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28 juin 2018 4 28 /06 /juin /2018 06:45

Toutes nos condoléances.

Décès de Dominique Battesti

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23 juin 2018 6 23 /06 /juin /2018 18:05

Les quatre maisons construites à Poggiolo entre 1879 et 1899 ont de nombreux points communs dans leur architecture, évoqués dans les articles précédents.

Leur situation dans le village est également particulière. 

Les maisons poggiolaises- 4: les notables et les routes

Elles sont placées entre les Case Suprane et le quartier Saint Roch.

Elles n'ont pas pris la place d'habitations plus anciennes car, comme le prouve le relevé cadastral de 1857, cette partie intermédiaire n'était pas encore habitée au milieu du XIXème siècle.

 

Les maisons poggiolaises- 4: les notables et les routes

 

La route départementale n'existait pas encore. Les quatre maisons qui nous intéressent bordent cette route. Elles ont certainement été placées pour profiter des avantages de la proximité avec la route dont les travaux ont été très longs.

 

Pendant des siècles, Poggiolo n'a été reliée à Soccia et Orto que par des sentiers partant de Saint Siméon. Pour rejoindre Guagno-les-Bains et Vico, le chemin débutait aux Trois Chemins.

L'image ci-dessous montre l'ancien cadastre sur lequel ont été placées les quatre habitations et, en rouge, la nouvelle route.

 

Les maisons poggiolaises- 4: les notables et les routes

 

Routes et "maisons de notables" ont provoqué un grand changement dans la structure du village. Les deux ensembles séparés ont été assemblés et la circulation qui était surtout nord-sud est devenue est-ouest, le long de la route. Le mouvement s'est accéléré à la fin du XXème siècle où les nouvelles maisons ont été installées en suivant la voie vers Soccia.

Elles se reconnaissent bien dans l'illustration suivante, qui utilise une vue photographique de Google Maps.

La lettre N a été placée sur les quatre maisons "de notables".

Cliquez sur la photo pour voir les détails.

Cliquez sur la photo pour voir les détails.

 

De Poggiolo aux Trois Chemins, toutes les constructions datent d'après 1950, sauf les numéros:

- 1: maison PASSONI

- 2: maison PAOLI (ex-LOVICHI)

- 3: maison dite "de Ceccantone"

- 4: maison DUBREUIL (dite "petit four")

 

Il reste une question: pourquoi la maison MARTINI, pourtant bien au bord de la route, lui tourne-t-elle le dos et a-t-elle son entrée principale du côté Saint Roch?

Certains descendants de Pierre MARTINI disent que, au moment de sa construction, en 1879, la route n'existait pas encore et que, quand le tracé devait être décidé, il fut demandé à "Muschino" s'il préférait que la route passât devant ou derrière la maison. La réponse fut: "derrière", choix dont la famille n'eut qu'à se réjouir, surtout quand on voit le flot quotidien de voitures vers le lac de Crenu l'été.

 

 

Muschino (photo Martini)

Muschino (photo Martini)

 

 

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Bien évidemment, si vous constatez des erreurs dans ce texte, vous pouvez en faire la remarque en écrivant dans la partie "Commentaires" sous cet article. 

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17 juin 2018 7 17 /06 /juin /2018 18:00

Les riches familles poggiolaises construisirent à la fin du XIXème siècle quatre belles maisons entre les Case Suprane et la place St Roch. La maison de Marione a été montrée la dernière fois. Voyons les trois autres.

Contrairement à la précédente, elles sont occupées régulièrement.

Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables

 

Juste au-dessus de la maison de Marione, sur le terrain de Vignarella, se trouve celle de Bernard et Marie-Claude FRANCESCHETTI.

La maison de Marione à gauche et celle des Franceschetti à droite.

La maison de Marione à gauche et celle des Franceschetti à droite.

