Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 18:00

Il n’y aura pas de marché de Noël à Poggiolo cette année.

Pendant onze ans, il a été un rendez-vous important pour les artisans, producteurs de produits locaux et éditeurs. Le village recevait un nombreux public qui pouvait se fournir en cadeaux pour les fêtes. Mais l’équipe n’était plus assez nombreuse pour bien organiser ce marché.

Le relais est maintenant pris par la mairie de Murzo. Même si, dans l’article paru dans «Corse-Matin», un coup de chapeau est donné à Jean-Martin FRANCESCHETTI, qui fut à la base de cette initiative dans les Deux-Sorru, voici une activité qui disparaît de Poggiolo.

Murzo remplace Poggiolo pour le marché de Noël

Partager cet article

Repost0
31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 17:55

Un reportage de France 3 vient de rappeler l'importance de la tradition des bastelle à Soccia.

Partager cet article

Repost0
30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 18:00
Un monstre d’Halloween à Poggiolo

Une figure grimaçante ressemblant à une citrouille rouge-orangée avec une bouche et des yeux lumineux. Quelle est cette horreur photographiée à Poggiolo par Thierry CALDERONI ? Les monstres d’Halloween auraient-ils attaqué le village ?

Pas du tout car, en regardant bien, on peut se rendre compte qu’il s’agit du clocher de Saint Siméon éclairé le soir. Confondre ce vénérable monument catholique avec une créature païenne est un véritable sacrilège.

Un monstre d’Halloween à Poggiolo

Le 31 octobre, Halloween, antique coutume celte adoptée par les Américains, pollue le début novembre en détournant la fête dédiée le 1er à tous les saints et le jour de recueillement et d’espérance en une autre vie qu’est le 2. En Corse, les habitudes mercantiles anglo-saxonnes sont d’autant plus mal venues qu’il y existe la tradition de la saint André se déroulant le 30 novembre.

Cette fête est bien expliquée sur le site du village de Rutali (http://www.rutali.fr/) où la tradition est toujours vivace.

"Sant’ Andria : La fête de Sant’ Andria était jadis présente sur l’ensemble de la Corse, cette tradition s’est maintenue dans certains villages de l’île. A Sant' Andria est une coutume corse, quelque peu oubliée, dans la société traditionnelle, elle consistait à fêter le passage de l’automne à l’hiver. A la fin des récoltes, on partageait avec les plus démunis dans un souci de solidarité.

Cette fête concerne essentiellement les enfants; les adultes doivent en revanche les encourager et participer en leur offrant des friandises, des bonbons…

La tradition voulait que les jeunes gens se réunissent sous la conduite d'un responsable qui connaît la comptine appelée en corse « a pricantula », pour ensuite la chanter tous ensemble et du porteur du sac « u saccu » pour aller faire le tour des maisons du village et frapper de porte en porte en chantant :

"Sant’Andria piscadore, piglia un pesciu è falli onore

Pigliane un antru pè curtesia, falli onore è mandalu via".

Les propriétaires des maisons visitées donnent aux enfants des fruits, des friandises, des bonbons... Après avoir fait le tour du village, les jeunes se réunissent alors dans la salle commune du village et tous ensemble font la fête.

Description :

Les enfants sont vêtus de vieux habits plutôt sombres,

Leurs visages sont recouverts de noir par du charbon,

Certains enfants se cachent le visage avec des foulards noirs ou des masques confectionnés à partir d’écorce de liège,

Ils traînent de vieux seaux, casseroles… accrochés par une corde,

Pour faire référence à la société agro-pastorale, les enfants utilisent et portent des clochettes de bergers."

 

   L'affiche annonçant la fête dans cette commune est illustrée par une image de distribution de friandises extraite de la page 42 du livre du CRDP de Corse intitulé justement: "Sant'Andria".

