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17 décembre 2019 2 17 /12 /décembre /2019 18:59

Il arrive que des documents historiques soient faux et n'aient pas été corrigés, au contraire de l'exemple de l'attribution du titre de FFI montré dans l'article précédent.

 

Ainsi, pour la première guerre mondiale, avec les informations sur les morts au combat.

 

Le journal "Le Petit Marseillais" avait publié le 7 février 1915 une liste d'habitants de Marseille tombés au champ d'honneur. Parmi eux, deux étaient signalés comme originaires de Poggiolo.

 

L'authentique Poggiolo

 

Mais ces deux noms, Carboni et Franceschi, ne sont pas ceux de familles connues à Poggiolo. Ils ne sont pas non plus gravés sur le monument aux morts de la commune. D'où viennent-ils?

 

Le mystère s'éclaircit quand on recherche ces deux soldats sur le site "mémoire des hommes" du Ministère de la Défense. Sa base de données procure les fiches de chacun des soldats français morts pour la France en 1914-1918.

 

On apprend alors que ces deux personnes venaient du village de PIOGGIOLA et non pas de POGGIOLO.

 

Pioggiola est située en Balagne, entre Olmi-Capella et Calenzana.

 

Un hameau de Pioggiola (photo Wikipedia)

Un hameau de Pioggiola (photo Wikipedia)

 

Pour ne pas se tromper, le respect de l'orthographe est essentiel.

 

Pourtant, savez-vous que, au XIXème siècle, pendant plusieurs années, les documents poggiolais officiels furent frappés d'une inscription "Pioggiola"?

 

L'anecdote a été racontée sur ce blog dans deux articles qui vont bientôt être republiés.

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15 décembre 2019 7 15 /12 /décembre /2019 17:53

L'arbre de Noël offert par la mairie aux enfants de Poggiolo et de Guagno-les-Bains aura lieu

 

 

le dimanche 22 décembre à 15 heures

 

à la salle des fêtes.

 

 

Une représentation récréative précèdera la distribution des jouets par le père Noël.

 

 

Un goûter suivra.

 

 

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13 décembre 2019 5 13 /12 /décembre /2019 18:00

Pour reconstituer le passé des Poggiolais, comme de toute communauté, quand il n'existe plus de témoins, on se sert de documents. Mais encore faut-il qu'ils ne soient pas erronés. Même des papiers officiels peuvent comporter des erreurs. 

 

Après la seconde guerre mondiale, des dossiers furent ouverts pour attribuer le titre de résistant aux Français ayant lutté contre l'occupation allemande. Ils sont consultables au Service Historique de la Défense à Vincennes où ils ont été rassemblés.

 

On peut y trouver une attestation officielle attribuée le 9 juillet 1946 à Philippe FRANCESCHETTI, né à Poggiolo et résidant au 102 boulevard Chave, à Marseille.

 

Ne pas confondre FFI et STO, ni Philippe et Philippe.

 

Ce papier est tout à fait officiel et sérieux. Il est signé par Jean PAOLI qui commandait le groupe "Paris" des Milices Socialistes (regroupant des militants des Jeunesses Socialistes et de la SFIO), sous la direction du responsable régional Paul TROMPETTE (ce n'était pas un pseudonyme mais son véritable nom).

 

Nous pouvons ainsi savoir que ce Poggiolais faisait partie de ce groupe de résistants depuis le 1er janvier 1944 et que

 

"Agent de liaison et de renseignements, a participé les armes à la main, aux combats de rues livrés pour la libération de Marseille, du 19 au 31 AOUT 1944, dans le secteur: Bd Merentié, Cannebière-Castellane-Réformés."

 

Point de détail: il ne faut pas s'étonner de voir écrit "Canebière" avec deux "n" car l'orthographe actuelle date de 1927 et mit du temps à s'imposer.

 

Un "certificat d'appartenance" de Philippe FRANCESCHETTI aux FFI (Forces Françaises de l'Intérieur), établi quatre ans plus tard, le 17 mai 1950, précise:

 

"Agent de liaison inter-groupe, a contribué également à recruter des combattants pour nos corps-francs".

