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19 juillet 2020 7 19 /07 /juillet /2020 10:00

 

Toutes nos condoléances.

 

 

Chagrin à Guagno-les-Bains
Chagrin à Guagno-les-Bains
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18 juillet 2020 6 18 /07 /juillet /2020 18:00

 

Une discothèque est un lieu où l'on se réunit pour écouter de la musique et pour danser. Mais il est impossible d'oublier que l'on y boit, et parfois beaucoup. Il en était évidemment ainsi "chez Fichet", à Soccia. Dans la nuit, de nombreuses bouteilles de toutes sortes étaient vidées. 

 

Mais il ne faut pas oublier que ce lieu était également un débit de boissons dans la journée. On pouvait venir simplement s'y rafraîchir comme ces cinq Poggiolais un après-midi de l'été 1969. De la bière au pastis en passant par la menthe à l'eau, les contenus des verres sont variés. 

La photo peut être agrandie avec un clic.

 

Photo Bernard Franceschetti.

Photo Bernard Franceschetti.

De gauche à droite: Joël CALDERONI, Marie-Claude FRANCESCHETTI, X, Michel FRANCESCHETTI, Hervé OULIÉ.

 

 

La photo est intéressante car il est difficile de trouver un cliché pris en nuitée, et aussi parce qu'elle contraste terriblement avec l'excitation de la nuit. La fatigue de la soirée précédente se faisait-elle encore sentir ou prenait-on des forces avant la prochaine?

 

Pour les sceptiques qui douteraient du lieu où cette photographie a été prise, nous leur conseillons de bien regarder la clôture métallique et les piquets de 1969 et de les comparer avec ce que montre Google Maps en 2008: l'identité est totale.

 

Boire et pas seulement danser
Boire et pas seulement danser
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17 juillet 2020 5 17 /07 /juillet /2020 18:00

 

 
Alors que certains secteurs ont pu progressivement reprendre leur activité, tous les lieux festifs, clubs et discothèques doivent garder leurs portes fermées jusqu'en septembre. On est loin de la joie de vivre et de s'amuser des "Trente Glorieuses".
 

Pour les membres de la génération 68, cette époque fut symbolisée par Antoine et François DEMARTINI.
 
Les deux frères étaient un symbole, le symbole des soirées que passaient les adolescents qui, de Soccia, Poggiolo, Guagno-les-Bains, Orto, Guagno et des autres villages, allaient "Chez Fichet" pour se rencontrer.
 
 
Cette "boîte" située près du pont à l'entrée de Soccia, entre l'actuelle mairie et l'hôtel "U Paese" (alors en construction), occupait le rez-de-chaussée de la maison photographiée par Google Maps. D'après certains souvenirs, son ouverture aurait eu lieu en 1966.
 
Copie d'écran Google Maps.

Copie d'écran Google Maps.


Ecouter les 45 ou 33 tours de Johnny, de Claude François, des Beatles, etc, danser, jouer au flipper, au baby-foot ou au billard, boire un (ou plusieurs) verres, tout y était possible. 
 
Le dynamisme et le sourire des deux frères donnaient une ambiance très particulière. Combien de flirts ou d'amours sérieux ont commencé là! Combien de fois a-t-on bu un peu plus que la mesure! Combien de discussions se sont enflammées autour des tables dans l'atmosphère de l'après-mai 68!
 
 
Cette photo publiée sur le groupe Facebook du Village d'Orto rend bien cette atmosphère. 
 
 
Quand les discothèques n'étaient pas fermées

 

On aperçoit certaines des affiches et des pochettes de disques (on ne disait pas encore vinyls) qui décoraient les murs. Cette image laisse apercevoir les inconfortables banquettes qui bordaient les côtés: de simples planches recouvertes de tissu rouge et reposant sur des quérons.  

 

Malheureusement, les photos de "chez Fichet" sont extrêmement rares car les appareils  n'avaient la légèreté des smartphones actuels... et car on avait bien d'autres choses à s'occuper.

 

Le lieu fut animé jusqu'au début des années 1980 mais Antoine, qui avait enregistré des disques, continua à chanter pour les fêtes de village et dans des cabarets. Il mourut en août 2009, sur la scène du restaurant "U Rasagju" de Cargese, en plein tour de chant.

 

Quelqu'un a, dès le lendemain de son décès, mis sur Youtube un film montrant un extrait de son spectacle de Cargese.
 
