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20 juin 2020 6 20 /06 /juin /2020 19:25

 

Que l'on ait été appointé ou bénévole, faire sonner les cloches de Saint Siméon avant leur électrification demandait à la fois du doigté, de l'oreille, de la force musculaire et le sens de l'équilibre. Le son pouvait se produire en tirant les cordes mais aussi en actionnant les battants à la main.

 

C'est de cette seconde manière que, par exemple, le 10 août 2008, Bernard Franceschetti annonça le décès de Pascal Vecchi, comme le montrent les photos suivantes.

 

Comment sonnaient les cloches
Comment sonnaient les cloches
Comment sonnaient les cloches
Comment sonnaient les cloches

 

Mais quelle musique sort du clocher? Il est possible de l'entendre grâce à "Comment sonnent les cloches poggiolaises", film réalisé par Thierry Calderoni à l'occasion de la Toussaint 2008.

 

 

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26 mai 2020 2 26 /05 /mai /2020 18:51

L'installation des conseils municipaux élus au premier tour a pu avoir lieu dans de très nombreuses communes. Les nouvelles municipalités vont enfin commencer à travailler pour le bien des habitants.

 

Nous vous proposons ici une photo de l'installation du conseil municipal de Poggiolo. 

 

Le conseil municipal a été installé

 

Vous voyez les dix membres réunis dans la salle de réunion de la mairie, autour du maire et de l'adjoint ceint de leur écharpe.

 

On peut reconnaître de gauche à droite:

- Jacques-Antoine MARTINI

- François DESANTI, dit François de Marosu (en grande partie caché)

- Jean-Marie ORRAZI

- Raymond MARTINI (assis)

- Yvette TRAMINI 

- le maire Bernard PAOLI (assis)

- Christian PINELLI

- Louis DEMARTINI (premier adjoint)

- M. LECA, dit Patinellu, de Guagno-les-Bains

- Etienne PINELLI

 

Vous ne reconnaissez pas les candidats qui s'étaient présentés cette année?

 

Rien de plus normal: il s'agit du conseil élu en mars 1977.

La présence sur le mur de la photo officielle du président Valéry GISCARD d'ESTAING le prouve.

 

Ce document, publié par Jean-Marc TRAMINI, permet de faire quelques remarques:

 

- Le cliché a été pris dans l'ancienne mairie, à côté de la chapelle St Roch. 

 

- En 1977, Yvette TRAMINI fut la première femme à être élue au conseil poggiolais. En 1995, il y avait deux femmes sur neuf élus. En 2008, on en comptait cinq sur neuf. En 2014, elles étaient cinq sur sept. Cette année, elles sont deux sur onze. La parité est très irrégulière.

 

- Sur les dix édiles de 1977, quatre (Jacques-Antoine, Bernard, Louis et Christian) sont toujours vivants et un habite en permanence dans la commune.

 

- Dominique PINELLI, qui vient d'être élu en 2020, est le fils d'Etienne PINELLI qui siégeait en 1977.

 

 

Ce blog a publié en 2017 (voir article ICI) une autre photo, fournie par Jacques-Antoine MARTINI, des élus de 1977 devant la mairie.

Le conseil municipal a été installé

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24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 18:00
Les investissements scolaires poggiolais

 

Les articles précédents ont montré que les communes d'Orto (voir ICI) et de Soccia (voir ICI) se sont longtemps démenées pour construire des écoles permettant d'accueillir les élèves et d'offrir des logements décents à leurs instituteurs. Poggiolo n'a pas investi dans des constructions mais dans des locations.

 

Parmi les documents (très incomplets) concernant Poggiolo aux Archives Départementales d'Ajaccio, on trouve les preuves qu'une école fut installée en 1878, si elle n'existait pas avant.

 

Cette année-là, la mairie loua à un nommé Martin PAOLI une salle pour recevoir des élèves au prix de 50 francs par an. Un bail de six ans prenant effet au 1er février 1878 fut signé entre le maire DEMARTINI Baptiste et le même propriétaire afin de loger l'instituteur. Le logement comprenait une cuisine et une chambre ainsi qu'une cave. Le loyer, également de 50 francs par an, devait être versé par trimestre ou semestre "selon qu'il plaira au propriétaire de la maison".

 

Les investissements scolaires poggiolais

 

Le montant du loyer était plus important à Guagno-les-Bains où la municipalité loua le 31 juillet 1882 à Lucie CASALTA, veuve de la ROCCA, un logement de trois pièces avec cave pour un montant de 100 francs par an.