 

On peut être content: ces documents permettent de bien connaître l'activité d'un résistant et ils sont incontestables car bardés de signatures et de tampons officiels.

 

Pas si simple: une lettre remet tout en cause.

 

 

Ne pas confondre FFI et STO, ni Philippe et Philippe.

 

Un courrier du colonel CHASSON, directeur régional du recrutement et de la statistique, daté du 8 décembre 1955, demande au général de Corps d'Armée GROSSIN commandant la 9ème Région Militaire une vérification de l'appartenance aux FFI de Philippe FRANCESCHETTI. La raison en est une incohérence:

 

"L'intéressé déclare avoir été déporté en Allemagne au titre du Service du Travail Obligatoire d'octobre 1943 au 29/6/1945. Or, le présent certificat lui attribue des services FFI pendant une partie de cette période".

 

La contradiction est flagrante.

 

Le dossier de Vincennes contient la façon dont le problème fut résolu. La semaine suivante, le général GROSSIN envoya une lettre à Philippe FRANCESCHETTI au 102 boulevard Chave et une autre, toujours à Philippe FRANCESCHETTI, au 3 rue Breteuil pour une convocation à l'Etat-Major de la Région, 57 boulevard Périer. Tout s'éclaircit alors: il y avait deux Philippe FRANCESCHETTI.

 

L'un, Philippe Antoine Pascal, surnommé Filippone, était né le 26 mai 1901. Militant laïc et socialiste de toujours, il avait bien été dans la Résistance.

 

L'autre Philippe, son neveu, était né le 5 novembre 1922 et, requis par le STO, il avait été déporté en Allemagne orientale. Au moment des combats de la Libération, il se trouvait à Wittenberg, la ville où vécut Martin LUTHER.

 

Les deux Philippe.Les deux Philippe.

Les deux Philippe.

 

Du coup, tous les documents du dossier ont été rectifiés... avec dix ans de retard!

La date de naissance de 1922 a été barrée et l'année 1901 a été ajoutée à la main.

Ne pas confondre FFI et STO, ni Philippe et Philippe.
Ne pas confondre FFI et STO, ni Philippe et Philippe.

 

Les homonymies sont fréquentes dans les familles corses à cause de l'habitude de donner le même prénom à presque chaque génération. Des exemples ont été donnés dans un article précédent.

 

Ainsi, dans la généalogie des FRANCESCHETTI, on compte huit Philippe décédés et un vivant.

 

Mais il n'empêche que les services dépendant de l'Etat doivent faire attention quand ils mettent en forme des documents officiels...

 

... Et, surtout, la recherche historique oblige à bien étudier, comparer et critiquer toutes les sources.

 

--------------------------

Renseignements supplémentaires sur les adresses:

le 102 boulevard Chave fut le domicile de Jean-Antoine, le frère du Philippe résistant et le père du Philippe déporté du travail et de Jean-Martin;

le 3 rue Breteuil fut le domicile de Jean-Martin, le frère du Philippe STO, jusqu'en 1953, date à laquelle il s'installa avec épouse et enfants à la rue d'Endoume.

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12 décembre 2019 4 12 /12 /décembre /2019 18:00
Préparons Noël en musique avec Bertrand Cervera

 

Sorru in Musica Natale commence dimanche 15 décembre à 19 heures précises en l’église Santa Maria de VICU.
Enregistrement public de SORRU IN MUSICA NATALE, U CUNCERTU, concert de Noël de France 3 Corse Via Stella, réalisé par Paul Rognoni (Mareterraniu Productions). L'enregistrement sera diffusé sur Via Stella le 24 décembre.


Avec et sous la direction de Bertrand CERVERA (violon)


Et avec Caroline Damas-Cervera (violon)
Stéphane Henoch (violon)
Jonathan Nazet (alto)
Raphaël Perraud (violoncelle)
Philippe Noharet (contrebasse)
Christelle Pochet (clarinette)
Stéphane Petitjean (piano)
Léa Antona et Claire Cervera (chant)


Entrée libre mais attention: la capacité de l'église est limitée à 180 places.

