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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 14:00
    Ils étaient trente Poggiolais, trente Poggiolais qui aimaient leur village et leur famille.
    Ils étaient trente Poggiolais qui, un beau jour, ont endossé l'uniforme de l'armée française. Certains le firent volontairement, qui s'engagèrent afin de pouvoir recevoir une solde leur permettant de manger régulièrement. D'autres furent appelés par le gouvernement pour aller "casser du boche".
    Ils étaient trente Poggiolais qui allèrent loin du Tretorre et de Sorrù, de St Roch et de St Siméon.
   Ils étaient trente Poggiolais qui connurent la boue, le sang et l'horreur dans les tranchées de Champagne ou  des  Dardanelles. 
    Ils étaient  trente Poggiolais  qui  moururent dans la grande tuerie de la Première Guerre Mondiale.
   Ils étaient trente  Poggiolais  qui sont toujours là, devant nous, leurs noms inscrits  sur le monument aux morts, face à la fontaine du Lucciù.
Ce sont ces trente Poggiolais auxquels on pense chaque 11 novembre à Poggiolo.
     
Le monument aux morts, édifié en 1925 ou en 1930, a la forme d'une pyramide avec une face représentant un médaillon de soldat et des insignes militaires. Les noms des morts sont gravés sur  trois des côtés (celui de derrière est difficile d'accès car au bord d'un ravin). La face avant, avec l'inscription "1914-1918 Aux enfants de Poggiolo morts pour la France", est précédée par deux lutrins portant les noms des morts de 1939-1945 et de la guerre d'Indochine.

Mais quels sont ces noms et quels sont les êtres cachés derrière?

Il est possible de le savoir en utilisant l'excellent et méticuleux travail de Pierre LECCIA, et en le croisant avec les fiches des Morts pour la France (publiées par le Ministère de la Défense sur son site SGA/Mémoire des hommes) et avec la liste étudiée par Ours Jean CAPOROSSI.
La tache est difficile car, selon les sources, les prénoms ne sont pas les mêmes et certaines fiches sont incomplètes. Ainsi, sur le monument, sont inscrits deux DEMARTINI François alors que le Ministère nous apprend que l'un était Antoine François et l'autre Dominique François. Cinq autres ont des différences de prénom sur les fiches ministérielles.

LEURS NOMS:

Ils montrent que pratiquement toutes les familles du village ont été touchées et même décimées.
6 sont des DESANTI (dont deux fois deux frères),
6 des MARTINI, 5 des PINELLI (dont un père et son fils),
4 des DEMARTINI.
Sont représentées chacune par un seul nom: ANTONINI, BALDARESCHI, BATTESTI, COLONNA, FRANCESCHETTI, LOVICHI, PAOLI, PATACHINI (dont la véritable orthographe est PATACCHINI) et VINCIGUERRA.
Tous étaient Poggiolais mais sans être tous natifs du village.
Damien BALDARESCHI est plus précisément né à Guagno-les-Bains.

Trois étaient nés dans d’autres localités corses : Pierre Toussaint Antonini et Pierre François Battesti à Guagno, Jean Antoine Martin Desanti à Eccica Suarella, Jean André Patacchini à Pastriciola, François Pinelli à Ajaccio.

Deux étaient natifs d’Algérie : Jean Ary Lovichi de Constantine, Noël Martini de Sétif.

Deux avaient ouvert les yeux sur le continent : à Marseille pour François Antoine Paoli et à Paris pour Jean Dominique Martini.



L'ÂGE DE LEUR DÉCÈS?
Sur les 27 dont on connaît le renseignement, la moyenne est de 28 ans et demi. Âge élevé alors que le service militaire se faisait à 20 ans. De plus, 7 sont décédés en ayant dépassé 30 ans. Il faut donc en déduire que plusieurs s'étaient engagés bien avant la déclaration de guerre.
Le plus vieux fut Antoine François FRANCESCHETTI, né le 10 janvier 1857 à Poggiolo et mort le 5 février 1917 en son domicile de Lyon (donc à 60 ans).
Né le 10 février 1897, c'est à 20 ans et 3 mois, le 23 mai 1917, que mourut Franco Antoine COLONNA (prénommé seulement Franco sur le monument), dans une ambulance qui l'emmenait à St Hilaire-au-Temple (Marne), le plus jeune des morts du village.

