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14 janvier 2018 7 14 /01 /janvier /2018 18:11

On parle beaucoup de solidarité mais il faut l'appliquer concrètement et durablement.

De violents incendies ont ravagé certaines parties de la Haute-Corse pendant les premiers jours de janvier. Pour aider les victimes, un concert de solidarité a été organisé au couvent de Vico le dimanche 7, à l'initiative notamment de la Cunfraternita di u Padre Albini. Deux cents spectateurs sont venus écouter les chanteurs qui se sont produits bénévolement. Près de 5.000 euros ont été recueillis.

Le compte-rendu de Pascale CHAUVEAU, paru dans "Corse-Matin", est reproduit ci-dessous, avec des photos de Romain COLONNA qui était présent lui aussi.

Un tel élan de solidarité est magnifique. Le problème est, justement, qu'il s'agit d'un élan fort, rapide, mais souvent bref.

La solidarité doit être constante. Sans attendre une grande catastrophe, il est important de prêter attention à ceux qui sont très proches de nous. Dans nos villages, combien de personnes sont-elles seules, malades, âgées et auraient besoin d'aide?

 

Une Poggiolaise l'a écrit récemment:

"Avà basta sulidarità ?! Pighjatte indè u vostru vicinu...pò esse ch’ellu dinò a bisognu di a vostra sulidarità. Hè longa à cumpanìa..."

 

Solidarité et solidarité
Solidarité et solidarité
Solidarité et solidarité
Solidarité et solidarité
Solidarité et solidarité

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14 janvier 2018 7 14 /01 /janvier /2018 13:46
On nous communique que, dans le cadre du partenariat entre l'APF (association des paralysés de France) et le Centre du Sport et de la Jeunesse de Corse, des activités de pleine nature seront présentées  par Cimgo et Joelette
 
mardi 16 janvier à 10 heures devant la mairie de Poggiolo .
 
L'APF est un mouvement pour le soutien, la défense et l'insertion des personnes atteintes de déficience motrice avec ou sans troubles associés
Une journée sports pour tous
Une journée sports pour tous

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1 janvier 2018 1 01 /01 /janvier /2018 10:10

En 2018, tous les souhaits de bonheur, prospérité et paix pour chacun.

 

Bonne année !

 

 

Grosso Minuto, lui aussi, vous souhaite une bonne année... à sa façon.

2018 commence

 

Le célèbre et truculent héros corse participait à un repas de deuil qui se déroulait au tout début de janvier. Et, pris par l'ambiance et par le vin, il se crut à "un pranzu di... Capu d'Annu". Il se mit à hurler à pleine voix ses vœux de bonne année !

Après tout, il avait raison: il faut prendre le bon côté des choses qui peuvent arriver dans la vie . 

 

(dessin de Nicolas CARLOTTI extrait de "Grossu Minutu", présentation de Paul SILVANI et Marie-Jean VINCIGUERRA, La Marge ed., 1996)

2018 commence

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22 décembre 2017 5 22 /12 /décembre /2017 11:04

Deux fois en une semaine, c'est beaucoup.

 

Par deux fois, le quotidien "Corse-Matin" a amputé le nom de Guagno-les-Bains pour le transformer simplement en Guagno.

La première fois a été avec l'annonce de l'arbre de Noël organisé par le comité des fêtes et la mairie. L'article était annoncé avec le sur-titre "U Pighjolu-Guagnu".

Corse-Matin ne veut pas des Bains

 

L'erreur ayant été signalée à la rédaction, une nouvelle annonce a été publiée avec la localisation "U Pighjolu-Guagnu-I Bagni", bien que l'on inscrive plutôt "I Bagni di Guagno". Le plus ridicule est que ce rectificatif est paru lundi 18 décembre... pour annoncer un événement prévu pour "aujourd'hui  dimanche 17" !

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

 

Et nouvelle erreur vendredi 22 décembre!