 

Les fournitures scolaires étaient payées par la municipalité. Comme exemple, on peut se référer à l'article "Fin prêt pour la rentrée scolaire" qui donne un devis du matériel acheté pour 1884.

 

 

Les élèves de l'école de Poggiolo en 1900.

Les élèves de l'école de Poggiolo en 1900.

 

Bien évidemment, les dépenses et les soucis étaient moindres quand l'enseignant était Poggiolais ou venait d'un village voisin. 

 

Ainsi, Hélène DUBREUIL se rappelle du Socciais Jojo ANTONINI (en poste à Poggiolo de 1945 à 1954) "surgissant sur sa moto flamboyante, tel un destrier de l'apocalypse" (voir l'article "Hélène évoque Jojo"). Judith OTTAVI-PAOLI, elle aussi de Soccia, n'avait pas de moyen de locomotion et, quand personne ne la conduisait, elle marchait, sauf les jours de neige!!! 

 

Orto, Soccia, Poggiolo, trois villages voisins et des manières différentes d'investir dans le domaine scolaire.

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16 mai 2020 6 16 /05 /mai /2020 17:59

 

La question posée par Martine CHITI était toute simple. Le 29 avril, elle avait demandé à l'animateur du groupe Facebook "Village d'Orto" quel était le grand bâtiment en ruines visible sur la photo de profil de ce groupe. Curiosité tout à fait normale.

 

Ecole éphémère, ruines durables

 

Il en a résulté pendant une huitaine de jours une intense discussion avec des dizaines de commentaires. Contrairement à ce qui se passe trop souvent par internet, les interventions ont été sérieuses et constructives, alternant souvenirs familiaux et recherches documentaires.

 

Nous allons résumer les résultats de ce débat qui peut intéresser tous les villages de notre haut-canton.

 

Ce bâtiment disproportionné par rapport aux maisons d'Orto était une école. Mais quelles furent ses dates de construction et de fonctionnement?

 

Le site ortu.free.fr montre une autre photo du même lieu.

Ecole éphémère, ruines durables

 

La grande maison est un peu moins délabrée et surtout, au contraire de la photo de Facebook, le clocher de l'église voisine est plat. Il n'a pas son sommet avec horloge et lanternon pointu.

 

Cette vue est donc plus ancienne mais elle n'a pas de date. On peut supposer qu'elle est certainement d'avant 1914.

 

Le site indique qu'il s'agit du "groupe scolaire" qui "a gardé longtemps la belle allure Napoléon III de ses heures de gloire".

 

En fait, la construction n'a certainement pas été opérée pendant le Second Empire, même si cette période s'en était préoccupée. En rendant la scolarité obligatoire, la Troisième République inonda la France d'écoles qui ont souvent des plans très similaires. Détails sur le site le temps des instituteurs.

 

Ainsi, il n'est pas étonnant que la mairie (et ex-école) de Rosazia ait eu la même allure.

 

Photo tirée du site http://preciosa.eklablog.com/

Photo tirée du site http://preciosa.eklablog.com/

 

Le bâtiment d'Orto paraît immense mais il faut se rappeler qu'il avait plusieurs parties: salles de classe (séparées pour garçons et filles), logement de fonction des instituteurs et salle de réunion du conseil municipal.

 

Cette école a dû être construite entre, grosso modo, 1880 et 1900. Les élèves étaient nombreux car, en 1891, la population ortigaise comptait 546 personnes, d'après le recensement officiel. Soccia en avait alors 787. Poggiolo atteignit son optimum en 1901 avec 598 habitants. Son école avait alors 29 élèves filles et 26 garçons (voir l'article La cent dixième rentrée scolaire).

 

La municipalité d'Orto décida la construction d'une école, financée par la mairie avec des prêts et des subventions de l'Etat. Poggiolo préféra l'option de la location de parties de maisons particulières.

 

Le maître d'œuvre fut  un certain ALZIPIEDI de Murzo.

 

Mais, au bout de très peu d'années, vers 1900, le bâtiment fut fermé à cause de la fragilité de la poutre maîtresse qui faisait craindre l'effondrement du plancher de l'appartement du couple d'instituteurs. Les élèves furent transférés dans la maison de Jeanne ROCCA.