QUELS GRADES AVAIENT-ILS ATTEINT?
Sur le monument, on peut compter 9 soldats, 5 sergents-majors, 4 sergents, 2 sous-lieutenants (mais en réalité l'un d'eux était aspirant), 2 lieutenants, 2 adjudants, 2 maréchaux des logis, 2 capitaines, 1 caporal, 1 brigadier.
Certains grades atteints montrent, comme les âges, que plusieurs étaient bien des militaires professionnels.
Les deux plus haut gradés (les capitaines) sont Antoine François FRANCESCHETTI et Baptiste PINELLLI.

OÙ S'ACHEVA LEUR VIE?
En dehors de ceux qui disparurent dans les tranchées du Nord-Est de la France,
2 furent victimes de la stupide expédition des Dardanelles en Turquie,
1 mourut sur un bateau qui le ramenait de Salonique
et 1 autre en Serbie.
4 expirèrent loin du front, des suites de leurs blessures ou de maladies contractées sur le front: 1 à Fez, 1 à St-Didier (Vaucluse), 1 à Guagno et 1 à Lyon.

OÙ REPOSENT-ILS?
Un examen des tombes du cimetière de Poggiolo permettrait de savoir qui a été vraiment enterré ici.
En attendant, il peut être certain que DESANTI François Antoine et DESANTI Jacques Antoine (prénommé seulement Jacques sur le monument) n'y sont pas car ils ont été déclarés "disparus" lors de combats dans la Meuse (à Béthincourt et à Vauquois).
COLONNA Franco Antoine est enterré dans la nécropole nationale de Somme-Suippe qui regroupe 4950 corps français.
Les restes de PINELLI Dominique Félix se trouvent dans le cimetière militaire de Flirey (Meurthe-et-Moselle) (tombe n° 118) avec ceux de 4.406 victimes de la guerre.
Beaucoup plus loin, c'est en Macédoine, à Skopje, au cimetière militaire français (voir la vidéo ci-dessous), dans la tombe n° 531, que repose DESANTI Dominique Xavier (dit seulement Dominique sur le monument),
mort à Zajeca en Serbie.
Pierre Toussaint MARTINI (appellé Toussaint sur le monument), qui s'était engagé dans la Légion, et qui fut tué à l'ennemi le 24 avril 1915, âgé de 46 ans, se trouve dans le cimetière militaire français de Seddul-Bahr, dans la presqu'île de Gallipoli en Turquie. Son nom ne figure pas dans la liste des 2.236 soldats identifiés mais les quatre ossuaires contiennent un total de 20.000 corps.

QUELQUES PARTICULARITÉS
- Le premier tué: Jean Toussaint MARTINI, le 19 septembre 1914 (il en sera question dans le prochain article de ce blog).
- La dernière victime:  Dominique Xavier DESANTI décédé le 13 décembre 1918, un mois après l'armistice, de maladie contractée en service.
- Le plus décoré: Antoine François FRANCESCHETTI qui eut la Médaille Militaire, la Croix de Guerre et la Légion d'Honneur.
- La double reconnaissance:
    Pierre Toussaint ANTONINI est mentionné sur le monument aux morts de Guagno.
    François DEMARTINI est également inscrit sur le monument de Soccia.
    Jean André PATACCHINI
se trouve aussi sur celui de Pastricciolla.
   Damien BALDARESCHI est nommé sur le "Livre d'Or des
Corses tombés au Champ d'Honneur" concernant la commune de Zalana.

Ils étaient trente Poggiolais qui connurent les souffrances et le destin des 11.325 Corses tués par la Grande Guerre.


   P.S.: si vous avez des renseignements complémentaires, ils pourrront être publiés dans ce blog. Si vous constatez des erreurs dans cet article, n'hésitez pas à nous les signaler.
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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 16:55
    Il n'était pas possible de parler des traditions de la fête des morts (voir le premier et le second article du 1er novembre) sans évoquer le lieu où ceux-ci reposent. Et, en Corse, les sépultures se firent dans le cimetière mais aussi  dans l'arca.
    L'arca était une tombe collective, sorte de chambre souterraine voutée à orifice étroit fermé par une dalle de pierre, accolée à l'église ou creusée sous celle-ci. Elle permettait aux croyants d'être le plus près possible de l'endroit le plus sacré du village et elle renforçait le sens de la communauté, unie ici et maintenant comme pour l’éternité. C'est à partir du XVème siècle que s'est répandue, en Corse, la pratique des enterrements dans les églises.

