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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 19:12

L'académie de musique va rouvrir ses portes

Une académie de musique ouverte à tous les jeunes musiciens sera organisée dans le cadre du festival de Sorru in Musica, du 16 au 26 juillet prochain. Cette académie, pour laquelle les inscriptions sont déjà B.Cervera.jpgjpg.jpgouvertes, est réservée à celles et ceux qui fréquentent au cours de l'année scolaire des conservatoires de musique en Corse ou sur le Continent. L'idée étant de leur permettre de se perfectionner au contact de musiciens de renommée nationale, voire internationale. Ce stage de dix jours, unique en son genre, se déroulera au couvent Saint-François de Vico, où le père supérieur André Hebting a mis les infrastructures et les salles de répétition à disposition de l'association Sorru in Musica. Il est intéressant de noter que les stagiaires participeront aux concerts du festival. Ils auront ainsi l'occasion de se mettre en situation professionnelle, face à des spectateurs toujours prêts à fournir des critiques musicales.

Les ateliers musicaux sont nombreux: violon, alto, violoncelle, cor, clarinette, flûte, mais aussi théâtre et classe de chant (chant traditionnel, polyphonies), musique d'ensemble. Ce stage est placé sous la direction artistique de Bertrand Cervera. Il se déroulera tous les jours, de 8 h à 13 h, en cours collectifs et leçons particulières. Il répond à un enseignement de qualité, avec des professeurs de conservatoires et des musiciens d'orchestres nationaux. Le prolongement de la formation se fera avec la participation des étudiants à différents concerts et manifestations qui auront lieu tout au long du festival. En outre, l'opportunité sera donnée aux stagiaires de mieux connaître la Corse, terre d'échanges et de richesses humaines.


J.-M.F.

(article paru dans "Corse-Matin" mercredi 25 mai 2011)

 

Tous les renseignements sur le stage, le programme, l'équipe pédagogique et les tarifs se trouvent sur le site de Sorru in Musica: cliquez ICI.

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 18:58

L'article précédent évoquait le texte écrit par Charles MAURRAS sur CARGESE. Pour le publier sur internet, le site maurras.net a repris l'édition de luxe de 1927, illustrée par l'artiste Raymond RENEFER.

Une des illustrations de celui-ci représente fort bien l'église grecque de CARGESE. Il est possible de distinguer, près de sa façade, trois arbres dont celui de droite qui est particulièrement touffu. Il correspond à un micocoulier d'âge très vénérable qui, malheureusement, n'existe plus.

  cargese-Maurras

Mais il était encore vivace le 20 juillet 1969, quand plusieurs jeunes Poggiolais se firent photographier sur ses racines.

Cargese arbre

De gauche à droite:

- Michel FRANCESCHETTI (alors barbu et moustachu!)

- Bernard et Marie-Claude FRANCESCHETTI

- François OLIVA

- Hervé CALDERONI

- Monique FRANCESCHETTI

Au fond: Jean-Marc OULIÉ et un copain de F. OLIVA.

Ils faisaient partie du groupe des quinze qui accomplirent alors un tour automobile du nord de la Corse dont CARGESE était la première étape.

Un excellent reportage sur cette équipée peut être vu dans la vidéothèque poggiolaise en cliquant ICI. Un document sur la Corse de l'après-mai 68.

 

ATTENTION! Post-scriptum: une erreur d'identification a eu lieu. Cet arbre était un belombra. Explication en cliquant sur ce lien: http://0z.fr/O-knw

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 19:14

   L'affaire DSK a permis à la planète entière de voir, grâce aux images tournées dans le tribunal de New-York, comment procédait la justice américaine, de façon bien différente de la justice française. Il est un autre domaine où les législations sont différentes: il s'agit des droits d'auteur. Pour qu'une œuvre littéraire française tombe dans le domaine public, il faut 70 ans. Avant cette date, il n'est pas possible de la rééditer sans l'accord des ayant-droits de l'auteur. 

http://www.babelio.com/users/AVT_Charles-Maurras_4401.jpeg   Pour tourner la difficulté, certains sites internet qui veulent diffuser des ouvrages français sont domiciliés aux Etats-Unis où le délai peut être bien plus court. Il en est ainsi pour Maurras.net qui veut faire connaître les écrits de Charles MAURRAS, décédé en 1952.

