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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 18:10

Si, en cette année du centenaire, l'on pense aux souffrances endurées par les combattants de 1914-1918, il serait injuste d'oublier les chagrins et les difficultés de leurs familles. 

L'article L'annonce du premier mort a montré la douleur de Dorothée MARTINI qui avait perdu son fils unique.

Le document suivant décrit la vie bouleversée d'une des nombreuses épouses à qui la guerre ravit leur époux. En racontant la jeunesse de Francesca à Soccia, il fait comprendre également la pauvreté des villages corses il y a un siècle et la difficulté à y survivre.

Ce texte a été rédigé par Marina CLEMENTI-DAVID, petite-fille de Francesca et de Louis CLEMENTI. La rédaction du blog a rajouté les intertitres. 

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FRANCESCA

NI PLUS MALHEUREUSE NI PLUS HEUREUSE QUE LES AUTRES ENFANTS CORSES

Elle avait  6 ans lorsque sa mère mourut d’une pneumonie. Dernière de six enfants, elle était chargée, à la maison, de toutes les petites corvées que les autres, trop occupés, lui confiaient: balayer le sol de terre battue de la pièce à vivre, aller chercher de l’eau, nourrir les poules; si elle réussissait à tout faire avant que la cloche ne sonne, elle avait le droit d’aller à l’école; cela n’arriva pas souvent. Elle courait pourtant sur le chemin pierreux, la petite Francesca, pour rapporter l’eau à la maison avant qu’il ne soit trop tard, mais en vain. Alors elle s’asseyait sur le chemin et pleurait. Elle pleurait sa maman absente, ses pieds meurtris, ses mains glacées. Elle ne le dit jamais à personne, sauf, beaucoup plus tard, à ses petits-enfants qui rechignaient eux, pour aller à l’école.

Francesca n’était ni plus malheureuse ni plus heureuse que la plupart des autres enfants du village: comme eux, elle allait pieds nus le plus souvent, même en hiver, mangeait la pulenta de châtaignes, la soupe de haricots et de lard de cochon, avec un peu de charcuterie ou de fromage les jours de fête. Les hivers étaient rudes, on s’enfermait et se calfeutrait autour de la cheminée; les journées d’été longues et éreintantes: il fallait profiter du jour pour avancer les travaux  (jardins, troupeaux, récolte des châtaignes, lessives, réparations).

Son père, affectueux mais déjà âgé, laissait les rênes de la maison à Marie sa sœur aînée, qui menait tout son monde avec autorité.

Comme beaucoup de jeunes au village, les garçons partirent pour les colonies; leurs pensions aidaient bien les familles, la subsistance était dure. Angèle-Marie fut mariée jeune à un Italien plus âgé qu’elle, mais qui prenait bien le relais à la maison. A 15 ans, Francesca fut «placée» à Bastia, dans une famille recommandée par le curé.

 

Les bonheurs et les malheurs de Francesca

UN BONHEUR FOUDROYÉ

Elle y était bien traitée, apprenant à tenir la maison, la cuisine, la couture, s’occuper du jeune enfant. Elle resta longtemps en relation étroite avec cette seconde famille. Ses rêves étaient ceux d’une jeune fille simple très croyante. Elle avait une confiance inébranlable en Dieu, la Sainte Vierge et tous les saints. Elle se rêvait religieuse.

Il en fut autrement: le jeune Louis, élevé par des pères jésuites, visitait souvent cette famille. Peut-être ses visites se firent-elles plus fréquentes et assidues après l’arrivée de Francesca ? Toujours est-il qu’il finit par la demander en mariage; elle accepta. Il quitta donc les pères jésuites et partit à Paris se faire une situation dans l’administration française: il fut facteur aux P.T.T.

Francesca, modestement dotée, mais avec une belle robe pour son mariage, le rejoignit un jour.

Ils vécurent leur bonheur simplement, lui travaillant, elle tenant son ménage dans ce grand Paris si différent de son village et même de Bastia! N’étant pas devenue religieuse, elle rêvait d’un autre grand destin féminin: devenir mère de famille nombreuse.

Ils eurent un fils, déclaré François Antoine. Qui décida de l’appeler finalement Pierre? Il était beau en tout cas, le plus beau des garçons du monde évidemment. Puis il y eut la guerre, Louis partit, il fallait bien, et, comme tellement d’autres, ne revint jamais.