Un moyen pour les anciens d'aujourd'hui de se souvenir de leurs 20 ans.
 
 

 

PS: pendant plusieurs années, "Fichet" fut en concurrence avec un autre lieu, "Le Robinson de St Marcel", placé entre Poggiolo et Soccia. Un article lui a déjà été consacré sur ce blog.

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15 juillet 2020 3 15 /07 /juillet /2020 18:15
Que peut-on manger à Merendellla ?

Le restaurant Merendella de Soccia communique:

 

Cette année nous vous proposons quelques petites nouveautés ...

 

En ce moment...

 

 

Côté entrées :


Croustillant au brocciu et thym,
Frise des pouilles tomates et origan,
Carpaccio de veau,
Beignets de fromage de chèvre,
Clafoutis de courgette. 

 

 

Côté plats :


Tagliata de côte de bœufs désossée aux échalotes confites pimentées,
Quasi de veau aux agrumes,
Filet de volailles fermier au miel de châtaigner 
Jarret de veau corse en civet .

 

 

Du côté sucré, Jean-Christophe vous fera découvrir plein de saveurs que lui procure la nature au travers des herbes et des fruits de saison :


Pavlova à la cerise du jardin,
Les incontournables moelleux au chocolat et châtaigne,
Nougat glacé à la clémentine ou orange confite,
Dôme à la châtaigne. 
Les desserts sont accompagnés de glaces maison.

 

 

Nous sommes heureux de vous accueillir pour le service du midi de 12:00 à 14:00 et le soir de 19:30 à 22:00.


Pour toute réservation, nous sommes à votre disposition au :
0645356153

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15 juillet 2020 3 15 /07 /juillet /2020 10:00
Généalogistes et historiens sont au chômage technique

Internet a pris une grande place dans de tellement nombreux domaines qu'il est difficile d'imaginer s'en passer. Les généalogistes et les historiens, aussi bien amateurs que professionnels, qui veulent étudier la Corse le constatent amèrement.

Depuis le début du confinement, les archives départementales de Corse-du-Sud sont inaccessibles à cause d'un "bug" informatique. Impossible d'étudier les vieux actes d'état-civil, de scruter le plan-terrier, de prendre des notes sur les fiches des registres matricules militaires ou de lire les journaux insulaires d'avant-guerre.

Depuis deux semaines, on peut accéder à une annonce demandant d'attendre le 29 juin. Mais on arrive à la mi-juillet!!!

Contactés téléphoniquement, les employés des archives ont certifié que les techniciens font de leur mieux pour rétablir la situation. Ils y arriveront mais quand?

Nous souhaitons que le site sera accessible quand vous lirez cette information.

 

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14 juillet 2020 2 14 /07 /juillet /2020 09:26

 

 

Le programme du festival est arrivé

 

Bertrand CERVERA l'avait affirmé pendant le confinement: Sorru in Musica aura lieu. La preuve en est fourni par la parution du programme qui est désormais téléchargeable sur le site du festival:

http://www.sorru-in-musica.corsica/pdf/PROG-SORRUINMUSICA-20.pdf

 

ou encore à l'adresse:

https://documentcloud.adobe.com/link/review?uri=urn%3Aaaid%3Ascds%3AUS%3A0572c379-e06a-4d2d-8113-800cbf159704&fbclid=IwAR3Pg3RkrkbJNPsH81ppvBctN1eG0p3f7UFNxm48mRjFNl-biKDM2IKUJ9A#pageNum=1

 

Les conditions sanitaires font que le festival sera moins nomade que d'habitude: sur dix soirées, trois seulement se dérouleront en dehors de Vico. Elles seront toutes en plein air et les gestes barrières seront bien observés.

Une bonne initiative est à remarquer: 

Compte tenu du contexte économique, l’association Sorru in Musica n’a pas sollicité ses annonceurs pour l’aider à éditer cette brochure. Mais pour les remercier de leur fidélité, l’association Sorru in Musica a pris l’initiative de leur offrir l’espace publicitaire.

 

Le programme du festival est arrivé

 

EDITORIAL DE BERTRAND CERVERA

17ème festival !

Festival Sorru in Musica 2020 -17ème édition-

 

 

Et la musique continue de nous faire vivre et vibrer...

Notre viatique de rassembler autour de cet événement est d’autant plus

fort, nécessaire et essentiel cette année.

Nous avons voulu, coûte que coûte, croire en la faisabilité de notre festival.