    Connu pour avoir dirigé le mouvement nationaliste et royaliste de l'ACTION FRANÇAISE, cet homme politique et écrivain avait rédigé dans sa jeunesse un texte sur CARGESE. Le 17 mai dernier, Maurras.net vient de publier ce récit du voyage que fit le jeune Charles MAURRAS, intrigué par la présence d'une colonie grecque en Corse. La version initiale fut publiée en novembre 1900 dans "La Revue hebdomadaire" sous le titre "Les Cargésiennes", mais le site l'intitule "Une ville française et grecque", nom d'ailleurs donné dans le recueil "Anthinéa" de 1901.

 

    Les extraits ci-dessous ont l'intérêt de nous décrire le paysage entre TIUCCIA et SAGONE vu depuis la diligence, pendant l'été 1897. Pour les comprendre, il faut savoir que Charles MAURRAS (il avait alors 29 ans), Provençal né à MARTIGUES, était tout pétri d'hellénisme. Il tombera amoureux de CARGESE. Saviez-vous qu'AJACCIO était comparable à ATHÈNES, que TIUCCIA pouvait s'appeler ELEUSIS et que le LIAMONE ressemblait au fleuve CÉPHISE? La seconde partie du texte reproduit l'émoi que suscite en lui la vue d'une asphodèle à SAGONE.

 

    "Il est des courses plus faciles. L'aller et le retour veulent quatorze heures de diligence. Je les affrontai et fis bien. Aux régals dont je me flattais, la route en ajouta que je n'avais guère attendus. 

    Tacheté de verte broussaille et de petits bois, fourré de lentisques, de myrtes et d'arbousiers, hérissé de roches à pic, le paysage corse est fougueux. Il a le mouvement et la vie d'une terre neuve, le pittoresque tourmenté de la manière romantique. Mais à mesure que nous nous rapprochions de Cargèse, il semblait s'adoucir. Sans perdre de vigueur féconde, il gagnait quelque chose de la grâce et de la majesté de nos vieux pays. Je crus voir naître sous mes yeux cet élément de grâce fine relevée d'un grand air historique. 

(...)http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/memoire/1371/ivr94_20072a01228nuc1a_p.jpg

    La route est pratiquée sur une dentelle de caps. Celui qui porte la tour ruineuse de Capigliola (son nom véritable est CAPIGLIOLO, voir photo ci-contre) venait d'être doublé et, bien que je n'y eusse jamais mis le pied de mes jours, le paysage nouveau qui s'épanouit en ce lieu devint aussitôt familier. Il me parlait si bien que j'en pouvais nommer avec exactitude tous les cantons ; mais c'était, il est vrai, de noms bien inconnus de mes compagnons de banquettes, tous marins, boutiquiers et cultivateurs d'alentour. Chacun de ces lieux corses recevait un nom grec, pour sa parfaite identité ou du moins pour sa ressemblance inexprimable avec le coin d'Attique dont il ressuscitait la forme et la couleur. 

    Je croyais redescendre le segment de la Voie Sacrée qui commence où débouche le vallon du Mystique sur les eaux du golfe d'Athènes. Je ne sentais plus que dix stades entre la ville de Périclès et mes yeux. C'est Athènes que je quittais, non Ajaccio. Les hauteurs septentrionales, que le cocher barbare s'obstinait à nommer Lozzi, me repeignaient l'Acrocorinthe et, plus bas, de blanches maisons sur une plage figuraient, point par point, Mégare et Lefsina, qui est l'Éleusis d'autrefois. Oui, je regagnais Éleusis ! Une fièvre pieuse recommençait de battre à mes poignets et à mes tempes. Et, comme alors, la masse abrupte, nue et sévère du Parnès fermait l'horizon au levant. Si, dans la mer occidentale, mes yeux cherchaient en vain de leur mouvement machinal un îlot ressemblant à la crête de Salamine, tous les autres détails de la route corse me faisaient négliger ce vide brillant de la mer. Comme près d'Éleusis, s'élevait le parfum, mêlé de violette et de sel, qui monte des marais salants. Même teinte rouge des terres. Même direction des chemins. La composition générale du pays était aussi la même. Seulement, çà et là, quelques eucalyptus essayaient de me dérouter. 