Par précaution, il est suggéré de s’inscrire par mail: sorruinmusicacorsica@gmail.com

 

 

Au programme:


CIACCONA de Tomaso Antonio Vitali
CANON EN RÉ de Johann Pachelbel
LES 4 SAISONS:L’HIVER, L’ÉTÉ d’Antonio Vivaldi
ROSSINYOL (Traditionnel)
DIANA DI L’ALBA (Traditionnel)
AVE MARIA de Giulio Caccini
L’HEURE EXQUISE de Reynaldo Hahn
VOGUE VOGUE de Camille Saint-Saëns/ Jean Aicard
LIBERTANGO d’Astor Piazzolla
OBLIVION d’Astor Piazzolla
COMTESSE MARITZA d’Emerich Kálmán
MY FAIR LADY/WEST SIDE STORY de Leonard Bernstein-Frederic Loewe
LA STRADA de Nino Rota
HUIT ET DEMI de Nino Rota
AMARCORD de Nino Rota
I VITELLONI de Nino Rota
LES TEMPS MODERNES de Charlie Chaplin
LA RUÉE VERS L’OR de Charlie Chaplin
LES FEUX DE LA RAMPE de Charlie CHAPLIN
PAS DE PRINTEMPS POUR MARNIE de Bernard HERRMANN
PSYCHOSE de Bernard Herrmann
SUEURS FROIDES de Bernard Herrmann

 

Palais Fesch

Palais Fesch

 

Sorru in Musica Natale a d'autres activités prévues pour cette période d'avant Noël:


-Mercredi 18 décembre -18h30- AIACCIU Palais Fesch Musée des Beaux-Arts 
CONCERT Déambulation musicale avec Bertrand Cervera (violon).
Lors du vernissage de l’exposition « Beauté et poésie, quand la lumière s’expose »
Un travail photographique réalisé, dans le cadre du projet Culture & Santé, par les personnes accompagnées par l'Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie (ANPAA).
Entrée libre.


-Jeudi 19 décembre AIACCIU Maison d'arrêt 

Avec Bertrand Cervera (violon), à la maison d’arrêt, accrochage en musique de l’exposition « Beauté et poésie, quand la lumière s’expose », le projet Culture & Santé mené par l’ANPAA qui aura fait l’objet d’un vernissage, la veille, au musée Fesch

 

-Vendredi 20 décembre: concert au Spaziu culturale Natale Rocchiccioli de Cargese à 20h30. Entrée libre.

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11 décembre 2019 3 11 /12 /décembre /2019 19:55

 

Trois numéros du magazine historique trimestriel "Storia Corsa" sont déjà parus. Avec le numéro 4, la nouvelle formule le transforme en une revue semestrielle de 132 pages. Christian Castellani et Alain Piazzola assurent la gérance. Jean-Luc Messager est directeur de la rédaction et Stéphane Orsini rédacteur en chef.

Pour la Corse, la distribution sera assurée par Alain Piazzola.

 

L'équipe explique sa démarche dans l'éditorial.
 
L'histoire de Corse avec la nouvelle formule de "Storia Corsa"

 

Il y est notamment indiqué que la ligne éditoriale s'ouvrira davantage à l'archéologie insulaire et à l'histoire et au patrimoine culturel de la langue corse. Une rubrique est consacrée à la diaspora corse.

 

"Une convention a été conclue à ce sujet avec Corsica Diaspora et avec le Groupement des associations corses de Marseille et des Bouches-du-Rhône; ces associations participent à un Comité d'orientation qui réunit, outre Michel Vergé-Franceschi, les musées de Bastia et de Corte."

 

Ainsi, le numéro 4 présente les Corses de Porto Rico. 

 

Le dossier principal (35 pages) est consacré aux Barbaresques. L'article de Michel Vergé-Franceschi rappelle le rachat des captifs corses d'Alger et Tunis par Louis XVI en 1779.

 

Le Blog des Poggiolais avait publié un article sur ce thème car deux de ces captifs libérés étaient de Sagone dont le doyen qui avait 80 ans et avait passé 41 ans de captivité au Maghreb !!!

