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20 février 2018 2 20 /02 /février /2018 18:03
Difficultés de circulation à Vico

Dans le cadre des travaux d'assainissement de Vico, la route départementale traversant le village sera coupée à tout véhicule (sauf riverains en véhicules légers)

du lundi 26 février au samedi 3 mars,

puis du lundi 5 au samedi 10 mars,

de 9 heures à 17 heures.

Les livraisons des commerces, bureaux de Poste des villages, Ehpad de Vico et FAM de Guagno-les-Bains devront se faire impérativement avant 9 heures le matin. Les pompiers seront organisés pour pallier les déplacements d'urgence. Les travaux se situeront précisément entre la station-service (tabac Fieschi) et la supérette Utile Casalta après la fontaine.

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17 février 2018 6 17 /02 /février /2018 18:06

En regardant les vieilles photos, on tombe toujours sur des images de cérémonies religieuses: mariages, baptêmes ou communions. Il n'y a là rien d'étonnant car toutes les étapes de la vie étaient rythmées par la religion.

 

Ainsi, on peut être impressionné par le nombre des communiants poggiolais sur le perron de l'église St Siméon, par leur sérieux, par leur habillement... et par la longueur de leurs cierges. Bien entendu, il paraissait normal (on était avant la seconde guerre mondiale) de mettre les filles derrière.

 

(rappel: les photos et illustrations peuvent être agrandies en cliquant sur chacune d'elles)

L'effondrement religieux en France et en Corse

 

Longtemps après l'événement, il est toujours hasardeux de donner des noms sur les visages. Si l'identification proposée ci-dessous comporte des erreurs, n'hésitez pas à le signaler.

L'effondrement religieux en France et en Corse

 

Une telle photo devient de plus en plus rare.

Au milieu des années 1960, 94% des Français étaient baptisés, 80% des enfants faisaient leur communion solennelle et 25% de la population participait à l'office du dimanche. Bien sûr, au bout d'un an, la moitié des communiants arrêtait de pratiquer et, à 21 ans, 25% communiait encore, mais 80% des obsèques étaient religieuses.

A Poggiolo, chaque dimanche, la chapelle Saint Roch était pleine de femmes et d'enfants, les hommes, n'ayant pas de places, restaient sur la place pour fumer et discuter. Mais ils donnaient à la quête et certains entraient pour communier (voir l'article "Un méfait de la canicule à Poggiolo").

Maintenant, les villages ont été vidés par l'exode rural et, surtout, la société française connaît depuis un demi-siècle une transformation radicale avec le déclin de la pratique et de l'influence de la religion catholique.

Aujourd'hui, ce sont seulement 30 à 35 % de la génération qui sont baptisés, et le taux de pratique de la messe dominicale est tombé aux environs de 3 %.

Cette révolution de moins en moins invisible a été étudiée par un de nos meilleurs spécialistes d'histoire religieuse, Guillaume CUCHET, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris-Est Créteil. Il vient de publier "Comment notre monde a cessé d'être chrétien. Anatomie d'un effondrement" (ed. Le Seuil).

 

L'effondrement religieux en France et en Corse

 

CUCHET part de l'analyse de la célèbre carte de la pratique religieuse de la France rurale du chanoine Boulard dont la première édition date de 1947 et qui fut actualisée en 1966.

Version 1966 de la carte des pascalisants (adultes communiant à Pâques).

Version 1966 de la carte des pascalisants (adultes communiant à Pâques).

 

On remarquera que cette carte montre un taux important au nord d'Ajaccio, dans notre partie de la Corse. Serait-ce à mettre en rapport avec la présence du couvent de Vico?

Au-dessus de 45% de pascalisants, en sachant qu'il y avait plus de femmes pratiquantes que d'hommes et plus d'enfants que d'adultes, le chanoine BOULARD considérait que l'on était dans une zone profondément chrétienne.