Les bonheurs et les malheurs de Francesca
Les bonheurs et les malheurs de Francesca

LE CENTRE DE SA VIE

Restée seule avec son fils âgé de 4 ans, Francesca versa bien des larmes; puis elle fit face. Elle avait le caractère bien trempé, était habituée à lutter pour survivre. En tant que veuve de guerre, on lui offrit une place aux P.T.T.. Elle faisait des colis pour les soldats et les prisonniers le jour, des travaux d’aiguilles à domicile le soir et la nuit pour augmenter son petit revenu, et, de plus, apprit à lire et à écrire, pour améliorer sa situation aux P.T.T.

Pierre restait seul à la maison souvent, sa mère en courant revenait voir si tout allait bien pendant ses temps de pause; puis elle repartait, toujours courant, reprendre son poste. Payer une nourrice à cette époque était réservé aux gens riches;  pour une femme seule, même avec sa pension de veuve de guerre et le fruit de son travail, c’était un luxe peu accessible.

L’enfant devint le centre de sa vie, son bonheur, son trésor, son amour; le plus important tout de suite après Jésus-Christ, et même, à son cœur défendant, peut-être avant ?

Ainsi naquit de cette relation mère-fils un amour fusionnel qui jamais ne rompit et qui ne laissa la place à aucun autre; ils formèrent un couple indestructible. Elle ne se remaria évidemment pas, et Pierre, en âge de prendre femme, ne quitta jamais sa mère, et ne put jamais trouver celle qui l’égalerait; mais il lui fit beaucoup de petits-enfants qui tous furent peu ou prou élevés par leur grand-mère: elle était enfin (grand-) mère de famille nombreuse !

 

Au gré d’une vie mouvementée, l’un d’eux naquit à Soccia, le village de Francesca: Louis-Pierre; et deux autres, Marina et Eva, eurent la chance d’y vivre quelques mois de leur enfance, qui restèrent toujours l’un de leurs meilleurs souvenirs. Chacun d’eux, dans le secret de son cœur, rêvait d’une maison au village. Le besoin de renouer avec ses racines? Le souvenir de cette grand-mère irremplaçable? Un jour, le rêve devint réalité: «CASA FRANCESCA» est là, à SOCCIA, et vous attend, vous tous les descendants de la petite Francesca. N’oubliez pas d’y venir, d’y revenir, et bonne route à tous, dans vos vies.

Les bonheurs et les malheurs de Francesca
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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 17:45

Peu avant le début de la Première Guerre Mondiale, en mars 1914, la publication du premier  (et unique) numéro de la revue «A Cispra» fut un événement très important pour l’histoire de la Corse du XXe siècle. Ce centenaire va être fêté samedi 18 octobre.            

«A Cispra» (le vieux fusil) était une revue bilingue (français et corse) politique et culturelle créée par deux instituteurs originaires de notre micro-région : Xavier PAOLI, né à LETIA, et Jacques-Toussaint VERSINI, de MARIGNANA.

Elle est accessible sur le site de la BNF: http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6564542c​

Le centenaire de « A CISPRA »

 

Les sept premières pages, intitulées «Autonomie ou la Dégénérescence de l’Individualisme Corse», sont sous la signature de PAOLI et défendent l’idée autonomiste pour la Corse.

On trouve ensuite une proclamation qui fut souvent répétée :

« A Corsica un n’è mic’un dipartimentu francese : è una Nazione vinta ch’ha rinasce ! ».

C’est-à-dire :

« La Corse n'est pas un département français. C'est une nation qui a été conquise et qui renaîtra ».

C'est la première demande moderne d'autonomie pour la Corse.

 

Au sujet de l’orthographe, l’article «Notre orthographe» (pages 74 à 77) indique :

« entre deux formes également usitées, nous préférons celle qui s’éloigne le plus de l’italien ; nous préférons Côrzica et côrzu (prononciation de la province de Vico) à Corsica et corsu (formes purement italiennes). De même nous préférons pueta à poeta «.
(…)
« Il faut rompre le plus d’attaches possibles avec l’italien dont le prestige pèse sur notre patois au point de l’étouffer ».