Avec énergie, et une conviction chevillée au corps que la culture et l’art étaient les meilleurs des remèdes aux maux de notre société. Quels qu’ils soient.

Cette passion qui nous anime et nous relie comme une famille a été la plus forte.

Avec bon sens et prudence, nous allons pouvoir ensemble continuer cette aventure.

Une programmation éclectique comme une marque de fabrique. Des  partenariats toujours renouvelés –Casa di Lume Cinémathèque de Corse, Aria, Festival Links, Estru Paisanu Museu di Corsica, Centre d’Art Polyphonique de Sartène...

Des villages et leurs équipes de bénévoles enthousiastes… Evisa, Coghja, Rennu...

Du Vivaldi, du Mozart, du tango, de la poésie, du théâtre, du cinéma, de l’opéra...

Des notes et des mots.

Une ambiance.

Un partage d’émotions.

Juste le spectacle vivant...

Bon festival à tous !

 

Bertrand Cervera,

Directeur artistique du festival

Président de l’association

SORRU IN MUSICA

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12 juillet 2020 7 12 /07 /juillet /2020 18:00

 

En 1966, réapparut le même projet d’excursion à Belle e Buone et Bocca-Soglia que l’année précédente (voir le dernier article). Cette fois, il était prévu de passer une nuit dans les bergeries pour avoir tout le temps d’aller jusqu’au bout.

 

 

UNE PRÉPARATION MINUTIEUSE

 

Le tracé fut bien étudié avec les cartes et les guides imprimés. Les quantités et les qualités de nourriture furent minutieusement calculées. Chacun devait avoir le même nombre de biscuits Figolu et les mêmes portions de crème dessert Mont Blanc.

 

Figolu (photo Le Parisien)

Figolu (photo Le Parisien)

 

Comme il était habituel à cette époque, les provisions furent achetées et commandées la veille à Guagno-les-Bains, chez Mimi CANALE. Elles n’arrivèrent pas par le car de Dominique-Antoine comme prévu, ce qui inquiéta les jeunes jusqu’à ce que le paquet, pris dans la boutique par Jean-Pierre FRANCESCHETTI, arrive un peu plus tard par la voiture de Noël SICHI.

 

Car de Dominique-Antoine dans les années 60.

Car de Dominique-Antoine dans les années 60.

 

 

Mercredi 27 juillet 1966, ils furent dix à partir :

- Jean-José et Rose-Marie BARTOLI (maintenant, épouse CHABROLLE)

- Joël et Hervé CALDERONI

- Bernard et Michel FRANCESCHETTI

- Jacques-Antoine et Marie-Thérèse MARTINI (maintenant, épouse LECCIA)

- François ORAZY

- Dominique (dit Doumé) PINELLI (le seul à habiter toute l’année au village)

 

Les CECCALDI et les OULIÉ, pas encore arrivés au village, n’en firent pas partie, de même que certains autres échaudés par l’aventure de l’année précédente. Jean-José et Bernard n’avaient pas connu l’expérience de 1965 car le premier était parti pour un séjour en Angleterre deux semaines auparavant et car le second n’avait pas du tout passé cet été-là en Corse.

 

Aucun des excursionnistes n’ayant d’automobile, le départ eut donc lieu à 3 heures et demi du matin.

 

 

VERS L’OBJECTIF

 

La première partie de l’expédition consistait, comme en 1965, à rejoindre Guagno à pied. Au Fragnu, au début de la route d’Orto, ils prirent l’ancien chemin qui commençait toujours dans le dépotoir de Poggiolo. Ils descendirent jusqu’à la rivière puis grimpèrent pour arriver à Guagno…, bien évidemment dans la décharge municipale (tout cela a été décrit dans l'article précédent). 

 

Le village traversé, ils marchèrent tranquillement sur le même embryon de route qui avait été tracée pour aller vers Corte, mais qui n’y arrivera jamais.

 

Ensuite, sentier de moins en moins visible, des pentes parfois assez raides, un terrain s’éboulant de temps en temps. En tout cas, on resta groupé et personne ne s’égara. Finalement, les bergeries de Belle e Buone furent atteintes. 

 

 

Vue aérienne des bergeries (image Géoportail)

Vue aérienne des bergeries (image Géoportail)

 

Une partie des bagages y fut abandonnée pour s’alléger et l’on grimpa vers le col de Bocca Soglia. Mais ce fut difficile: on passait de pratiquement 1400 à 2000 mètres d’altitude en peu de distance et la pente était très forte. 