 

La ruine resta en place durablement. Jean-Luc, le rédacteur du site ortu.free.fr se souvient avoir connu "ses poutres tombées à terre nous servant de terrain d'entraînement à un équilibre rendu indispensable par les ronces qu'elles surplombaient". 

 

Les débris furent enlevés au début des années 60 pour laisser la place à une nouvelle école édifiée en un  style que Jean-Luc qualifie de "néo-ceaucescu" (Ceaucescu était le dictateur de la Roumanie communiste de 1965 à 1989). 

 

Mais il était tard et la population diminuait à grande vitesse. Après Guagno-les-Bains en 1964 et Poggiolo en 1965, l'école d'Orto ferma en 1970. Celles de Soccia et de Guagno subsistèrent quelques années de plus.

 

L'école abrite maintenant la mairie et la salle des fêtes.

 

tiré du site http://www.nuvellaghju.com/

tiré du site http://www.nuvellaghju.com/

 

L'aspect de cette partie du village a bien changé. Mais il reste des photos qui étonnent toujours.

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10 mai 2020 7 10 /05 /mai /2020 18:00

Si elle avait pu "bouter les Anglais hors du royaume de France" au XVe siècle, Jeanne d'Arc est chassée cette année par le coronavirus.

 

Plus exactement, les cérémonies qui étaient prévues au mois de mai en son honneur ont dû être annulées alors qu'elles devaient être particulièrement importantes.

 

En effet, 2020 marque à la fois le centenaire de la canonisation de "la bonne Lorraine", comme la nomma François Villon, et de l'instauration de sa fête comme fête nationale du patriotisme.

 

L'Eglise reconnut Jeanne d'Arc comme sainte le 16 mai 1920, sa fête étant placée au 30 mai, anniversaire de sa mort sur le bûcher de Rouen. En 1922, elle fut proclamée sainte patronne secondaire de la France.

La même année, sur proposition de Maurice Barrès, la loi du 10 juillet créa une fête nationale du patriotisme fixée au "deuxième dimanche de mai, jour anniversaire de la libération d'Orléans".

 

Extrait du "Journal Officiel" du 14 juillet 1920.
Extrait du "Journal Officiel" du 14 juillet 1920.

Extrait du "Journal Officiel" du 14 juillet 1920.

 

Il n'est donc pas étonnant d'avoir, comme dans presque toutes les églises de France continentale et de Corse, une statue de Jeanne d'Arc dans l'église Saint Siméon de Poggiolo. 

 

Elle est placée dans la chapelle placée dans le bras droit du transept (la plus proche du chœur). La sculpture de celle qui permit le sacre de Charles VII à Reims est placée à gauche, entre le tableau du baptême de Jésus  et l'autel dédié à saint Jean-Baptiste.

 

 

Leca Anna-Maria ; Medurio Noelle, “église Saint-Siméon,” Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses

Leca Anna-Maria ; Medurio Noelle, “église Saint-Siméon,” Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses

Photo extraite du numéro 2 de "L'Info U Pighjolu" (mars 2007).

Photo extraite du numéro 2 de "L'Info U Pighjolu" (mars 2007).

Il faut reconnaître qu'elle n'est pas un chef d'œuvre.

Photo Michel Franceschetti

Photo Michel Franceschetti

 

Des nationalistes corses peuvent s'offusquer de la place faite à "la sainte de la patrie" (de la patrie française), à l'instar de Christian Mondoloni qui, à la page 187 de son livre "Corse: Indépendance", écrit:

L'Eglise catholique corse avait été l'une des colonnes de soutienne la révolution au XVIIIe siècle. Elle fut mise au pas dès le commencement de l'occupation, cette politique fut accentuée au moment de la Révolution française, poursuivie jusqu'à nos jours. Rome en Corse se couche, depuis, devant les exigences de Paris. A la fin du XIXe et au début du XXe siècles l'évêché d'Ajacciu astreignit toutes les paroisses à installer dans les lieux de cultes des statues de Jeanne d'Arc, sainte politique proclamée en 1922 sainte patronne secondaire de la France. Elle exalte le nationalisme français, ses statues sont inexistantes hors de France. Cette sainte étrangère à la catholicité des Corses fut brûlée par les Anglais en 1431 soit 338 ans avant que les Français n'envahissent et n'occupent la Corse.

 

Cette démonstration contient une erreur chronologique. Jeanne d'Arc a été canonisée en 1920. Elle a bien été béatifiée en 1909 mais il n'est pas possible de penser que des statues à son effigie aient été installées dans des églises avant sa béatification.