 

Le déclenchement de la guerre mit fin à l’existence de « A CISPRA » mais cette revue avait donné le départ d’une véritable renaissance culturelle qui fut illustrée entre les deux guerres par plusieurs écrivains originaires de nos villages :

- Paul ARRIGHI, né à Renno, qui dirigeait "L'Annu Corsu",

- Petru ROCCA, né à Vico, qui créa "A Muvra",

- MAISTRALE, né à Marignana mais qui eut des liens très étroits avec Poggiolo.

 

Afin de commémorer la création de « A CISPRA », deux plaques vont être dévoilées sur chacune des maisons natales des deux fondateurs samedi 18 octobre

- à 11 h, à MARIGNANA pour Jacques-Toussaint VERSINI

- à 15 h, à LETIA, pour Xavier PAOLI

Ces cérémonies seront suivies dans les deux communes d’un apéritif offert dans les locaux des mairies.

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 18:00

Les monuments aux morts de nos villes et villages ne sont pas les seuls éléments officiels destinés à se souvenir des Français morts en 1914-1918. Il existe aussi les livres d'or.

La loi du 25 Octobre 1919 relative à "la commémoration et à la glorification pour la France au cours de la Grande Guerre" avait notamment pris les décisions suivantes:

Art.1er : Les noms des combattants des armées de terre et de mer ayant servi sous les plis du drapeau français et Morts pour la France, au cours de la guerre 1914-1918, seront inscrits sur les registres déposés au Panthéon.

Art.2 : Sur ces registres figureront, en outre, les noms des non combattants qui auront succombé à la suite d’actes de violence commis par l’ennemi, soit dans l’exercice de fonctions publiques, soit dans l’accomplissement de leur devoir de citoyen.

Art.3 : L’Etat remettra à chaque commune un livre d’or sur lequel seront inscrits les noms des combattants des armées de terre et de mer, Morts pour la France, nés ou résidant dans la commune.
- Ce livre d’or sera déposé dans une des salles de la commune et tenu à la disposition des habitants de la commune .
- Pour les Français nés ou résidant à l’étranger, le livre d’or sera déposé au consulat dont la juridiction s’étend sur la commune où est né, ou a résidé le combattant mort pour la Patrie.

Art.4 : Un monument national commémoratif des héros de la grande guerre, tombés au champ d’honneur, sera élevé à Paris ou dans les environs immédiats de la capitale.

Art.6 : Tous les ans le 1er ou le 2 Novembre, une cérémonie sera consacrée dans chaque commune à la mémoire et à la glorification des héros morts pour la Patrie.

Elle sera organisée par la municipalité avec le concours des autorités civiles et militaires.

Art.7: La présente loi est applicable à l’Algérie et aux colonies.

(J.O du 26 octobre 1919)

La loi précisait encore que la période de guerre considérée était comprise entre le 2 août 1914 et le 24 octobre 1919, date légale de la cessation des hostilités.

La rédaction des livres d'or de chaque commune a demandé un grand travail de rassemblement et de vérification des informations, qui sera interrompu par la guerre 39/45 et restera en l'état de brouillon. Pour être inscrits sur le monument aux morts et sur le livre d'or d'un endroit, il fallait soit y être né, soit y avoir eu 15 ans de domiciliation à la déclaration de la guerre. Il en résulta que des soldats purent être inscrits dans deux ou trois villages et certains furent oubliés.

Qu'en est-il pour Poggiolo?

Le livre d'or de Poggiolo, disponible sur le site des Archives Nationales (https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr), se présente sous la forme de trois feuilles dactylographiées. Il comporte 19 noms avec les dates de naissance et de décès, le régiment et le grade ainsi que le lieu du décès avec sa date.

Les oubliés du livre d'or
Les oubliés du livre d'or
Les oubliés du livre d'or

Mais trente noms sont gravés sur le monument aux morts du village. Qui sont les onze manquants et pourquoi ont-ils été oubliés du livre d'or?

Cinq de ces oubliés sont nés à Poggiolo et remplissent donc une condition importante: 

  • DEMARTINI François
  • FRANCESCHETTI Antoine François
  • PINELLI Baptiste
  • PINELLI François
  • PINELLI Laurent

Leur absence est inexplicable, sauf par un certain désordre administratif à la mairie, à la préfecture ou au ministère.

Quelles sont les lieux de naissance des six autres?