Elle fut construite en 1899 par leur arrière-grand-père Jean-Martin DESANTI (1846-1922), après qu'il eut reçu la Légion d'Honneur et pris sa retraite de sous-officier de carrière.

 

Jean-Martin Desanti décoré de la médaille militaire.

Jean-Martin Desanti décoré de la médaille militaire.

Deux articles de ce blog lui ont été seront consacrés:

Jean-Martin couche chez Leonore. 1/2 : LE SOLDAT

Jean-Martin couche chez Leonore. 2/2 : LA VIE FAMILIALE

 

Ses initiales (DJM: DESANTI Jean-Martin) sont gravées avec la date 1899 dans la pierre au-dessus de l'imposte.

Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables
Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables

 

En continuant la route, sur le côté gauche, se trouve la maison de la famille CECCALDI.

Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables

Là aussi, une porte à deux vantaux est surmontée d'une imposte métallique (alors qu'elle est en bois dans la maison précédente) au centre de laquelle se trouve la date de 1885. Les initiales N et C sont gravées de part et d'autre du demi-cercle.

NC signifie Noël CECCALDI. Né en 1850 et décédé en 1925, il fut forgeron et maire de Poggiolo de 1894 à 1901.

Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables

 

Juste après, en traversant la stretta, il y a la maison MARTINI. Mais, bizarrement, sur le côté de la route, il n'existe qu'une petite porte, sans date ni initiales, qui est en vérité la porte de derrière de cette maison.

Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables

 

L'entrée du bâtiment est de l'autre côté, avec la double porte et son imposte.

Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables
Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables
Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables

Les indications habituelles (ici 1872 et MP) sont regroupées sur la pierre surplombant la partie haute de l'imposte.

MP signifie MARTINI Pierre. Surnommé "Muschino", il vécut de 1837 à 1907, eut huit enfants avec son épouse Antoinette DESANTI (1838-1908) et fut maire de Poggiolo de 1888 à 1894.

Comme aucune habitation n'existait à cet endroit auparavant, ses occupants furent surnommés "I Martini di a casa nova".

 

Mais l'énigme n'est pas résolue: pourquoi ces maisons ont-elles été construites à la même époque dans cette partie de Poggiolo?

Il s'y ajoute un autre mystère: pourquoi la maison MARTINI tourne-t-elle le dos à la route?

 

(à suivre)

 

En dehors de la première image tirée de Géoportail, toutes les photos utilisées dans cet article sont de Michel FRANCESCHETTI.

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9 juin 2018 6 09 /06 /juin /2018 17:47

La plus vieille maison de Poggiolo est celle de la famille Pinelli, ainsi que l'a rappelé l'article précédent.

La date de 1702 gravée sur son linteau prouve cette ancienneté sans contestation. Cette maison fut construite soixante-six ans avant que la Corse devint française.

Quatorze habitations poggiolaises sont ainsi bien situées dans le temps.

Les maisons poggiolaises - 1: Case suprane

Si vous comptez bien, vous ne voyez que treize années de construction sur cette photo. Il manque le lieu nommé "maison de Ceccantone" qui est un peu plus loin que la fontaine du Lucciu, hors du cadre de ce cliché. Elle sera présentée comme les autres, à la fin de cette série d'articles.

Les maisons datées se répartissent dans tous les quartiers. Trois ont été édifiées au XVIIIème siècle, cinq dans la première moitié du XIXème, quatre dans la seconde moitié et une au XXème (deux en comptant celle de Ceccantone).

Cette série ne concernant que les logements, les autres édifices (fours à pain, chapelles, fontaines, caveaux) en sont exclus. 

 

 

MAISON 1787

Juste au-dessus de la maison Pinelli, on passe devant un petit bâtiment avec une date illisible.

Les maisons poggiolaises - 1: Case suprane

La montée prend un fort virage à droite pour arriver à un lieu marqué 1787. Il est même doublement marqué.

