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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 18:00

"Allemagne année zéro" est un film de Roberto Rossellini, sorti en 1948. Il évoque la tragédie des Allemands déboussolés par la défaite de 1945 et survivant avec difficultés dans un pays dévasté, une Allemagne qui n'existe plus et qui n'a plus d'avenir.

Le feuilleton de l'été - Poggiolo, les années zéro: 1459 (1/3)

      La même situation a existé pour les Poggiolais à la suite des guerres des seigneurs de la Cinarca, à la fin du Moyen Age. On peut même distinguer trois années zéro. 

 

    La première année zéro, en 1459, fut la répression qui suivit la révolte de Raffé de Leca.

   L'idée de base en est donnée par le blog casa di a memoria:

"Si les Génois de l'office avaient dû comparer les Cinarchesi à un végétal, ils auraient sans aucun doute choisi le chiendent, a rimigna. Cette plante a la facheuse habitude, alors qu'on la croit exterminée, de repartir d'un minuscule bout oublié de sa racine blanche pour réoccuper le terrain en quelques mois. Celui-ci reverdit entièrement mais plus rien n'y pousse hors cet envahissant gazon sauvage. Le seul moyen de s'en débarrasser est d'en oter le plus de racines possible puis d'y planter des légumes riches en amidon."

   Jean-Ange Galletti, dans "Histoire illustrée de la Corse", décrit ainsi cette répression:

"En 1459, la Compagnie de Saint-Georges envoya en Corse Antoine Spinola; homme rapace et perfide, qui laissa sur tout son passage les traces de sa férocité. Les pièves de Niolo, de Sia, de Cruzini, de Sevedentro et Sorrinsù furent dévastées de fond en comble, surtout celle de Sia, dont les habitants furent obligés de quitter pour toujours leurs habitations."

  A la page 33 de son livre "Letia et la région de Vico", François PAOLI précise: "Parmi les villages ainsi dévastés et brûlés, se trouvaient forcément ceux de Evisa, Tasso, Marignana et Cristinacce, et, en même temps que les différents hameaux de Vico, les villages de Renno, Balogna, Letia et Murzo. Sans préjuger d'autres destructions, ici ou là".

http://queenofshadow.q.u.pic.centerblog.net/lrdspba7.jpg

   L'auteur fait remarquer qu'incendier les maisons était facile car elles "avaient l'essentiel de leurs murs en bois, et leurs toits de scandole également en chêne ou en châtaignier"Rien n'interdit de penser que Poggiolo ait fait partie des villages victimes

    Le cataclysme fut violent mais bref. Les Génois ont utilisé les brutalités habituelles du temps: massacres des adversaires, incendies des maisons, confiscation de la nourriture... 

   Antoine Spinola promulga ensuite une amnistie mais le mal avait été fait: les communautés de Sorrù in Sù se retrouvaient dans des champs de ruines.

 

(à suivre)

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 18:00

Si vous n'aimez pas la musique, vous n'irez pas au Festival Sorru in Sù, ce qui serait dommage. Vous pourrez aller au cinéma.

Comme chaque année, le cinéma en plein air U Sampieru, sur le bord de mer à Sagone, fonctionne presque chaque soir de juillet et août à partir de 22 heures.  Les films projetés sont tous récents. Certains de grande qualité, d'autres beaucoup moins, comme vous pouvez le constater en regardant la programmation pour juillet.

Mais, franchement, n'est-il pas plus agréable de profiter d'une belle musique, dans un village de montagne?

N.B.: une description du cinéma itinérant dans les villages il y a un demi-siècle a été publiée dans l'article "Cinema in paese années 60"

 

cinéma sagone juillet 2012

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 18:02

    Un tournant  important de l'histoire corse se produit en 1453 quand la Sérénissime République de Gênes cède ses droits sur l'île à une banque privée: l'Office de Saint Georges. Cet organisme va utiliser les moyens les plus brutaux pour s'imposer.

 

Le piège de Vico

   En 1459, exaspéré de l'agitation persistante en Cinarca, l'Office  envoie Antonio Spinola comme commissaire extraordinaire. Celui-ci invite les familles de Leca et della Rocca à un festin de réconciliation à Vico. Une fois arrivés, 23 d'entre eux sont arrêtés et exécutés, décapités ou pendus. Seul, le jeune neveu de Raffé, Giovan Paolo de Leca, né en 1445, échappe au traquenard.