  • ANTONINI Pierre Toussaint: Guagno (inscrit sur le livre d'or et le monument aux morts de ce village)
  • BATTESTI Pierre-François: Guagno (inscrit sur le livre d'or et le monument aux morts de ce village)
  • DESANTI Jean: Eccica-Suarella (inscrit sur la plaque commémorative de ce village)
  • LOVICHI Jean: Constantine (inscrit sur le monument aux morts de Bône) (voir l'article "Enterré face au tombeau d'Achille")
  • MARTINI Jean-Dominique: Paris
  • PAOLI François Antoine: Marseille

L'absence de ces noms dans le livre d'or s'explique donc. Mais leur présence sur le monument aux morts est également parfaitement justifiée car ces hommes (leurs noms le montrent) ont de la famille à Poggiolo.

Ces soldats sont tous qualifiés de "morts pour la France" sauf PINELLI Baptiste et PINELLI François. Ils n'ont d'ailleurs pas de fiche sur le site "mémoire des hommes" qui rassemble la totalité de cette catégorie.

 

Les oubliés du livre d'or

Ces deux PINELLI sont mentionnés comme père et fils. Ils sont bien nés à Poggiolo, l'un en 1848, l'autre en 1889. 

Baptiste, Jean-Baptiste en réalité, est mort le 15 juillet 1917, donc dans le créneau chronologique prévu par la loi. Seulement, il meurt dans un hôpital parisien "des suites de maladie non contractée en service", est-il indiqué dans sa notice de MémorialGenWeb.

François est le fils du précédent. Il décède en 1920 à Ajaccio "des suites de la guerre", d'après le même site. Il est donc hors-délai.

Juridiquement, ils ne peuvent être qualifiés de "morts pour la France". Mais Jean-Baptiste était chevalier de la Légion d'Honneur depuis 1907 et il termina sa vie avec le grade de capitaine. Il faudrait avoir les documents sur les réunions du conseil municipal poggiolais de l'époque et sur la correspondance avec la Préfecture mais il est évident que, pour les habitants du village, les deux PINELLI étaient des héros de guerre.

Même si le livre d'or est incomplet, il n'est pas faux et le monument aux morts érigé au Lucciu montre bien la réalité et la complexité de la participation poggiolaise au massacre de la Grande Guerre.

 

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Cet article doit beaucoup aux informations trouvées sur les sites: 

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LES POILUS DE 14-18 SONT DES NOMS SUR DES MONUMENTS ET DES LIVRES D'OR. MAIS ILS ÉTAIENT D'ABORD DES ÊTRES HUMAINS. ENVOYEZ-NOUS DES PHOTOS AFIN DE LES FAIRE REVIVRE.

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 18:07

Si la première mort connue officiellement à Poggiolo en 1914 fut celle de Jean Toussaint MARTINI (voir l'article précédent L'annonce du premier mort), une autre famille poggiolaise avait déjà été frappée par la guerre.

En examinant les fiches individuelles (disponibles sur le site ministériel www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/) des trente soldats "morts pour la France" nommés sur le monument aux morts de la commune, on peut se rendre compte que Noël Ange François MARTINI décéda le 5 septembre 1914, soit 14 jours avant Jean Toussaint MARTINI.

Le véritable premier des trente

Mais, d'après sa fiche, Noël MARTINI vit le jour loin de Sorru in Sù, à SÉTIF en Algérie.

Ses parents étaient bien de Poggiolo. Son père, Dominique MARTINI, dit Picciatinu, y était né en 1860, comme Angeluccia, née elle aussi MARTINI, avec qui il se maria le 23 janvier 1890 à Poggiolo. Mais ils habitèrent à SÉTIF où Noël naquit onze mois plus tard, le 25 décembre 1890, à leur domicile rue St Augustin, déclaration de naissance consultable sur le site des Archives nationales d'outre-mer: http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/).  Dominique était alors sous-agent des Postes. 

Il eut des promotions et devint Receveur des Postes et Télégraphes à MAC-MAHON (localité appelée maintenant AÏN TOUTA, 35 km de BATNA), lieu de naissance des deux derniers de ses cinq enfants.