Un monstre d’Halloween à Poggiolo

A San’Andria avait également lieu dans les Deux Sorru, comme en témoigne Marina CLEMENTI DAVID qui nous a transmis ce souvenir la 2 décembre 2012:

"En novembre 1959, nous étions au village, à Soccia. Avec ma petite soeur Eva, nous sommes allées à l'école du village, mon meilleur souvenir scolaire; et cette année la, la coutume était bien vivace au village. Nos cousins, plus grands que nous, s'étaient noirci le visage au charbon, avaient revêtu des sacs de pomme de terre en jute et frappaient aux portes, la nuit tombée, munis de bâtons. Tante Angèle-Marie et notre grand-mère avaient prévu des paquets de biscuits à leur donner, sans quoi nous risquions qu'ils nous lancent le mauvais oeil! Jolis et chaleureux souvenirs!"

Partager cet article

Repost0
28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 18:00

Voici deux ans, le 28 octobre 2014, Mimi CANALE nous quittait. Il était un personnage bien connu dans tout le canton pour sa gentillesse et ses multiples activités: héros de la seconde guerre mondiale, facteur, commerçant, etc.

Ces différentes facettes ont été décrites dans plusieurs articles de ce blog. Il ne faut pas oublier les talents de musicien qu’avait Mimi. Ils sont présentés dans cette vidéo postée sur Facebook voici quelques mois.

Partager cet article

Repost0
27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 18:00

Même si, pour le calendrier officiel de l’Eglise catholique, le 1er novembre est un jour de joie où l’on célèbre tous les saints, la tradition populaire mélange la Toussaint avec le 2 novembre, jour dédié aux trépassés, à tous ceux qui ont quitté la vie terrestre.

Pour répondre à la ferveur des fidèles qui vont honorer les défunts de leur famille, plusieurs cérémonies ont été organisées dans le haut-canton.

Mardi 1er novembre

- SOCCIA: Messe à 11 h, suivie de la bénédiction du cimetière

- ORTO: Messe à 15 h, suivie de la bénédiction du cimetière

- GUAGNO-LES-BAINS: bénédiction du cimetière à 16h30

 

 

Mercredi 2 novembre

- GUAGNO: Messe à 11 h, suivie de la bénédiction du cimetière

- POGGIOLO: Messe à 15 h, suivie de la bénédiction du cimetière

 

A cette époque de l’année, on a l’habitude de fabriquer et de déguster en commun des bastelle. Voir à ce sujet l’article "Les bastelle des morts".

 

Profitant de l’occasion, l'associu pà u ricordu di Circinellu, samedi 29 octobre, à GUAGNO, confectionnera des bastelle qui seront vendues pour aider à l’érection de la statue du fameux patriote Circinellu.

Les célébrations des 1 et 2 novembre

Partager cet article

Repost0
25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 18:00

 D’abord unité religieuse, la pieve fut rapidement, notamment sous la domination génoise, une unité administrative. Elle avait surtout une grande unité géographique.

UNITÉ GÉOGRAPHIQUE

Sorru in sù correspond au haut bassin du Liamone, c’est-à-dire le territoire placé à l’intérieur des terres, au-delà du col de Sorru et jusqu’aux montagnes environnantes. Cette situation est bien présentée par la carte publiée en page 14 du remarquable ouvrage «Vico Sagone. Regards sur une terre et des hommes» (éditions Piazzola).

 

 

Permanence et mutations de Sorru in sù (2/2: la survie de la pieve)

Depuis le col de Sorru, la limite de la pieve remonte le cours du Liamone vers le nordjusqu’au lac de Ninu, puis passe vers le sud-est entre la montagne de la Cimatella et le plateau de Camputile pour atteindre les premiers contreforts du Monte Ritondu. De là, la frontière est constituée par les hauteurs de la vallée du Fiume Grosso: Tritorre, Ciarbellu et Libbiu. La cohérence de l’ensemble est évidente si l’on regarde une carte du relief de cette zone. 

Cette pieve est restée immuable pendant les siècles génois. La «Carte militaire de l'isle de Corse où sont marquées toutes les paroisses et tous les principaux hameaux de chaque pieve / rectifiée en l'année 1740, suivant les ordres de Monsieur le marquis de Maillebois» (chef du détachement français qui venait d’intervenir en Corse) montre que le nom de la pieve était bien connu. Par contre, on peut remarquer quelques incertitudes sur l’emplacement exact de Soccia et Pogiola (!), l’oubli d’Orto et la désignation du lac de Creno comme source du Liamone.