Vous pouvez vous y référer avec le lien ci-dessous.

 

 

Sommaire du numéro 4 de "Storia Corsa":

 

L'histoire de Corse avec la nouvelle formule de "Storia Corsa"

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10 décembre 2019 2 10 /12 /décembre /2019 17:59

L’associu Si Pò Fà souhaite proposer des randonnées en lien avec le patrimoine, bâti et culturel, l’histoire ou encore la faune et la flore dans le canton des deux Sorru / deux Sevi.

Si quelqu’un possède des savoirs particuliers sur ces thèmes et souhaite accompagner  un groupe lors d’une balade/randonnée, n’hésitez pas à contacter l'association !

Avez-vous un savoir à partager sur les Deux Sorru?

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8 décembre 2019 7 08 /12 /décembre /2019 18:00

Ce qui est merveilleux en Histoire, c'est qu'elle nécessite un travail dont les résultats peuvent être toujours remis en question. Il suffit d'une découverte, d'un document nouveau, et la vérité affirmée de façon péremptoire est battue en brèche.

 

L'exemple en est fourni par la recherche du premier décoré de la Légion d'honneur à Sorru in Sù.

 

--------

 

Un article précédent donnait le nom d'Antoine François CAVIGLIOLI qui avait reçu cette décoration en 1815 avant de la perdre sous Louis XVIII et de la retrouver sous Louis-Philippe (voir les deux articles: Le Guagnais qui tenait à sa légion d’honneur (1/2): un fidèle d'entre les fidèles et Le Guagnais qui tenait à sa légion d’honneur (2/2): la médaille par tous les moyens).

 

Mais Marie BIANCARELLLI, qui connaît bien l'histoire de Guagno, nous a fait remarquer qu'un autre Guagnais était antérieur dans cet ordre prestigieux:

 

Dominique-Marie GIOVANONI a été décoré en 1805,

dix ans avant son concitoyen CAVIGLIOLI.

 

Pourtant, son nom n'est pas mentionné dans la liste internet de la base Léonore qui fait autorité et qui a été établie grâce aux archives conservées à la Chancellerie de la Légion d'honneur.

L'hôtel de Salm, devenu palais de la Légion d'honneur en 1804, abrite la résidence du grand chancelier et les services administratifs de l'institution. En 1871, une très grande partie des archives de l'ordre a disparu dans l'incendie du palais de la Légion d'honneur lors des combats de la Commune de Paris. Les Tuileries, le Palais-Royal, l'Hôtel de Ville et plusieurs autres bâtiments furent alors détruits ou très endommagés.

Plusieurs séries documentaires ont été reconstituées depuis mais elles comportent malheureusement des lacunes irréparables. GIOVANONI est dans une de ces lacunes.

 

Incendie de l'hôtel de ville de Paris en 1871.

Incendie de l'hôtel de ville de Paris en 1871.

Dans ces conditions, comment retrouver ce Guagnais médaillé? Grâce à un ouvrage remarqué par Marie BIANCARELLI: "Fastes de la Légion-d'Honneur, Biographie de tous les décorés".

Disponible sur le site Gallica, le deuxième tome, dont la troisième édition date de 1844, contient une notice de 45 lignes qui détaille les quinze années de la carrière militaire de cet oublié de Léonore.

 Les récipiendaires cités dans les "Fastes" n’ont généralement pas fait l’objet de reconstitution à moins qu’ils aient été encore vivants lors de l'édition. Or, Giovanoni est mort en 1807...

 

L'oublié de Léonore

 

Que nous apprend la notice des "Fastes"?

 

 

GIOVANONI (DOMINIQUE-MARIE), et non GIOVANINO, comme l'indiquent quelques listes de nomination, né le 25 juin 1768, à Guagno (Corse),

 

Un mois avant sa naissance, le 15 mai 1768, la Corse venait d'être attribuée à la France par le traité de Versailles. Dès le 17 juillet 1768, il fut baptisé en l'église Saint Nicolas par le curé Domenicu LECA, le fameux CIRCINELLU.