Les maisons poggiolaises - 1: Case suprane
Les maisons poggiolaises - 1: Case suprane
Les maisons poggiolaises - 1: Case suprane

En effet, deux entrées très proches ont cette même date, suivie, comme dans pratiquement toutes les inscriptions, de lettres évoquant la famille du constructeur. Les propriétaires actuels sont les familles TEYSSEDOU et PRINCE, descendants des DEMARTINI qui habitaient ici.

porte de droite
porte de droite

porte de droite

Le linteau de la porte de droite est plus lisible que celui de la porte de gauche mais l'année 1787 est bien apparente.

porte de gauche
porte de gauche

porte de gauche

 

MAISON 1834

 

Après être passé devant ces deux portes, on se trouve en face de la maison de la famille CHABROLLE, ancienne maison BARTOLI et plus anciennement maison DESANTI.

Au dessus de la porte d'entrée, on remarque une grosse pierre polygonale avec une croix et la date de 1834.

Les maisons poggiolaises - 1: Case suprane

En réalité, cette date est peu lisible. Anna-Maria LECA et Noelle MEDURIO, dans leur travail pour l'Université de Corte, ont réussi à prendre un cliché qui permet de décrypter un peu l'inscription. La dernière ligne semble comporter le nom de la famille DESANTI.

 

Agrandissement de la gravure, photo prise par Leca Anna-Maria et Medurio Noelle, Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses, http://m3c.univ-corse.fr/omeka/items/show/1099677.

Agrandissement de la gravure, photo prise par Leca Anna-Maria et Medurio Noelle, Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses, http://m3c.univ-corse.fr/omeka/items/show/1099677.

Cette grande maison pourrait avoir été construite en 1834 mais ce n'est pas une certitude. En effet, l'auteur de ces lignes se souvient que cette pierre se trouvait dans les années 1960 de l'autre côté de la terrasse, au bord de la stretta. Et Rose-Marie CHABROLLE affirme que son déplacement avait été une initiative de son père, le docteur BARTOLI. L'inscription se trouvait sur un four à pain aujourd'hui détruit.

Alors, maison construite avant, en même temps ou après ce four?

 

Des détails supplémentaires sur cette énigme sont à lire dans l'article
"QUE SONT DEVENUS LES FOURS DES CASE SUPRANE ?" publié le 28 juin 2015

 

En dehors de la première image qui a utilisé Géoportail et du cliché réalisé par Anna-Maria LECA et Noelle MEDURIO, les photos viennent toutes de Michel FRANCESCHETTI.

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4 juin 2018 1 04 /06 /juin /2018 17:25

La devinette du mois vous demandait laquelle, parmi les vieilles maisons de Poggiolo, est la plus ancienne et quelle est sa date de construction.

 

Plusieurs vieilles bâtisses du village portent une date gravée au-dessus de leur porte d'entrée. Beaucoup sont du XIXème siècle, d'autres du XVIIIème.

Solution de la devinette du mois: la plus ancienne maison de Poggiolo
Solution de la devinette du mois: la plus ancienne maison de Poggiolo

 

On ne sera pas surpris d'apprendre que la doyenne est la maison PINELLI, aux Case Suprane, car cette famille est une des plus anciennes du village, et peut-être même la plus ancienne.

Quelle est donc sa date de construction?

 

 

Solution de la devinette du mois: la plus ancienne maison de Poggiolo

Au bord de la streta, sur la façade où se trouvent les portes d'entrée de cette maison, aucune date n'est visible.

Dans leur inventaire du patrimoine bâti du canton (consultable sur le site de la Médiathèque Culturelle de la Corses et des Corses), Noëlle MEDURIO et Anna Maria LECA ont pourtant noté la présence d'"un linteau gravé donnant une datation (1702)".

Mais elles n'ont pas précisé de quel côté est ce linteau.

D'ailleurs, l'ancienneté du bâtiment est encore plus grande si l'on en croit la brochure sur les PINELLI écrite voici plusieurs années par Toussaint PINELLI.