Permanence et mutations de Sorru in sù (2/2: la survie de la pieve)

DES INSTITUTIONS QUI FONCTIONNENT

Les institutions locales instaurées par les Génois en 1571 fonctionnèrent assez régulièrement.

Les premières élections de podestat et de pères du commun connues à Soccia sont relatées par Jean-Baptiste PAOLI dans son étude «Histoire d’un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud». Elles eurent lieu dans l’église paroissiale le jeudi 5 août 1773. Teodoro POLI fut proclamé podestat.

Dans l’"Histoire de l'éducation en Corse" publiée aux éditions Albiana sous la direction de Jacques FUSINA, le chapitre sur "La Corse du début des Temps Modernes à la Révolution française", dû à Antoine Laurent SERPENTINI, nous apprend que, en avril 1783, Francesco FRANCESCHETTI était Podestat de Poggiolo tandis que les padre del comune se nommaient Gio-Stefano PINELLI et Paolo MARTINI.

Les assemblées de la pieve se tenaient à Poggiolo, siège de l’église piévane, avant de présenter des doléances au luogotenente (lieutenant) génois de Vico.

Quand fut créé le royaume anglo-corse (1794-1796), chaque pieve était représentée par deux députés. Pour Sorru in sù, les élus furent le même Francesco FRANCESCHETTI (1750-1818) avec Filippo LECA.

LA CENTRALISATION SOCCIAISE

La remise en ordre napoléonienne, continuant les lois de la Révolution, remplaça les pieve par les cantons. Souvent, ce fut un simple changement de nom. Notre pieve devint le canton de Soccia, du nom de la commune qui devint le chef-lieu. Son territoire fut pratiquement le même. Une fois réglées les contestations entre villages, les limites furent repérées et balisées. Ainsi, comme, en venant de Murzo, la commune de Poggiolo ne commence que dans la descente du col, au pont de Riosecco, le canton ne débute plus au point le plus élevé de Sorru.

Le canton était représenté au Conseil général du département par un conseiller général, nommé puis élu.

Soccia bénéficia des administrations attribuées au chef-lieu: brigade de gendarmerie et justice de paix par exemple. Elle était également la résidence du curé de la paroisse. Le Concordat signé avec le pape en 1801 (et surtout les Articles Organiques ajoutés par Napoléon) calquait la carte paroissiale sur celle des cantons. Les églises de Poggiolo, Orto et Guagno étaient des succursales occupées par des desservants dont le traitement versé par l’Etat n’avait pas le même niveau que celui du curé de la capitale cantonale.

En 1973, la réforme des cantons divisa par deux le nombre de cantons en Corse. Accolés, le canton de Soccia forma avec celui de Vico le nouveau canton des Deux-Sorru.

Depuis 2014, un nouvel agrandissement décida de former le Canton de Sevi-Sorru-Cinarca.

Permanence et mutations de Sorru in sù (2/2: la survie de la pieve)

La désertification des villages a facilité la création d’un ensemble mélant, malgré la diversité de leur géographie, plusieurs anciennes pieves.

Mais on continue à avoir le sentiment d’être, au-delà de Sorru, dans une zone particulière. Et, si le terme de Sorru in sù est peu employé, on parle toujours du haut canton.

Partager cet article

Repost0
23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 19:05

Appelé de façon habituelle «le blog des Poggiolais», ce blog porte en haut de sa page d’accueil le titre «Poggiolo-Guagno-les-Bains, U Pighjolu-I Bagni di Guagnu, Une communauté de Sorru in sù». En effet, il est impossible de décrire le passé et le présent de la communauté poggiolaise si l’on ne mentionne pas son appartenance à une de ces pieves dont la possible renaissance a été récemment évoquée par Eric BOISTARD (voir article précédent : "Faut-il ressusciter la pieve ?").

En l’occurrence, notre village faisait partie de la pieve de Sorru in sù.

Cette pieve regroupait les communes actuelles de Guagno, d’Orto, de Poggiolo et de Soccia.