Avec le compte-rendu du concert de Bernard CERVERA dans une école d'Ajaccio, un encadré annonce les autres concerts de Sorru in Musoca dont celui prévu "au foyer d'accueil d'adultes handicapés de Guagno".

 

Corse-Matin ne veut pas des Bains

 

Ce foyer n'existe qu'à Guagno-les-Bains.

Et Guagno-les-Bains fait partie de la commune de Poggiolo depuis le décret du 19 septembre 1852. La commune de Guagno se trouve à plus de huit kilomètres de là. Il ne faut donc pas confondre.

Il est indispensable de demander à la rédaction de "Corse-Matin" de porter un peu plus d'attention à la précision de ces dénominations, d'autant plus que la même erreur avait déjà eu lieu le 28 avril 2017. Nous l'avions dénoncé à ce moment-là.

 

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19 décembre 2017 2 19 /12 /décembre /2017 18:10

Les personnes qui sont à Ajaccio au moment de Noël sont privilégiées car elle peuvent admirer la crèche installée par les agents municipaux dans le hall de la mairie.

D'une très grande qualité artistique, cette crèche met en scène la société corse. Comme l'écrit Isabelle LUCCIONI dans "Corse-Matin" de mardi 19 décembre:

"On y découvre des bergers et des citadins, un torrent de montagne qui arrive à la plaine, des maisons traditionnelles, perchées sur des collines. Mais aussi un port de pêche aux eaux turquoise où sont "amarrées " des reproductions de pointus...

La figuration de la Nativité est présente, au milieu de scènes de la vie quotidienne qui renvoient à une forme de nostalgie. Celle d'une cité qui n'était encore que le point de convergence des campagnes alentour, où la vie s'écoulait sur un rythme bien plus lent."

 

La vidéo proposée à la fin de notre article donne un bel aperçu de la crèche ajaccienne.

 

photo site officiel mairie d'Ajaccio

photo site officiel mairie d'Ajaccio

 

Cette crèche a une autre particularité: elle est une des rares de France à se trouver dans un local municipal. Alors que des polémiques ont lieu dans certaines communes, Ajaccio n'en a pas connues, même pendant la municipalité de gauche qui a précédé l'actuelle. Depuis plus de trente ans, cette crèche existe et s'améliore (cette année, pour la première fois, certains santons sont animés). 

première page de l'édition de "Corse-Matin" de mardi 19 décembre

première page de l'édition de "Corse-Matin" de mardi 19 décembre

 

Le maire, Laurent MARCANGELI, s'était farouchement opposé, en 2015, au laïciste Michel BAROIN, qui, au nom de l'association des maires de France, avait demandé le bannissement de tout symbole religieux des bâtiments publics. Il avait alors déclaré:

"Si nous confondons laïcisme et laïcité, nous tendrons vers une sorte de neutralité qui cèdera une place privilégiée aux extrémismes religieux et de tous bords, plutôt que de favoriser le vivre-ensemble dans le respect des traditions individuelles. Cela reviendrait à renier les fondements de notre république et de notre histoire et je ne peux m’y résoudre." 

 

photos site officiel mairie d'Ajaccio
photos site officiel mairie d'Ajaccio

photos site officiel mairie d'Ajaccio

 

Laurent MARCANGELI y revient dans "Corse-Matin" en déclarant qu'il est pour une "laïcité raisonnable et raisonnée."

"Les pouvoirs publics doivent être présents et porter un regard intelligent sur le fait religieux. Par exemple, l'hôpital d'Ajaccio s'appelle Notre Dame de la Miséricorde, dans le hall d'entrée, il y a une statue de la Madonnuccia. Tout le monde passe devant. On y croit ou pas, chacun est libre. Mais je suis certain que les Ajacciens seraient mécontents si on nous obligeait à l'enlever".