Guillaume CUCHET montre que la déchristianisation est ancienne, au moins depuis la Révolution, mais que le véritable effondrement s'est déroulé dans les années 1960 et il le met en rapport avec le concile Vatican II (1962-1965). L'universitaire Michel WINOCK résume cette idée dans le compte-rendu qu'il publie dans le numéro de février du mensuel "L'Histoire":

"Cependant, ce qui se passe dans les années 1960 est nouveau: ce n'est plus un mouvement lent de désaffection religieuse, mais une rupture brutale.
Vatican II en a été non le créateur, mais le déclencheur. On pourrait dire en termes simples que le concile a changé la face de la religion traditionnelle à laquelle les catholiques français étaient habitués. Il y eut d'abord la réforme de la liturgie, la fin de la messe en latin. Les prêtres ont jeté leur soutane aux orties. On a cessé à l'église de parler du diable et de l'enfer. Dieu s'est arrêté d'être un super-juge, inflexible, pour devenir un Dieu-Amour, miséricordieux. Le péché a perdu sa charge de peur, qui contraignait à suivre les pratiques séculaires, la confession notamment. En profondeur, l'esprit du concile visait à rendre la religion plus exigeante. Elle ne devait plus être un folklore, une habitude familiale ou régionale, un comportement de routine. Il fallait désormais, aussi bien pour le baptême que pour le mariage religieux, que les fidèles élèvent leur foi à la hauteur des sacrements. On ne devait plus aller à la messe par accoutumance, mais y participer pleinement."


La religion sembla être devenue trop intellectuellement exigeante pour la moyenne des Français qui avaient besoin de manifestations concrètes, de processions, de musique et d'images. Or, le concile adopta en décembre 1963 le changement de la liturgie (messe en langue nationale et non plus en latin, prêtre face aux fidèles pendant la messe...) qui s'appliqua dès janvier 1964. La fin de l'obligation du manger maigre du vendredi s'opéra en janvier 1967. Le texte du concile sur la liberté religieuse ("Dignitatis humanae", 7 décembre 1965) déboussola les convictions de nombreux chrétiens.

Michel WINOCK ajoute à propos de ce livre qu'il qualifie de "passionnant":

"A ces causes proprement religieuses, Guillaume Cuchet ne manque pas d'ajouter les bouleversements de la société. C'est dans la décennie 1960 que l'on commence à parler de la société de consommation. Une « civilisation des loisirs » est alors en train de se mettre en place, avec les week-ends, l'automobile, les vacances, tandis que la télévision devient la fée du logis. Une nouvelle génération, celle des baby-boomers, arrivés à l'âge adulte, est la première à décrocher massivement de la religion."

Si l'on comprend bien, l'effondrement religieux (ou plus exactement catholique) est le fait d'une génération qui a porté dans sa jeunesse les robes d'enfants de chœur mais qui s'est détachée de l'Eglise en devenant adolescente ou adulte.

Finalement, les responsables de toutes les difficultés supportées par la France depuis plusieurs dizaines d'années sont toujours les mêmes.

Dessin de Denis Pessin paru dans "Le Monde"

Dessin de Denis Pessin paru dans "Le Monde"

Il est conseillé d'écouter l'émission de France Inter "La marche de l'histoire" du 13 février dans laquelle Guillaume CUCHET discute de ces questions avec Jean LEBRUN.

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15 février 2018 4 15 /02 /février /2018 17:47
Soirée corso-savoyarde à Poggiolo

Le samedi 3 mars à la salle des fêtes de Poggiolo:

 

soirée tartiflette et chants corses

 

20€/personne (tartiflette+salade+dessert)


Réservation obligatoire au 06 08 96 32 14 et 06 77 07 10 95

 

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Par contre, une soirée figatellu et pulenda est prévue à Soccia pour samedi 24 février.

 

Renseignements et inscriptions: 04 95 28 33 18.

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14 février 2018 3 14 /02 /février /2018 18:09

Une petite couche de neige a recouvert le village ce matin.