 

SAINTE MARIE

A l’origine, se trouvait une église qui a disparu mais que Geneviève MORACCHINI-MAZEL avait décrite dans sa remarquable thèse Les Églises romanes de Corse, Klincksieck, 1967 :

 

«On nous a signalé sur place, notamment le Chanoine A. M. Pastinelli, curé de Soccia, le lieu-dit Sant’Anorilla, très bien situé au centre de la vallée à une croisée de chemins muletiers. Les petites pierres bien taillées que nous y avons vues dans les murs des propriétés alentour sembleraient effectivement indiquer un édifice du Xème siècle».

 

Cette église fut donc édifiée pendant la domination pisane. A cette époque, jusqu’au XIIIème siècle, les Pisans organisèrent le réseau des pièves: dans chaque vallée, ils établirent une église-mère, la piévanie, dont dépendaient un baptistère et plusieurs oratoires dispersés, comme San Marcellu (entre Poggiolo et Soccia) ou Santa Maria de Soccia.

Sant’Anorilla était l’église-mère où se retrouvaient les habitants de Poggiolo, Aghja (premier emplacement de Soccia), Guagno, Orto, et Soccia. Elle était située près des Trois Chemins, où se rejoignent les sentiers venant de ces différents villages.

Selon les documents, elle se nomme également Sant Anarilla, Santa Anaria (sur le cadastre de 1857), Santa Naria, Santa Nuria, Santa Noria ou Sannaria. En fait, il s’agit simplement de la déformation de Santa Maria.

Poggiolo, Guagno-les-Bains, Soccia: une forte densité de bâtiments religieux.

Poggiolo, Guagno-les-Bains, Soccia: une forte densité de bâtiments religieux.

Toutes les illustrations de cet article peuvent être agrandies en cliquant sur elles.

Pourquoi cette église n’existe-t-elle plus ?

La tradition orale, rapportée à Michel Franceschetti par son grand-oncle Filippone, raconte que les habitants des différentes communautés ont fini par se disputer et se sont partagés les objets religieux pour l’église de chaque village.

 

SAINT SIMÉON

La date de cette séparation n’est pas connue. Mais elle ne fut pas définitive. En 1545, l’église Saint Siméon fut construite au-dessus de Poggiolo, à un endroit, comme les Trois Chemins, qui était un carrefour de sentiers (voir l’article «A quoi ressemblait l’ancienne église»).

Les différentes parties de la construction de Saint Siméon.

Les différentes parties de la construction de Saint Siméon.

 Lors de sa visite apostolique, en 1589, Mgr Nicolò Mascardi, évêque de Mariana, la nomme «l’église San Simeone, canonicat et pieve de Poggiolo de Sorunsù». Il ajoutait : «Les jours de fêtes solennelles, on célèbre dans cette église, à la satisfaction des populations de la pieve» (texte relevé et traduit par le Père DOAZAN). 

L’église poggiolaise était donc bien l’église piévane.

Elle le resta malgré l’interruption temporaire du culte à cause du meurtre abominable commis en 1634 à l’intérieur de Saint Siméon (voir l’article «du sang à St Siméon»).

L’érection, en 1713, de Santa Maria delle Gratie della Soccia en église paroissiale ne changea rien. Les quatre paroisses avaient chacune un curé qui reconnaissait celui de Poggiolo comme leur piévan.

 

 

 

LA QUESTION GUAGNAISE

Par contre, le 26 juin 1781, l’Assemblée des Etats de Corse, étudiant la liste des curés piévans dont la désignation faisait problème, évoqua notre piève :

«Que la Piève de Sorrinsù manque de Piévan de droit ;

Que l’Eglise réputée la plus ancienne est celle de la communauté de Poggiolo, composée de vingt feux environ ;

 

Que Mgr de Guasco (évêque de Sagone) dans sa première visite, n’ayant trouvé dans cette Piève aucun Piévan décoré de ce titre, nomma le curé de Guagno, comme étant le lieu le plus nombreux et faisant par lui-même presque la moitié de la Piève ;

 

Qu’il est à croire que cette paroisse sera plus que les autres, pourvue d’un bon curé et auquel on pourrait attribuer le droit à l’Assemblée.»

 (extrait de «Procès-verbal de l'assemblée des états de Corse convoquée à Bastia le 1er juin en 1781 » par l'abbé Letteron, Ollagnier, Bastia, 1904).

L’Assemblée entérina cette décision. Pourtant, cette rupture avec la tradition se basait sur le seul critère du nombre d’habitants et ne tenait pas compte des difficultés de circulation.