 

La journaliste donne d'autres exemples:

La crèche "fait partie du patrimoine de la ville, comme la fête de la Madonnucia le 18 mars où se pressent les élus de tous les bords. Ou celle du 15 août qui célèbre à la fois l'Assomption et la naissance de Napoléon Ier. Une dimension culturelle bien plus que cultuelle dans une ville où le profane et le sacré s'entremêlent sans cesse."

Et de conclure:

"Est-ce totalement étonnant dans une île où on traduit "un cristianu" par "un être humain"?"

 

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16 décembre 2017 6 16 /12 /décembre /2017 10:46

Tous les habitants de Poggiolo et Guagno-les-Bains sont invités à l'arbre de Noël.

L'arbre de Noël au village

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10 décembre 2017 7 10 /12 /décembre /2017 23:18
Un second tour sans surprise

Comme au premier tour, les électeurs de Poggiolo ont donné une large majorité à la liste SIMEONI.

Mais on peut noter la baisse des suffrages exprimés, qui ont été 99 contre 113 au premier tour.

 

Inscrits: 156

Votants: 103

Nuls: 4

Exprimés: 99

ListesVoixPourcentages
Gilles SIMEONI (Pè a Corsica)8383,84%
Jean-Martin MONDOLONI (La voie de l'avenir)1010,10%
Valérie BOZZI (Voir plus grand pour elle)33,03%
Jean-Charles ORSUCCI (Anda per dumane)33,03%

 

Un second tour sans surprise

 

Romain COLONNA, présenté dans un article récent, a été élu.

 

Pour l'anecdote, on peut regarder les résultats du second tour des élections territoriales de 2015. 

Un second tour sans surprise

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10 décembre 2017 7 10 /12 /décembre /2017 09:16

Elle est là ce matin!

 On le sentait depuis quelque temps, même si la semaine a été assez agréable. Une première petite tombée avait eu lieu voici quelques jours mais les flocons fondaient en touchant le sol. On attend de voir pour aujourd'hui...

Toutefois, ce n'est pas une raison suffisante pour déserter le bureau de vote...

La neige est arrivée
La neige est arrivée

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8 décembre 2017 5 08 /12 /décembre /2017 18:10

Le village de Guagno est placé sous la protection de saint Nicolas. Son église, construite en 1582, a été agrandie en 1883 et en 1902. Elle serait une des plus grandes de Corse. Elle contient bien sûr, une statue du saint qui est portée en procession le 6 décembre, jour de la Saint Nicolas.

Cette année, la fête aura lieu dimanche 10 décembre à 11 heures

Le calendrier des autres cérémonies religieuses dans notre canton se trouve à la fin de cet article. 

Pour le moment, nous vous proposons quelques photos inédites de la saint Nicolas 2003 (images Jean-Martin Franceschetti).

La Saint Nicolas guagnaise
La Saint Nicolas guagnaise
La Saint Nicolas guagnaise
La Saint Nicolas guagnaise
La Saint Nicolas guagnaise

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5 décembre 2017 2 05 /12 /décembre /2017 18:00

Envoyée spéciale du quotidien «Le Monde» pour les élections territoriales, Ariane CHEMIN a choisi d’aller à Ortu pour montrer la montée de la prise de conscience corse dans les familles.
Elle décrit ce village comme faisant partie d’un canton dont les enfants se sont fortement engagés pour la France car «on ne compte plus les généraux, responsables de comptoirs coloniaux, prélats et même gouverneur (du Dahomey) ou sous-secrétaire d’Etat (à la marine marchande) qui en viennent».
La journaliste ne précise pas que ces deux derniers personnages (le gouverneur Jean Hyacinthe DESANTI et l’homme politique Noël PINELLI) sont originaires de Poggiolo. Mais il est probable que Madame CHEMIN a consulté le Blog des Poggiolais.

A ce propos, il est dommage que les grandes figures poggiolaises ne soient pas mises en valeur dans le village.