Liamone plaine(plaine du Liamone - photo Google Maps)


    Leurs troncs échevelés qui laissent reluire par place un aubier rose pâle devinrent bientôt plus pressés. Entre la colonnade, un petit fleuve se montra. Il s'appelle Liamone et, selon l'usage commun des fleuves corses, s'égoutte dans la mer plutôt qu'il ne s'y jette. Une longue nappe sans déversoir s'est donc formée de part et d'autre de l'embouchure. Quoique l'air parût immobile, la pente des eaux presque nulle, l'étang était tout sillonné de petites rides et leur frisson se continuait à la cime des bouquets de joncs émergeants. Une pareille vue reforma tous mes souvenirs un instant désunis par les eucalyptus, et elle leur donnait un nouvel accent. Suivant le grand chemin, entre le marais du Liamone que tourmente la fièvre, et les clairs et salubres flots, il m'était impossible de ne pas évoquer sur ma gauche la mer d'Athènes et, à droite surtout, les menues flaques frissonnantes déterminées par le Céphise Éleusinien. Comme le chemin de Cargèse, la Voie Sacrée se trouve prise, en avant d'Éleusis, entre les marais et la mer.

Liamone pont(pont du Liamone en décembre 2009 - photo Google Maps)

Elle traverse le Céphise sur un petit pont de pierre analogue à celui qu'on a jeté sur le Liamone ; les antiques rhetoi bouillonnent à peu près de même manière que cette onde maigre et furieuse, mystérieusement crispée et rebroussée, comme d'une aile oblique qui courrait sans fin sous les eaux. 

    Au delà de Sagone, une longue fleur d'asphodèle, dressée sur un talus sauvage, mit le asphodèlecomble à mon illusion. Je vis plus tard que l'asphodèle est fort commune en Corse, autant que dans notre Provence. Mais, pour celle-ci, la première aperçue entre les buissons, je faillis crier de plaisir. Flétrie et durcie par l'été qui l'avait réduite à la grêle forme d'un candélabre à demi privé de ses branches, sa vue ne laissa point d'évoquer avec une vivacité extrême les beaux soirs de printemps où, du flanc de l'Hymette, je regardais le souple et élyséen arbrisseau, seul vêtement de la colline, plier avec langueur au jeu d'une brise amollie.

   Le conducteur, montrant du fouet un confus amas de rocailles brisées au penchant d'un coteau, jeta une indication :
— Paomia."

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 10:47

Dans sa réunion du lundi 30 mai, le conseil général de Corse-du-Sud a adopté à l'unanimité le rapport présenté par François COLONNA, élu des Deux Sorru.

La situation de GUAGNO-LES-BAINS semble pouvoir s'éclaircir car des progrès sont enregistrés sur les différents axes du projet.

La demande d'agrément pour utiliser le nouveau captage de CALDANE a été déposée. Elle permettrait de remettre en fonctionnement le complexe thermal pour la rhumatologie et les affections ORL.

Un FAM (foyer d'accueil médicalisé) pour adultes handicapés va s'ouvrir.

Le projet est éligible à la deuxième vague des PER (Pôles d'Excellence Rurale) et devrait créer une véritable dynamique pour le haut-canton.

Les conventions avec l'Etat devraient être signées avant fin juin. Ces projets s'élèvent à un budget total de 4,3 millions d'euros, ce qui n'est pas négligeable, surtout que 80 emplois sont prévus.

Le conseiller général présente ces dossiers dans l'interview qu'il a accordé à la radio ALTA FREQUENZA et que vous pouvez écouter en cliquant sur la photo du conseil général ci-dessous.

 

conseil général salle de réunion

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 18:53

    La fête des voisins est maintenant devenue une institution dont la date a été fixée pour cette année 2011 au vendredi 27 mai. Se retrouver entre voisins du même immeuble ou du même quartier est une excellente chose dans une société très individualiste et dans laquelle chacun ignore tout de ceux qu'il croise quotidiennement. Mais, maintenant que cette fête est quasiment fonctionnarisée, les individus qui ne peuvent rien faire au jour fixé peuvent se sentir en tort, rejetés. A Poggiolo, des groupes se retrouvent parfois à des dates liées à la présence de certains au village, notamment en été.