L'acte de baptême nous apprend que Dominique-Marie était le fils de Giovanni, lui-même fils d'Antonio, et de son épouse Giovanna. 

Le parrain était Paolo Francesco POLI et la marraine Felice, fille de Francesco Maria BRANDIZI.
 

 
Acte de baptême de Dominique-Marie Giovanoni, établi par le curé Circinellu.

Acte de baptême de Dominique-Marie Giovanoni, établi par le curé Circinellu.

 

Le patronyme GIOVANONI ne se retrouve nulle part ailleurs à Guagno, ni dans les villages voisins, ni dans le Cruzzini proche, dans le dénombrement de 1769-1770, dit dénombrement de CHOISEUL.

D'après les recherches de Marie BIANCARELLI, la famille de Dominique-Marie serait MANODRITTA alors que GIOVANONI serait un patronyme d’origine éponyme.

 

 

 

entra comme carabinier à la 3e demi-brigade d'infanterie légère le 20 février 1792, fut nommé caporal le 1er novembre suivant, et fit avec honneur les campagnes de 1792 à l'an V à l’armée d'Italie. II se distingua particulièrement le 3e jour complémentaire an Il, à la prise d’une redoute piémontaise dans la gorge du Limon, où il entra le premier après avoir tué plusieurs ennemis de sa main.

 

Dans le calendrier grégorien, la date de ce fait d'arme est le 19 septembre 1794. L'armée d'Italie était alors dirigée par le général Pierre du MERBION. La campagne d'Italie qui fit la gloire de Napoléon BONAPARTE se déroula en 1796. GIOVANONI n'y était pas.

 

 

La Convention nationale, par son décret du 23 frimaire an III, le nomma sous-lieutenant au 10e bataillon de l'Isère, incorporé plus tard dans le 57e régiment d'infanterie de ligne.

Embarqué en l'an III sur le vaisseau le Duquesne, il fit preuve de la plus rare bravoure à la prise du vaisseau anglais le Berwick, le 22 ventôse, et ne montra pas moins d'intrépidité dans le combat naval qui eut lieu le lendemain.

 

Il participa à des combats navals comme fantassin embarqué.

Si les guerres maritimes de la Révolution et de l'Empire sont dominées par la défaite de Trafalgar, il ne faut pas oublier que la marine française eut de bons succès. Capturé le 12 mars 1795, le Berwick était un navire britannique de 74 canons et 550 marins qui était sorti de Saint-Florent (la Corse était alors occupée par les Anglais) pour aller vers Livourne.

 

Maquette du Berwick (agorajeux.com)

Maquette du Berwick (agorajeux.com)

 

 

Passé en l'an VI aux armées d'Angleterre et d’Helvétie, il fit les les campagnes des ans VII, VIII et IX à l’armée du Rhin et sur les côtes de l'Océan, et se fit surtout remarquer en montant le premier à l'assaut d'une redoute qui dominait Feldkirch, et au combat de Feldkirch, le 3 germinal an VII, où il rallia une quarantaine d'hommes à la tête desquels il se mit en tirailleur. Ce mouvement hardi arrêta la marche de l'ennemi, qui serrait de très près le 2° bataillon de la 57e, lequel se trouvait obligé de battre en retraite, et fut même un moment en danger de perdre son drapeau.

 

Comme nous allons le voir, cet exploit, qui eut lieu le 23 mars 1799, fut déterminant pour la carrière de GIOVANONI.

Il se passa à près de 160 kilomètres de la ville  autrichienne d'Innsbruck, lors des combats de la deuxième coalition, alors que BONAPARTE était en Egypte. L'armée française était dirigée par Masséna. 

 

 

Embarqué sur Ia flotille de Boulogne le 6 thermidor an lX, Giovanoni se trouva au combat du 28 du même mois contre les Anglais.

Une nouvelle fois, le montagnard de Guagno se retrouva sur un bateau. La flottille de Boulogne était la force navale constituée par Napoléon et rassemblée à Boulogne-sur-Mer pour préparer l'invasion de l'Angleterre. 

GIOVANONI s'opposa aux raids ennemis lancés contre la flottille.