 

A partir du 25 décembre 1783, le curé de Guagno signa désormais tous ses actes de baptême, mariage et sépulture avec le titre «Piev° di Sorroinsu», comme les registres d’état-civil accessibles sur le site du conseil général de Corse-du-sud.

 

Permanence et mutations de Sorru in sù (1/2: Les origines et l’organisation religieuse de la pieve)

Mais Giovanni Bonifacy, le curé de Poggiolo, continua à signer «Pievano di detto luogo» (piévan du dit lieu) !!!

Permanence et mutations de Sorru in sù (1/2: Les origines et l’organisation religieuse de la pieve)

Ce problème ne fut pas réglé rapidement par la Révolution.

Le curé de Poggiolo signa simplement «curato» en 1791, quand s’appliqua la Constitution Civile du Clergé. Mais il prit le titre de «curato Pievano» en 1794, quand la Corse se détacha de la République Française. En 1796, quand la France revint sur l’île, la signature fut simplement suivie de «curato del Poggiolo».

(à suivre)

Partager cet article

Repost0
21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 18:00

La prochaine suppression des deux départements corses et leur remplacement par une collectivité unique occupe beaucoup l’esprit des hommes politiques insulaires. Dans l’unanimité des discours approuvant cette réforme, une petite musique particulière vient d’être jouée par Eric BOISTARD dans le « Corse-Matin » du 17 octobre.

Photo José Martinetti (Corse-Matin)

Photo José Martinetti (Corse-Matin)

Rompre avec le nanisme communal

Pour ce maître de conférences en droit, directeur de cabinet du maire de Corte, «la rupture avec le nanisme communal reste la condition sine qua non d’une modernisation totalement aboutie des institutions locales de la Corse». La réforme va créer la collectivité unique et quelques grandes intercommunalités mais les communes de petite taille ne pourront plus vivre :

« Quant à la petite commune, elle va s’affaiblir encore sur les plans démographique et économique, mais elle va devenir une coquille vide dans la mesure où l’ensemble de ses compétences sera transféré à l’intercommunalité. »

Or, « le premier attachement du citoyen vis-à-vis de l’élu, c’est d’abord le maire. Si on ne repense pas cette commune, si on ne lui redonne pas un nouveau rôle dans le cadre des politiques de décentralisation qui ont été conduites, on va en faire des coquilles vides dont on va finir par se poser la question de l’utilité. »

Le juriste propose d’utiliser la solution de la  "commune nouvelle". Le statut de commune nouvelle a été créé par l'article 21 de la loi 16 décembre 2010 sur la réforme des collectivités territoriales, et est destiné à favoriser le regroupement de communes. Dans ce cas, les communes historiques continuent d’exister sous forme de «communes déléguées» avec le nom et le territoire des anciennes communes dont la commune nouvelle est issue ;

L’avantage, d’après Eric BOISTARD, est que «la commune nouvelle permet l’initiative au niveau local, de se regrouper, réfléchir à un destin commun qui pourrait, par exemple, reprendre les territoires des anciennes pieve

Pour les lecteurs qui auraient oublié ce mot de pieve, l’attaché territorial rappelle :

«La pieve a longtemps été la circonscrition administrative de base de la Corse pendant des siècles.

Géographiquement et historiquement, on devrait tendre vers cette alternative.

Les populations ne revendiquent-elles pas, depuis longtemps, une appartenance non seulement à une commune, mais aussi à une entité micro-régionale plus large ?»

Allons plus loin que ce qui est écrit dans «Corse-Matin» pour rappeler la particularité de la pieve.

Genèse et fonctionnement de la pieve

La pieve est bien définie par par Jean–Laurent ARRIGHI, dans «Vico-Sagone, Regards sur une terre et des hommes», ed. Piazzola (page 164, «Aspects du pouvoir à Vico-De la pieve à la municipalité»):

«Dans la Corse médiévale, tandis que l’habitat rural est très dispersé, même si des communautés villageoises existent déjà, et parfois depuis fort longtemps, la division territoriale et administrative locale la plus importante est la pieve. En effet, dès la fin du XIème siècle, Pise qui a reçu de Rome l'inféodation de l'île, va en réorganiser les structures politiques et religieuses.