On y lit:

"Les PINELLI entreprennent dans la première décennie XVIIème siècle la constrution à Poggiolo de leur maison familiale sur un mur de laquelle on peut remarquer, gravée dans le granit, la date de 1610 (partie appartenant actuellement à nos cousins PINELLI qui l'occupent).

Cette première construction fut agrandie ultérieurement pour satisfaire à l'accroissement familial et atteignit ses dimensions actuelles dès l'année 1702 (date gravée sur la façade est)."   

Mais il y a une erreur: la date 1702 se trouve sur la façade OUEST, ou plus exactement SUD-OUEST, du côté appartenant à Ernestine.

Cliquer pour agrandir l'image.

Cliquer pour agrandir l'image.

Solution de la devinette du mois: la plus ancienne maison de Poggiolo
Solution de la devinette du mois: la plus ancienne maison de Poggiolo

Si la date est lisible, le reste de l'inscription est vraiment indéchiffrable. Mais le doute n'est pas permis: la maison PINELLI est la plus ancienne de Poggiolo.

 

A la suite de partage d'héritage, la maison est maintenant divisée en deux. Dominique PINELLI et sa sœur Félicie, descendants directs des premiers bâtisseurs, habitent toujours la partie la plus ancienne, celle de 1610, dont la porte est bien placée du côté EST, ou plus exactement NORD-EST. Mais la pierre portant cette date a disparu lors de travaux.

Merci à Dumé pour ces renseignements.

Dominique Pinelli.

Dominique Pinelli.

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Cet article a déjà été publié le 3 octobre 2017.

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15 mai 2018 2 15 /05 /mai /2018 17:50

Poggiolo a un passé historique qui est souvent méconnu ou négligé. Les Poggiolais ont pourtant besoin de connaître cette histoire pour garder le lien avec leurs origines.

Une occasion de renforcer ce lien est fournie cette année avec le 11 novembre, centenaire de la fin de la première guerre mondiale.

 

Les familles du village, comme des autres localités, ont largement participé à la Grande Guerre. 

Un travail est en cours pour découvrir et faire connaître ces années difficiles.

Les "trente héros" dont les noms sont gravés sur le monument aux morts communal n'ont pas été les seuls Poggiolais à avoir montré leur vaillance. A ce jour, 79 fiches biographiques ont été réalisées et elles permettent de se rendre compte de certaines particularités comme par exemple:  

- les combattants issus de Poggiolo et de Guagno-les-Bains étaient de tout âge, de Jean-Baptiste PINELLI (62 ans en 1914!) à Nicolas COLONNA, né le 2 décembre 1899;

- seulement six d'entre eux portèrent l'uniforme du 173e RI (régiment d'infanterie), célèbre pour avoir été "le régiment des Corses";

- ils furent présents aussi bien à Verdun que sur les eaux de la Manche, à Constantinople, au Togo... et même en Sibérie!

- leurs actions furent récompensées par de nombreuses citations et médailles, parfois avec quarante ans de retard;

- deux Poggiolais furent intoxiqués par les gaz asphyxiants mais en réchappèrent;

- deux autres furent faits prisonniers et passèrent leur captivité en Allemagne... et en Suisse!

- Au moment de l'appel sous les drapeaux, certains étaient cocher, greffier, ecclésiastique, employé des Postes ou des chemins de fer.

 

Tous ces faits ne sont pas très connus, sauf par les descendants de ces hommes. Il serait utile de les étudier plus profondément et de les diffuser.

L'aide des lecteurs du Blog des Poggiolais est indispensable.

Les familles ont certainement chez elles des documents sous forme de photos, de lettres, de diplômes, d'objets, de souvenirs. Nous leur demandons de bien vouloir en envoyer des images ou des copies à Michel Franceschetti en utilisant l'adresse:

 

larouman@gmail.com

 

Grâce à vous tous, un livre pourrait peut-être voir le jour à la fin de cette année et la mémoire des poilus poggiolais serait conservée.

