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2 septembre 2019 1 02 /09 /septembre /2019 17:59

Le 3 septembre va être le quatre-vingtième anniversaire du déclenchement de la seconde guerre mondiale. Mais, pour un jeune Socciais de l'époque, le grand événement était tout autre.

 


Le 26 août 1939, Antoine PAOLI s'attendait à tout moment à apprendre la naissance de son enfant. Son épouse Antonia était sur le point d'accoucher. Pourvu que ce soit un garçon, pensait-il, comme beaucoup d'autres Corses de l'époque.


Les événements internationaux avaient bousculé la vie familiale. Si la déclaration de guerre eut lieu le dimanche 3 septembre, le gouvernement français avait décrété la mobilisation générale le mercredi 30 août avec mise en application le 2 septembre à 0 heure.

 

Solution de la devinette: 1939, anniversaire d'une guerre... et d'une vie

 

Dès les jours précédents, des réservistes et des permissionnaires avaient été rappelés. Antoine en faisait partie, ce qui explique que, le 26 août, il était sur les quais d'Ajaccio sur le point d'embarquer pour aller s'opposer aux Allemands, alors que sa jeune femme connaissait les premières douleurs.

 

Pour avoir des nouvelles, la seule solution était de se rendre à la Poste du cours Napoléon pour téléphoner au bureau de Poste de Soccia.

 

Avant guerre, la Poste socciaise se trouvait au-dessus de la fontaine, face au monument aux morts. La pancarte, complètement effacée, est encore fixée sur la façade

 

Solution de la devinette: 1939, anniversaire d'une guerre... et d'une vie

 

Sa famille, comme pratiquement toutes les autres, n'ayant pas le téléphone, un de ses parents traversait le village pour donner des nouvelles à la postière qui le répétait à Antoine quand il appelait. Et ainsi plusieurs fois dans la journée...

 

Intérieur du bureau de Poste de Soccia en 1930.

Intérieur du bureau de Poste de Soccia en 1930.

 

Les contractions augmentaient, la naissance approchait. Mais le départ du bateau était imminent. La sirène appelait les retardataires. Les passerelles allaient être enlevées. Une fois encore, Antoine courut à perdre haleine jusqu'à la Poste pour dire que c'était son dernier appel. Et, au bout du fil, il entendit quelqu'un arriver dans le bureau de Soccia et crier à l'autre bout de la pièce: "C'est une fille!".


A la fois surpris, soulagé et épuisé, il ne put que lâcher cette phrase: "DITES-LUI QUE JE NE LUI EN VEUX PAS".


Il ne faut pas comprendre qu'il n'en voulait pas à sa femme de ne pas lui avoir donné un garçon, ni qu'il pardonnait à ce bébé d'avoir été si en retard. En fait, Antoine ne savait plus ce qu'il disait, essoufflé par ses allers-et-retours, heureux que tout se soit bien passé et inquiet de ne pas rater le départ du navire. Il lâcha le combiné et courut gravir la passerelle juste à temps.

 

Ce ne fut que quelques mois plus tard qu'Antoine put faire connaissance de sa fille, MARIE-ANGE.


Oui, cette anecdote concerne bien la naissance de Marie-Ange, la dynamique animatrice de l'ancien comité paroissial et de tant d'événements à POGGIOLO. Elle est née Socciaise voici quatre-vingts ans et est Poggiolaise depuis longtemps, depuis son mariage avec Xavier PAOLI.

 

 

Très bon anniversaire, Marie-Ange!
 
 
 
Solution de la devinette: 1939, anniversaire d'une guerre... et d'une vie

 

Ce texte est la version modifiée et mise à jour de l'article paru sur ce blog le 28 août 2009.

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23 août 2019 5 23 /08 /août /2019 18:00

Le 16 août est le point fort de l'année à Poggiolo.

 

Le jour est celui de saint Roch et il est placé au  cœur de l'été. En plus des résidents permanents, les Poggiolais de l'extérieur qui sont revenus dans le village de leurs ancêtres se joignent à la procession, laquelle est toujours suivie d'un temps de convivialité, offert par le comité paroissial puis, maintenant, par la mairie qui fournit l'apéritif et les habitants leurs spécialités.