Merci à Marie-Claude Franceschetti pour ces photos!

Poggiolo en blanc
Poggiolo en blanc
Poggiolo en blanc

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12 février 2018 1 12 /02 /février /2018 18:04

Ayant lu attentivement le rapport sur l'installation d'une micro-centrale hydroélectrique sur le Fiume Grosso, présenté dans l'article précédent, Jacques-Antoine MARTINI, qui connaît bien les lieux, a fait part de quelques remarques:

 

Je ne voudrais pas trop jouer à l'écolo-nostalgique, mais il y a malgré tout des passages du rapport qui "interpellent" :

"… Le sol sera impacté par l’emprise permanente et temporaire du projet et les travaux de construction des installations induiront des transformations locales du ruissellement et de l’infiltration de l’eau.

Le chantier engendre un risque de pollution accidentelle de l’eau par des substances toxiques. De plus, la circulation des engins dans ou à proximité du lit des cours d’eau peut remettre en suspension les sédiments fins et entrainer l’obstruction du substrat.

La réalisation des différentes installations constitutives de l’aménagement projeté affectera la végétation actuelle par un déboisement d’environ 30 % de l’emprise totale du projet. …

Pour l’aménagement de la piste d’accès aux ouvrages en amont et la pose de la conduite forcée, seront réalisés : 


- Des coupes de Pins laricio et de Pins maritimes essentiellement, dans la forêt territoriale de Libio- Tretorre, sur un peu plus d’un kilomètre ;
- Un déboisement de la forêt communale de Guagno où la végétation est dominée par les châtaigneraies mélangées aux Chênes verts ;
- Des interventions sur les boisements de certaines propriétés privés correspondant à des surfaces classées en vergers de châtaigniers mais largement colonisés par le Pin maritime et le Chêne vert


… Le chantier peut être potentiellement soumis au risque inondation et aggraver ce risque. De plus, le dépôt sauvage de déchets verts liés au déboisement peut entraîner un risque d’incendie. Enfin, durant les travaux, la circulation et le fonctionnement des engins de chantier entraineront des niveaux sonores supérieurs aux niveaux habituels. Les déplacements motorisés rejetteront des polluants atmosphériques et comme tout chantier, celui-ci pourra générer un risque pour la sécurité des personnes.


L’entretien des installations nécessite l’utilisation de substances pouvant entraîner une pollution de l’eau par déversement. Des précautions seront prises afin de limiter cet impact potentiel..."

 

PS: n'oubliez pas de lire en commentaire à la fin de cet article le cri de douleur de Maryse.

 

Barrage sur le Fiume Grosso: quelques remarques de Jacques-Antoine

Jacques-Antoine fait également cadeau aux lecteurs du blog de la photo du futur emplacement de la retenue d'eau de Belle e Bone, prise au niveau du pont qui a été emporté par la grande fiumara du 12 juillet 1983.

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Des renseignements et un film sur la fiumara se trouvent en cliquant ICI.

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11 février 2018 7 11 /02 /février /2018 18:00

Beaucoup de nos lecteurs connaissent-ils Madame Vanessa MARCHIONI?

 

Pourtant, cette dame joue un rôle important pour notre haut-canton. Elle avait été désignée comme Commissaire Enquêteur dans l'enquête publique de novembre et décembre 2017 et elle vient de donner, le 15 janvier 2018, son avis favorable à la demande d’autorisation "au titre de l’article L 214-3 du Code de l’Environnement de la micro-centrale hydroélectrique de Guagno sur la rivière Fiume Grosso"

Cet avis va permettre la construction d'un barrage sur notre affluent du Liamone. Les détails donnés dans les lignes suivantes sont extraits du rapport de Madame MARCHIONI.