L'arca poggiolaise
    Cette coutume fut pratiquée à Poggiolo comme le prouvent les rapports des visites apostoliques effectuées par les évêques (de Sagone ou du Nebbio) ou de leur délégué (documents étudiés par le Père DOAZAN).
    Si en 1587 et en 1589, Mgr MASCARDI écrit que "le cimetière entoure l'église", il mentionne déjà l'existence de l'arca de Vico. Mgr COSTA décrit un siècle plus tard, en 1698, dans le village, un "pavement de pierre avec trois ouvertures d'arca avec trappe de pierre". Ces trois ouvertures signifient qu'une était destinée aux hommes, l'autre aux femmes et la dernière aux enfants. Mais, en 1702, le même Mgr COSTA note que "le cimetière est pourvu d'une croix et bien enclôs"
    Il est vrai que la sépulture en arca n'était pas bien vue des autorités ecclésiastiques. Ainsi, dès le XVI° siècle, la constitution de Mgr SAULI, évêque d'Aleria, imposait d'ensevelir les morts dans les cimetières et non dans les églises, à moins d'avoir la permission de l’évêque.
    En 1776, un Edit Royal interdisait les sépultures dans les églises insulaires, et en 1789 un Décret de la Révolution ordonnait la création de cimetières, sans grand succès en Corse.
        Les registres de catholicité de Poggiolo permettent de distinguer deux périodes:
       - de 1729 à 1756: l
es inhumations ont toujours lieu "dans l'église" (les registres utilisent  les termes "arca", "nel pavimento", "attraco");
        - après 1770 et jusqu'en 1792, les documents précisent:
            + "nel grande sepultura", c'est-à-dire dans l'arca collective
                                             ou
           + "nel picola sepultura" ou "nel cimeterio", donc en tombe individuelle.

Vers la suppression de l'arca

    Mais, au nom de l'hygiène, les décisions administratives se succédèrent. Par Décret en date du 23 Prairial An XII (12 Juin 1804), Napoléon imposait l'établissement de cimetières loin des églises et à plus de 40 mètres des habitations en France. Les Edits préfectoraux de 1810-1812 confirmaient les textes précédents, mais avec des mesures coercitives. Cependant, des problèmes financiers importants ne permettaient pas aux communes de s'y conformer sur le champ. En 1830, le Préfet de Corse Jourdan du Var ordonnait la fermeture de toutes  les "arce", mais leur usage devait perdurer encore de nombreuses années.
   L'arca du couvent de Vico servit à enterrer les 40 habitants d'Arbori victimes du choléra en 1816. Dans une autre partie de la Corse, celle de Zevaco fut exceptionnellement réutilisée pendant l'épidémie de grippe espagnole, de mai 1918 à janvier 1919. Elle est maintenant classée monument historique.
    Il est difficile de donner la date exacte de l'abandon de l'arca de Poggiolo.
    Pour Soccia, où il existait aussi une arca en deux ou trois parties, l'étude publiée voici quelques années par Jean-Baptiste PAOLI indique que la première inhumation dans le cimetière communal eut lieu en 1812.

Saint Siméon contre l'arca
    En tout cas, le prestige de l'arca dura longtemps comme le prouve l'anecdote de la destruction de l'ancienne église de Saint Siméon.
    L’évêque d’Ajaccio avait accepté la destruction de l’église (décidée par le conseil de fabrique de la paroisse en 1863). Mais rien ne se fit immédiatement. Finalement, un dimanche, à la sortie de la messe, Jean-Antoine FRANCESCHETTI (1831-1922) demanda: «Alors, on la détruit ?». Personne n’avait l’air décidé, car dans l’église se trouvait toujours la fosse de l’arca et y touchait semblait sacrilège. Finalement, quelqu’un dit à Jean-Antoine de commencer. On lui donna une pioche. Il attaqua le mur avec résolution. Au bout d'un moment, un, puis deux autres, puis tout le monde finit par faire comme lui et l’église fut démolie. A sa place, fut construite l’actuelle église Saint Siméon.
    Aujourd'hui, il ne reste plus rien de l'arca, même pas la dalle qui la recouvrait (le couvent St François conserve des dalles de certaines familles vicolaises).
 