 

Bergeries et col (carte IGN)

Bergeries et col (carte IGN)

 

Après le repas pris à mi-hauteur, trois membres de l’expédition obliquèrent vers un névé, une plaque de neige, pour une bataille de boules de neige (le réchauffement climatique n’existait pas encore) avant de rejoindre les autres, qui s’étaient obstinés à aller directement jusqu’à la crête d’où ils purent admirer le paysage du lac de Melo, bien qu’étant un peu trop à droite. Ils étaient à la limite des deux Corse: le Deça des Monts (ou Cismonte) et le  Delà des Monts (ou Pumonte).

 

Il fallut redescendre précipitamment aux bergeries à cause de la pluie qui se mit à tomber brutalement. Les Poggiolais furent rejoints par des bergers qui apportèrent des planches pour alimenter le feu de la cheminée. Quand, la pluie ayant cessé, ils partirent pour rechercher leurs bêtes, les jeunes s’aperçurent que ces bergers avaient détruit une partie de la table et des bancs de l’extérieur pour servir de combustible ! 

 

 

LA SURPRISE DU MATIN

 

Répartis entre deux cabanes de la bergerie, les randonneurs passèrent une bonne nuit pour se remettre de leur fatigue. Mais, au matin du jeudi, surprise ! 

 

Tout le paysage était caché par le brouillard. Les masses blanches descendaient, montaient, tourbillonnaient, mais elles étaient épaisses et empêchaient de voir au-delà des bergeries et de la source. 

 

Les jours où Poggiolo crut avoir perdu sa jeunesse. 2/2 : en 1966

Cette photo a été prise par Jacques-Antoine MARTINI lors d’une autre excursion, au lac de Goria, en 1968.

Mais elle peut servir à illustrer la surprise du réveil. De gauche à droite : Rose-Marie BARTOLI, Hervé CALDERONI, Michel FRANCESCHETTI, Joël CALDERONI. 

 

 

On sut plus tard que la météo avait prévu un risque de mauvais temps mais aucun membre de l’expédition ne l’avait écoutée à la radio. A cette époque, les prévisions météorologiques étaient encore souvent imprécises

 

En tout cas, tenter de rentrer aurait été une folie. On attendit vainement une éclaircie toute la matinée. François ORAZY et Bernard FRANCESCHETTI prirent leurs sacs pour tenter de rentrer quand même mais ils durent se rendre à l’évidence du danger et rebroussèrent vite le chemin. 


A 15h, il fut décidé de rester et de songer à bien préparer la nouvelle nuit. On choisit une troisième cabane afin d’être moins serré pour dormir. On charria des pierres pour caler les lits de bois. On coupa des fougères pour en faire des matelas. Doumé PINELLI, qui avait l’habitude de la montagne, fut particulièrement efficace dans cette préparation.

 

Dominique PINELLI (avant-dernier à droite) fait partie du conseil municipal élu cette année à Poggiolo.

Dominique PINELLI (avant-dernier à droite) fait partie du conseil municipal élu cette année à Poggiolo.

 

On mit de côté la quantité de bois nécessaire pour l’entretien du feu. Les provisions étaient largement suffisantes pour survivre une journée de plus que prévu.

 

L’ambiance était détendue. Les discussions et les blagues allaient bon train.

Etat actuel de la bergerie principale (https://corse-sauvage.com/randonnee/centre-corse/bergeries-de-belle-e-buone.html).

Etat actuel de la bergerie principale (https://corse-sauvage.com/randonnee/centre-corse/bergeries-de-belle-e-buone.html).

 

UN VILLAGE INQUIET

 

A Poggiolo, la même journée du jeudi avait vu l’inquiétude grandir dans l’après-midi. De plus, le temps y avait été également mauvais. Il faut bien avoir à l’esprit que, en 1966, le téléphone portable n’existait pas et le GPS n’était pas imaginable. Aucune communication n’était possible.

 

Le soir, des voitures avaient été envoyées à Guagno comme l’été précédent tandis que des vieilles, parentes des disparus (notamment Xavière MARTINI, tante de Jacques et Marie-Thérèse, Rosine FRANCESCHETTI, grand-mère de Bernard et Michel, Elisabeth VENTURINI, grand-tante de Joël et Hervé), groupées au pied de la croix du Fragnu, priaient.  