Fiume Grosso (photo Thierry Calderoni)

Fiume Grosso (photo Thierry Calderoni)

L'ensemble comptera:

- Une prise d’eau située sur le Fiume Grosso près de "la passerelle de Spelonche au niveau du lieu-dit Belle e Buone"

Une centrale hydroélectrique située "à la confluence du Fiume Grosso et de l’Albelli"

- Entre les deux, enterrée sur la quasi-totalité du tracé, une conduite forcée "d'une longueur totale d’environ 7 800 mètres, permettant d’acheminer l’eau depuis la prise d’eau jusqu’à la centrale hydroélectrique".

"La hauteur de chute brute s’élèverait donc à 418 mètres. La longueur du cours d’eau court-circuité sera d’environ 8 000 m".

 

Cliquer sur la carte pour l'agrandir.

Cliquer sur la carte pour l'agrandir.

 

Les travaux devraient durer 12 à 14 mois étalés sur deux années en fonction des conditions météorologiques.

Les effets sur la végétation seraient faibles en dehors "de coupes de Pins laricio et de Pins maritimes essentiellement, dans la forêt territoriale de Libio-Tretorre, sur un peu plus d’un kilomètre", et "un déboisement de la forêt communale de Guagno".

De toute façon, "aucune espèce végétale protégée n’a été identifiée sur le site".

L'impact sur la faune sera la "suppression d’habitats potentiels d’hibernation et de reproduction, notamment pour des espèces protégées à forte valeur patrimoniale recensées sur le secteur telles que l’Autour des palombes (rapace), l’Euprocte de Corse et le Discoglosse (amphibiens)".

"Cependant, le niveau d’enjeu pour cette espèce (l’Autour des palombes) est considéré comme très faible."

Si vous ne connaissez pas l'Autour des palombes, bien que vous l'ayez certainement vu voler au-dessus du canton, ce petit film vous en donnera quelques images.

Quel est l'intérêt de cette installation

Le rapport répond:

"La centrale hydroélectrique du Fiume grosso permettra d’alimenter environ 2000 foyers. Il génèrera des retombées économiques qui profiteront, entre autres, aux finances locales et facilitera le travail des exploitants forestiers grâce à l’aménagement des pistes. Les installations, discrètes, n’entacheront pas la fréquentation touristique.

 L’utilisation de l’énergie hydroélectrique de la centrale de Guagno peut permettre à la Corse de s’affranchir de l’achat annuel de 2 225 tonnes de fioul et de réduire les émissions dans l’atmosphère de 6 675 tonnes de CO2 par an."

La centrale se situant entièrement sur le territoire de la commune de Guagno, ce village bénéficiera de "revenus complémentaires non négligeables et lui permettra ainsi d’entreprendre des projets à moyen et long terme.".

Tant mieux pour les Guagnais !

 

De très nombreux renseignements sur les futurs travaux sont donnés dans ce dossier qui est accessible à l'adresse:

 http://www.corse-du-sud.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_du_commissaire_enqueteur.pdf

On peut y lire les observations déposées lors de l'enquête publique qui avait été affichée dans les mairies d'Orto et de Guagno.

 

Et pourquoi pas à Poggiolo? Parce que le territoire de la commune n'est pas concerné. Et pas d'inquiétude pour le niveau de la rivière: à Guagno-les-Bains, rien ne devrait changer. C'est du moins ce qu'affirment les spécialistes.

A chacun de juger en regardant les documents.

le confluent du Fiume Grosso et du Filiccioni, à Guagno-les-Bains (photo Thierry Calderoni)

le confluent du Fiume Grosso et du Filiccioni, à Guagno-les-Bains (photo Thierry Calderoni)

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8 février 2018 4 08 /02 /février /2018 18:01

Co-officialité, comme le demandent les nationalistes corses ou bilinguisme comme vient de le proposer le président Macron, la nuance est importante mais les deux termes impliquent l'utilisation officielle de deux langues.

Il semble que l'on a oublié que cette coexistence de deux langues a déjà existé en Corse et, semble-t-il, sans trop de souci.

La preuve en a été donnée à Guagno-les-Bains au début du XIXème siècle.