Le reportage publié le 2 décembre commence par la description de la fête des bastelle de samedi 4 novembre à Ortu, quelques heures avant l’assassinat de Patrick JULIEN à Soccia. Presque tous les villages (mais pas tous) du canton ont organisé cette fête traditionnelle.
La représentante du «Monde» décrit en détail la jeunesse et le carrière de l’Ortigais Jean COLONNA, préfet et homme de l’ombre dévoué à Jacques CHIRAC. Elle fait un parallèle avec son fils Romain, enseignant de corse à l’Université de Corte et candidat sur la liste Gilles SIMEONI. La précédente génération travaillait pour la France, sans renier sa corsitude (Jean a toujours parlé corse alors que son fils a dû la réapprendre à l’Université), alors que la génération nouvelle revendique son particularisme.


 

Edmond Simeoni et Romain Colonna (Facebook)

Edmond Simeoni et Romain Colonna (Facebook)

L’article se termine par la contemplation de la fresque du général de Gaulle réalisée par Raymond RIFFLARD sur le mur du Café de la Paix.
Le général, derrière lequel un drapeau tricolore est déployé, est impressionnant «mais de près, on peut voir que la peinture du bleu s’écaille sérieusement, comme si la bannière était rongée». Le symbole est évident.

A ce propos, ne pourrait-on pas tenter de faire classer cette fresque comme monument historique?

Une remarque encore: la photo de village corse montre Vico et Murzo et non pas Orto. Mais le dessin mêlant drapeau corse, croix de Lorraine et les sommets des aiguilles d'Orto est excellent.

 

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Voici l’intégralité de l’article. Les inter-titres et les illustrations ci-dessous sont de la rédaction du «Monde», sauf la dernière photo qui vient du compte twitter d'Ariane Chemin.

 

En Corse, la politique de père en fils


Préfet, Jean Colonna ne jurait que par l’« Etat » français. Enseignant, son fils Romain défend la cause nationaliste et se présente aux élections territoriales. Leur histoire résume l’évolution politique de l’île.

A Ortu, du Corse français au Corse corse

C’est la Fête des morts à Orto, « village du bout du monde », comme disent les guides touristiques de la Corse-du-Sud. Ce samedi de novembre, quelques jours après la Toussaint, ce bourg de montagne niché à une trentaine de kilomètres à vol de corneilles de Cargèse célèbre la mémoire des défunts.
Dès le matin, autour de tréteaux installés sur la place du village, les femmes roulent la pâte pour les bastelle, ces chaussons fourrés aux blettes, aux oignons ou à la courge qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Les hommes les cuisent dans le four à pain. Des chiens de chasse tournoient autour des gars en treillis qui débouchent les bouteilles comme s’ils chargeaient des munitions. Au fil de la journée et des verres qui se vident, les enfants s’égayent tandis que des jeunes vêtus de noir de la barbe aux pieds font cercle pour entonner des paghjelle – les polyphonies. Parmi eux, un brin sévère, l’intello du village, Romain Colonna, professeur de « socio-linguistique » à l’université de Corte.
Romain Colonna, 35 ans, fait partie de cette jeunesse qui écrit « Ortu » (prononcer « Ortou ») plutôt qu’Orto – « c’est ainsi depuis la fin des années 1980 », résume le maire, Nicolas Rutily. Aux élections territoriales de 2015, les 150 inscrits avaient voté « natio » à plus de 60 % des suffrages, comme presque tous les villages de l’intérieur de l’île. Il n’y a pas si longtemps, les mêmes penchaient pourtant à droite, empreinte de la résistance ou du gaullisme triomphant, même si la Corse fut autrefois très «Algérie française».
Sur l’île, les traces de l’engagement des Corses pour la France sont partout, sur les monuments aux morts, dans les cimetières, au fil des carrières encore parfois en cours… C’est le cas du canton de Romain Colonna. On ne compte plus les généraux, responsables de comptoirs coloniaux, prélats et même gouverneur (du Dahomey) ou sous-secrétaire d’Etat (à la marine marchande) qui en viennent. Evisa, à quelques vallées d’Orto, est le berceau de l’ancien préfet de police de Paris Philippe Massoni, décédé il y a deux ans; et Vico, celui de la première épouse de Nicolas Sarkozy et du père de Mgr Mamberti, aujourd’hui cardinal de la curie romaine.