 

Seize de ces manifestations ont été filmées ou photographiées par Michel FRANCESCHETTI: les années 1995, 1997, 1999, 2000, 2001, 2003 et toutes les années de 2008 à 2018.

 

Ces reportages sont visibles sur internet.

 

Dans certains cas, seule la procession a été enregistrée; dans d'autres, vous pourrez voir l'apéritif qui suivit, soit sur le même film, soit en plusieurs vidéos.

 

Pour 1997 et 1999, n'ont été filmés que les stands de vente de gâteaux et produits locaux. A cette époque-là, la cérémonie religieuse était précédée de stands, de tombola, de jeu de china et d'animations diverses dans le but de rassembler des fonds pour réparer les clochers des deux églises. Le film de 2000 donne des vues de la paella organisée sur la place et dans la stretta.

 

L'ensemble constitue un fonds documentaire important et unique.

 

On peut reconnaître tel ou tel membre de sa famille aujourd'hui disparu. On peut voir grandir les enfants et vieillir les adultes. L'évolution de la l'habillement et de l'organisation (qui porte la croix processionnaire? les enfants sont-ils groupés ou dispersés? combien de participants? quand la confraternité di u Padre Albini est-elle présente?...) peut être étudiée.

 

Des informations d'ordre sociologique ou historique peuvent y être puisées.

Elles peuvent être comparées au film de la procession de l'Assomption du 15 août 1966 (https://www.dailymotion.com/video/x3nlmw).

 

Ces reportages sont parfois sous forme de film, d'autres fois présentés en diaporama de photos.

 

Les vidéos ayant eu la plus forte audience sont le chant du "Duo vi Salvi regina" de 2008 et 2009.

 

 

 

On peut reconnaître le Père Doazan en 1995.

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10 août 2019 6 10 /08 /août /2019 18:00

La mort de Jean-Mathieu MICHEL, maire de Signes dans le Var, a causé une émotion considérable. Il a été renversé par une camionnette dont le conducteur avait été surpris en train de déposer des décombres dans un lieu non autorisé.

Le travail d'un maire est exigeant, prenant et finalement dangereux, s'il veut accomplir réellement ce qui est nécessaire pour le bien de sa commune.

 

Photo AFP/Gérard Julien

Photo AFP/Gérard Julien

Poggiolo a connu des interruptions de mandats de maire pour cause de décès, mais de façon moins dramatique. Deux cas se sont produits.

 

De nombreux Poggiolais se souviennent encore de Martin PAOLI qui, conseiller général du canton de Soccia depuis 1945, fut élu maire de Poggiolo en 1959. Il s'éteignit brutalement en mai 1968.

 

 

Beaucoup moins connu est le cas de Jean-Martin CECCALDI qui mourut en 1918.

 

Jean-Martin était le troisième des quatre fils de Jean-Noël CECCALDI et de son épouse Toussainte PAOLI. Il naquit à Poggiolo le 27 avril 1883.

 

Comme de nombreux autres Poggiolais, il s'établit en Tunisie. Se destinant à l'enseignement, il était élève-maître au moment du conseil de révision. D'après le registre des matricules militaires, il mesurait alors 1,64 mètre, avait cheveux, sourcils et yeux châtain foncé, un nez long et un menton court dans un visage ovale.

 

Il existe un portrait de lui sous la forme d'une peinture réalisée à partir d'une photo dans un cadre de verdure. Ses frères ont été représentés avec la même technique. 

 

Jean-Martin Ceccaldi (photos Jeanne Grimaldi).
Jean-Martin Ceccaldi (photos Jeanne Grimaldi).

Jean-Martin Ceccaldi (photos Jeanne Grimaldi).

 

Il fit son service militaire à partir d'octobre 1904 dans la 25e section de commis et ouvriers d'administration. Au bout d'un an, le 16 octobre 1905, il fut mis en disponibilité, certainement pour raison médicale.