Il est à remarquer que Noël MARTINI avait donc eu 20 ans en 1910, date normale de son incorporation. S'il était toujours sous l'uniforme à la déclaration de guerre, et avec le grade de sergent-major au 8ème Régiment de Marche des Tirailleurs, on peut supposer qu'il s'était engagé dans l'armée. 

Mais, d'après la fiche, c'est à TOCQUEVILLE que la mort de Noël MARTINI fut déclarée officiellement le 18 mars 1915, avec six mois de retard.

Il était bien considéré comme un habitant de cet endroit (nommé maintenant RAS EL OUED, à 55 km au sud-ouest de SÉTIF) car son nom figure sur le livre d'or de cette commune. Il voisine avec 25 autres noms européens et 14 "indigènes", comme on disait alors, sur la liste publiée par le MémorialGenWeb.

Ces livres d'or ont été rédigés après la guerre dans le but de recenser les soldats ayant bénéficié de l'appellation "Mort pour la France", à partir des informations fournies par les mairies.

Le véritable premier des trente

Son nom était certainement présent sur le monument aux morts de TOCQUEVILLE qui fut inauguré le 16 septembre 1922. Malheureusement, la seule photo disponible ne permet pas de lire la moindre inscription.

Le véritable premier des trente

Cependant, sur internet, il existe une photo de la plaque commémorative qui se trouvait dans l'église et qui fut inaugurée le même jour que le monument laïc. Dix-huit noms de paroissiens catholiques y sont gravés. Noël MARTINI est le dixième. 

Le véritable premier des trente

Après l'indépendance de l'Algérie, pratiquement tous ces monuments furent détruits et les souvenirs des morts pour la France originaires de là-bas ont disparu. 

Mais, pour POGGIOLO, Noël MARTINI, même s'il n'y vécut jamais, était un enfant du pays et son nom fit partie des trente inscrits sur le monument aux morts. 

Même si l'on vit loin de la Corse, le lien avec le village d'où vient sa famille ne s'efface jamais.  

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Remerciements à Pierre LECCIA dont le très gros travail disponible sur GENEANET donne de nombreux renseignements généalogiques.

Le véritable premier des trente

N'OUBLIEZ PAS DE NOUS ENVOYER DES PHOTOS DE VOS ANCÊTRES EN 1914-1918.

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 18:00

Le 8 octobre 1914, voici exactement un siècle, fut un jour particulièrement sombre pour Poggiolo car le village apprit alors qu'un de ses enfants était mort sur le front.

En 2007, Xavier PAOLI avait décrit ce coup de tonnerre dans un texte qui est reproduit ci-dessous avec des renseignements complémentaires. 

Le 8 octobre 1914, alors que les hostilités venaient à peine de commencer, le tocsin sonnait déjà à Poggiolo. Ce fut le prélude d'une trop longue liste qui devait malheureusement se prolonger au fil des quatre années de la sanglante boucherie que fut la première guerre mondiale.
La mère Dorothée (sœur de l'instituteur du village Bernard Paoli) était restée veuve quelques années auparavant et avait déjà eu à déplorer la perte de sa fillette de dix ans. Elle n'avait plus de raison de vivre que ce fils, son unique enfant.
Au dire des anciens qui nous l'ont conté, à la réception de la terrible nouvelle, dans le village épouvanté, personne n'osait aller la prévenir. Pourtant il le fallut bien et, le conflit s'éternisant, la funèbre cérémonie se répéta maintes et maintes fois. Qu'à travers Jean Toussaint soit honorée la mémoire de tous ceux dont le nom figure sur le monument aux morts.

(texte écrit par Xavier Paoli et publié dans le numéro 10 de novembre 2007 du journal "L'Info U Pighjolu")

(texte écrit par Xavier Paoli et publié dans le numéro 10 de novembre 2007 du journal "L'Info U Pighjolu")

Jean Toussaint MARTINI était le fis de Marie Dorothée PAOLI et de Pierre MARTINI, dit Carazza. Ses parents, qui avaient 31 ans d'écart, s'étaient mariés en 1880. Ils eurent Marie Gracieuse, née en 1883, qui ne vécut que quatre ans. Jean Toussaint naquit le 16 avril 1890. Son père mourut en 1911.