 

Giovan Paolo, de la collaboration à la révolte

    Ce même Giovan Paolo s’affirme ensuite dans les années 1470 comme le plus puissant des Cinarchesi. En se soumettant d'abord à l’Office, il domine un vaste territoire qui s’étend de la Cinarca à la Balagne.

 

castelli

 

    Mais en 1486, il rentre en révolte ouverte avec ses bienfaiteurs et se fait proclamer comte de Corse lors d'une "veduta" en janvier 1487. Il se heurte à son cousin Rinuccio della Rocca qui se met du côté des Génois. Une armée de 1.500 fantassins, avec 18 chevaux et des canons (peut-être les premiers à avoir été utilisés en Corse) débarque à Sagone le 1er avril 1487. Elle est commandée par le Français de FALCON et le Génois Damiano CANAZZO. Le 31 mai, le château de Cinarca, assiégé depuis le 5 mai, capitule. Vico tombe en juin, puis, en octobre, les châteaux de Leca, Arbori et Sia. Dès septembre,  Giovan Paolo s'est exilé en Sardaigne.


 Giovan Paolo

Giovan Paolo haranguant ses partisans ("Mémorial des Corses", tome 1)

 

 

La guerre de 1488-1489

    En août ou septembre 1488, Giovan Paolo revient et retrouve Rinuccio qui s'est réconcilié avec lui et qui a construit le château de Zurlina, près de Murzo et en face de Letia. Le Génois Ambroggio de Negri débarque à Bastia à la mi-octobre et arrive à Vico dès le 28 octobre.

   Giovan Paolo et Rinuccio, d'abord présents à Sari d'Orcino, gagnent Murzo puis passent à l'attaque. De Negri est assiégé au château de Cinarca. Les 300 hommes de renforts qu'il attendait, commandés par Andrione, capitulent à Bocognano. Ces prisonniers, ne pouvant être gardés, sont envoyés désarmés à Bastia, puis à Calvi. Là, ils se joignirent aux nouveaux renforts commandés par Filippino de Fieschi. Rinuccio, battu le 10 février 1489 à Arro, se réfugie dans la place de la Zurlina. De Negri entre à Vico le 12 mars (d'après "Archives de St Georges", dans "Corse historique", 1er et 2ème trimestres 1962).

    "Une partie de l'armée génoise, conduite par Filippo Fieschi, attaque le castellu de Foce d'Orto, simple petit col, situé au nord-est de Piana, que Giovan Paolo avait fait fortifier à la hâte à la fin de 1488. Située entre des aiguilles rocheuses jugées inaccessibles, cette place-forte, défendue par une quarantaine de ses parents et de ses partisans les plus fidèles, tombe en deux heures, le 29 mars, alors qu'elle paraissait inexpugnable. Un détachement de vingt-cinq hommes, conduit par un cousin de Giovan Paolo de Leca qui lui était hostile, prend en effet les occupants à revers après avoir emprunté un itinéraire périlleux en surplomb. Seuls deux défenseurs parviennent à se soustraire aux attaquants et avoir la vie sauve, selon la chronique. Certains meurent au cours de cet engagement ; une vingtaine d'autres sont exécutés après avoir été capturés." (site http://www.corse.culture.gouv.fr/inventaire/publications/2sevi/2sevi-3.htm).

    Découragé et attiré à Vico par la promesse de Filippino de Fieschi de lui permettre de retrouver son fils Francesco, prisonnier des Génois, Rinuccio capitule et quitte la Zurlina le 29 avril. Il est envoyé à Gênes et y meurt en prison en juin ou juillet. En octobre, Giovan Paolo s'exile en Sardaigne.

 

http://queenofshadow.q.u.pic.centerblog.net/lrdspba7.jpg


    Dès l'été, les Génois appliquent sauvagement la politique de disabitazione qui vise à détruire les villages cinarcais et à déporter leurs populations. Poggiolo en est victime. Un prochain article décrira les ravages génois dans notre piève.

   L'emblématique château de Cinarca est détruit en 1494-1495.

 

 

1501, la dernière tentative

    Giovan Paolo revient en Corse en 1498 et connaît un échec rapide face au même Ambroggio de Negri.

  Il fait une nouvelle tentative au début de l'année 1501. Il débarque à Aleria avec une dizaine d'hommes et traverse l'île pour retrouver les Deux Sorrù, tout en ralliant des partisans grâce à son réel charisme.

   "Avec deux cents hommes environ, prenant la route de Vico, il arriva au point du jour et fit mettre à sac quelques boutiques de marchands génois qui y négociaient" (Marc Antonio CECCALDI, "Histoire de la Corse (1464-1560)", traduction et notes par Antoine-Marie GRAZIANI). 