A Ortu, du Corse français au Corse corse

« Maestru di cunfarenze » à l’université de Corte


Orto, lui, a offert à Jacques Chirac l’un de ses préfets les plus dévoués et aussi le plus discret : Jean Colonna, chargé à l’Hôtel de ville de Paris puis à l’Elysée des affaires « réservées », décoré du mérite et de la « commémo AFN », la médaille « des opérations de sécurité et de maintien de l’ordre en Afrique du Nord ».
Quant à son fils Romain, celui qui chante face à la montagne, la main sur l’oreille, c’est une des jeunes figures du nationalisme : candidat en 2012 à la législative d’Ajaccio, il est en position éligible (35e ) sur la liste qui réunit indépendantistes et autonomistes pour prendre les manettes de la future collectivité unique, le 3 décembre.
Maestru di cunfarenze à l’université de Corte, comme il se présente, Romain Colonna a consacré l’un de ses premiers livres à la « co-officialité », usage paritaire du français et du corse dans l’administration, une revendication nationaliste. Cet ouvrage, paru aux éditions Albiana, est tout entier écrit en corse. « Une langue que j’avais dans l’oreille, car mon père la parlait avec ma grand-mère, mais que j’ai réapprise pour passer mon Capes de langue et culture corse, en 2003 », raconte-t-il.


SUR L’ÎLE, LES TRACES DE L’ENGAGEMENT DES CORSES POUR LA FRANCE SONT PARTOUT, SUR LES MONUMENTS AUX MORTS, DANS LES CIMETIÈRES, AU FIL DES CARRIÈRES  PARFOIS TOUJOURS EN COURS.


C’est l’un des paradoxes de cette île dont l’électorat a glissé en dix ans d’un sarkozysme enthousiaste, dernier avatar de la droite gaulliste, à un nationalisme désormais victorieux dans les urnes : Jean Colonna parlait le corse bien mieux que son fils.
Après sa naissance, en 1931, le futur préfet avait grandi « au village », chez sa tante Angèle, à laquelle sa mère et son père, postier à Paris, l’avaient confié. Le gamin est charmeur mais rebelle. Il sèche l’école, seul lieu du village où la langue nationale s’impose, et ne parle pas un mot de français. A l’époque, on donne encore des coups de règle sur les doigts de ceux qui se risquent à prononcer un mot de corse en récré ou en classe.

A Ortu, du Corse français au Corse corse

 

 

La route est longue alors jusqu’à la capitale

« Jean courait toute la journée pieds nus dans le maquis », se souvient un villageois. « Cet enfant ne savait que s’échapper, scappà », raconte sa cousine Jeannine Moretti. « Comme tout le monde l’adorait, il était toujours chez quelqu’un, poursuit la vieille dame, chignon élégant, ongles peints et maintien impeccable. Il jouait de la guitare, il avait appris tout seul. Quand il a eu 12 ans, ses parents ont décidé de l’envoyer à Paris. »
La route est longue alors jusqu’à la capitale. Quand il descend d’Orto et passe pour la première fois de sa vie le golfe de Sagone, en bas de la montagne, le petit Jean Colonna croit qu’il s’agit d’un lac, comme celui de Creno, au-dessus du village, aujourd’hui étape obligée des randonneurs du GR20. Il n’a jamais vu la mer.
Par quel miracle de travail et de volonté ce gosse qui débarque en 1943 dans la capitale occupée, sans maîtriser le français, passe le bac au lycée Charlemagne, décroche une licence en droit puis devient ce préfet indispensable à Jacques Chirac ? Son fils Romain l’ignore et, dans la magnifique maison blanche qui domine Orto, surnommée « la préfecture », sa mère, Béatrice, originaire d’un village de Haute-Corse et elle aussi fonctionnaire, n’a guère envie de parler de son mari qui repose depuis 2009 dans le cimetière voisin.
Jean Colonna voyage, comme tant de Corses, gagne le Pacifique et devient, en 1973, sous-préfet des îles Loyauté. « Là, pas de hauteur ni de distance, se souvient l’ancien directeur du Monde Jean-Marie Colombani, qui l’y a croisé à l’adolescence. Les Corses sont souvent plus ouverts à l’autre à l’extérieur de leur île que chez eux : il passait son temps dans les cases avec ses administrés, pieds nus et avec sa guitare » – comme au village lorsqu’il était enfant.