L'annonce du premier mort

Comme nous l'apprend sa fiche de décès publié sur le site du Ministère de la Défense (http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/article.php?laref=1), Jean Toussaint MARTINI, mobilisé dans le 89ème Régiment d'Infanterie, fut blessé et mourut le 19 septembre 1914 à la suite de ses blessures (reçues quel jour?) à Neuvilly, village de la Meuse qui fut le lieu de grands combats en 1914 et en 1918.

 

L'annonce du premier mort

Mais, comme le prouve cette fiche, l'annonce ne parvint à Poggiolo que le 8 octobre, soit dix-neuf jours plus tard. Ce retard, qui peut nous paraître long, n'était pas extraordinaire au début de la guerre. L'éloignement de la commune n'est pas seulement en cause. Ainsi, à Marseille, le premier avis de décès "au champ d'honneur" ne parut dans la presse locale que le 29 août, alors que la guerre avait débuté le 3 août. 

Censure ? Services débordés ? Souci de ne pas démoraliser ?

Peu importait pour Dorothée qui se retrouvait toute seule et qui, comme tant d'autres mères, traîna son chagrin jusqu'à son décès en 1927.

L'annonce du premier mort

De Jean Toussaint MARTINI, il ne reste qu'une ligne sur le monument aux morts de Poggiolo.

Mais peut-être que des membres de sa famille possèdent encore une photo de lui. Le Blog des Poggiolais serait heureux de pouvoir la publier.

Cet appel est lancé à toutes les familles de Poggiolo: envoyez-nous des photos de vos ancêtres qui ont participé à la Première Guerre Mondiale, qu'ils y furent tués ou en réchappèrent. Ils ont droit à notre souvenir et à notre remerciement pour leur sacrifice.

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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 18:00

Une famille corse a eu une idée originale et touchante. Elle a fait publier le 20 septembre 2014, le jour exact du centenaire de son décès, un avis "in memoriam" sur la mort de Jean-Baptiste MAZZONI, de Bastia, dans les combats du début de la Grande Guerre. Avis acompagné de la photo du jeune soldat.

Pour se souvenir de nos martyrs

Cette initiative montre l'attachement de ses descendants qui, bien que dispersés maintenant entre la Corse, l'Ardèche et Gap, entretiennent la mémoire familiale. Publier la photo de cet ancêtre permet d'en avoir une vision moins désincarnée. Evoquer les victimes de la guerre de 1914-1918 ne consiste pas à aligner des chiffres de morts et blessés. Derrière les statistiques, il y a des visages, des familles et des souffrances.

Cette publication peut donner des idées.

Sortons les héros de 14-18 de leur simple inscription dans la pierre du monument. 

 

Les familles poggiolaises pourraient-elles chercher les photos des morts de la première guerre mondiale? Ces visages seraient publiés sur le blog des Poggiolais pour se souvenir de ceux qui ont donné leur vie pour nous.

Pour se souvenir de nos martyrs
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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 17:59

L'article précédent (Stretta: la descente dangereuse) insistait sur la permanence du danger de la partie la plus raide de la Stretta. Mais des changements importants sont bien plus nets sur d'autres parties. Ces constatations peuvent être réalisées en comparant une autre photo de 1936, prêtée par Marie-Thérèse MARTINI-LECCIA, avec un cliché (en noir et blanc) de 2014.

Cliquer sur la photo pour l'agrandir.
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Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

En 1936, le sol est constitué par de grandes pierres, comme vu précédemment, mais elles sont très disjointes et laissent apparaître de grandes surfaces de terre.

Maintenant, tout est bétonné de façon égale, comme le caniveau, autrefois ouvert, qui est désormais recouvert par des dalles de ciment.

La porte d'entrée de la maison de gauche (Pinelli-Orazy) est protégé, depuis quelques années, par un auvent. Sur la façade, est fixé un lampadaire de l'éclairage public.

La présence de l'électricité et du téléphone (deux inventions qui n'étaient pas présentes à Poggiolo avant la seconde guerre mondiale) est encore plus évidente par le grand nombre de fils visibles sur la seconde photo.

Une photo du même endroit, mais prise depuis la chapelle le 25 août 2014, montre encore mieux le véritable embrouillamini de fils qui est la caractéristique de la société actuelle.

Les changements de la Stretta

En tout cas, depuis quatre-vingts ans, on a bien gagné sur le plan de la facilité de circulation.