   Une lettre existant dans les Archives de St Georges prouve qu'il se trouve à Soccia le 19 mars.

   Les effectifs de ses troupes atteignent 7.000 hommes et 200 cavaliers, recrutés dans les villages dévoués des Deux Sorrù (et donc sûrement à Poggiolo). Mais l'arrivée de l'été et des moissons entraîne de nombreuses désertions de ces soldats-paysans. Il doit alors se replier sur le château de la Zurlina (certains, comme François-Guillaume ROBIQUET, dans "Recherches historiques et statistiques sur la Corse" écrites en 1831, parlent de la Forcina, juste au-dessus). Le site était inexpugnable mais les Génois font prisonnier son fils Orlando entre Murzo et Vico (où il se rendait pour une intrigue amoureuse). Giovan Paolo capitule de nouveau et repart en Sardaigne. Il décéda à Rome en 1516.

  Avec sa mort et celle de Rinuccio della Rocca en 1511, disparaît la dernière grande maison féodale de l’île et s'achèvent les guerres cinarchese.

   L'ordre génois règne.

 

(à suivre)

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 17:53

Les maisons sont nombreuses à être fermées une grande partie de l'année. Elles s'ouvrent pour l'été où elles reçoivent leurs propriétaires et leurs enfants qui vivent sur le continent. Les familles n'oublient pas qu'elles ont des racines, qu'elles ont leurs ancêtres, qu'elles ont un peu de leur âme au village. Les maisons les attendent, maisons qui ne sont pas des résidences secondaires mais des aides-mémoires familiaux. Quand elles sont bien entretenues, elles montrent que les membres de la famille y attachent toujours de l'importance, qu'ils souhaitent le montrer et, souvent, que l'un ou l'autre reviendra vivre plus longtemps ou même s'y installera définitivement.

bénédiction maisonIl est donc important de protéger matériellement les maisons avec des travaux d'entretien et aussi de les protéger spirituellement en les bénissant avec de l'eau bénite. Cette coutume de la spergiata se déroulait autrefois le Samedi Saint. Dans notre canton, elle a lieu en juillet, quand de nombreuses habitations sont ouvertes. La bénédiction peut ainsi éloigner le "mauvais œil" à la fois de la maison et des membres de la famille.

 

Un bon accueil sera sans nul doute réservé au prêtre qui viendra de Vico le lundi 23 juillet à POGGIOLO.

A GUAGNO-LES-BAINS, la cérémonie est prévue pour le mercredi 18 juillet.

Elle aura lieu les 16 et 17 juillet à Guagno, les 19 et 20 juillet à Soccia, le 26 juillet à Orto.

Il est recommandé de téléphoner au couvent pour prendre rendez-vous.

Des renseignements plus complets sur cette coutume ont été publiés l'an dernier dans l'article à lire en cliquant ICI.

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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 17:58

    A la suite de la bataille navale de La Meloria (1284),

http://www.herodote.net/Images/Meloria.jpg

Pise est définitivement éliminée de Corse par Gênes, malgré la résistance de Giudice de Cinarca.

   Le Génois Luccheto Doria, nommé vicaire général, obtient le rapide ralliement de tous les nobles corses à la République.

 

L'anarchie des XIVème et XVème siècles

     Le XIVème siècle est plutôt calme dans l'Au-Delà et permet aux Cinarchesi de s'enrichir grâce aux impôts sur leurs sujets.

   Cependant, "en 1393, des membres de la faction populaire, lassés des désordres engendrés dans la seigneurie de Leca, alors limitée aux pièves du Vicolais et au Sia (Ota), par la rivalité opposant le seigneur cinarchese, Nicolo de Leca, à son cousin Ghilfuccio et par l'assassinat de ce dernier, ont à nouveau recours à Gênes. L'intervention du gouverneur génois Battista de Zoaglio, auquel le parti populaire du nord de l'île prête son concours, met fin au pouvoir de Nicolo et entraîne, notamment, la destruction du château de Leca (à Arbori). Mais ce territoire retombera vite dans une anarchie commune à l'ensemble de l'île." (d'après: http://deuxsevienvironnement.e-monsite.com/)

 

80px-Armoiries_G-nes.png

blason de Gênes

 


 

    Le siècle suivant, le XVème, est une période de véritable anarchie où s'affrontent Gênes, l'Aragon, le Milanais, le duché de Piombino, les caporaux (notables locaux du nord), les évêques, etc, etc.