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Dans le hall de l'établissement thermal de Guagno-les-Bains, les curistes pouvaient voir jusqu'à sa fermeture deux affiches protégées par une vitre ou du plexiglas transparent et suspendues aux murs. 

Le premier est le "Règlement de police pour les eaux minérales de Guagno" datant du 22 juin 1822.

 

Pour lire les textes de ces photos, il est recommandé de les agrandir en cliquant chaque image.

L'utilisation de deux langues a déjà existé à Guagno-les-Bains et à Poggiolo

 

Le second est un "Arrêté Relatif à la mise à Ferme des Bains de Guagno".

L'utilisation de deux langues a déjà existé à Guagno-les-Bains et à Poggiolo

 

Ces deux documents sont tout à fait officiels puisqu'ils émanent de la Préfecture de la Corse.

Celui de 1822 est signé du vicomte de SULEAU. Fils d'un noble tué lors de la prise des Tuileries par les sans-culottes le 10 août 1792, ce vicomte (prénommé Elysée) fut nommé dans l'île le 13 mai 1822 et resta à ce poste durant deux ans avant d'avoir plusieurs affectations dont la dernière fut dans les Bouches-du-Rhône où il participa grandement à la réussite du coup d'Etat de Louis-Napoléon BONAPARTE en 1851.

 

L'utilisation de deux langues a déjà existé à Guagno-les-Bains et à Poggiolo

 

L'autre porte la signature de SOLLIERS "Secrétaire général, Préfet par intérim". Elle est datée du 1er mai 1824. A ce moment-là, SULEAU était parti pour le Vaucluse. Son successeur ne fut nommé que le 29 juin. Ce fut le fameux Gabriel de LANTIVY de KERVENO qui fit construire la Préfecture et la Mairie d'Ajaccio.

 

L'utilisation de deux langues a déjà existé à Guagno-les-Bains et à Poggiolo

 

Ces deux textes sont importants pour comprendre l'organisation des Bains pendant la Restauration.

Le premier traite du "maintien de l'ordre et de la discipline dans l'administration des Eaux minérales de Guagno", est-il écrit en préambule dans la colonne de gauche. Dans la colonne de droite, on peut lire la traduction de la même ligne: "il mantenimento dell'ordine e della disciplina nell'amministrazione delle acque minerali di Guagno".

 

L'utilisation de deux langues a déjà existé à Guagno-les-Bains et à Poggiolo

 

De même, l'arrêté de 1824 est bilingue: le texte français à gauche, et le texte italien à droite.

Il proclame dans son article 2 "la mise à prix (de l'entretien) des trois grands bassins et des douze petits bains (...) pour toute la saison", ce qui est traduit en: "la prima offerta per le tre gran vasche e per i dodici piccoli bagni (...) per tutta la stagione".

Cette affiche annonce la mise en adjudication de la station pour la saison 1824.

L'utilisation de deux langues a déjà existé à Guagno-les-Bains et à Poggiolo

 

Incroyable mais vrai! Les textes émanant du représentant du gouvernement français étaient traduits en italien pour être mieux compris par la population corse et les deux versions avaient force de loi.

 

Autre exemple: les actes d'état-civil consignés sur les registres de la mairie de Poggiolo montrent que les deux langues furent utilisées indifféremment au moins jusqu'en 1830, comme dans l'exemple ci-dessous.

 

L'utilisation de deux langues a déjà existé à Guagno-les-Bains et à Poggiolo

La page de gauche, en français, contient "l'acte de décès de Santa, épouse d'Arcange Paoli, décédée le 26 janvier 1830".

Immédiatement après, sur la page de droite, le texte est en italien pour une naissance. On lit sur le résumé placé en marge: "atto di nascita figlia d'Angela francesca figlia di francesco franceschetti e di mari-antonia sia (?) moglie nata il 28 febraro 1830".