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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 22:55

La récente installation de ralentisseurs a déjà été saluée ici (article Mauvaise surprise pour les chauffards), surtout car elle permet d'un peu mieux sécuriser le débouché de la partie haute de la Stretta sur la route départementale.

La pente est forte mais, heureusement, la couche de ciment est bien granuleuse pour empêcher les glissades. Le seul élément qui intrigue est la couleur rosée du revêtement.

 

Stretta: la descente dangereuse

Cette voie n'a été cimentée qu'en 1964 ou 1965. A quoi ressemblait-elle auparavant?

Une indication est donnée par le texte écrit par Michel Franceschetti en 1963 et qui a été publié et étudié sous le titre Poggiolo vu par un adolescent de 1963 - 2/8: comment on circulait.

A part la petite route qui traverse le village, les rues sont étroites et pavées de cailloux aux arêtes vives qui font trébucher les promeneurs.

 

Grâce à l'amabilité de Marie-Thérèse MARTINI-LECCIA, une photo d'une procession ou d'une communion datant de septembre 1936 permet de voir la réalité d'avant le béton. 

Stretta: la descente dangereuse

La chaussée était dallée de grosses pierres plus ou moins plates. Les "arêtes vives" ne sont pas évidentes. Elles semblent plutôt assez émoussées. La descente était coupée de plusieurs marches qui ont maintenant disparu. Il n'en reste maintenant que juste avant la maison CHABROLLE.

La photo de 1936 et celle de 2014 peuvent être mises en parallèle:

 

Cliquer sur la photo pour mieux voir les détails.

Cliquer sur la photo pour mieux voir les détails.

Une conclusion s'impose d'elle-même:

à toutes les époques, la descente de la Stretta est un exercice dangereux.

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 18:00

L'été est en principe un moment où chacun se repose et se distrait sans se préoccuper des difficultés économiques ou politiques. Mais les militants politiques convaincus peuvent vouloir malgré tout répandre leurs idées auprès des vacanciers. Ils doivent s'adapter aux circonstances et aux lieux.

Il en a été ainsi de la réunion tenue par des socialistes à Guagno-les-Bains voici plus d'un siècle, quand les vacances duraient jusqu'au 1er octobre. 

Elle a été mise en exergue par les historiens Gilles CANDAR et Christophe PROCHASSON dans l'article "Le socialisme à la conquête des terroirs" publié par le numéro 160 (juillet-septembre 1992) de la revue "Le Mouvement Social". Analysant la propagande socialiste dans les campagnes avant 1914, ils font la liste des formes de réunions et des locaux utilisés (salle municipale, café...) et ils écrivent:

Le local pouvait être insolite: ainsi l'établissement de bains de Guagno-les-Bains, le 9 septembre 1906, pour une conférence du docteur Susini, militant socialiste parisien de passage.

 

Des détails supplémentaires se trouvent dans "L'Humanité" du 17 septembre 1906. Le quotidien, fondé deux ans auparavant par Jean JAURÈS, était l'organe officiel de la SFIO, nom du parti socialiste de l'époque.

L'article précise qu'il s'agit de l'initiative de "jeunes gens" du coin et que l'établissement a été "gracieusement mis à leur disposition par l'aimable propriétaire". Le public était constitué par "plusieurs habitants des communes voisines (...) venus se joindre aux nombreux baigneurs". Il comprenait même deux anciens médecins militaires dont un présenta le docteur SUSINI.

Pas de vacances pour la propagande

 

Cet orateur, même s'il était "membre du conseil fédéral de la Seine", n'était cependant pas un inconnu dans cette partie de la Corse.

Dans le "Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français" (3e partie, 1871-1914, de la Commune à la Grande guerre : Ras à Z), publié sous la direction de Jean MAITRON, il a droit à la notice suivante:

Etienne Susini (1839-1908) , docteur en médecine ayant d'abord exercé à Marseille puis à Paris, y est enterré. Conseiller municipal à Marseille, il prit part à la proclamation de la Commune en mars 1871. Membre important du Cercle de l'Indépendance qui, après la Commune, groupa les survivants du mouvement communaliste, il fut le disciple de Blanqui dont il était l'ami et le médecin. Elu de Sant'Andréa-d'Orcino, son bourg natal, il fut quelques mois avant sa mort délégué titulaire de la fédération socialiste corse. A ce titre il était fier de se dire le premier élu révolutionnaire de la Corse.

