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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 18:07

Si la première mort connue officiellement à Poggiolo en 1914 fut celle de Jean Toussaint MARTINI (voir l'article précédent L'annonce du premier mort), une autre famille poggiolaise avait déjà été frappée par la guerre.

En examinant les fiches individuelles (disponibles sur le site ministériel www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/) des trente soldats "morts pour la France" nommés sur le monument aux morts de la commune, on peut se rendre compte que Noël Ange François MARTINI décéda le 5 septembre 1914, soit 14 jours avant Jean Toussaint MARTINI.

Le véritable premier des trente

Mais, d'après sa fiche, Noël MARTINI vit le jour loin de Sorru in Sù, à SÉTIF en Algérie.

Ses parents étaient bien de Poggiolo. Son père, Dominique MARTINI, dit Picciatinu, y était né en 1860, comme Angeluccia, née elle aussi MARTINI, avec qui il se maria le 23 janvier 1890 à Poggiolo. Mais ils habitèrent à SÉTIF où Noël naquit onze mois plus tard, le 25 décembre 1890, à leur domicile rue St Augustin, déclaration de naissance consultable sur le site des Archives nationales d'outre-mer: http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/).  Dominique était alors sous-agent des Postes. 

Il eut des promotions et devint Receveur des Postes et Télégraphes à MAC-MAHON (localité appelée maintenant AÏN TOUTA, 35 km de BATNA), lieu de naissance des deux derniers de ses cinq enfants.

Il est à remarquer que Noël MARTINI avait donc eu 20 ans en 1910, date normale de son incorporation. S'il était toujours sous l'uniforme à la déclaration de guerre, et avec le grade de sergent-major au 8ème Régiment de Marche des Tirailleurs, on peut supposer qu'il s'était engagé dans l'armée. 

Mais, d'après la fiche, c'est à TOCQUEVILLE que la mort de Noël MARTINI fut déclarée officiellement le 18 mars 1915, avec six mois de retard.

Il était bien considéré comme un habitant de cet endroit (nommé maintenant RAS EL OUED, à 55 km au sud-ouest de SÉTIF) car son nom figure sur le livre d'or de cette commune. Il voisine avec 25 autres noms européens et 14 "indigènes", comme on disait alors, sur la liste publiée par le MémorialGenWeb.

Ces livres d'or ont été rédigés après la guerre dans le but de recenser les soldats ayant bénéficié de l'appellation "Mort pour la France", à partir des informations fournies par les mairies.

Le véritable premier des trente

Son nom était certainement présent sur le monument aux morts de TOCQUEVILLE qui fut inauguré le 16 septembre 1922. Malheureusement, la seule photo disponible ne permet pas de lire la moindre inscription.

Le véritable premier des trente

Cependant, sur internet, il existe une photo de la plaque commémorative qui se trouvait dans l'église et qui fut inaugurée le même jour que le monument laïc. Dix-huit noms de paroissiens catholiques y sont gravés. Noël MARTINI est le dixième. 

Le véritable premier des trente

Après l'indépendance de l'Algérie, pratiquement tous ces monuments furent détruits et les souvenirs des morts pour la France originaires de là-bas ont disparu. 

Mais, pour POGGIOLO, Noël MARTINI, même s'il n'y vécut jamais, était un enfant du pays et son nom fit partie des trente inscrits sur le monument aux morts. 

Même si l'on vit loin de la Corse, le lien avec le village d'où vient sa famille ne s'efface jamais.  

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Remerciements à Pierre LECCIA dont le très gros travail disponible sur GENEANET donne de nombreux renseignements généalogiques.

Le véritable premier des trente

N'OUBLIEZ PAS DE NOUS ENVOYER DES PHOTOS DE VOS ANCÊTRES EN 1914-1918.

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 18:00

Le 8 octobre 1914, voici exactement un siècle, fut un jour particulièrement sombre pour Poggiolo car le village apprit alors qu'un de ses enfants était mort sur le front.

En 2007, Xavier PAOLI avait décrit ce coup de tonnerre dans un texte qui est reproduit ci-dessous avec des renseignements complémentaires. 