    Le cimetière de la commune ne fut pas accepté facilement et certaines familles utilisèrent leurs propres propriétés pour inhumer leurs parents, les plus aisées édifiant même des chapelles funéraires isolées mais pas trop loin de l'église. Ces bâtisses affirmaient la puissance de ces lignées, et aussi permettaient de rendre les terrains inaliénables. "On ne vend pas les morts !", comme dit un proverbe.

    Visibles ou invisibles, les morts restent parmi nous et leurs tombeaux nous montrent d'où nous venons, quelles sont nos racines. Nous sommes les héritiers d'une histoire et d'une communauté.


Bibliographie:
    - "Le couvent Saint François de Vico" par le R. P. Louis DOAZAN (ed. Alain Piazzola)
    - "Soccia. Santa Maria delle grazie. A nostra ghjesgia" par Jean-Baptiste PAOLI (dactylographié, avec l'aide d'"A Mimoria")

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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 07:45
L'article paru dans "Corse-Matin" d'aujourd'hui, dimanche  8 novembre, complète les informations données hier par notre correspondant local.
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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 04:15
    "La marche est le meilleur remède pour l'homme", aurait dit le médecin grec HIPPOCRATE.
    C'est sur le thème de cette activité si naturelle qu'est centré l'essentiel du numéro de novembre du bulletin mensuel "INSEME" (pour le recevoir régulièrement, envoyer une participation aux frais de 12 euros à l'Association des Amis du Couvent, 20160 VICO).
    L'éditorial de Marcelle PAOLI énumère les bienfaits de la marche. JMF donne des conseils sur la façon de marcher. Annie ABBAMONTE présente le club de marche qui vient d'être fondé:

 
LA MEILLEURE FAÇON DE MARCHER ...
    " Nous avons créé à Vico, au mois de septembre dernier, un «club de marche à pied ». Le bouche à oreille a bien fonctionné puisque nous avons déjà effectué plusieurs sorties et sommes une quinzaine de participantes.
    Nous organisons des randonnées pédestres dans les secteurs des Deux Sorru, Deux Sevi, Cinarca et Cruzzini. Il y a de quoi faire, et tellement de beaux sites à découvrir ou à redécouvrir ...
    Les rendez-vous ont lieu tous les mercredis à 14 h Place Casanelli à Vico, pour ensuite se rendre en covoiturage sur le lieu de la randonnée. Pour celles et ceux qui sont sur le trajet, rendez-vous au plus près du départ.
    Ces sorties sont accessibles à beaucoup d'entre nous, il n'y a pas de difficultés particulières, et chacun va à son rythme. Il faut cependant se chausser correctement, se munir d'une bouteille d'eau et de vêtements adaptés au temps.
    Nous vous attendons mercredi prochain, et pour plus de renseignements vous pouvez me contacter au 0495266118 ou Lilia Panchetti au 0495266313. "



Regardez dans le diaporama ci-dessous comment marchent certains Poggiolais.
 
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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 19:53

   La cérémonie à la mémoire des Poggiolais victimes de la guerre de 1914-1918 aura lieu mercredi 11 novembre,  à  11h 30, devant le monument aux morts.  Après une allocution et le dépôt de gerbe, la municipalité  offrira l'apéritif à la population présente.
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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 11:45
Hier soir, vendredi 6 novembre, Sandra FIESCHI, seule avec sa petite fille, allait fermer sa station-service-tabac-souvenirs (décrite dans l'article du 18 août) du cours Joseph Colonna, à Vico, quand elle a été agressée par un groupe de quatre individus cagoulés et pistolet au poing. La bande ne s'est pas particulièrement intéressée à la recette de la vente d'essence ou des cigarettes mais elle a emporté les armes de chasse exposées dans le magasin. Au profit de qui?
Toujours est-il que Madame FIESCHI a été fortement traumatisée et que nous lui exprimons notre solidarité.
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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 20:07
TOUR DE CORSE RALLYE DES 10000 VIRAGES 2009 DU 06 AU 08 NOVEMBRE 2009

Malheureusement il n'y aura pas les gros du WRC cette année. En effet, le tour de corse 2009 ne compte pas pour le championnat du monde des rallyes. C'est l'argent qui est à l'origine de cette décision; mais la corse est toujours en compétition avec les régions Bourgogne, Franche-Comté et Alsace Lorraine pour remporter la manche 2010.