    Les alliances sont nouées et détruites continuellement. Les combats et les exécutions les plus cruelles sont incessants. Les châteaux sont pris et repris, détruits et reconstruits.

 

Vincentello et Raffé

    Vincentello d'Istria (à droite, statue édifiée à Biguglia), débarque à Sagone en 1404

http://www.colonnadistria.net/GaleriePhotos/Vincentello_d_Istria/Carrefour_Ceppe.JPG

et devient comte de Corse (en 1407), puis vice-roi d'Aragon (en 1420). Son principal adversaire est Rinuccio de Leca qui fait ériger, de 1413 à 1414, sur le dernier contrefort de la crête d'Andatone (Ota), le château ou castellu di Rocche di Sia commandant la basse vallée du Porto. 

   Après l'exécution de Vincentello le 27 avril 1434, sur les marches de l'escalier du palais ducal de Gênes, Rinuccio prend possession du château de Leca (près de Vico, entre Arbori et le Liamone) restauré par Vincentello, et étend sa seigneurie aux pièves du Vicolais. Il est tué dans une escarmouche en 1445.


    Son fils Raffé (Raffaello) de Leca se soulève en 1454. Il est assiégé dans le château de Cinarca (voir épisode précédent), entre le 18 août et le 30 novembre, par les Génois qui engagent d'importantes troupes soutenues par quatre bombardes. Il obtient une reddition honorable. Mais il se révolte de nouveau et il est capturé dans son château, par les troupes d'Antonio Calvo, "en même temps que vingt et un de ses frères et cousins germains. Tous sont mis à mort, le même jour, et son cadavre sera même coupé en quatre morceaux, pour être exposés à Biguglia, Bonifacio, Calvi et Corte, alors que sa tête, salée, est envoyée à Gênes." (François PAOLI, "Letia et la région de Vico", p. 32).

 

http://queenofshadow.q.u.pic.centerblog.net/lrdspba7.jpg


    Ce massacre s'accompagne d'une répression brutale dans toute la région. "Parmi les villages ainsi dévastés et brûlés, se trouvaient forcément ceux de Evisa, Tasso, Marignana et Cristinacce, et, en même temps que les différents hameaux de Vico, les villages de Renno, Balogna, Letia et Murzo. Sans préjuger d'autres destructions, ici ou là" (F. PAOLI, op. cit., p. 33). Rien n'interdit de penser que Poggiolo ait fait partie des villages victimes


 

Mais le pire était encore à venir.


(à suivre)

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 17:59

POGGIOLO sera au premier plan de l'actualité régionale jeudi 9 août.

"Corse-Matin" recommence le 7 juillet sa tournée des villages insulaires. Notre village fait partie des étapes de cette année. Des animations auront lieu le 9 août et un apéritif sera offert... Dans le journal, plusieurs pages présenteront POGGIOLO avec photos, témoignages et dessins.

Tous les Poggiolais feront sans aucun doute de leur mieux pour mettre en valeur "le plus beau village du monde" (car, pour chacun, son village est le meilleur).

La dernière fois que POGGIOLO avait bénéficié d'un tel traitement médiatique remonte au 29 décembre 2000 (lire ICI). Dans la tournée de "Corse-Matin" de l'été 2010, GUAGNO avait été présenté le 3 août (lire ICI) et SOCCIA le 4 août (lire ICI).

Voici comment l'opération est présentée dans le journal d'aujourd'hui:

 

C'est donc reparti… pour un tour ! Et c'est là bien plus qu'une image puisqu'il s'agit effectivement d'un vrai tour de Corse effectué - en relais - par les équipes de Corse-Matin et de Pernod-51, associées cette année encore pour le meilleur… et uniquement le meilleur.

À savoir : rendre une amicale visite à des populations villageoises qui ont accepté de nous nous ouvrir les portes de leur «petit coin de paradis» et de nous le faire apprécier… sous toutes ses coutures !

Qu'il s'agisse de son patrimoine naturel et architectural, de ses spécificités environnementales et historiques, de ses coutumes et traditions, chaque commune sur le territoire de laquelle nous ferons halte cette année aura ainsi à cœur - comme toutes celles déjà visitées ces trois dernières années - de nous dévoiler ses atours et atouts.

Et parmi ceux-ci figurent également des personnages avec lesquels il nous sera, cette fois encore, bien agréable de faire un brin de causette.