 

 

« Mon père ne théorisait pas sa corsitude »
Quand son troisième fils, Romain, naît en 1982, le préfet Colonna est parisien depuis deux ans, enrôlé comme chargé de mission auprès du maire de Paris, Jacques Chirac. Qui le sait ? Ce bébé qui pose dans un magazine au creux des bras du fondateur du RPR n’est autre que Romain Colonna, le futur candidat nationaliste aux élections de décembre. « Rumanu » – il signe souvent ainsi, même si le prénom n’existe pas en corse – convient qu’il s’agit bien de lui, mais ne se montre « pas très chaud » pour évoquer ce lointain cliché.


« JEAN COLONNA ÉTAIT L’ARCHÉTYPE DU SERVITEUR DE L’ETAT, AU SENS PRESQUE PHYSIOLOGIQUE DU TERME. PUIS IL S’EST MIS AU SERVICE D’UN HOMME, DANS UNE DÉMARCHE AU FOND TRÈS BONAPARTISTE », DÉCRYPTE JEAN-MARIE COLOMBANI.


Dans le Paris des années Chirac, Jean Colonna s’occupe, notamment, des relations entre le RPR et les autres partis, « une sorte de préfiguration de l’UMP, au fond », se souvient l’ancien directeur du cabinet de Jacques Chirac Michel Roussin. Le préfet règne aussi sur la matière électorale, dont il sait tout, et sur la « cuisine » qui va avec. Il est de tous les coups, fourrés ou pas. En 1984, il fait partie de ceux qui pensent que la grande manifestation pour l’école libre, à Versailles, peut porter le maire de Paris plus tôt que prévu au pouvoir.
« Jean Colonna était l’archétype du serviteur de l’Etat, au sens presque physiologique du terme, puis il s’est mis au service d’un homme, dans une démarche au fond très bonapartiste », décrypte Jean-Marie Colombani. Durant toute la décennie 1980 défilent au téléphone, parfois même dans l’appartement familial du Marais, des personnalités comme Alain Juppé, Jacques Toubon, ou encore Roger Romani, l’autre Corse de l’hôtel de ville. Le jeune Romain n’en perd pas une miette.

Monsieur le préfet veut à son tour « faire des affaires ». Il se lance dans une association « pour le développement des relations arabo-françaises », froisse le « grand Jacques », et, alors que TF1 et l’hebdomadaire Valeurs actuelles le donnaient comme un homme « montant » de la chiraquie, à l’instar d’Alain Juppé, il se retrouve préfet hors cadre en mai 1989.
Quand vient l’heure de la retraite, il part s’installer à Ajaccio, tandis que sa femme reste à Paris avec les deux aînés qui poursuivent leurs études : l’un, normalien, devient docteur en philosophie, l’autre agrégé de géographie. Le petit dernier, Romain, choisit de déménager avec son père, en 1996, et donc de vivre à Ajaccio. A l’époque, l’île a pour lui le parfum d’Eden des vacances au village et de la « liberté radicale ».
« Tu vas faire quoi en Corse, garder les chèvres ? », lui demande son prof principal de troisième du collège Massillon, dans le 4e arrondissement. Non, il va entrer en seconde « au Fesch», le lycée le plus réputé de l’île, où sa rébellion adolescente s’imprègne de fièvre nationaliste. « Mon père ne théorisait pas sa corsitude. La mienne est en partie politisée et conscientisée, en partie sentimentale et pulsionnelle », confie-t-il.