Jean-Antoine Franceschetti et Jean-Baptiste Paoli en permission à Marseille en 1917 ou 1918.

Jean-Antoine Franceschetti et Jean-Baptiste Paoli en permission à Marseille en 1917 ou 1918.

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20 avril 2018 5 20 /04 /avril /2018 18:01

Les derniers articles de ce blog ont montré d'anciennes photos de Poggiolais.

La photographie est le meilleur moyen pour connaître les visages de nos grands-parents, arrière-grands-parents et autres aïeux. Elle permet aussi de voir comment l’on était habillé et quelles étaient les coutumes et les grandes cérémonies du village. Ce fut donc une excellente initiative que l’exposition de photos qui eut lieu à Poggiolo le 16 août 1999 et qui fut rééditée le 16 août 2000.

Dans le cadre des animations organisées pour la saint Roch et pour trouver des financements pour la restauration des églises du village, des panneaux portant les reproductions de dizaines de vieilles photos furent posés dans la ruelle qui se trouve sur le côté droit de la chapelle. La salle des fêtes n’existait pas encore.

 

Partie de "china" près des panneaux de photos le 16 août 2000.
Partie de "china" près des panneaux de photos le 16 août 2000.

Partie de "china" près des panneaux de photos le 16 août 2000.

Plusieurs familles avaient prêté des documents encore jamais vus. Chacun tentait d’identifier les visages exposés. Des souvenirs revenaient  la mémoire. On échangeait les renseignements que chacun possédait. On se rendait compte que l'on n'était pas sorti de rien, mais que l'on avait ses racines ici, et même depuis très longtemps.

Le succès fut très grand, comme le montre le film ci-dessous.

On voudra bien excuser le décalage d’environ douze secondes entre le son et l’image. L’animateur du blog n’est pas un technicien diplômé.

Le film est également disponible sur la plate-forme Vimeo.

Une telle exposition pourrait être préparée pour un été prochain, d’autant plus que, depuis sa création, le Blog des Poggiolais a recueilli des photos qui y auraient leur place.

Et, depuis une quinzaine d’années, les jeunes présents sur ce film ont bien grandi et comprendraient mieux ce qu’ils virent à l’époque. Il faut se dépêcher de recueillir les souvenirs car le passé disparaît avec les personnes qui l’ont vécu. Cinq Poggiolais présents sur ce film sont maintenant décédés. Avec chaque décès, une partie de la mémoire est perdue, une bibliothèque est fermée. Qui se souvient de l’anecdote racontée par «Milo» au sujet d’un cierge pris à Orto et dont le film ne donne qu’un extrait ?

Un homme sans passé est plus pauvre qu'un homme sans avenir (Elie Wiesel).

 

Un peuple qui n'enseigne pas son histoire est un peuple qui perd son identité (François Mitterrand).

 

Cet article a déjà été publié le 13 juillet 2016.

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16 avril 2018 1 16 /04 /avril /2018 17:47
Jean-Martin et ses femmes

Le mot de patriarche vient tout de suite à l'esprit quand on voit cette photo.

Un vieil homme de taille imposante trône sur sa chaise, entourée de sept femmes d'âges divers. Deux, la plus âgée et une des plus jeunes, sont assises; les autres sont debout. L'homme ressemble tout à fait au chef de famille tel que la tradition l'entendait autrefois.

Qui est ce patriarche et celles qui l'entourent?

La réponse est donnée sur le bas de la photo où les identités ont été inscrites.