 

Il commença une carrière d'instituteur à Tunis. 

 

Il se présenta aux élections municipales des 5 et 12 mai 1912 et devint maire de Poggiolo, succédant à Pascal Antoine MARTINI. Il n'avait que 29 ans.

 

Quant éclata la guerre mondiale, Jean-Martin fut rappelé par l'armée mais immédiatement réformé le 15 août 1914 par la commission spéciale d'Ajaccio pour "bacillose pulmonaire", c'est-à-dire pour tuberculose.

 

Cette décision fut confirmée par le conseil de révision de l'année suivante.

 

Son métier d'enseignant ne lui permettant pas d'être présent dans la commune en-dehors des vacances scolaires, la plupart des actes d'état-civil des deux premières années de son mandat était dressée et signée par son premier adjoint, Philippe FRANCESCHETTI (1857-1921), officier retraité.

 

Philippe était le père de Jean-Antoine et, donc, l'aïeul des FRANCESCHETTI actuels.

Philippe Franceschetti

Philippe Franceschetti

 

Jean-Martin et Philippe eurent la pénible tâche d'enregistrer les décès des trente militaires  poggiolais qui moururent pendant la première guerre mondiale.

 

Jean-Martin ne vit pas la fin du conflit car il décéda le 28 avril 1918 "d'une longue et douloureuse maladie", ainsi que l'écrivit le quotidien "L'Œuvre" du 6 mai 1918. Il venait d'avoir 35 ans.

Site RétroNews.

Site RétroNews.

 

Après les élections du 30 novembre et du 7 décembre 1919, le frère de Jean-Martin, Jean-François CECCALDI devint maire de Poggiolo dès le 8 décembre. Il le resta jusqu'en 1959 (avec une interruption en 1941-1943).

Sa carrière a été évoquée dans l'article "Poggiolais sous l'uniforme".

 

Jean-François Ceccaldi (photo Nicolas Martini).

Jean-François Ceccaldi (photo Nicolas Martini).

 

Jean-Martin CECCALDI avait épousé Jeanne PAOLI, née à Coggia mais d'une famille d'Orto. Ils eurent un fils, Antoine, en 1912, qui lui aussi fut instituteur. Il disparut dans l'accident de la Caravelle Ajaccio-Nice en 1968 (voir l'article "Jeanne et Valère parlent de la Caravelle").

 

Le souvenir de Jean-Martin subsiste d'une certaine manière avec les prénoms des deux filles d'Antoine: Jeanne (qui a aussi le prénom de sa grand-mère) et Martine.

 

En dehors des CECCALDI et des GRIMALDI, qui se souvient encore de ce jeune maire mort dans l'exercice de ses fonctions?

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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 17:14

Nous publions avec retard l'avis de décès publié dans "Corse-Matin" du jeudi 4 juillet.

Deuil dans la famille Demartini

Toutes nos condoléances à François Louis Demartini, qui fut premier adjoint du maire de Poggiolo Bernard Paoli entre 1968 et 1989, ainsi qu'à toute sa famille.

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1 juillet 2019 1 01 /07 /juillet /2019 17:57

Toutes nos condoléances aux familles dans la peine.

 

 

Obsèques à Guagno et à Guagno-les-Bains
Obsèques à Guagno et à Guagno-les-Bains
Obsèques à Guagno et à Guagno-les-Bains

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29 juin 2019 6 29 /06 /juin /2019 18:00

Le jour où un étudiant devient médecin est une date particulièrement importante. 

 

Sophie DESNAULT se souviendra de ce jeudi 27 juin 2019, où elle a soutenu sa thèse à la Faculté de Médecine de Marseille.

 

Face à quatre universitaires en toge et hermine, elle a présenté son étude sur "Les actes échographiques réalisés en France par les médecins généralistes".

 

Parmi les nombreuses statistiques collationnées, synthétisées et commentées, on retiendra que, par habitant, les échographies les plus nombreuses sont pratiquées en Corrèze et dans les Hautes-Alpes.