Le 8 octobre 1914, alors que les hostilités venaient à peine de commencer, le tocsin sonnait déjà à Poggiolo. Ce fut le prélude d'une trop longue liste qui devait malheureusement se prolonger au fil des quatre années de la sanglante boucherie que fut la première guerre mondiale.
La mère Dorothée (sœur de l'instituteur du village Bernard Paoli) était restée veuve quelques années auparavant et avait déjà eu à déplorer la perte de sa fillette de dix ans. Elle n'avait plus de raison de vivre que ce fils, son unique enfant.
Au dire des anciens qui nous l'ont conté, à la réception de la terrible nouvelle, dans le village épouvanté, personne n'osait aller la prévenir. Pourtant il le fallut bien et, le conflit s'éternisant, la funèbre cérémonie se répéta maintes et maintes fois. Qu'à travers Jean Toussaint soit honorée la mémoire de tous ceux dont le nom figure sur le monument aux morts.

(texte écrit par Xavier Paoli et publié dans le numéro 10 de novembre 2007 du journal "L'Info U Pighjolu")

(texte écrit par Xavier Paoli et publié dans le numéro 10 de novembre 2007 du journal "L'Info U Pighjolu")

Jean Toussaint MARTINI était le fis de Marie Dorothée PAOLI et de Pierre MARTINI, dit Carazza. Ses parents, qui avaient 31 ans d'écart, s'étaient mariés en 1880. Ils eurent Marie Gracieuse, née en 1883, qui ne vécut que quatre ans. Jean Toussaint naquit le 16 avril 1890. Son père mourut en 1911.

L'annonce du premier mort

Comme nous l'apprend sa fiche de décès publié sur le site du Ministère de la Défense (http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/article.php?laref=1), Jean Toussaint MARTINI, mobilisé dans le 89ème Régiment d'Infanterie, fut blessé et mourut le 19 septembre 1914 à la suite de ses blessures (reçues quel jour?) à Neuvilly, village de la Meuse qui fut le lieu de grands combats en 1914 et en 1918.

 

L'annonce du premier mort

Mais, comme le prouve cette fiche, l'annonce ne parvint à Poggiolo que le 8 octobre, soit dix-neuf jours plus tard. Ce retard, qui peut nous paraître long, n'était pas extraordinaire au début de la guerre. L'éloignement de la commune n'est pas seulement en cause. Ainsi, à Marseille, le premier avis de décès "au champ d'honneur" ne parut dans la presse locale que le 29 août, alors que la guerre avait débuté le 3 août. 

Censure ? Services débordés ? Souci de ne pas démoraliser ?

Peu importait pour Dorothée qui se retrouvait toute seule et qui, comme tant d'autres mères, traîna son chagrin jusqu'à son décès en 1927.

L'annonce du premier mort

De Jean Toussaint MARTINI, il ne reste qu'une ligne sur le monument aux morts de Poggiolo.

Mais peut-être que des membres de sa famille possèdent encore une photo de lui. Le Blog des Poggiolais serait heureux de pouvoir la publier.

Cet appel est lancé à toutes les familles de Poggiolo: envoyez-nous des photos de vos ancêtres qui ont participé à la Première Guerre Mondiale, qu'ils y furent tués ou en réchappèrent. Ils ont droit à notre souvenir et à notre remerciement pour leur sacrifice.

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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 18:00

Une famille corse a eu une idée originale et touchante. Elle a fait publier le 20 septembre 2014, le jour exact du centenaire de son décès, un avis "in memoriam" sur la mort de Jean-Baptiste MAZZONI, de Bastia, dans les combats du début de la Grande Guerre. Avis acompagné de la photo du jeune soldat.

Pour se souvenir de nos martyrs

Cette initiative montre l'attachement de ses descendants qui, bien que dispersés maintenant entre la Corse, l'Ardèche et Gap, entretiennent la mémoire familiale. Publier la photo de cet ancêtre permet d'en avoir une vision moins désincarnée. Evoquer les victimes de la guerre de 1914-1918 ne consiste pas à aligner des chiffres de morts et blessés. Derrière les statistiques, il y a des visages, des familles et des souffrances.

Cette publication peut donner des idées.

Sortons les héros de 14-18 de leur simple inscription dans la pierre du monument. 

 

Les familles poggiolaises pourraient-elles chercher les photos des morts de la première guerre mondiale? Ces visages seraient publiés sur le blog des Poggiolais pour se souvenir de ceux qui ont donné leur vie pour nous.

Pour se souvenir de nos martyrs
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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 17:59

L'article précédent (Stretta: la descente dangereuse) insistait sur la permanence du danger de la partie la plus raide de la Stretta. Mais des changements importants sont bien plus nets sur d'autres parties. Ces constatations peuvent être réalisées en comparant une autre photo de 1936, prêtée par Marie-Thérèse MARTINI-LECCIA, avec un cliché (en noir et blanc) de 2014.