L'ensemble du territoire insulaire scindé d'abord en cinq évêchés, dont celui de Sagone, est alors entièrement divisé en pieve (du latin plebs, plebis, « le penple »). Cette appellation de pieve, qui s'applique à l'origine à un groupement humain occupant un même secteur géographique, correspond en général à un territoire bien circonscrit par des limites naturelles comme par exemple celles d'une même vallée.

La pieve, regroupant en son sein plusieurs communautés, constitue ainsi l'unité primordiale du territoire et l'échelon local où s'exerce le pouvoir religieux, juridique et administratif. Ce pouvoir, est alors matérialisé symboliquement par l'église «piévane» (a pieve) où sont administrés tous les baptêmes et où se réunissent des assemblées coutumières.

C'est au niveau de la pieve, qui correspond également à une juridiction placée sous l'autorité d'un piuvanu (piévan: du latin plebanus), que s'organise la vie communautaire et que sont rendus les arbitrages ainsi qu'une justice de proximité. »
 

Faut-il ressusciter la pieve ?

 Les Génois ont utilisé les pieve pour en faire des circonscriptions administratives et judiciaires de base. Xavier PAOLI en a expliqué le fonctionnement dans le mensuel "L'INFO U PIGHJOLU" (numéro d'avril 2008), texte reproduit dans l’article «Tous les maires de Poggiolo»:

«Avant l'annexion de 1768, la gestion des communautés villageoises était régie par les "Statuts civils et criminels de la Corse", textes mis au point par l'administration génoise (et promulgués en 1571).


Sous le généralat de Pasquale Paoli, la communauté était gérée par un Podestat élu par les chefs de famille (qu'ils soient homme ou femme), assisté par 2 pères du commun. L'administration était complétée par un huissier et un chancelier et, en cas de contestation sur la valeur d'un bien, d'un "Stimadore" (élu pour 2 ans). 


L'Ancien Régime conservera en gros les mêmes structures administratives et ce n'est qu'en 1789 que les Constituants créeront les "communes"».

Les podestats étaient les interlocuteurs reconnus pour représenter la pieve auprès des autorités, qu’elles fussent génoises, paolines ou françaises.

Comme ce blog en a la vocation, il sera question dans le prochain article de la pieve de Sorru in Sù, composée de Poggiolo et des autres villages se trouvant au-delà du col de Sorru.

 

 

Partager cet article

Repost0
19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 18:00

Le vent quotidien qui vient de la mer, les Poggiolais y sont habitués. Mais on peut imaginer qu'un vent très violent souffle un jour. Un article paru le 6 mars 2015 montrait des photos de ce qui pourrait se passer un tel jour. Nous pensons que vous l'apprécierez.

------------------------------------------------------------------------

La tempête de vent qui vient de souffler sur la Corse a eu de curieux effets à Poggiolo où des constructions ont été tourneboulées, tordues dans une véritable danse de Saint Guy.

Il est vrai que le logiciel Photo Booth y est aussi pour quelque chose.

Le vent a bousculé Poggiolo
Le vent a bousculé Poggiolo
Le vent a bousculé Poggiolo
Le vent a bousculé Poggiolo

Même la statue de saint Roch a été touchée dans sa chapelle.

Le vent a bousculé Poggiolo

La route et la stretta se sont tordues elles aussi.

Le vent a bousculé Poggiolo
Le vent a bousculé Poggiolo

Partager cet article

Repost0
18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 20:19
Une famille poggiolaise dans la peine

Toutes nos condoléances.

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Recherche

Le calendrier poggiolais

"Portraits d'union", un beau cadeau

Renseignements en cliquant ici.

 

 

 

Vacances de Noël:

Fin des cours: samedi 19 décembre

Reprise des cours: lundi 4 janvier

---------------------------

"Inseme", le bulletin interparoissial des Deux Sorru de novembre, est paru. 

 

Pour le lire, cliquer ICI.

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

En-tete-inseme-copie-1.jpg

.

POGGIOLO SUR FACEBOOK

Votre blog est maintenant sur Facebook. https://www.facebook.com/pages/ Poggiolo/167056470125907