 

D'autre part, il ne faut pas oublier que presque tous ces jeunes étaient mineurs, l'âge de la majorité était alors de 21 ans (il passa à 18 ans en 1974).

 

 

Xavière Martini (copie d'écran extraite d'un film de Michel Franceschetti).

Xavière Martini (copie d'écran extraite d'un film de Michel Franceschetti).

 

Tout le monde finit, avec difficulté, par se coucher. Mais, vers 4 heures du matin, morte d’inquiétude, Xavière alla frapper à toutes les portes.

 

Le groupe des vieilles se reconstitua dans la cour des FRANCESCHETTI et se mit à égréner le chapelet.

 

Gendarmes et gardes-forestiers, prévenus par la mairie, étaient prêts à lancer une expédition de secours.

 

 

UN RETOUR FACILE MAIS ÉPUISANT

 

Au petit matin, les dix randonneurs quittèrent les bergeries après avoir terminé leurs dernières nourritures. Le retour fut facile: tout le monde avait bien dormi, les sacs étaient très légers et le  brouillard avait totalement disparu. Arrivés à Guagno, au bureau de poste, il leur fut bien sûr impossible d’avoir la communication avec Poggiolo.

 

Mais plusieurs voitures poggiolaises avaient été envoyées en éclaireurs et, en sortant de Guagno, les jeunes rencontrèrent celle de Xavier PAOLI. Ils refusèrent d’être ramenés et, le village allant être prévenu, ils décidèrent de rentrer par eux-mêmes pour montrer qu’ils étaient capables de réaliser seuls toute l’excursion.

 

La dernière montée depuis la rivière, au Canapello, fut très dure, d’autant que midi s’approchait et que le soleil brûlait. La fatigue se faisait de plus en plus sentir. Pour trouver la force de continuer, Michel FRANCESCHETTI, exténué et les pieds endoloris par des pataugas trop serrés, se mit à réciter à haute voix des dates d’événements historiques. Beaucoup s’en souviennent encore.

 

Finalement, le groupe émergea du Fragnu et entra au village en chantant avec aplomb sous les yeux des nombreux Poggiolais sortis dans la rue.

 

Marie, la mère de Michel, eut la présence d’esprit de prendre la caméra de son fils pour filmer le retour. On y voit (ci-dessous) les égarés expliquer leur aventure, notamment à Raymonde, la nounou des BARTOLI, qui s’occupait des enfants alors que les parents n’étaient pas encore arrivés pour leurs congés.

 

Raymonde discutant avec Marie-Thérèse MARTINI (de face : Hervé CALDERONI)

Raymonde discutant avec Marie-Thérèse MARTINI (de face : Hervé CALDERONI)

 

SURSAUT D’ORGUEIL

 

Rassemblant le peu de forces qu’il leur restait, les excursionnistes eurent un sursaut d’orgueil. Ils montèrent la stretta en courant pour rejoindre la véranda des BARTOLI qui leur servait alors de quartier général. Le film montre qu’ils furent accompagnés par François, le frère de Jean-José et Rose-Marie, et par les frères OULIÉ qui venaient à peine d’arriver d’un séjour en Grande-Bretagne. Ils en ramenaient d'ailleurs des talkies-walkies qui furent utiles lors d'une excursion suivante.

 

Tous s’effondrèrent ensuite sur des chaises et burent de nombreux litres d’eau mais l’honneur était sauf: ils avaient montré leur énergie et leur volonté. 

 

D’autres aventures en montagne suivirent mais aucune ne fut plus épique que celles de 1965 et 1966.

 

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12 juillet 2020 7 12 /07 /juillet /2020 15:01

 

La question de l'état du chemin allant de Poggiolo à Orto avait été posée très dernièrement.

 

Un de nos lecteurs, Hervé CALDERONI, nous signale qu'il vient de l'emprunter sans problème:

"Il est en bon état, et parfaitement fréquentable.

Il y a juste le début, lorsqu'on longe le cimetière, qui est encombré par des ronces et autres végétaux, mais cela ne dure pas".

 

Nous espérons que cette promenade restera un endroit agréable, comme dans le film suivant réalisé voici cinq ans. 

 

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10 juillet 2020 5 10 /07 /juillet /2020 17:30

 

Dans une petite communauté villageoise, les jeunes sont importants. Ils représentent le dynamisme et l’avenir. Même si leurs jeux et leurs facéties troublent la sieste des vieux, chacun est heureux de les voir et de les entendre. Finalement, ils sont les enfants de telle ou telle famille mais ils sont surtout les enfants de tout le monde, de toute la communauté. Aussi, quand ils semblent être en danger, tout le village en est affecté et s’inquiète.