 

Sophie débattant avec le jury.  ©Michel Franceschetti

Sophie débattant avec le jury. ©Michel Franceschetti

 

 

Le sérieux de ce travail a été récompensé par la mention très honorable avec félicitations du jury et la présentation au prix de la thèse.

 

En effet, chaque année, dans le but de récompenser l'excellence des travaux de recherche réalisés, Aix-Marseille Université décerne un prix pour les thèses les plus exemplaires soutenues par ses doctorants.

 

Le résultat a été accueilli avec enthousiasme par les amis de Sophie, sa famille, et particulièrement Jean-François FRANCESCHETTI et leur fille Carla.

 

Jean-François Franceschetti, Carla et Sophie.  ©Michel Franceschetti

Jean-François Franceschetti, Carla et Sophie. ©Michel Franceschetti

 

Ayant prononcé le serment d'Hippocrate, c'est donc en qualité de médecin à part entière que Sophie a rejoint le centre médical de Cargèse. Elle exercera également à Vico et Sagone.

 

Sa présence et sa qualification sont un élément majeur dans la lutte contre la désertification médicale de notre partie de la Corse. 

 

 

 

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Rappel: Un article du 29 mai dernier a évoqué la discussion sur la désertification médicale entre Sophie et la ministre de la Santé en visite à Cargèse.

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26 mai 2019 7 26 /05 /mai /2019 09:59

BONA FESTA A TUTT'E MAMME.

dessin extrait du blog http://elsa-saone.over-blog.com

dessin extrait du blog http://elsa-saone.over-blog.com

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24 mai 2019 5 24 /05 /mai /2019 18:00

Carlo Francesco Pasquale PINELLI, le filleul de Pascal PAOLI, vécut à Poggiolo. En 1803, quand son père Gioan Natale décéda, il avait huit ans.

 

Il devint ensuite greffier de justice de paix du canton de Soccia, peut-être avec l’aide de son grand-oncle Gian Antonio. Le représentant du Père de la Patrie lors du baptême était devenu un personnage important: dernier vicaire général du diocèse de Sagone, secrétaire général de la préfecture sous Napoléon Ier, il fut nommé sous la Restauration conseiller général du canton de Soccia.

 

Il n’est pas interdit de penser qu’il ait permis à Carlo Francesco Pasquale de devenir maire de Poggiolo en 1822 (à 27 ans!). A cette époque, les maires des petites communes n’étaient pas élus mais désignés par le préfet, donc avec l’accord du gouvernement.

 

«L’homme le plus cultivé de Corse» servit l’administration, favorisant la diffusion de la langue française dans la presse et les écoles corses.

 

Le filleul de PAOLI fit de même dans son domaine. A partir de 1824, tous ses actes d’état-civil furent rédigés en français. Par contre, dans les documents où il fut remplacé par son adjoint Antoine François PINELLI, le texte était entièrement en italien.

Rappelons que l'obligation de rédiger les actes d'état-civil dans la seule langue française date de 1852.

 

La signature de Carlo Francesco Pasquale est facile à trouver car elle s’accompagnait d’un dessin original.

Signature de Carlo Francesco Pasquale Pinelli.

Signature de Carlo Francesco Pasquale Pinelli.

En réalité, pas tout à fait original car le maire de Guagno, Francesco LECA, utilisait un dessin du même genre à la même époque.

Le filleul poggiolais de Pascal Paoli. 3/3: le maire de la francisation

 

Le maire de Poggiolo n’utilisait chaque fois que son premier prénom sous la forme française de Charles, oubliant complètement Francesco et surtout Pasquale. Très souvent, il écrivait simplement: «Pinelli maire».

 

Sa fonction l’entraîna à enregistrer le décès de sa mère Maria, morte le 27 avril 1841, et auparavant, celui de son grand-oncle Gian Antonio PINELLI, rappelé à Dieu le 26 décembre 1832 en la maison familiale des PINELLI.

 

La maison familiale des Pinelli.

La maison familiale des Pinelli.