Il ne resta à Boulogne que trois mois.

L'oublié de Léonore

 

 

Il débarqua le 7 brumaire an X, fut nommé lieutenant le 10 frimaire suivant, et reçut un sabre d'honneur le 10 vendémiaire an XI.

 

 

La valeur de GIOVANONI fut reconnue par l'obtention de ce sabre d'honneur. Les armes d'honneur avaient été instituées par l'arrêté du Consulat pris le 4 nivôse an VIII (25 décembre 1799). Elles étaient données pour des faits d'armes bien précis qui étaient mentionnés sur le diplôme et sur l'arme donnée.

La photo du diplôme, que nous devons à Marie BIANCARELLI, permet de lire que la récompense est due à l'héroïsme montré à Feldkirch (orthographié Feldkirk sur le document).

 

 

Cliquez sur la photo ci-dessous pour l'agrandir.

 

L'oublié de Léonore

 

La dernière ligne de ce document officiel indique qu'il a été "Donné à Paris, le dix Vendémiaire an douze de la République française".

Or, la notice des "Fastes" mentionne la date du 10 vendémiaire an XI. Encore une fois, le travail d'historien ne doit pas être de recopier simplement mais aussi de comparer les sources. Ici, il ne fait pas de doute que le livre s'est trompé. 

Dominique-Marie GIOVANONI a bien été récompensé le 10 vendémiaire an XII, c'est-à-dire le 3 octobre 1803.

 

Entré avec son grade dans le bataillon de tirailleurs corses, le 17 thermidor an XII, il fut créé officier de la Légion-d'Honneur le 25 prairial suivant, et devint adjudant-major le 9 fructidor an XIII.

 

La création officielle de la Légion d'Honneur date du 19 mai 1802. Au bout d'un certain temps, elle remplaça les armes d'honneur dont les titulaires furent intégrés dans la nouvelle décoration, ce qui fut le cas de notre personnage. On peut remarquer qu'il fut directement "créé officier de la Légion-d'Honneur" sans passer par le grade de chevalier.

 

 

Il fit ensuite les campagnes des ans XIV, 1806 et 1807, au 4e corps de la grande armée, obtint le grade de capitaine le 23 novembre 1806, et fut blessé mortellement au combat du 7 février 1807, la veille de la bataille d’Eylau.

 

 

Eylau, en Prusse orientale (en Russie maintenant), fut une bataille terrible opposant l'armée française aux Russes et aux Prussiens. Les tirailleurs corses, commandés par Antoine-François Morandini, furent en difficile posture au combat de Hoff le 6 février 1807. Peut-être GIOVANONI perdit-il la vie lors d'accrochages qui eurent lieu le 7, la veille de la grande bataille, comme l'écrivent les "Fastes".
 
Dominique-Marie GIOVANONI fut bien le premier militaire de notre haut-canton à recevoir la Légion d'honneur et à mourir au combat tandis que l'autre Guagnais légionnaire, Antoine-François CAVIGLIOLI, mourut dans son lit et dans son village.
Napoléon à Eylau  (par Antoine-Jean Gros).

Napoléon à Eylau (par Antoine-Jean Gros).

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8 décembre 2019 7 08 /12 /décembre /2019 09:40
Mardi, obsèques à Soccia

Toutes nos condoléances.

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6 décembre 2019 5 06 /12 /décembre /2019 18:00

Le texte ci-dessous a été rédigé par Philippe OTTAVI au nom de l'association Ambiente di u Pumonte, créée en 2016 à partir du Collectif per u Pumonte Pulitu à l'origine de la fermeture du centre d'enfouissement de Vicu. Ce document tente d'expliquer la nouvelle crise des déchets que nous subissons.

Ce point de vue est une tribune libre qui n'engage pas le Blog des Poggiolais. Il peut ne pas être partagé par tous nos lecteurs qui peuvent réagir s'ils le désirent.

------------------

Tribune libre: Triez les déchets

 

 Novembre 2019, blocage du centre d’enfouissement de Vighjaneddu.

 

 

 “Triez !”. 