   Ainsi, le même soir du 22 août 2009, se tinrent à la fois l'apéritif dînatoire de la génération 68, chez les Chabrolle, et le repas des riverains de la place Inghjo.
    Le diaporama suivant montre ces deux grands moments de convivialité, avec également des photos, toujours de 2009, sur l'apéritif qui suivit la procession du 16 août, place St Roch, et le méchoui du 17 août, sur la terrasse de la salle des fêtes.

   L'été 2011 connaîtra-t-il des moments semblables?

 

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 09:29

A l'occasion de la semaine de l'Ascension, un nouveau marché aux puces est organisé à Poggiolo samedi 4 et dimanche 5 juin à la salle des fêtes municipale.

Vous y trouverez l'objet dont vous avez besoin.

Renseignements: 04-95-24-58-87.

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 19:35

Jean-Baptiste PAOLI    Le meurtre de deux gendarmes à Soccia en 1892 a eu un grand retentissement (voir les articles déjà publiés ICI, ICI et ).

    Mais, en 1909, un autre gendarme mourut à coup de fusil et un autre était gr!èvement blessé. Seulement, dans ce dernier cas, les représentants de la loi réussirent à faire justice eux-mêmes.

    Cet épisode a été raconté par la véritable mémoire de Soccia qu'est Jean-Baptiste PAOLI dans sa publication "Histoire d'un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud".

 

 

   A la fin de l'année 1908, durant la fête de clôture des élections pour le Conseil Général, SANTONI Jean, dit GIAVANNELLU, forgeron à Soccia, voulant prendre la défense de jeunes turbulents et bruyants que réprimandait le maréchal des logis Jean MICHEL, s'était querellé avec lui. Il avait même été chercher son fusil et aurait peut-être tiré si des gens du village ne s'étaient pas interposés. Le chef de brigade n'avait pas pris au sérieux les menaces de mort proférées à son encontre par SANTONI et pensait l'incident clos.

    Le 2 janvier 1909, le maréchal des logis MICHEL et le gendarme LATOUR Marius Louis Toussaint, revenant d'une tournée fatigante, s'arrêtèrent au café COLONNA (aujourd'hui Chez Carlo) pour se rafraîchir. Peu de temps après, un coup de fusil tiré de l'extérieur par la fenêtre du rez-de-chaussée, à quelques mètres de la table occupée par les gendarmes, atteignit le maréchal des logis qui se souleva de sa chaise et retomba sur le côté en portant la main à son visage en sang.

    Le gendarme LATOUR se précipita au dehors revolver à la main. Il n'eut pas le temps de s'en servir. Une deuxième détonation retentit et LATOUR rentra aussitôt au café en se tenant le ventre. Il avait le pouce gauche labouré par des plombs et une blessure mortelle à la partie inférieure gauche du ventre. Il en mourut trois heures plus tard. Le maréchal des logis atteint par des chevrotines portait des blessures au visage, au poignet et surtout à l'épaule droite.

    Le docteur CIPRIANI, médecin de la brigade et  seul médecin dans les environs, prévenu, refusa de venir sur place à Soccia de nuit.duel bandit-gendarme

    Le coupable était en fuite. Les gendarmes disponibles de la brigade arrivés peu après sur place partirent à sa recherche sitôt après avoir pansé leurs camarades. Ils ne purent retrouver sa trace. Les brigades voisines furent alertées.

    Le 6 janvier, alors que le lieutenant SOULAIRE et son ordonnance, le gendarme SIMONPIERI, revenant des obsèques du gendarme LATOUR, rentraient à cheval sur VICO par les BAINS de GUAGNO, SANTONI, qui s'était embusqué derrière un tas de pierres un peu en contrebas de la route tira sur eux deux coups de fusil. Repérant SANTONI dont la tête dépassait à peine du tas de pierres, le lieutenant tira vers lui deux coups de revolver, ce qui lui valut la réplique immédiate de celui-ci. Le gendarme SIMONPIERI courut en avant en tirant sur SANTONI qui disparut derrière le tas de pierres. Une balle entrée par le front lui avait traversé la tête.