A Ortu, du Corse français au Corse corse

 

De Gaulle, en uniforme, coiffé de son képi étoilé
 

Le jeune Romain a 16 ans quand, un soir de février 1998, son père frappe à la porte de la chambre : « Ils ont tué le préfet ! ». Un autre Colonna, l’un des patronymes les plus répandus de l’île, a tué Claude Erignac, à quelques centaines de mètres de leur appartement. Même cette nuit-là, père et fils ne croisent pas davantage le fer que durant ces longues soirées passées en tête à tête où le premier confiait son admiration pour De Gaulle et Bonaparte.
« Mon père a été la victime d’une francisation intense, parfois presque inconsciente », lâche le jeune prof de Corte avec ses mots militants. « Au fond, le fils cherche à se souvenir de ce que le père a voulu oublier. » L’obsession de l’universitaire, ce sont les « méfaits psycho-linguistiques » essuyés, selon lui, par des Corses « sous domination culturelle » jusque dans les années 1970 : sous l’emprise de l’« auto-odi », un « concept catalan » signifiant « haine de soi », ils délaissent inconsciemment leur langue, enseigne-t-il à ses étudiants de Corte.
« J’ai vécu mon arrivée dans cette université comme une seconde libération, le lieu où la culture corse est légitime », raconte-t-il. Etudiant, il avait adhéré à la Cunsulta di i Studienti (CSC), puissant syndicat né à Nice dans les années 1970.
En 2003, le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, qui mène campagne pour le référendum sur la suppression des deux départements, s’arrête quelques heures dans un amphi de l’université. Alors porte-parole de la CSC, Romain Colonna l’interpelle sur le « racisme anti-corse » dont témoignerait Paris et lance : « En partant, vous pourrez dire veni, vidi, mais certainement pas vici. » Sarkozy, furieux, se renseigne sur le malotru. Son père préfet a déjà pris sa retraite. Que peut-il contre ce futur membre de Femu a Corsica, le parti de Gilles Simeoni, désormais l’homme le plus populaire de l’île ?
Chaque été, entre deux livres, trois thèses et quatre meetings, Romain Colonna retrouve famille et amis au Café de la Paix, le nom que s’est malicieusement donné le bar d’Orto. L’établissement est fermé l’hiver, mais les anciens du village laissent entendre que c’est là qu’il faut entrer pour saisir le paradoxe des Colonna et de la Corse actuelle.
Le maire va chercher la clef. Quand la porte s’ouvre, on ne voit que lui, entre le comptoir et la fenêtre qui donne sur le maquis : le général de Gaulle, en uniforme, coiffé de son képi étoilé. Il est l’unique sujet de la fresque un brin naïve qui dévore tout le mur du bistrot. Le héros français de la Libération a posé ses mains sur sa poitrine, comme s’il voulait parler au cœur d’une foule imaginaire. Derrière lui, un drapeau tricolore lui donne des ailes d’ange, mais, de près, on peut voir que la peinture du bleu s’écaille sérieusement, comme si la bannière était rongée.

Ariane CHEMIN

extrait du tweet d'Ariane Chemin

extrait du tweet d'Ariane Chemin

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  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
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Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Le calendrier poggiolais

Calendrier des messes de janvier et février dans les Deux Sorru:

cliquer ici.

 

 

 

FÊTE DE ST ANTOINE ABBÉ

Messe samedi 16 janvier à 15 heures

chapelle de Guagno-les-Bains.

 

Fête de Saint Siméon:

messe à Poggiolo

samedi 20 février

à 15 heures. 

 

VACANCES SCOLAIRES DE FÉVRIER

fin des cours: 

samedi 13 février

reprise des cours:

lundi 1er mars

 

La nouvelle formule du mensuel "INSEME":

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