       Cette injonction, ce cri du SYVADEC, de la CAPA et d’autres communautés de communes signe l'échec total de la méthode de tri-collecte employée sur plus de 90% du territoire de la Corse. Elle s’opère essentiellement par les conteneurs des points d’apports volontaires (PAV) disséminés dans nos villes et nos campagnes. Le tri plafonne à 30% de matières (ou flux) recyclables et les tonnages à enfouir représentent toujours près de 70% des déchets ménagers. Et ça déborde !

 

       Les chiffres du SYVADEC du 1er semestre 2019 montrent une performance de tri de recyclables de 15% seulement par la collecte en points d’apports volontaires (PAV). Il reste donc pour ce type de collecte, 85% de résiduels à enfouir (déchets non inertes en mélange, potentiellement polluants). Pour les apports en déchetterie, le tri de recyclables atteint 85% de recyclables. Mais au total pour ces deux modes de recueil ce sont bien 70% de déchets qu’il faut enfouir, le tri global des recyclables plafonnant à 30%. La collecte en points d’apports volontaires (PAV) est bien un échec total. Comme il n'est pas possible que chacun apporte en déchetterie à plusieurs kilomètres de son domicile l’ensemble de ses déchets bien triés, il faut impérativement changer la méthode de la collecte.

Les ordures s'entassent devant l'école de Vico.

Les ordures s'entassent devant l'école de Vico.

 

Et pourtant…

     Depuis la fermeture de Tallone en juin 2015 puis celle de Vicu en mars 2017, compte tenu des deux capacités réglementaires, l’une annuelle et l’autre totale, du tonnage des résiduels à enfouir dans chaque site restant, il était facile de prévoir qu’il fallait impérativement augmenter très rapidement le taux de tri des recyclables qui n’était que de 20% en 2015 pour réduire les tonnages à enfouir, éviter la saturation des sites et l’exaspération montante des populations riveraines.

 

Or...

     La méthode Zéro Déchet fait la preuve de son efficacité partout où elle a été mise en place avec obtention de taux de tri dépassant les 60% dès la fin de la première année. Outre les mesures de réduction des déchets à la source et les mesures de réutilisation et de réemploi, cette méthode repose sur 3 points : 

  1. Le tri à la source (à la maison) des recyclables dont celui des fermentescibles qui à eux seuls représentent environ 30% des déchets ménagers, 
  2. La collecte de contrôle des différents flux, de préférence en Porte à Porte,  La Tarification Incitative assise sur le poids du résiduel.
  3. A moyen et long terme, les coûts de fonctionnement de la méthode Zéro Déchet restent les plus bas.

 

Malgré cela….

         Les collectivités responsables de la gestion des déchets, mairies, puis à partir du 1er janvier 2017 (Loi Notre) les communautés de communes, se sont obnubilées à disperser sur l’ensemble du territoire des conteneurs d’apports volontaires (PAV) et pour certains (CAPA et CAB) à lancer des études coûteuses sur des procédés industriels très lourds en investissements et en fonctionnement et moins fiables que le tri à la source (à domicile et gratuit !) de la méthode Zéro Déchet. Après plusieurs années, ces études n'ont toujours pas abouti.

 

Et pourtant...

    Les recommandations, réglementations, lois, jurisprudences, imposent le respect de la hiérarchie des méthodes ; 

d'abord, trier au maximum, 

traiter les fermentescibles au plus près de leur zone de production, 

favoriser la réutilisation et le réemploi (recycleries), 

et parallèlement réduire à la source les déchets. 

 

Sur un résiduel minimisé au maximum, à 25, 20, voire 15% des déchets ménagers, envisager alors des processus industriels de tri dont le calibrage et donc les coûts seraient très fortement minorés. Ils permettraient de réduire encore le résiduel. Pour un tri de 80% le résiduel à traiter dont une petite partie resterait à enfouir serait de 45 000T par an au lieu des 165 000T qui sont actuellement enfouis.

 

Et enfin...

    Le rural ne cesse d'affirmer qu'il n'a pas vocation à rester le dépotoir de l’urbain.