 

Il eut une certaine célébrité en 1886, quand il fut traduit en justice, et acquitté, avec Louise Michel, Jules Guesde et Paul Lafargue pour "provocation au meurtre et au pillage" à la suite d'un meeting de soutien aux mineurs grévistes de Decazeville.

Une brochure du docteur SUSINI ("Plus de Dieu, plus de maître") passe pour avoir inspiré Louis BLANQUI qui en fit "Ni Dieu, ni Maître", devenu le slogan des anarchistes (cité dans "500 citations de culture générale" de Gilbert Guislain, Pascal Le Pautremat et Jean-Marie Le Tallec).

Le responsable venu à Guagno-les-Bains était donc une "grosse pointure" du parti. Cette réunion démontre l'important et précoce enracinement de la gauche dans les Deux-Sorru, et notamment à Poggiolo, comme le prouvèrent les élections de 1914 (voir l'article Il y a cent ans: l'originalité poggiolaise).

Cette réunion s'est déroulée il y a 108 ans. Qui maintenant, quelle que soit son étiquette politique, oserait déranger les estivants pour parler de politique? 

 

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 18:04

Chaque rédacteur de blog a la présomption de croire que les textes qu'il publie sur internet vont intéresser beaucoup de monde. Il va chaque jour regarder avec fièvre ses scores pour savoir si le nombre de connections n'a pas baissé. Il va lire les commentaires tout en sachant que ceux-ci peuvent être manipulés. En fait, l'importance et l'utilité d'un blog se mesurent également par les questions qu'il reçoit directement et qui ne sont pas toujours publiées pour le grand public.

Des exemples récents l'ont montré pour le Blog des Poggiolais.

Fin juin, l'épouse du descendant du  capitaine de voltigeurs Marinetti qui pourchassa le bandit Théodore Poli (voir l'article http://poggiolo.over-blog.fr/article-les-exploits-de-theodore-n-5-la-traque-58726284.html) demanda des renseignements supplémentaires sur cet ancêtre. Elle les obtint.

Le 22 août, un Normand faisant des recherches généalogiques a envoyé des remerciements pour témoigner de son émotion d'avoir découvert le visage de son arrière-grand-mère sur la photo de classe de 1900 publiée voici quatre ans.

Il s'agit du n°22, Marie Lilla Vinciguerra.

Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

Le 24 août, une descendante de Hyacinthe Desanti (dont la carrière est présentée dans l'article: "un Poggiolais au Mali") a demandé l'aide du blog. En vacances en Corse, elle désirait savoir quelle branche de sa famille existait encore à Poggiolo et elle n'arrivait pas à contacter la mairie. Le blog lui a permis de trouver les personnes concernées et d'aller visiter la maison familiale.

Dans un registre différent, la page Facebook du blog de Poggiolo (https://www.facebook.com/pages/Poggiolo/167056470125907) a enregistré le 25 août la requête suivante:

Bonjour, je m'appelle Laurence Desanti, je sais que ma famille est originaire de Poggiolo, mais guère plus... Mes grands-parents sont décédés, mon père, pas objectif et peu efficace pour relater. Bref, je sais que mon arrière-arrière grand-père est parti pour la Tunisie, donc, fin 19e... Y'a-t-il quelqu'un qui peut m'aider, me mettre en relation avec des Desanti de Poggiolo ? Merci, j'ai besoin de racines, elles partent toutes...

La demande manque de précision mais certains lecteurs peuvent avoir quelques éléments. Qu'ils n'hésitent pas à fournir cette aide. 

 

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

La vidéothèque poggiolaise

La vidéothèque poggiolaise
Les films et les photos de famille et de vacances deviennent tous, au bout de quelques années, des documents historiques  qui montrent comment les diverses générations ont vécu.
Plusieurs films des décennies 60 et 70 à Poggiolo sont visibles sur DAILYMOTION (http://www.dailymotion.com/michelfran).
Cherchez dans vos greniers si vous n'avez pas des documents à faire connaître à la communauté poggiolaise.

Recherche

qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Le calendrier poggiolais

 

Début des vacances d'été: samedi 8 juillet midi.

Festival Sorru in Musica: du 21 au 30 juillet.

Fête de saint Roch: mercredi 16 août.

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

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