Le rallye comporte onze épreuves spéciales.
Le 06 novembre les coureurs effectueront un prologue à Calvi.
Le 07 novembre au matin départ de Calvi pour rejoindre Porto-Vecchio
Le 08 novembre au matin départ de Porto-Vecchio afin de rejoindre Ajaccio pour le regroupement à 11 h 29 au parc fermé.
A 12 h 24, départ d'Ajaccio pour rallier Vico en liaison.

VICO-ST ROCH 13,12 KM
Départ de la première voiture à 13h47 du cimetière de Vico (sur la route de Chigliani).
La spéciale passera par Chigliani, et dans les villages de  Letia St Martin et Letia St Roch.

Venez nombreux dans notre spéciale pour soutenir le tour de corse et espérer le revoir l'année prochaine dans notre canton.
Munissez vous de banderoles, cornes de brume, d'objets divers pour mettre l'ambiance dans cette spéciale, tout en respectant l'environnement et les consignes de sécurité des commissaires de course.
Spectateurs soyez responsables!
Respectez la signalisation et les consignes des commissaires!! Votre sécurité et celle de vos enfants est à ce prix!!
(Message de la FFSA) (www.ffsa.org)

« Vous aimez le rallye, respectez les consignes et soyez toujours vigilant ....
L'avenir de notre passion commune en dépend»
(Sébastien Lœb, champion du monde des rallyes.)


(article de Mathieu-Louis Passoni paru dans "INSEME"  d'octobre 2009)





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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 10:13
Le 2 novembre, plus encore que les autres jours, nous pensons tous à des êtres chers. Il nous reste encore d'eux quelques photos. En voici prises à Poggiolo par Jacques-Antoine MARTINI et Michel FRANCESCHETTI. Ces visages diront beaucoup à certains.
Mais peut-être avez-vous d'autres photos? Elles seront volontiers publiées dans ce blog.





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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 20:19

 Parmi les productions gastronomiques corses, on cite rarement la bastelle alors qu'elle est  de consommation  courante, notamment dans les Deux Sorrù. Une bastelle est un délicieux chausson aux oignons, aux blettes ou à la courge (il en existe aussi à la pomme de terre) et au brocciu. La recette complète peut être lue ICI.

Si la bastella se déguste maintenant toute l'année et se trouve facilement dans les deux boulangeries de VICO, la tradition est d'en fabriquer à la Toussaint. En dehors des Deux Sorru, elle est appelée scaccia et elle parsemée de raisins secs.

A Bastia, on confectionne pour la Toussaint, un gâteau particulier, en forme de S (puisque c'est le gâteau d'I Santi), de 20 à 30 centimètres de long, la Salviata. Il est fait à base de farine de blé, d'œufs, de beurre, de liqueur d'anis et de sucre.

Pourquoi ces gâteaux de la Toussaint que l'on s'échange et que l'on mange en famille?


L'origine de ce "pain des morts" (bastella di i morti) est racontée dans la légende suivante (extraite de "L'almanach de la mémoire et des coutumes" de Claire TIEVANT et Lucie DESIDERI, Albin Michel, 1986):
Un soir du 2 novembre, un homme, passant à cheval près de la sépulture commune (l'arca) (1) d'un village, entendit les voix des défunts de sa famille. Ils se plaignaient de n'avoir eu que très peu comme repas: une corbeille de châtaignes, une gourde de vin, un croûton de pain noir... Arrivé à destination, le cavalier jura que chaque année, à cette date, il ne manquerait pas de donner aux pauvres et à chaque famille du village une belle fougace (scaccia). Ainsi, morts et vivants seraient  rassasiés.
(1) l'arca fera l'objet d'un prochain article sur ce blog