Jean-Martin et ses femmes

 

Ces lignes manuscrites indiquent:

"Mère, père, Rosine

Françoise Martini de Pierre (Petriconi)

Fifine Ottavy - Marie-Antoinette

Elisabeth. Julie Demartini"

 

L'homme, qualifié ici de "père", est Jean-Martin DESANTI. Membre d'une autre branche que les DESANTI vus précédemment (voir article "Une belle famille!"), il vécut de 1846 à 1922. Militaire de carrière, il fut, en 1896, le second Poggiolais de l'histoire à obtenir la Légion d'Honneur.

A gauche, celle qui est appelée "Mère" est Marie CERATI (1862-1945), l'épouse de Jean-Martin.

A droite, se trouve Rosine, leur fille, née en 1900, qui décéda en 1994. Elle épousa Jean-Antoine FRANCESCHETTI et tous deux eurent comme enfants Philippe et Jean-Martin et furent les grands-parents de Jean-Pierre, Michel, Monique, Bernard et Marie-Claude.

Le groupe a été photographié devant la porte de la maison de la Vignarella que fit édifier Jean-Martin DESANTI en 1899 et qui est maintenant la résidence de Bernard et Marie-Claude. Le lieu est facilement reconnaissable car l'entrée n'a pratiquement pas changé depuis sa construction. 

Cette photo montre la réussite de Jean-Martin: il est devant sa maison et entouré par sa femme, sa fille et des parentes.

En connaissant la date de la maison et en voyant la jeunesse de Rosine, on peut dater ce portrait des environs de 1910.

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PS: la carrière de Jean-Martin DESANTI sera prochainement racontée dans deux articles.

 

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9 avril 2018 1 09 /04 /avril /2018 17:49

Au temps de sa splendeur, l'empire colonial français était un bon ascenseur social pour les Corses. Venus de leurs villages, ils étaient nombreux à chercher fortune aux colonies ou à s'engager dans les troupes chargées de l'ordre outre-mer. Certains s'installaient dans ces territoires à l'expiration de leur service militaire.

Un exemple est fourni par cette photo qui a été réalisée à Constantine, en Algérie. Cette ville fut le second foyer de concentration des Poggiolais, après la Tunisie où les Poggiolais bénéficiaient des bienfaits de Jean-François GALLINI (voir l'article sur "l'empire sahélien des Sorrinesi").

 

Les Poggiolais de Constantine

L'homme qui est en uniforme, à gauche, se nomme Antoine François PINELLI. Il naquit en 1864 à Guagno-les-Bains. Il était surnommé Pinnillone.

En 1883, il s'engagea dans l'armée et fit partie du 1er régiment de zouaves qui venait de conquérir le Mzab en Algérie et qui se battit ensuite en Tunisie. Antoine François participa aux campagnes militaires jusqu'en 1887. Ayant quitté l'armée, il devint facteur dans la petite ville de Terriet El Haad, près d'Orléansville, de 1887 à 1889.

En 1890, il épousa à Poggiolo Marie Dominique MARTINI, née en 1865, que l'on voit à droite de la photo. Deux enfants vinrent au monde, tous deux à Poggiolo: Jean Toussaint en 1891 et Elisabeth en 1894 (en arrière-plan de la photo).

Installée à Constantine en 1895 où Antoine François travailla comme agent de police, puis comme inspecteur, la famille s'agrandit d'Antoinette née en 1897 (au milieu de la photo).

La photographie doit dater des environs de l'année 1905. Malgré l'air grave et la raideur résultant du temps de pose des appareils de l'époque, cette photo est celle du bonheur d'une famille bien installée dans une grande ville coloniale.

Le cliché vient du studio de J. GUIGLION. Ancien retoucheur de l'illustre photographe NADAR à Paris, ce professionnel s'était établi à Constantine et avait repris à son compte, vers 1900, la maison de J. CHAZAL au 46 de la rue Damrémont. Il produisit des cartes postales du Constantinois et surtout de nombreux portraits de militaires.  

Les Poggiolais de Constantine

 

Mais le temps des chagrins arriva avec deux décès:

- Marie Dominique décéda en 1909. Antoine François se remaria bien plus tard, à Poggiolo, en 1930, avec Angeluccia MARTINI (1885-1970).