Dans ce dernier document, le défunt est prénommé à la française «Jean Antoine» et ses titres sont détaillés:

 

«Curé de première classe de la Paroisse de Soccia, Docteur en utroque Jure en Théologie et Philosophie et ex-Secrétaire Général de la Préfecture de Corse».

 

Cliquer sur le document pour le lire plus facilement.

Cliquer sur le document pour le lire plus facilement.

 

 

L’expression latine «utroque Jure», qui est soulignée, signifie que "Jean Antoine" était diplômé à la fois en droit canon et en droit civil.

 

Maintenu à la tête de la municipalité poggiolaise sous la Monarchie de Juillet, Charles signa son dernier acte d’état-civil le 2 juillet 1847. Il décéda le 14 avril 1849 à l’âge de 54 ans. Il ne s’était pas marié et n’avait pas d’enfant.

 

 

 

Paradoxalement, le filleul de Pascal PAOLI fut un acteur docile de la francisation à Poggiolo.

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17 mai 2019 5 17 /05 /mai /2019 17:58
Le filleul poggiolais de Pascal Paoli. 2/3: le mandataire di u Babbu

 

Il est bon de s’interroger sur l’identité de l’homme qui représenta Pascal Paoli au baptême de Carlo Francesco Pasquale PINELLI le 30 septembre 1795 à Poggiolo.

 

Le parrain étant absent, la procuration («mandato di precara») avait été attribuée «nella persona del Signor Dottor Giovantonio pinelli».

 

Il est facile de reconnaître sous ces mots Gian Antonio PINELLI, surnommé «l’homme le plus cultivé de Corse».

 

Né le 6 septembre 1760, Gian Antonio était le grand-oncle du jeune enfant baptisé en 1795 car il était le frère de son grand-père Anton Francesco. Dans le document, il est qualifié de «Signor Dottor» car, entré dans les ordres, il devint docteur en théologie (1785) et en droit (1789).

 

Au début de la Révolution, il fut élu à l’assemblée départementale puis à la consulte de 1794 qui désigna le roi d’Angleterre comme roi de Corse.

 

D’après la notice d’Eugène GHERARDI parue dans le «Dictionnaire historique de la Corse» (sous la direction d’Antoine-Laurent SERPENTINI, éditions Albiana, 2006), Gian Antonio serait allé habiter Florence pendant la période du royaume anglo-corse. Il était pourtant bien présent au baptême de son petit-neveu le 30 septembre 1795.

 

Etait-il en vacances? Etait-il venu spécialement pour représenter Pascal PAOLI à cette cérémonie?

 

Toujours est-il qu’il fut bien «procuratore» du Père de la Patrie. La «madrina», la marraine, était Angela Francesca PINELLI qui ne signa pas l’acte de baptême car «dichiara di non sapere scrivere».

 

La signature du diplômé Gian Antonio PINELLI est bien visible en bas du document, ainsi que celle du curé Giovanni BONIFACY qui s'opposa à l'administration française pour conserver le titre de "piévane" à l'église St Siméon. Il a été question de lui dans l’article "Les origines et l'organisation religieuse de la pieve".

 

 

 

Signatures de Gian Antonio Pinelli et du curé Bonifacy.

Signatures de Gian Antonio Pinelli et du curé Bonifacy.

 

La vie très remplie de «L’homme le plus cultivé de Corse» a fait l’objet d’une série de trois articles sur ce blog.

 

(à suivre)

 

 

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14 mai 2019 2 14 /05 /mai /2019 18:00

Au moment où l'on célèbre les 250 ans de la bataille de Ponte Novu qui marqua la fin de l'indépendance corse, on peut se rappeler que Poggiolo et les villages voisins des Deux Sorru ont soutenu Pascal Paoli contre les Génois puis contre les troupes françaises.

 

Ce soutien s’est parfois montré de façon originale comme le montre le document suivant, remarqué par Xavier PAOLI, l'historien poggiolais.

Le document peut être agrandi en cliquant dessus.

Le document peut être agrandi en cliquant dessus.