Les actes écrits dans chacune des deux langues étaient parfaitement officiels et ceux qui étaient en italien n'étaient même pas traduits en français.

Un autre exemple, en dehors de notre canton, a été fourni par Jean-Pierre GIROLAMI qui, décrivant, dans "Settimana" du 19 janvier dernier, la cérémonie d'anniversaire de la mort du roi Louis XVI qui se déroula le 21 janvier 1818, indique que le maire de Bastia avait placardé dans sa ville des affiches "en patois", c'est-à-dire en italien.

 

A cette époque, la langue corse n'était pas écrite et l'italien était utilisé depuis des siècles dans tous les actes officiels.

D'ailleurs, surtout dans notre micro-région, d'après Antoine-Claude VALERY (1789-1847), tout le monde connaissait l'italien.

Dans son livre intitulé "Voyages en Corse, à l'île d'Elbe et en Sardaigne", publié en 1837, il écrivit à la page 111:

"On cite Guagno pour la pureté de son italien; Vico a le même mérite. Le français de Corse n'est nullement corrompu, et ne ressemble point au barbare patois de la plupart de nos provinces. Chose singulière, ces insulaires et ces montagnards corses parlent à la fois l’italien et le français de Rome et de Paris. Le dialecte corse est le moins corrompu des dialectes italiens.»

L'utilisation de deux langues a déjà existé à Guagno-les-Bains et à Poggiolo

 

Quelle que soit la qualité du langage utilisé, les affiches de Guagno-les-Bains montrent bien que l'emploi de deux langues ne paraissait pas incongru sous Louis XVIII.

L'ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539 imposa l'emploi de la langue française pour tous les actes officiels. Rattachée au royaume  depuis 1768, la Corse avait une population qui en majorité ne comprenait pas le français. Avec pragmatisme, la monarchie en tint compte et permit, tout en favorisant la diffusion du parler français, l'utilisation des deux langages le temps nécessaire pour que l'italien fut délaissé.

On était bien loin des tourments juridiques et idéologiques des tenants de la République une et indivisible.

 

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Les notices sur Suleau et Lantivy viennent de Wikipedia.

Les photos sont de Michel Franceschetti.

La couverture du livre de Valery est un cliché bnf.

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6 février 2018 2 06 /02 /février /2018 17:48

Voici exactement dix ans, le 7 février 2008, tous les Poggiolais étaient effondrés par l'annonce du décès de Jean-Pierre FRANCESCHETTI, à 61 ans, après une courte mais très cruelle maladie.

 

jean-pierre-copie-1.jpg

 

  En souvenir, voici le très beau texte lu par Judith OTTAVI-POLI le jour de ses obsèques à Saint-Siméon.

 

Témoigner de ta vie, Jean-Pierre, c'est parler de toutes tes activités, de ta frénésie de vivre, de ton amour de ia vie. Mais trois mots dominent tout le reste ... Amitié, famille et terre.

   Déjà, enfants, les copains venaient de Marseille passer les vacances avec toi, Bernard, les cousins et tous les enfants de POGGIOLO. L'amitié a passé la barrière de l'âge et d'autres copains se sont ajoutés à ceux de l'enfance. "Copain... Manger le pain ensemble...".

   Aujourd'hui, ils sont tous là et ils partagent la même peine. Ils sont venus du continent, d'Italie et de toute la CORSE en avion, en voiture et même à cheval. Ils sont là, ceux de ta génération mais aussi tous ces jeunes avec qui tu as parcouru la montagne, la montagne de CAMPUTILE, cette montagne de CORSE où, jeune marié, tu as construit ta vie avec Marie-Claude.

   Tu lui as transmis l'amour de cette terre que Jean-Antoine, ton grand-père, t'avait donné. Comme lui, tu as mis en valeur châtaigniers, oliviers, et tu n'avais qu'un désir, transmettre tout cela en bon état comme ton grand-père l'avait fait: UMBRICCIA, SUPRANE, TEGHIA. Ton cœur était partagé entre PORTO où tu avais tes activités, Marie-Claude, Karine, Vanina, tes petits-enfants, et POGGIOLO, la terre de ta famille.