Les solutions industrielles massives requièrent des investissements très lourds et donc les retours sur investissement. Ceux-ci bloquent toute évolution progressive du tri pour pérenniser le maintien de leur quantité de matières premières indispensables à leurs fonctionnements.

Elles imposent des transports longs et massifs, forcément coûteux et polluants.

Elles continuent malgré les progrès techniques à générer des pollutions gazeuses, liquides et solides importantes : TMB (tri mécano-biologique), Incinérateur, CSR (combustibles solides de récupération)

 

Au total 

    Que de retard perdu !

    Que d’argent gaspillé !

    Que d’exaspération de l'opinion publique !

 

Il est indispensable de passer très rapidement à la méthode Zéro Déchet et suivre la dynamique des centaines de territoires qui, en France et en Europe, sont déjà opérationnels depuis des années.

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4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 17:59

La cérémonie d'hommage à des soldats français morts au combat est toujours poignante, d'autant qu'elle peut s'organiser très vite après le décès et que les moyens modernes de transport permettent un rapatriement rapide des corps. L'émotion en est encore plus forte.

 

cour des Invalides 2 décembre 2019 (photo THIBAULT CAMUS/AFP)

cour des Invalides 2 décembre 2019 (photo THIBAULT CAMUS/AFP)

 

Il n'en a pas toujours été ainsi. Pendant longtemps, les cadavres jonchant les champs de bataille étaient ensevelis sur place, sauf pour quelques grands généraux.

 

Avec la première guerre mondiale, des nécropoles et des ossuaires rassemblèrent les restes de nombreux soldats. Mais des familles voulaient que leur enfants reposent dans leur ville ou village d'origine. De nombreux transports furent organisés mais il fallut du temps.

 

 

Ainsi, ce fut le cas pour au moins un Poggiolais qui est mentionné dans un journal quotidien. "Le Petit Marseillais" du 12 juin 1922 contient un encadré intitulé "Le Retour de nos Morts Glorieux". il annonce que, ce jour-là, le navire "Liamone" doit partir pour la Corse avec les cercueils de vingt-cinq soldats insulaires provenant de Creil et d'Orient.

 

Le retour des morts à Poggiolo

 

Le dernier nom de la liste est "Desanti Jean, sergent, Poggiolo".

 

Il s'agit de Jean Toussaint DESANTI, fils de François-Marie DESANTI (1865-1902) et de son épouse Françoise COLONNA (1868-1942). Il est né le 29 avril 1892 à Poggiolo.

 

Alors que, comme beaucoup de Sorrinesi, il habitait en Tunisie, il s'engagea dans l'armée à l'âge du service militaire. Le 18 mars 1913, il entra au 4e régiment de marche des tirailleurs algériens. Il devint sergent au début de la guerre, le 12 septembre 1914.

 

Mais, quelques semaines plus tard, le 2 octobre 1914, il mourut au combat à Crouy, dans la Somme. Il fut le quatrième des trente Poggiolais victimes de cette guerre. Il est inscrit sur le monument aux morts de Poggiolo sous l'identité de "DESANTI JEAN" et il lui est donné le grade de "sergent major" au lieu de "sergent".

 

Photo Michel Franceschetti

Photo Michel Franceschetti

 

Son corps, placé dans la nécropole de Creil, fut ramené par train jusqu'à Marseille le 11 juin 1922 et embarqué le 12 pour être inhumé dans son village de naissance presque huit ans après son décès.

 

Un cœur gravé signale toujours sa présence.

 

Photo Michel Franceschetti

Photo Michel Franceschetti

 

D'autres familles durent attendre pour voir revenir les cendres de leurs héros.

 

Ce ne fut pas spécifique à 1914-1918. A la fin de la seconde guerre mondiale, plusieurs années furent nécessaires avant le retour du corps de Marc Jean OTTAVY, mort le 19 novembre 1944 à Pont-de-Roide (Doubs) où il fut d'abord inhumé. Sa tombe fut entretenue par une famille de cette commune jusqu'à ce que le transfert vers le caveau familial à Poggiolo put être organisé.

 

 

 

 

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