 

Pour Poggiolo, un document prouve que Jeanne d'Arc n'était pas présente à Saint Siméon en 1905. Cette année-là, alors que la loi de séparation entre l'Eglise et l'Etat était en discussion, "l'évêché [d'Ajaccio], pour contrer la "spoliation" annoncée, lança une enquête diocésaine destinée à dresser l'état des paroisses et à inventorier leurs biens" (Michel CASTA, page 193, dans "Histoire de la Corse", tome 2, dirigée par Antoine-Marie GRAZIANI, ed. Piazzola).

 

La liste de Poggiolo, rédigée le 2 juin 1905 et signée par les membres du conseil de fabrique (on distingue bien les noms de Desanti, Franceschetti et Pasquilini parmi les signataires), est très précise, détaillant chaque objet, avec sa valeur marchande, ainsi que la nature (don ou achat) et la date de son acquisition.

 

Aucune statue de Jeanne d'Arc n'est mentionnée. L'actuelle est venue plus tard, après 1905. 

 

Jeanne d'Arc est-elle corse?

 

Que Jeanne d'Arc n'ait pas été Corse ne pose aucun problème pour un catholique qui invoque des saints de toutes les époques et de toutes les origines.

 

Quant à son instrumentalisation au profit de la francisation de la Corse, la question peut être posée et débattue mais cela dépasse le cadre de ce blog.

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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 18:05

 

L'épidémie a eu raison du soixante-quinzième anniversaire de la victoire contre l'Allemagne le 8 mai 1945. Partout, les cérémonies officielles ont eu lieu en petit comité.

 

A Poggiolo, si on a souvent organisé des dépôts de fleurs le 8 mai, l'habitude est de célébrer les morts de toutes les guerres essentiellement le 11 novembre. La célébration se déroule au monument aux morts du Lucciu.

 

Mais savez-vous qu'il existe un lieu particulièrement dédié à la mémoire des Poggiolais décédés lors de la seconde guerre mondiale?

 

Il consiste en une partie du cimetière communal où ont été réunis les tombeaux de plusieurs des six enfants de Poggiolo dont les noms sont inscrits sur le monuments aux morts pour 1939-1945.

 

 

Le carré de la mémoire

 

Ce carré de la mémoire est placé dans l'angle en bas de la partie originelle du cimetière communal, à la limite de la première et de la deuxième extension.

 

Le carré de la mémoire

1: église St Siméon

2: cimetière communal originel

3: carré 1939-1945 (en jaune)

4: première extension

5: deuxième extension

6: cimetière privé

7: chapelle funéraire Desanti-Bartoli

8: caveau Pinelli

 

Trois tombes sont ainsi à part. Elles sont de taille et de style différents mais leur caractéristique est d'avoir en médaillon la photo du soldat.

 

Le carré de la mémoire
Le carré de la mémoire

 

En avant, en marbre rose, se trouve celle de François Marie DESANTI, tué le 2 octobre 1944 à ROMCHAMP FOUR A COKE (Haute-Saône) près de BELFORT.

 

Le carré de la mémoire

 

Derrière, sur le côté gauche, la plaque porte le nom de François Mathieu ORAZI, lui aussi mort dans l'est, dans le Haut-Rhin.

Un second nom est inscrit, celui de Jean-Marie ORAZI, mais qui décéda plus tard. 

 

Le carré de la mémoire
Le carré de la mémoire

 

Enfin, un peu caché par la sépulture Desanti, est placé le tombeau de Paul VINCIGUERRA, mort en Allemagne le 23 avril 1945, soit deux semaines seulement avant la capitulation allemande.

 

Le carré de la mémoire
Le carré de la mémoire

 

Un lieu de mémoire peu connu mais qui mérite d'être honoré.

 

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En dehors de la photo aérienne qui vient du site géoportail, toutes les photos sont de Michel Franceschetti.

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6 mai 2020 3 06 /05 /mai /2020 18:00

Avec l'isolement imposé à tous, et malgré les moyens électroniques appelés réseaux sociaux, il existe un réel besoin de sortir et de rencontrer du monde pour discuter et pour faire quelque chose ensemble. Il va être possible de réaliser des photos de groupe qui montrent que l'on est membre d'une communauté.

 

A Poggiolo, un tel cliché fut réalisé, place Inghio, en 2001 (dix-neuf ans déjà!), le 16 août, à l'issue de la procession de Saint Roch.