Cliquer sur la photo pour l'agrandir.
Cliquer sur la photo pour l'agrandir.
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Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

En 1936, le sol est constitué par de grandes pierres, comme vu précédemment, mais elles sont très disjointes et laissent apparaître de grandes surfaces de terre.

Maintenant, tout est bétonné de façon égale, comme le caniveau, autrefois ouvert, qui est désormais recouvert par des dalles de ciment.

La porte d'entrée de la maison de gauche (Pinelli-Orazy) est protégé, depuis quelques années, par un auvent. Sur la façade, est fixé un lampadaire de l'éclairage public.

La présence de l'électricité et du téléphone (deux inventions qui n'étaient pas présentes à Poggiolo avant la seconde guerre mondiale) est encore plus évidente par le grand nombre de fils visibles sur la seconde photo.

Une photo du même endroit, mais prise depuis la chapelle le 25 août 2014, montre encore mieux le véritable embrouillamini de fils qui est la caractéristique de la société actuelle.

Les changements de la Stretta

En tout cas, depuis quatre-vingts ans, on a bien gagné sur le plan de la facilité de circulation.

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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 22:55

La récente installation de ralentisseurs a déjà été saluée ici (article Mauvaise surprise pour les chauffards), surtout car elle permet d'un peu mieux sécuriser le débouché de la partie haute de la Stretta sur la route départementale.

La pente est forte mais, heureusement, la couche de ciment est bien granuleuse pour empêcher les glissades. Le seul élément qui intrigue est la couleur rosée du revêtement.

 

Stretta: la descente dangereuse

Cette voie n'a été cimentée qu'en 1964 ou 1965. A quoi ressemblait-elle auparavant?

Une indication est donnée par le texte écrit par Michel Franceschetti en 1963 et qui a été publié et étudié sous le titre Poggiolo vu par un adolescent de 1963 - 2/8: comment on circulait.

A part la petite route qui traverse le village, les rues sont étroites et pavées de cailloux aux arêtes vives qui font trébucher les promeneurs.

 

Grâce à l'amabilité de Marie-Thérèse MARTINI-LECCIA, une photo d'une procession ou d'une communion datant de septembre 1936 permet de voir la réalité d'avant le béton. 

Stretta: la descente dangereuse

La chaussée était dallée de grosses pierres plus ou moins plates. Les "arêtes vives" ne sont pas évidentes. Elles semblent plutôt assez émoussées. La descente était coupée de plusieurs marches qui ont maintenant disparu. Il n'en reste maintenant que juste avant la maison CHABROLLE.

La photo de 1936 et celle de 2014 peuvent être mises en parallèle:

 

Cliquer sur la photo pour mieux voir les détails.

Cliquer sur la photo pour mieux voir les détails.

Une conclusion s'impose d'elle-même:

à toutes les époques, la descente de la Stretta est un exercice dangereux.

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 18:00

L'été est en principe un moment où chacun se repose et se distrait sans se préoccuper des difficultés économiques ou politiques. Mais les militants politiques convaincus peuvent vouloir malgré tout répandre leurs idées auprès des vacanciers. Ils doivent s'adapter aux circonstances et aux lieux.

Il en a été ainsi de la réunion tenue par des socialistes à Guagno-les-Bains voici plus d'un siècle, quand les vacances duraient jusqu'au 1er octobre. 

Elle a été mise en exergue par les historiens Gilles CANDAR et Christophe PROCHASSON dans l'article "Le socialisme à la conquête des terroirs" publié par le numéro 160 (juillet-septembre 1992) de la revue "Le Mouvement Social". Analysant la propagande socialiste dans les campagnes avant 1914, ils font la liste des formes de réunions et des locaux utilisés (salle municipale, café...) et ils écrivent:

Le local pouvait être insolite: ainsi l'établissement de bains de Guagno-les-Bains, le 9 septembre 1906, pour une conférence du docteur Susini, militant socialiste parisien de passage.

 

Des détails supplémentaires se trouvent dans "L'Humanité" du 17 septembre 1906. Le quotidien, fondé deux ans auparavant par Jean JAURÈS, était l'organe officiel de la SFIO, nom du parti socialiste de l'époque.