   Famille proche, mais aussi famille des ancêtres que tu voulais connaître à travers les photos, les anecdotes du passé. Famille que tu as fait connaitre aux plus jeunes.

   On dit en Afrique que les hommes ne meurent pas, qu'ils sont dans les branches des arbres. dans l'eau qui ruisselle. Jean-Pierre, toi, tu es dans tous les arbres que tu as soigné, dans les murs construits, dans les parcelles entretenues, mais tu restes surtout avec nous dans les sourires de Jean-Pierre, Jacques, Léa et Marc-Antoine...

   Il restera de toi, de ton jardin secret, une fleur oubliée qui ne s'est pas fanée...

 

"Ce que tu as semé

En d'autres germera.

Celui qui perd sa vie

Un jour la trouvera..."

 

Judith

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3 février 2018 6 03 /02 /février /2018 18:00
La solution à la devinette du mois: les mystères de Cipriani

Voici deux siècles, le 28 février 1818, un petit cortège suivit le cercueil du maître d’hôtel de Napoléon Ier jusqu’au cimetière anglican de Country Church où il fut enseveli. La scène se passait sur l’île de Sainte-Hélène où l’ex-empereur était prisonnier des Anglais.
 

cimetière de Country Church (Ste Hélène)

cimetière de Country Church (Ste Hélène)

 

Le compagnon de captivité qui était porté en terre était Jean-Baptiste, dit Franceschi, CIPRIANI, décédé la veille. Il était originaire de Guagno, pieve de Sorru in Sù ou canton de Soccia.


Comment un Sorrinesu se trouva-t-il si proche de Napoléon? Pour le savoir, il faut raconter une histoire très particulière avec plusieurs péripéties et beaucoup de mystères.

 

 

Né à Guagno
Jean-Baptiste CIPRIANI, qui fut ensuite surnommé Franceschi, naquit à Guagno en 1773. Certaines sources disent «entre 1770 et 1780». Pour le savoir avec certitude, il faudrait dépouiller les registres de baptêmes guagnais. Ils ont été numérisés et sont disponibles sur internet mais il faut arriver à les lire. 
Un de nos lecteurs pourrait-il trouver l’acte de baptême de Jean-Baptiste?

 

La solution à la devinette du mois: les mystères de Cipriani

 

Jean-Baptiste était un enfant naturel dont la mère guagnaise n’est pas connue et dont le père serait très probablement Christophe SALICETI (on écrit parfois SALICETTI).

Cet avocat fut député de Corse à la Constituante et à la Convention. Il fit voter, avec l'appui de Mirabeau, le principe de l'intégration  de la Corse à "l'Empire français" le 30 novembre 1789. Il fut le seul des six députés corses à voter la mort de Louis XVI. Il était proche de ROBESPIERRE et, en Corse, ami de la famille BONAPARTE, au sein de laquelle le jeune Jean-Baptiste fut élevé.

 

Dans l’ombre de Saliceti
Devenu représentant en mission en Provence et surveillant les opérations du siège de Toulon en 1793, SALICETI, accompagné de Franceschi, fit donner le commandement de l’artillerie républicaine à Napoléon BONAPARTE. Ce fut le début de la carrière du jeune officier corse.
Après avoir été ambassadeur à Gênes, SALICETI vint en 1806 à Naples dont la couronne avait été donnée à Joseph, frère aîné de Napoléon. Il devint ministre de la police et de l’armée du royaume. CIPRIANI, lui servant alors d’homme à tout faire, joua un rôle important en 1808, dans la capitulation de l’île de Capri occupée par les troupes anglo-corses des Corsican Rangers sous le commandement de Hudson LOWE. Jean-Baptiste retrouva ensuite (curieuse coïncidence) l’officier anglais à Sainte-Hélène où il fut  le geôlier de Napoléon Ier.