 

Il vaut la peine d'être republié. Il donne l'impression de gens heureux d'être ensemble. Il est l'occasion également de reconnaître ceux qui ont disparu et de voir ceux qui ont bien grandi depuis cette époque. 

 

Les mêmes visages se trouvent aussi dans le film qui montre des jeux, la procession et l'apéritif partagés durant cette journée. 

 

Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

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4 mai 2020 1 04 /05 /mai /2020 18:00

Devant le monument aux morts de Poggiolo sur les quatre côtés duquel sont gravés les noms des trente soldats poggiolais victimes de la première guerre mondiale, deux plaques sont posées. L'une est à la mémoire des morts de 1939-1945 et sur l'autre se lit la simple inscription en lettres dorées:

 

INDOCHINE

LT PIERRE MARIE NIVAGGIOLI

 

Photo Michel Franceschetti

Photo Michel Franceschetti

 

Il s'agit d'un soldat oublié d'une guerre oubliée: la guerre d'Indochine qui, de 1946 à 1954, vit la France tenter de sauvegarder son empire colonial d'Extrême-Orient.

 

Pierre Marie NIVAGGIOLI était lieutenant au 4ème RAC (régiment d'artillerie coloniale) quand il fut tué au combat le 4 mai 1950 près de MY THO, dans le delta du Mékong, au sud de l'actuel Vietnam. Il eut la Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de bronze, la Croix de guerre des TOE (théâtres d'opérations extérieures) avec palme et étoile de bronze et la Légion d'Honneur.

 

Sa mort pourrait suffire pour se souvenir de lui. Mais son identité et sa naissance méritent également attention.

 

NIVAGGIOLI n'est pas un nom de Poggiolo. Il est fréquent à Murzo et à Muna, d'où est originaire, par exemple, Dominique NIVAGGIOLI, commissaire de police à Hyères depuis 2018 après avoir été à la tête des policiers d'Aix-en-Provence. Mais la mère de Pierre Marie était d'origine poggiolaise.

 

Il naquit le 12 septembre 1923, non pas à Poggiolo ni en Corse, mais à Sousse, en Tunisie. Cette ville était alors, grâce à Jean François GALLINI, une véritable annexe des Deux Sorru. Pratiquement toutes les familles des villages des Deux Sorru y étaient présentes. Il est recommandé de lire l'article intitulé L'empire sahélien des Sorrinesi qui fait une étude approfondie de cette colonisation très particulière.

 

S'étant engagé dans l'armée, Pierre Marie NIVAGGIOLI suivit les cours de l'Ecole de Cherchell (en Algérie). Dans cette ville, à la caserne Dubourdieu, avait été créée l'E.E.A.A.F.N. (Ecole des Elèves-Aspirants d'Afrique du Nord) dans le but de former rapidement des centaines de chefs de section et de peloton nécessaires à l’ossature des unités de toutes armes après que, à la suite du débarquement anglo-américain de novembre 1942, l'Afrique du Nord française eut basculé dans le camp des Alliés.

 

Pierre Marie fit partie de la 4ème promotion, dite Promotion "MARCHE AU RHIN", qui forma 782 élèves du 16 avril 1944 au 30 octobre 1944, avant d'aller combattre en Europe.

 

Pendant sa formation, le 1er août 1944, les futurs aspirants furent passés en revue par le général de Gaulle, comme le montre la photo suivante.

 

 

Photo extraite du site http://www.emicherchell.com/ecole/historique.html

Photo extraite du site http://www.emicherchell.com/ecole/historique.html

 

Moins de six ans plus tard, le jeune officier mourait en Indochine.

 

En ce soixantième-dixième anniversaire, ayons une pensée pour Pierre Marie NIVAGGIOLI, symbole de ces Corses qui furent si intimement liés au sort de l'empire colonial français.

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16 avril 2020 4 16 /04 /avril /2020 18:00

 

Pour distraire les Français confinés, la télévision repasse des films distrayants comme la trilogie de "La 7ème compagnie" dont les deux premiers épisodes sont censés se dérouler en juin 1940. Dans les circonstances actuelles, qui a remarqué que ces diffusions ont lieu alors que nous sommes juste à quatre-vingts ans de l'invasion de la France par l'armée allemande, commencée le 10 mai 1940?