L'article précise qu'il s'agit de l'initiative de "jeunes gens" du coin et que l'établissement a été "gracieusement mis à leur disposition par l'aimable propriétaire". Le public était constitué par "plusieurs habitants des communes voisines (...) venus se joindre aux nombreux baigneurs". Il comprenait même deux anciens médecins militaires dont un présenta le docteur SUSINI.

Pas de vacances pour la propagande

 

Cet orateur, même s'il était "membre du conseil fédéral de la Seine", n'était cependant pas un inconnu dans cette partie de la Corse.

Dans le "Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français" (3e partie, 1871-1914, de la Commune à la Grande guerre : Ras à Z), publié sous la direction de Jean MAITRON, il a droit à la notice suivante:

Etienne Susini (1839-1908) , docteur en médecine ayant d'abord exercé à Marseille puis à Paris, y est enterré. Conseiller municipal à Marseille, il prit part à la proclamation de la Commune en mars 1871. Membre important du Cercle de l'Indépendance qui, après la Commune, groupa les survivants du mouvement communaliste, il fut le disciple de Blanqui dont il était l'ami et le médecin. Elu de Sant'Andréa-d'Orcino, son bourg natal, il fut quelques mois avant sa mort délégué titulaire de la fédération socialiste corse. A ce titre il était fier de se dire le premier élu révolutionnaire de la Corse.

 

Il eut une certaine célébrité en 1886, quand il fut traduit en justice, et acquitté, avec Louise Michel, Jules Guesde et Paul Lafargue pour "provocation au meurtre et au pillage" à la suite d'un meeting de soutien aux mineurs grévistes de Decazeville.

Une brochure du docteur SUSINI ("Plus de Dieu, plus de maître") passe pour avoir inspiré Louis BLANQUI qui en fit "Ni Dieu, ni Maître", devenu le slogan des anarchistes (cité dans "500 citations de culture générale" de Gilbert Guislain, Pascal Le Pautremat et Jean-Marie Le Tallec).

Le responsable venu à Guagno-les-Bains était donc une "grosse pointure" du parti. Cette réunion démontre l'important et précoce enracinement de la gauche dans les Deux-Sorru, et notamment à Poggiolo, comme le prouvèrent les élections de 1914 (voir l'article Il y a cent ans: l'originalité poggiolaise).

Cette réunion s'est déroulée il y a 108 ans. Qui maintenant, quelle que soit son étiquette politique, oserait déranger les estivants pour parler de politique? 

 

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 18:04

Chaque rédacteur de blog a la présomption de croire que les textes qu'il publie sur internet vont intéresser beaucoup de monde. Il va chaque jour regarder avec fièvre ses scores pour savoir si le nombre de connections n'a pas baissé. Il va lire les commentaires tout en sachant que ceux-ci peuvent être manipulés. En fait, l'importance et l'utilité d'un blog se mesurent également par les questions qu'il reçoit directement et qui ne sont pas toujours publiées pour le grand public.

Des exemples récents l'ont montré pour le Blog des Poggiolais.

Fin juin, l'épouse du descendant du  capitaine de voltigeurs Marinetti qui pourchassa le bandit Théodore Poli (voir l'article http://poggiolo.over-blog.fr/article-les-exploits-de-theodore-n-5-la-traque-58726284.html) demanda des renseignements supplémentaires sur cet ancêtre. Elle les obtint.

Le 22 août, un Normand faisant des recherches généalogiques a envoyé des remerciements pour témoigner de son émotion d'avoir découvert le visage de son arrière-grand-mère sur la photo de classe de 1900 publiée voici quatre ans.

Il s'agit du n°22, Marie Lilla Vinciguerra.

Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

Le 24 août, une descendante de Hyacinthe Desanti (dont la carrière est présentée dans l'article: "un Poggiolais au Mali") a demandé l'aide du blog. En vacances en Corse, elle désirait savoir quelle branche de sa famille existait encore à Poggiolo et elle n'arrivait pas à contacter la mairie. Le blog lui a permis de trouver les personnes concernées et d'aller visiter la maison familiale.

Dans un registre différent, la page Facebook du blog de Poggiolo (https://www.facebook.com/pages/Poggiolo/167056470125907) a enregistré le 25 août la requête suivante:

Bonjour, je m'appelle Laurence Desanti, je sais que ma famille est originaire de Poggiolo, mais guère plus... Mes grands-parents sont décédés, mon père, pas objectif et peu efficace pour relater. Bref, je sais que mon arrière-arrière grand-père est parti pour la Tunisie, donc, fin 19e... Y'a-t-il quelqu'un qui peut m'aider, me mettre en relation avec des Desanti de Poggiolo ? Merci, j'ai besoin de racines, elles partent toutes...