- Jean Toussaint, employé de commerce, fut incorporé en octobre 1912 au 4ème régiment de zouaves. Il passa ensuite au 1er. En poste en Tunisie, il participa à la guerre contre l'Allemagne dès août 1914. Faisant preuve d'une grand héroïsme, il devint sous-lieutenant du 3ème RMZT (régiment de marche zouaves et tirailleurs) et obtint, pendant la seule année 1917, trois citations (à l'ordre du régiment, du corps d'armée et de la division). Blessé, il expira le 14 avril 1918 dans une ambulance à Vendeuil-Caply, dans la Meuse. Son nom fut inscrit sur les monuments aux morts de Poggiolo et de Constantine.

 

Antoine François termina sa vie à Poggiolo où il mourut le 14 décembre 1944.

Ses filles vécurent plusieurs années en Algérie où elles se marièrent. Elles reposent dans le caveau familial décrit dans un article précédent.

Antoinette était la grand-mère de Joël et Hervé CALDERONI.

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Sites utilisés:

- Engival 

- Généanet

- Geneawiki

- photographes en outremer

- registres matricules de Corse

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6 avril 2018 5 06 /04 /avril /2018 19:43

Avec un siècle d'écart, la mode d'une époque paraît toujours curieuse. Dans les vieilles photos, on remarque alors tel détail vestimentaire qui contraste terriblement avec ce que l'on utilise maintenant.

Sur ce portrait familial confié par Jacques-Antoine MARTINI, les hautes bottines de la jeune fille assise attirent l'œil.  

Bottines et molletières

Cette personne est Baptistine MARTINI, née à Poggiolo en 1890 et décédée en 1980, après avoir été marchande de tabac. Elle était la fille d'Antoine MARTINI (1865-1955) qui fut instituteur et maire de Poggiolo de 1901 à 1912.

Derrière elle, se trouvent Marie MATTEI, puis Joseph CASALONGA, dont la carrière de policier et de résistant à Nice a été décrite dans les articles Resistenza et Resistenza (suite) publiés sur ce blog en septembre 2013. Né en 1899 à Guagno-les-Bains, il était le fils de Mathieu CASALONGA (1867-1900), douanier au Congo, et de Marie Madeleine LECA, née à Guagno en 1873. Devenue veuve, sa mère se remaria en 1907 avec Antoine, le père de Baptistine. 

Entre Joseph et Xavière, se tient Toussaint VINCIGUERRA (1896-1968) qui fut agent de police. Sa sœur, Thérèse (1886-1965), épousa en 1904 Paul Mathieu Alexandre MARTINI, lui aussi policier. Le couple eut quatre enfants dont Pierre (1910-1988), père de Paul, Edouard, Jacques-Antoine et Marie-Thérèse. L'aînée fut Xavière MARTINI, née en 1905 et morte en 1981, qui est la personne située la plus à droite de la photo.

Autre élément de mode: le bas du pantalon de Toussaint est pris dans des bandes molletières. Ce ruban de tissu fut utilisé dans l'armée  anglaise puis par tous les combattants de la guerre de 1914-1918. Entourant les mollets, de la cheville au genou, cet accessoire permettait d'empêcher que la terre ou la boue entre dans les souliers et sa contention faisait mieux supporter les longues stations debout. Les soldats français en furent équipés jusqu'en 1940.

Toussaint n'est pas en uniforme mais les bandes molletières furent à la mode chez les civils entre les deux guerres mondiales. Ce détail vestimentaire et les traits des personnages permettent de situer cette photo autour de l'année 1920.

 

Les renseignements biographiques viennent des fiches généalogiques de Pierre LECCIA consultables sur le site Geneanet.

Pour les bandes molletières, des éléments viennent de Wikipedia et du Forum passion-histoire.

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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