 

Hudson Lowe

Hudson Lowe

SALICETI, détesté par les Napolitains, étant mort mystérieusement, peut-être empoisonné, en 1809, son fils présumé monta à Gênes, peut-être avec l’aide financière du cardinal FESCH, oncle de l’empereur, une compagnie maritime assez prospère. Servit-elle de couverture pour des activités clandestines? 

 

De l’île d’Elbe à Sainte Hélène
Brusquement, en 1814, après la première abdication, CIPRIANI abandonna son affaire pour suivre, avec femme et enfants, Napoléon à l’île d’Elbe et devenir son maître d’hôtel. Il semble avoir alors accompli des missions secrètes, peut-être pour préparer le retour de BONAPARTE en France. Il aurait été vu à Vienne où se déroulait le congrès préparant la nouvelle carte de l’Europe.
En juillet 1815, il laissa définitivement sa famille pour suivre l’empereur déchu à Sainte Hélène. Son épouse, Adélaïde CHARMANT, mourut la même année que lui. Ses enfants restèrent en Italie, le fils sous la protection du cardinal FESCH et la fille sous celle de Laetitia, la mère de Napoléon.
Avec son titre officiel de majordome, CIPRIANI circulait assez librement dans l’île-prison et servait d’informateur à l’ancien empereur, bloqué à Longwood.
Le 27 février 1818, pris de douleurs intestinales, il décéda au bout de deux jours d’agonie. Son enterrement fut consigné sur le registre de Sainte-Hélène sous le nom de "Cipriani Steward to Genl Bonaparte".
 

La solution à la devinette du mois: les mystères de Cipriani

 

Mais son histoire ne s’est pas arrêtée là.
Certains prétendent que, peut-être depuis l’affaire de Capri, Franceschi était au service de l’Angleterre. Il aurait poussé Napoléon à quitter l’île d’Elbe pour que les Anglais puissent s’en débarrasser définitivement.
Sa tombe est introuvable car le cimetière de Country Church a été très mal entretenu. Cette disparition contribue à la légende selon laquelle Napoléon aurait été empoisonné. Le corps rendu à la France en 1840 et inhumé aux Invalides serait en réalité celui de son serviteur.

En 2007, un historien a même prétendu que le masque mortuaire conservé au Musée de l'Armée ne serait pas celui de l’empereur mais de CIPRIANI, dont on ne connaît aucun portrait. 
 

Masque mortuaire de Napoléon.

Masque mortuaire de Napoléon.

Les réponses aux diverses interrogations ne seront peut-être jamais trouvées mais le destin de cet enfant de Guagno fut sans conteste absolument unique.

 

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Sources internet utilisées:

Geneanet: fiche Cipriani

L’autre Sainte-Hélène: les domestiques de Longwood

la Corse militaire: Corsican Rangers

Libé: un masque agace le musée des armées

napoleon.org: la tombe de Cipriani a-t-elle disparu?

Napoléon prisonnier: Cipriani

Wikipedia:

Hudson Lowe

Prise de Capri

Saliceti

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2 février 2018 5 02 /02 /février /2018 06:47
la devinette du mois: deux cents ans

Dans la série d'événements poggiolais ayant eu lieu dans une année se terminant par le chiffre 8, un fait a été volontairement omis.

Il s'est passé voici exactement deux siècles, en février 1818, mais il ne concerne pas un enfant de Poggiolo ni le territoire du village. Au contraire, il s'est déroulé très, très loin de la Corse. Nous l'évoquons cependant car son héros est un natif de Sorru in Sù et car il a été mêlé à des faits historiques.

 

QUEL EST LE PERSONNAGE IMPORTANT, ORIGINAIRE D'UN DE NOS VILLAGES, QUI EST DÉCÉDÉ EN FÉVRIER 1818 ET OÙ EST-IL MORT?

 

Réponse le 3 février.

 

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  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
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