Cette année, à Poggiolo, rien n'est organisé car la construction du four décidée par la mairie en juillet dernier n'est pas encore achevée.
Mais, en 2008, les Poggiolais s'étaient regroupés pour préparer en commun les bastelle et pour les faire cuire dans le four de Philippe et Hélène DUBREUIL (un diaporama sur les fours poggiolais a été publié dans l'article "Du four au moulin").
L'an dernier, Thierrry CALDERONI a fait sur la fabrication et la cuisson des bastelle un superbe reportage diffusé en deux films sur internet.
 Regardez-les:
 
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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 00:36
Il n'y a rien de plus énervant pour un Méditerranéen que de voir, à la veille de la Toussaint, l'invasion des objets, décorations et déguisements d'Halloween, ce rite anglo-saxon que nous n'avons pas à imiter servilement. Heureusement, la quincaillerie halloweennienne est en retrait depuis deux ans car elle ne correspond pas à notre mentalité.
Il n'est cependant pas question de nier qu'il existe en Corse des coutumes liées à cette époque de l'année.

Dans la tradition insulaire, les défunts tiennent une place considérable et interviennent même en cas de danger.

En 835 sur l'ordre de Louis le Pieux, fils de Charlemagne, la fête de la Toussaint, qui existait déjà à Rome, fut instituée en France. C'est une fête au profit de tous les martyrs et de tous les saints, inscrits ou non au calendrier. En 1580 le pape Sixte IV  fait de la Toussaint  une grande fête chrétienne, mais c'est seulement Pie X (mort en 1914) qui fait de cette célébration une "fête d'obligation", c'est à dire une fête ou on est obligé d'assister à la messe.
Mais la Toussaint est victime de sa proximité avec le 2 novembre.

Le 2 novembre est à la fois une journée de commémoraison et une journée d'intercession.  On pense à tous ceux qui nous ont quittés et qu'on n'oublie pas. On prie pour eux, car ils ont besoin d'une purification pour être pleinement avec Dieu. Notre prière peut les aider dans leur épreuve de purification, en vertu de ce qu'on appelle "la communion des saints". La communion des saints, c'est la communion de vie qui existe entre nous et ceux qui nous ont précédés. Il y a, dans le Christ une solidarité.
Le sens du jour des morts est donc très différent de celui d'Halloween.

Pour  la Toussaint, qui est encore dans l'île, au sens antique du terme, la Fête des Morts, la nuit, les morts sont supposés revenir dans les lieux qu'ils ont habités. Il leur fallait alors absolument trouver cette demeure en l'état ou ils l'avaient laissée et la table mise.

Ce soir-là, on mettait donc leur couvert. En règle générale, avant d'aller se coucher, on posait sur la table, ou sur le rebord de la fenêtre, un pain et de l'eau, ou du lait et des châtaignes. Mais, dans certaines familles, on servait le rôti dans les assiettes, tout comme si les morts allaient arriver pour partager le repas. Le lendemain matin on interprètait les traces laissées dans la cendre du fucone (foyer) et la famille mangeait les plats ainsi préparés.

La coutume s'est maintenue, aujourd'hui encore, on fait des gâteaux, bastelle ou sciacce, que l'on distribue aut
our de soi, chacun les offrant aux voisins et amis "pour ses morts".

Une autre coutume de ce jour particulier voulait que, la nuit de la Toussaint, les jeunes gens du village montent au clocher de l'église et fassent sonner les cloches à toute volée (la pratique a perduré dans le Niolu jusqu'à la Seconde Guerre mondiale).

Cette communion avec les disparus prenait une grande force poétique :
Ainsi, le soir de la Toussaint, on va fleurir les tombes, mais surtout les éclairer avec des lumières rouges dont la flamme résiste aux intempéries. A l'époque où dans un village il n'y avait pas toujours de cimetière et où chacun enterrait les siens dans son propre champ, on voyait toute la campagne illuminée par des centaines de petites flammes vacillantes, comme vivantes.
Croix du Fragnu éclairée le soir (photo de Dominique ANTONINI-LIARD)


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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Le calendrier poggiolais

 

Lisez "INSEME" de mai en cliquant sur l'image:

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- dimanche 22 mai:

fête du Père ALBINI au couvent de Vico (messe à 10h 30 suivie d'un apéritif et d'une exposition).

- dimanche 26 juin:

trail A Viculese

- 8 juillet: 

Fin des classes

- dimanche 25  septembre:

u Mele in Festa à Murzo.

 

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