 

Encore beaucoup moins de personnes se souviennent que, à ce moment-là, depuis le 21 mars 1940, le gouvernement français était dirigé par Paul REYNAUD.

 

Pourtant, les Poggiolais devraient s'en souvenir car, dans ce dernier gouvernement de la "drôle de guerre" (cette période sans véritable combat commencée avec la déclaration de guerre du  septembre 1939), il y avait Noël PINELLI.

 

Noël Pinelli devant la chambre des députés (juin 1936) (Photo by Keystone-France/Gamma-Rapho via Getty Images)

Noël Pinelli devant la chambre des députés (juin 1936) (Photo by Keystone-France/Gamma-Rapho via Getty Images)

 

Or, il est à ce jour le seul enfant de Poggiolo à avoir été député (élu à Paris en 1936) et membre d'un gouvernement: Paul REYNAUD, lui aussi originaire d'un département de montagne (il était né à Barcelonnette), l'avait nommé sous-secrétaire d'Etat à la marine marchande le 21 mars 1940. Il ne resta à ce poste que cinquante jours, l'attaque allemande entraînant le 10 mai un bouleversement du gouvernement qui devient plus resserré.

 

Noël (ou plus exactement Jean-Noël-François) PINELLI fut avocat, commissaire de la marine, combattant en 1914-1948 et eut de nombreuses autres activités. Mais il resta toujours attaché à Poggiolo où il revint souvent. Sa vie a été l'objet d'un article paru sur ce blog voici quatre ans et auquel nos lecteurs peuvent se référer.

 

Cette année, les circonstances rendent difficile la possibilité de se souvenir de lui mais, dès qu'une vie normale reviendra, il serait bon que la commune de Poggiolo se souvienne de son enfant (même s'il est né à Clermont-Ferrand). On pourrait envisager une plaque sur la maison PINELLI. D'ailleurs, un membre éminent de cette famille vient d'être élu au conseil municipal.

 

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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 18:00
Exceptionnel : concours de pêche en 1979 à Guagno-les-Bains

Voici un document exceptionnel et totalement inédit : un film montrant un concours de pêche qui eut lieu pendant l’été 1979 à Guagno-les-Bains.

 

Tourné par Edmond CERVOTTI, il a été mis en ligne par son fils Jean-Pierre, né en 1968 et qui avait donc 11 ans à l’époque. Qu'il soit remercié de nous avoir fait connaître cette œuvre originale.

 

La compétition se passait sur les bords du Fiume Grosso, près du pont de Caldane et de l’épicerie de Mimi CANALE (elle ferma en 1985).

 

De ce lieu, par deux fois, dans cette vidéo de 3 minutes 49, on voit très bien l’établissement thermal. Il n’était pas encore caché par l’Hôtel des Thermes (devenu foyer pour adultes médicalisés) qui fut construit dix ans plus tard.

 

Ce film étant d’abord familial, on voit la maman de Jean-Pierre CERVOTTI, Annie CASTELLI, née à Vico en 1941, et, avec la casquette, son grand-père Dominique CASTELLI alors vice-président de la fédération de pêche. Il a été instituteur à Vico avec sa grand-mère Ninette. Ils étaient très liés à la famille de Mimi et Louisette CANALE.

A cette époque, le garde-pêche était Antoine OTTAVI.

 

On peut reconnaître Mimi CANALE avec sa légendaire salopette bleue. Il est récompensé ainsi que Toto CANAVELLI par Dominique CASTELLI qui remet des prix sous forme de coupes, cannes à pêche et paniers de pêcheur.

 

Exceptionnel : concours de pêche en 1979 à Guagno-les-Bains

 

D’autres personnes vont et viennent. Peut-être peut-on deviner Christian PINELLI ou Nathalie, la fille de Félicie.

 

Le film se termine par une grillade de poissons et un repas sur les rochers au bord de la rivière.

 

Ces images sont le témoignage d’une époque qui paraît bien ancienne (41 ans !) et qui a, comme tout ce qui est ancien, l’apparence de la joie et de l’insouciance. Surtout, on a bien l’impression d’une communauté soudée et heureuse de s’amuser en groupe.

 

Coïncidence ? Le même été, en août 1979, eut lieu à Soccia une course de kart qui fut également filmée et dont ce blog a donné quelques images (voir l'article "du sport sur la route de Soccia").

 

Parmi nos lecteurs, quelques-uns auraient-ils d’autres films ou photos à nous confier ?

 

 

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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