 

Il s’agit d’un acte de baptême établi le 30 septembre 1795. Le nouveau chrétien était un membre de la famille PINELLI, fils de Gioan Natale et de son épouse Maria LECA, auquel on donna les prénoms de «Carlo francesco Pasquale».

 

Le dernier prénom est aussi celui du parrain que le document appelle «Sua Xccelonza il Signore Generale Pasquale de Paoli», formule écrite avec des lettres plus grosses que les autres et avec de grandes boucles.

 

Le document peut être agrandi en cliquant dessus.

Le document peut être agrandi en cliquant dessus.

 

 

Le doute n’est pas permis: ce personnage est bien Pascal PAOLI, u «Babbu di a Patria», le Père de la Patrie corse.

 

 

Le choix de ce parrain n’était pas innocent. Les parents avaient voulu montrer leur attachement à celui qui avait permis l’indépendance de la Corse avant son rattachement au royaume de France en 1768. D’autres familles insulaires firent le même choix pour le baptême de leurs enfants. Jean-Laurent ARRIGHI a compté trois cas similaires chez des notables de Vico, entre 1756 et 1764, pendant la période de l’indépendance («Vico Sagone, Regards sur une terre et des hommes», ouvrage collectif, ed. Piazzola, 2016, pages 81 et 82).

 

A Poggiolo, le cas n'est pas le même car en septembre 1795 le contexte était totalement différent. Depuis juin 1794, sous l’influence de Pascal PAOLI, la rupture avec la France révolutionnaire avait été votée par la Consulte de Corte et le royaume anglo-corse avait été institué.

 

 

Pasquale Paoli par W. Beckey

Pasquale Paoli par W. Beckey

 

Le baptême eut lieu en septembre à Poggiolo alors que d’importantes révoltes rurales s’étaient déclenchées dans le Vicolais en juin, par opposition à la politique fiscale mise en place par Charles André POZZO di BORGO, président du Conseil d’Etat sous l’autorité du vice-roi britannique sir Gilbert ELLIOT. Les familles aisées soutenaient ce mouvement par crainte de la révocation de la nationalisation des terres d’Eglise. L’agitation se répandit rapidement dans la partie occidentale de l’île.

 

D’après Antoine CASANOVA et Ange ROVERE («La Révolution française en Corse», Payot, 1989, page 258), «Paoli manifeste sa sympathie pour le mouvement populaire» mais s’inquiète de son ampleur, déclarant que «li popoli del delà da Monti sono piu furiosi che da questa parte».

 

Faudrait-il donc interpréter le baptême poggiolais comme un acte éminemment politique? Serait-il une manifestation d’attachement au Père de la Patrie et de méfiance envers le gouvernement anglo-corse?

 

La date est curieuse. Carlo Francesco Pasquale fut baptisé  le 30 septembre 1795 alors qu’il était né le 11 janvier 1794. Il avait donc 1 an et 8 mois, ce qui est inhabituellement tardif pour l’époque.

 

L’absence du parrain à Poggiolo n’a rien d’étonnant. Pascal PAOLI n’était pas venu non plus aux baptêmes vicolais mentionnés ci-dessus.  Il était remplacé par un mandataire.

 

Au moment de celui de Poggiolo, il n’était d’ailleurs pas libre de ses mouvements. A Bastia, où il se trouvait alors, il était sous la surveillance constante des Anglais. Le 14 octobre, le vieux chef corse s’embarqua à Saint-Florent pour son exil en Angleterre où il finit sa vie.

 

Deux semaines plus tôt, son filleul avait reçu la «ceremonie battesemale al sacro fonte di questa parochia», c’est-à-dire sur les fonts baptismaux de l’église Saint Siméon.

 

 

Fonts baptismaux (classés aux Monuments historiques) de St Siméon à Poggiolo.

Fonts baptismaux (classés aux Monuments historiques) de St Siméon à Poggiolo.

D'autres éléments curieux concernent ce baptême. Ils seront présentés dans le prochain article.

 

(à suivre)

 

PS: Merci à Pierre LECCIA pour ses travaux généalogiques publiés sur le site GENEANET.

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