La demande manque de précision mais certains lecteurs peuvent avoir quelques éléments. Qu'ils n'hésitent pas à fournir cette aide. 

 

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7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 17:59

L'article sur "La nuit des mazzeri" (Les légendes de chez nous (4/7): la nuit des mazzeria mentionné Dorothy CARRINGTON. Il est indispensable de connaître cette grande dame qui joua un rôle important dans le lancement de l'archéologie et de l'ethnologie de la Corse.

Dorothy, l'Anglaise ensorcelée par la Corse

"Lady Rose, l'insulaire", un reportage de France 3 réalisé en 2006, montre la vie aventureuse de cette Anglaise de la haute société qui se voua à une île qui n'était pas la sienne jusqu'à son décès en 2002.

Cette vidéo de 52 minutes insiste sur le voyage de 1948 et le choc de la révélation des statues-menhirs de Filitosa, alors totalement inconnues.

Dessins de Francis ROSE, images de vieux villages, paysages de ce Niolu que Miss CARRINGTON sillonna si souvent à pieds, illustrent les passages de ses livres et d'anciennes interviews. Il faut voir (à partir de la 17ème minute) les extraits d'un film sur la foire de Casamaccioli en 1948.

Les mazzeri sont présentés au bout de 45 minutes. Pour l'infatigable Britannique fascinée par la Corse, le mazzérisme, auquel elle consacra un livre, n'est pas une légende mais la survivance d'une croyance traditionnelle.

 

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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 18:00

S’il a déjà été bien célébré, le centenaire du début de la Première Guerre Mondiale doit l’être plus particulièrement au début août.

Suite à l'assassinat de l’archiduc autrichien François-Ferdinand à Sarajevo, un mois plus tôt, le 28 juin 1914, le gouvernement français décrèta la mobilisation générale samedi 1er août à 16 heures, avec effet le dimanche 2. Tous les clochers de France firent entendre un sinistre tocsin. L'Allemagne déclara la guerre à la France le 3 août.

Pour ce qui fut appelée "la Grande Guerre", la façon dont son déclenchement fut perçue à Poggiolo est bien montrée par l'exemple de Jean LOVICHI, grâce à un émouvant texte de Romain DURAND.

1914: la fin d'un bel été

Petit-fils du sous-préfet Charles LOVICHI, Romain DURAND, après une importante carrière de directeur financier, a été membre de l'Académie des Sciences Morales, des Lettres et des Arts de Versailles. Il a fait des recherches importantes de généalogie (sur GENEANET, son arbre comportait 3344 noms) et d'histoire sociale et militaire. Dans son étude "Soldats par habitude, Etre soldat de 1720 à 1920", il évoque son héroïque oncle Jean dont le nom est gravé sur le monument aux morts de Poggiolo. Il est décédé en juillet 2010.

Ce texte a déjà été publié sur le blog de Poggiolo le 11 août 2010.

1914: la fin d'un bel été

     "Jean LOVICHI est né à Constantine en 1893. Son père, Charles, est en 1914 administrateur civil de la commune de l'Edough, avec résidence à BÔNE; sa mère Odile était professeur de lettres. Aîné et seul garçon d'une famille de quatre enfants, l'éducation de Jean avait été conduite avec un soin extrême. Il avait fait de brillantes études au lycée de Constantine avant de faire sa philo au lycée Henri IV dans la classe d'Emile CHARTIER, dit ALAIN. Sans la guerre, il aurait probablement été le plus jeune agrégé de philosophie de France. (..)

(les enfants de Charles Lovichi)

(les enfants de Charles Lovichi)

En juillet 1914, la famille est en Corse, comme chaque été. POGGIOLO est loin à l'intérieur des terres, entre le golfe de SAGONE et le golfe de PORTO. Charles LOVICHI n'est pas là; les membres de l'administration algérienne sont restés à leur poste dans l'attente des événements. Odile, qui reçoit régulièrement les journaux, s'inquiète. Jean, pacifiste juvénile, ne veut pas croire au pire.