 

Ce fut le cas pendant les étés 1965 et 1966, quand on crut qu’un bon nombre de ces jeunes avait disparu en pleine montagne.

 

 

Attention:

ce texte est un peu plus long que les articles habituels du blog

mais il faut le lire jusqu'au bout.

 

 

LE PRÉCÉDENT DE 1965

 

Pour comprendre ce qui s’est alors passé, il faut revenir à l’été 1965.

 

Les jeunes de ce qui pourra être nommée la génération 68 (ceux qui eurent vingt ans autour de 1968) étaient entichés d’excursions en montagne.

 

Le samedi 7 août 1965, ils furent dix-huit, de plusieurs familles du village, (plus les chiens Tango et Wolf) à quitter Poggiolo en direction, bien au-delà de Guagno, du col de Bocca Soglia, à 2026 mètres. Le but était d’y monter pour admirer le panorama sur les lacs de Melo et de Capitello.

 

Tango (avec Hervé Calderoni) et Wolf (copies d'écran tirées d'un film de Michel Franceschetti).
Tango (avec Hervé Calderoni) et Wolf (copies d'écran tirées d'un film de Michel Franceschetti).

Tango (avec Hervé Calderoni) et Wolf (copies d'écran tirées d'un film de Michel Franceschetti).

 

Les noms des dix-huit audacieux:

- Rose-Marie BARTOLI (maintenant épouse CHABROLLE)

- Joël et Hervé CALDERONI

- Jeanne CECCALDI (maintenant épouse GRIMALDI)

- Jérôme DUGAS et sa sœur Marie-Claude (maintenant décédée, elle fut la mère de Marie et de Mathilde BENDLER)

- Paule FATTACIOLI (maintenant épouse ALLARD)

- Jean-Pierre et Michel FRANCESCHETTI

- Jacques-Antoine MARTINI (que tout le monde appelait alors simplement Jacques)

- Marie-Thérèse MARTINI (maintenant épouse LECCIA)

- François OLIVA

- François ORAZY

- Hervé et Jean-Marc OULIÉ

- Christian PINELLI

- Dominique (dit Doumé) PINELLI 

- Jean-Marc TRAMINI

 

Le départ du village eut lieu à 4 heures du matin. Comme les voitures automobiles étaient rares, la première tâche dans ce genre d’excursion était de joindre à pied par la route goudronnée le village d’où partait le sentier à suivre. Le moment du départ était donc toujours très tôt. On évitait aussi la forte chaleur estivale de la journée. 

 

Si l’on passait par Soccia, il fallait monter jusqu’à la croix (Croce Maio) mais la route actuelle aboutissant à la pizzeria n’existait pas. Pour aller plus vite, on grimpait tout droit la grande montée sous les châtaigniers. 

 

 

AU-DELA DE GUAGNO

 

Ce jour-là, le trajet passait par Guagno.

 

L'ancienne croix du Fragnu.

L'ancienne croix du Fragnu.

 

Sortant de Poggiolo, l’expédition partit de la croix du Fragnu (numéro 1 sur la carte ci-dessous)… et du dépôt d’ordures qui s’y trouvait, car il n’existait pas de déchetterie intercommunale. Il fallut marcher entre les boîtes de conserve aux bords coupants, les bouteilles en verre brisées (les bouteilles en plastique, inventées deux ans plus tôt, n'étaient pas encore commercialisées), les matelas éventrés et les débris de toutes sortes pour atteindre l’antique sentier utilisé pendant des générations avant la création de la route goudronnée (numéro 2 sur la carte).

 

La première partie du chemin. ​​​​​​​Cliquer sur la carte pour l'agrandir.

La première partie du chemin. ​​​​​​​Cliquer sur la carte pour l'agrandir.

 

Aprés avoir traversé le Fiume Grosso sur un pont branlant (numéro 3), il fallut gravir une longue montée (numéro 4) pour entrer à Guagno par son dépôt d’ordures (numéro 5), avec le même décor que près du Fragnu.

