cinéma, les bandits corses étaient facilement assimilés aux outlaws et desperados du Texas ou de l'Arizona.

    Pour le prouver, il suffit de regarder "Le Petit journal illustré". Créé en 1884 pour concurrencer "L'Illustration", le supplément du dimanche du "Petit Journal" faisait la part belle aux faits divers, aux têtes couronnées et aux scandales qui remplissaient la Une. Deux illustrations pleine page en couleur ouvrait et fermait chaque numéro.

 

    Ainsi, la mort de Nonce ROMANETTI, dans le numéro du  9 mai 1926, est montrée comme celle d'un cow-boy tué lors d'un duel dans les Montagnes Rocheuses.

 

romanetti mort  

    Quant au texte qui se trouve à l'intérieur, il insiste sur "les étonnantes aventures où il se trouva audacieux ou fantaisiste, généreux ou chevaleresque". En conclusion, il "n'avait donc rien du bandit vulgaire. C'était, en somme, une sorte de "hors la loi" qui s'était créé une morale particulière et un idéal de justice selon ses idées".

 

Petit détail: l'embuscade dans laquelle périt ROMANETTI eut lieu la nuit, ce que ne suggère pas du tout cette image.

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    Avec le numéro du 1er juin 1930, les lecteurs eurent même droit à l'image d'une attaque de diligence ou, du moins, d'une "auto postale". 


voiture postale

 

 

    Il s'agit de l'attaque, par André SPADA et ses complices, de l'auto postale assurant le service entre LOPIGNA et AJACCIO.

    Le 18 mai 1930 au matin, près de SARI d'ORCINO, un tronc d'arbre et des pierres barraient la route, indique le journal. D'après Lucia MOLINELLI-CANCELLIERI, dans son livre "SPADA, dernier bandit corse", ce fut au lieu-dit Casaloro, à quatre kilomètres de LOPIGNA, avec un barrage de "deux grosses pierres, calées par des pierres plus petites". L'image montre quatre agresseurs et le texte d'accompagnement en cite cinq. En fait, André SPADA était simplement accompagné par son frère Bastien (d'après Lucia MOLINELLI-CANCELLIERI). Les gendarmes ADAM et HERVÉ, ainsi que le convoyeur  Jean-Vitus RICCI, furent tués dans l'échange de coups de feu. Le troisième gendarme, ABADIE, était grièvement blessé. Les autres passagers purent s'enfuir alors que les bandits tentaient, sans y parvenir, d'incendier le véhicule.

    La raison de cette tragédie? La concession du service postal d'Ajaccio à Lopigna dont ROMANETTI avait été le bénéficiaire par personnes interposées. SPADA en avait repris l'héritage. Le contrat arrivant à expiration, l'administration des Postes l'avait accordé à François SORBA, maire de LOPIGNA, et à son demi-frère RICCI le 27 avril 1930. SPADA voulait récupérer ce qu'il considérait comme son bien.

    "Après le drame, le service postal fut interrompu pendant six mois. Nul n'osait plus enfreindre les ordres de SPADA et les facteurs assuraient à pied tant bien que mal le transport du courrier. Puis on apprit le 17 novembre 1930 qu'un certain Jules MALANDRI avait obtenu de l'administration des postes l'adjudication du service. MALANDRI n'était autre que le prête-nom choisi par SPADA" (d'après Lucia MOLINELLI-CANCELLIERI).

 

    Le crime avait payé malgré l'émoi causé par le triple assassinat de LOPIGNA. Il fallut attendre un an de plus pour que l'attaque de GUAGNO-les-BAINS provoqua la réaction gouvernementale dont il sera fait l'historique prochainement sur ce blog.

A suivre:

 

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Le calendrier poggiolais

Calendrier des messes de janvier et février dans les Deux Sorru:

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VACANCES SCOLAIRES DE FÉVRIER

fin des cours: 

samedi 13 février

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lundi 1er mars

 

 

La nouvelle formule du mensuel "INSEME":

La météo poggiolaise

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Un bulletin indispensable

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