    En apprenant la mort de son frère GIAVANNELLU, l'abbé SANTONI, curé de Soccia, aurait dit: "Si ce sont les gendarmes qui l'ont tué, c'est bien; mais si ce ne sont pas eux, on réglera ça!".

Il n'eut rien à régler.

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 20:50

 

Dans les nombreuses histoires de banditisme et de réglements de comptes qui jalonnent l'histoire de notre canton et de toute la Corse, les récits insistent beaucoup plus sur les auteurs des meurtres que sur les victimes et sur l'immense chagrin de leurs familles. C'est le mérite de Marc GIORGI de nous rappeler ce point de vue.

  Son site intitulé http://marc-giorgi.e-monsite.com/ est consacré au village de Pietra di Verde (Haute-Corse) et à la généalogie de sa famille (Giorgi-Valéry).
  Dans cet émouvant récit, il nous donne une version toute différente, celle de la famille du gendarme SALA, de l'affrontement sanglant qui eut lieu à SOCCIA en 1892 et qui a fait l'objet de trois articles (que l'on peut relire en cliquant ICI, ICI et LÀ).

En voici le texte.

 

 

"LE MALHEUR"
 


AlataMinnanna se tient devant le four à pain. Elle a en main la grande pelle, le pain est cuit, elle va le retirer du four. Dans son visage rond, ferme, énergique, dans ses yeux vifs qui fixent le photographe, on devine une femme de caractère. Elle est tout de noir vêtue. Elle porte un foulard noir sur la tête et, par dessus, le chapeau en paille des femmes alataises, “a paglietta”. Elle était d’ALATA, Minnanna, de familles alataises. Elle y était née en 1848, “l’année de la République“ précisait-elle à ses petits-enfants.

Elle y est revenue après “le malheur“.

Elle a eu trois enfants, Minnanna. Les deux garçons, l’armée les a accueillis, les a éduqués. Ils furent “enfants de troupe”. (...)
La fille de Minnanna resta avec sa mère à ALATA. Elle était belle, avec des yeux clairs. A dix-neuf ans, elle épousa l’instituteur dont elle eut cinq enfants. Minnanna vécut toujours avec eux, aimée de ses petits-enfants, aidant sa fille du mieux qu’elle pouvait, cousant, tricotant, crochetant, cuisant le pain de la famille, aidant aux travaux du ménage.
Personne ne parlait du “malheur” dans cette famille. Mais, les jours d’élection, la fille de Minnanna fermait les portes, les fenêtres et les volets, à l’heure du dépouillement...

gendarmes-en-groupe_p.jpgLe mari de Minnanna venait d’un village des Pyrénées catalanes conquises par la France au temps de Louis XIV et qui garde encore son nom catalan: Prats-de-Mollo. Nommé gendarme, il fut affecté en Corse où il connut sa future femme. Mariés, ils partirent dans le Sud de la France où sont nés leurs trois enfants. Puis le gendarme revint en Corse, à SOCCIA.

C’est là que “le malheur” s’est produit, le 26 septembre 1892. On sait parfaitement ce qui s’est passé ce jour-là. Les élections au Conseil d’Arrondissement venaient d’avoir lieu et on ne savait toujours pas qui avait gagné dans le canton de SOCCIA. Des gens d’un village voisin, GUAGNO, voulurent aller à SOCCIA, le chef-lieu, afin d’obliger le maire à proclamer vainqueur leur candidat. Le maire fit appel aux gendarmes pour les empêcher d’entrer dans le village. Les “Guagnesi” tirèrent. Deux gendarmes furent touchés, ils devaient mourir quelques instants plus tard. L’un d’eux était le mari de Minnanna. A son fils aîné, accouru aux coups de feu, il ne put que dire : “Pour moi, c’est fini”. L’adolescent rassembla tout son courage et alla prévenir sa mère, son jeune frère et sa petite soeur.

Pendant la nuit qui suivit le drame, il se passa dans ce village une chose incroyable. Les deux veuves et leurs enfants veillaient leurs morts. Dehors, on faisait la fête. On avait tiré tout à l’heure pour tuer, on tirait maintenant pour se réjouir. Ce fut une fête démente, sans pitié pour la douleur des familles, la douleur des enfants, une fête sauvage.