 

La traversée de Guagno se fit sous les yeux de quatre ou cinq villageois étonnés de voir tant de jeunes de si bon matin. Puis, le groupe marcha tranquillement sur les 4 ou 5 kilomètres d’embryon de la route D 23 (numéro 6) qui avait été tracée pour aller vers Corte (à 23 km à vol d’oiseau), mais qui n’y arrivera jamais (voir l’article « La route oubliée » du 29 octobre 2018). 

 

De mauvaises langues prétendent que, de l’autre côté, le projet routier capota parce que la famille Giacobbi ne voulait pas que le village de Venaco qu’elle dirige depuis un siècle fut ouvert à d’autres influences politiques. Mais ce ne sont certainement que de très mauvaises langues !!!

 

De nombreuses péripéties ponctuèrent l’expédition.

 

La couture du pantalon d’une fille céda mais, par chance, le secours de deux épingles de sûreté lui évita d’avoir les fesses à l’air. 

 

Surtout, à cause des différences de vitesse et de plusieurs erreurs d’itinéraires, le groupe se divisa en deux, puis trois tronçons. 

 

Il en avait été de même une semaine plus tôt, le 31 juillet, lors d’une excursion à Canale, en face de Soccia, où les treize membres de l’expédition s’étaient totalement éparpillés et où certains avaient pratiquement dû faire de l’alpinisme, l'un d'eux ayant eu le ventre râpé en glissant le long d'un rocher.

 

 

 

DIVISION ET RÉUNIFICATION

 

Seconde partie du chemin. Cliquer sur la carte pour l'agrandir.

Seconde partie du chemin. Cliquer sur la carte pour l'agrandir.

 

Le haut cours du Fiume Grosso fut franchi par la passerelle de Trayette ou des Spelonche (numéro 7).

 

 

Passerelle des Spelonche (https://corse-sauvage.com/randonnee/centre-corse/bergeries-de-belle-e-buone.html).

Passerelle des Spelonche (https://corse-sauvage.com/randonnee/centre-corse/bergeries-de-belle-e-buone.html).

 

 Les onze membres du groupe principal arrivèrent aux bergeries de Belle e Buone (numéro 8) à 11 h 30 et n’allèrent pas plus loin. 

 

Avant de continuer jusqu’au col de Bocca Soglia, il fallait se restaurer et attendre les autres. Le lieu était agréable. 

 

 

Bergerie principale (https://corse-sauvage.com/randonnee/centre-corse/bergeries-de-belle-e-buone.html).

Bergerie principale (https://corse-sauvage.com/randonnee/centre-corse/bergeries-de-belle-e-buone.html).

 

Devant la cabane principale, près d’une source, à l’ombre d’un arbre, des bancs et une table en bois permirent de bien s’installer pour vider les sacs et se partager la nourriture. Il manquait juste les desserts qui se trouvaient dans les sacs des retardataires. Ensuite, on pourrait reprendre l'ascension en bonne condition.

 

Mais le temps passait et les sept autres n’arrivaient pas. 

 

Finalement, à 14 heures, sur la crête d’en face, plus à l’ouest, apparut la silhouette de Jean-Pierre FRANCESCHETTI. Il était parti depuis plus d'une demi-heure en éclaireur en laissant les égarés (dont le chien Tango). Après avoir traversé le haut cours du fleuve, ils étaient allés trop à gauche, avaient dû escalader des versants très raides et se trouvaient à bout de souffle, presque sans nourriture et sans eau. Ils en avaient été réduits à boire le jus des boîtes d’ananas prévues pour le dessert. 

 

Jacques MARTINI et Jean-Marc OULIÉ n'hésitèrent pas à s’élancer pour grimper sur le massif, bardés de gourdes remplies, afin de les secourir.

 

La jonction avec les derniers égarés ne se réalisant qu’à 16 h, il n’était pas possible de grimper au col pour atteindre le but prévu à l’origine. Tout le monde repartit à 17 h après avoir réalisé quelques photos.

 

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Douze des participants après la réunification. Debout, de gauche à droite :  Michel Franceschetti, Jean-Marc Oulié, Marie-Claude Dugas, Doumé Pinelli, François Orazy, Paule Fattacioli, Hervé Oulié, Hervé Calderoni. Assis : Fraçois Oliva, Jérôme Dugas, Jean-Marc Tramini, Christian Pinelli.

Douze des participants après la réunification. Debout, de gauche à droite : Michel Franceschetti, Jean-Marc Oulié, Marie-Claude Dugas, Doumé Pinelli, François Orazy, Paule Fattacioli, Hervé Oulié, Hervé Calderoni. Assis : Fraçois Oliva, Jérôme Dugas, Jean-Marc Tramini, Christian Pinelli.