Le dimanche 2 août, en revenant de SOCCIA avec les boules de pain frais, madame LOVICHI et ses deux filles remarquent une agitation insolite. Tout le monde est dehors, parlant de mobilisation et de guerre. On court au-devant d'Odile dans l'espoir qu'elle donnerait des explications. Une vieille cousine qu'on ne voyait jamais au grand jour, diaphane sous le fichu noir, demande: "Oh! Odile! Ils seront avec nous les Français cette fois?".

(Odile Lovichi)

(Odile Lovichi)

     Au village, on se rappellera longtemps avoir vu Jean LOVICHI remonter de la rivière en pleurant son idéal trahi. On ne le comprenait pas bien, mais on lui passait tout. Bientôt, de SOCCIA, de POGGIOLO, de GUAGNO, d'ORTO, chantant les vieux refrains guerriers de la Corse, les mobilisés descendaient d'un pas vif, la musette au côté, pressés de rejoindre les tirailleurs, les zouaves, les alpins, la coloniale pour se distinguer dans la grande épreuve. Odile ordonna qu'on refit les bagages. La route de BÔNE pouvait être perturbée par les navires allemands (elle le fut en effet), et il n'y avait pas de temps à perdre."

 

 

   Au village, on se rappellera longtemps avoir vu Jean LOVICHI remonter de la rivière en pleurant son idéal trahi. On ne le comprenait pas bien, mais on lui passait tout. Bientôt, de SOCCIA, de POGGIOLO, de GUAGNO, d'ORTO, chantant les vieux refrains guerriers de la Corse, les mobilisés descendaient d'un pas vif, la musette au côté, pressés de rejoindre les tirailleurs, les zouaves, les alpins, la coloniale pour se distinguer dans la grande épreuve. Odile ordonna qu'on refit les bagages. La route de BÔNE pouvait être perturbée par les navires allemands (elle le fut en effet), et il n'y avait pas de temps à perdre."

 

 

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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 17:59

L'année 1914 est à la mode car nous sommes arrivés au centenaire du début de ce massacre que fut la Grande Guerre.

Même si, rétrospectivement, l'affrontement ne pouvait n'être qu'inévitable, les contemporains n'en avaient pas conscience. En regardant les documents de l'époque, on se rend compte que les préoccupations étaient bien loin de la guerre. Nous avons déjà vu que les élections législatives avaient été acharnées en avril (article: Il y a cent ans: l'originalité poggiolaise).

En juillet, plusieurs semaines après l'attentat de Sarajevo, les faits divers occupaient une grande place dans les informations.

Ainsi, le drame connu un peu partout le 19 juillet 1914 se passa en Corse et il s'agissait d'un accident de la route.

Le 18 juillet, vers 13 heures, le car transportant le courrier et sept passagers entre Vico et Ajaccio cassa son axe de direction à l'entrée de la ville. Le chauffeur, Dominique Coggia, ne put éviter de heurter un arbre. Il y eut six ou sept blessés, selon les journaux. Oui, "selon LES journaux", car la nouvelle fut répercutée, non seulement par les journaux corses mais aussi par de nombreux quotidiens continentaux.

En voici deux exemples. La première coupure de presse est extraite du "Petit Marseillais" du 19 juillet. Il est vrai que, étant donné le grand nombre de Corses habitant alors à Marseille, les nouvelles insulaires étant fréquentes dans ses pages. Mais que dire de la présence de la même information dans de nombreuses publications? Ainsi, la deuxième coupure vient du "Figaro".

Pas de doute, l'autre drame, celui qui allait durer quatre ans, était très, très loin.

 
Le drame en 1914
Le drame en 1914

PS: cet accident n'était pas le premier sur cette ligne. Il y en avait eu un en mars 1909 (voir l'article Du cheval au cheval-vapeur (n°2)) mais l'importance donnée à celui de 1914 est particulière à cause du contexte.

Le drame en 1914
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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

La vidéothèque poggiolaise

La vidéothèque poggiolaise
Les films et les photos de famille et de vacances deviennent tous, au bout de quelques années, des documents historiques  qui montrent comment les diverses générations ont vécu.
Plusieurs films des décennies 60 et 70 à Poggiolo sont visibles sur DAILYMOTION (http://www.dailymotion.com/michelfran).
Cherchez dans vos greniers si vous n'avez pas des documents à faire connaître à la communauté poggiolaise.

Recherche

qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Le calendrier poggiolais

 

Début des vacances d'été: samedi 8 juillet midi.

Festival Sorru in Musica: du 21 au 30 juillet.

Fête de saint Roch: mercredi 16 août.

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

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