Il y eut un procès, des condamnations...

Les années ont passé, les trois enfants vont bien, les petits-enfants naissent... Mais comment vit-on avec le souvenir d’un époux, d’un père assassiné et de cette nuit de fête infernale ? Seuls ceux, qui, cinquante ans après, continuaient à fermer, les soirs d’élections, les portes, les fenêtres et les volets, auraient pu le dire. Dans cette famille, où l’on n’en parlait jamais, “le malheur” est resté dans toutes les têtes, génération après génération.

Parmi les petits-enfants et arrières-petits-enfants de Minnanna, plusieurs sont allés à SOCCIA, POGGIOLO, ORTO et dans le beau village de GUAGNO y compris, cent ans après, le 26 septembre 1992. Tous ont admiré ces paysages splendides, assurément parmi les plus beaux de Corse, où tant de rage meurtière s’était déchaînée, parmi des gens que l’on avait excités, au fond, pour rien: la proclamation d’un simple conseiller d’arrondissement.

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 18:40

Les 200 photos de Guyane que Jean PINELLI montre actuellement (et jusqu'au 31 mai) forment un véritable voyage initiatique dans un monde très différent du nôtre.

Un monde tropical au climat, à la flore et à la faune qui n'ont rien de commun avec l'environnement méditerranéen. Un monde qui, malgré le centre spatial de Kourou, reste marqué par la longue présence du pénitencier dont les traces se trouvent partout, avec ses bâtiments, ses murs d'enceinte, ses cachots...

Ce monde a été visité à pied, en voiture et avec la vedette des douanes sur laquelle vous pouvez voir, de gauche à droite, un Breton, un Poggiolais et un Guagnais.


Guyane vedette douanes

Le diaporama suivant donne une petite idée des richesses de cette exposition.

 

L'exposition dure jusqu'au 31 mai. Ouverte tous les jours de 16 h à 18 h à l'atelier de peinture de l'AACSIS (rez-de-chaussée de la mairie).
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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 20:00

L'exposition de photos sur la GUYANE a eu un très réel succès.

  Guyane expo 1Guyane expo 2

 

 Du coup, il a été décidé de la prolonger jusqu'au 31 mai. Elle est ouverte tous les jours de 16 h à 18 h à l'atelier de peinture de l'AACSIS. Ne la manquez pas.

Elle a été présentée par "CORSE-MATIN" au moyen de l'article paru le 16 mai et que nous reproduisons ci-dessous.

 

"Jean-Martin PINELLI a réalisé, lors de son séjour en Guyane au mois d'avril un intéressant reportage avec 600 photos dont 200 sont exposées à la salle de peinture de l'AACSIS, au rez-de-chaussée de la mairie de Poggiolo.

Cette présentation est captivante à plus Guyane expo 3d'un titre pour le public. En effet, de nombreux Poggiolais ont fait carrière en Guyane, dans l'armée ou l'administration pénitentiaire. Leurs familles et descendants ont vu par la photo les lieux qui leur étaient familiers avant la suppression du bagne. Cette suppression a été actée par un décret-loi du Président de la République Albert LEBRUN, le 17 juin 1937, sur un rapport de Gaston MONNERVILLE, député de la Guyane.

Jean Martin PINELLI, lors de son périple dans un lieu qui l'a vu naître et où il n'était plus retourné depuis cinquante ans, piloté par la Guagnais Jean Bernard POLI, fonctionnaire à CAYENNE, a transcrit par l'image les moments sombres de la vie des bagnards. Cette beauté a été immortalisée par des artistes-peintres bagnards talentueux. Parmi eux, on peut citer les œuvres de Daniel CAPBAL, Louis GRILLEY et Casimir PRINEFATO, avec des peintures sur la navigation. D'ailleurs, de nombreuses toiles datant de 1921 se retrouvent accrochées dans les habitations de POGGIOLO. Elles apportent encore aujourd'hui une sensibilité touchante dans cet impitoyable enfer que fut le bagne."

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Le mensuel "INSEME" d'avril vient de paraître:

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