 

 

UN RETOUR DIFFICILE

 

L’épisode le plus spectaculaire du retour fut la grosse chute, heureusement sans trop de gravité (quelques belles égratignures), d’une des filles, mais qui fut suivie d’une impressionnante crise de nerfs.

 

Les excursionnistes joignirent Guagno à la tombée de la nuit, qui était plus tôt qu’actuellement car l’heure d’été ne fut instituée qu’en 1976.

 

Ils purent se reposer un peu chez les cousins des ORAZY, pour une partie, et des FRANCESCHETTI pour les autres, avant de reprendre la route. Les communications téléphoniques étaient interrompues, comme souvent à l’époque, et il n’était pas possible de joindre les familles.

 

Mais Raymonde, la nounou des BARTOLI, s’était avancée à la recherche des jeunes sur le sentier de la rivière et les appelait. Elle fut entendue par Rose-Marie et Michel qui descendaient la départementale en avant-garde. Mise au courant de la situation, elle rentra informer le village.

 

Les parents des randonneurs, qui s’inquiétaient du retard, envoyèrent neuf voitures (soit pratiquement tout le parc automobile poggiolais de l’époque), Toussaint MICHELANGELI en tête, pour les récupérer. Vers 22 heures, transportés par ce convoi de 404, Dauphine, 2 CV, 4L, R 8…, tous les jeunes avaient réintégré le village.

 

 

404 et R8 à Poggiolo (cortège électoral Jean Gaffory, août 1968). Copies d'écran tirées d'un film de Michel Franceschetti.
404 et R8 à Poggiolo (cortège électoral Jean Gaffory, août 1968). Copies d'écran tirées d'un film de Michel Franceschetti.404 et R8 à Poggiolo (cortège électoral Jean Gaffory, août 1968). Copies d'écran tirées d'un film de Michel Franceschetti.

404 et R8 à Poggiolo (cortège électoral Jean Gaffory, août 1968). Copies d'écran tirées d'un film de Michel Franceschetti.

Toussaint Michelangeli en 4L.

Toussaint Michelangeli en 4L.

 

 

APPLAUDISSEMENTS

 

A Poggiolo, tout le monde était dehors et attendait le retour des retardataires. Pour être sûrs de ne pas en avoir oublié, les parents les firent s’aligner contre le mur bordant la route en face de la maison des Ceccaldi et les comptèrent à la lueur des lampes de poche, l’éclairage municipal étant déficient. Une grande ovation salua le retour des aventureux.

 

Puis, on ne sait qui, quelqu’un se mit à applaudir et tout le village battit des mains. Moment émouvant et symbolique: jeunes et vieux, résidents permanents ou saisonniers du village, tous se sentaient partie intégrante de la communauté poggiolaise. Tout le monde était concerné et se trouvait soulagé de cette angoissante soirée.

 

 Mais c’était un échec: les jeunes n’avaient pu arriver au but fixé et n’étaient pas rentrés par leurs propres moyens.

 

Ils étaient bien décidés à prendre leur revanche l’année suivante.

 

A toutes les époques, on s’est aligné le long du mur. Photo Michel Franceschetti.

A toutes les époques, on s’est aligné le long du mur. Photo Michel Franceschetti.

 

(à suivre)

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10 juillet 2020 5 10 /07 /juillet /2020 09:08

Le Festival Sorru in Musica Estate numéro 17 aura bien lieu du 21 au 30 juillet
 


- 21/07 Ouverture du festival à Vicu
- 22/07 Evisa
- 23/07Coghja
- 24/07 Rennu
- du 25 au 30 juillet Cunventu San Francescu - Vicu 


Des avant-concerts et des concerts en plein air, des moments de convivialité...
De la musique et de la culture , toujours et pour tous.


Entrée libre !
 

Des nouvelles de Sorru in musica

Dans la programmation :

lecture-concert avec Robin Renucci,

ciné-concert en partenariat avec Casa di Lume Cinémathèque de Corse,

soirée lyrique avec le ténor Florian Laconi,

« NÚRIA », concert-fiction avec Marie-Pierre Nouveau,

« Cosi fan tutte » en version opéra de poche revisité par Jean-Marc Jonca...

 

De la musique encore et toujours, du spectacle vivant, des vibrations...

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  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
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