 

tournée des villages 2012

« Le plus beau village du monde ! »

Des hommes et des femmes de tous âges auxquels sera confiée la mission de nous parler, à travers leur propre histoire, de la communauté à laquelle ils appartiennent. Des rencontres toujours passionnantes parce que riches de récits… toujours passionnés. N'oublions que chaque Corse qui se respecte a en effet le devoir de faire la promotion de son village en disant de lui qu'il est « le plus beau du monde ! »

Après en avoir visité près de cent cinquante et avoir ainsi, dans chacun d'eux, laissé le soin à trois habitants de nous le présenter, un constat s'impose : rares sont nos compatriotes qui… dérogent à cette règle du « il n'y a pas mieux ailleurs ! »

Ce qui témoigne d'un émouvant attachement des Corses à leurs racines, étant entendu que c'est la plus grande des sincérités qui les habite quand ils se disent effectivement heureux et fiers « d'esse di qui ».

Des hommes et des femmes qui se feront ainsi pressants pour que soit apprécié tel point de vue exceptionnel, que soit visitée telle demeure magnifique, que soit goûtée telle spécialité culinaire délicieuse et que soient photographiés tous les lieux, les édifices (notamment religieux) et les présents de la nature, qui font justement de leur village qu'il est « unique ».

Des hommes et des femmes auxquels nous sommes tentés de lancer ici ce message tout simple : surtout, ne changez rien à cette « pratique » !

Restez ainsi les promoteurs inconditionnels de votre village, parlez-nous en avec amour et passion, faites-nous découvrir avec le même enthousiasme tout ce qui vous plaît en lui et contribue à la fierté qui est la vôtre !

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 18:01

   Poggiolo apparaît très rarement dans les documents concernant l'histoire de la Corse. Pourtant, le village se trouve dans un territoire qui joua un grand rôle au Moyen Age. Ces  articles vont résumer cette période en indiquant en quoi les Poggiolais ont pu y participer.

   Poggiolo faisait alors partie de la Terre des Seigneurs.


    La Corse est divisée en deux départements depuis 1975. La limite administrative correspond à la ligne de partage naturel des eaux. Elle est également une coupure historique entre En-Decà des Monts (Di quà da i monti) et l'Au-Delà des Monts (Di là da i monti). Ces dénominations ont été données par rapport à l’Italie péninsulaire ou «Terre Ferme».

    L'Au-Delà était appelé aussi la Terre des Seigneurs car des nobles y firent longtemps sentir une puissance qui eut du mal à s'imposer de l'autre côté et disparut au XVème siècle.

   Les plus puissants de ces seigneurs furent le plus souvent ceux de Cinarca dont la zone d'influence comprit Poggiolo.

    L'histoire de ces seigneurs est très compliquée et, pour le début du Moyen Age, les documents font défaut.

   Dans ces trois articles, nous n'allons pas en raconter tous les détails mais nous insisterons sur ceux impliquant les Deux Sorru.


http://rapaggio.free.fr/photos/carte_de_Corse.jpg

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Les seigneurs de la Catena

 

    La tradition fait remonter les seigneurs corses au IXème siècle, quand le pape Etienne IV lança une expédition, commandée par le comte romain Ugo Colonna, pour reprendre la Corse aux Sarrasins, peut-être en 816.

    "L’île libérée, Ugo Colonna institua en l’an 818, son neveu Orlandino seigneur de la contrée de Vico. Orlandino Colonna fit construire un Château, à Letia, appelé le castello della Catena, et un autre, à mi-chemin entre Sia et Salognu qu’il appela Geneparo. Le castello de la Catena était bâti sur un arc naturel de pierre qui surplombe deux précipices ce qui le rendait aisément défendable. Les études archéologiques confirment le récit de Giovanni della Grossa en indiquant que les ruines du Castello remontent au IXe siècle." (extrait du site http://letia-catena.fr). Giovanni della Grossa écrivit au xve siècle le premier grand texte historique et littéraire corse.

http://letia-catena.fr/images/zurlina/catena.jpg(vestiges du castello della Catena)


    Après l'an 1.000, "sans nous donner, malheureusement, de dates précises, la chronique de Giovanni della Grossa relate comme un fait exemplaire la rébellion des Rolandinacci de Vico contre leurs cousins Cinarchesi, eux-mêmes très divisés entre eux. Elle évoque, un peu plus loin, une prise de possession du château de la Catena par ces mêmes Rolandinacci. Avant que les Amondaschi, probablement des montagnards venus de villages pas très éloignés," (alors pourquoi pas de Sorro in Sù?) "ne viennent démolir le château, quelque temps après. Il faudra, une nouvelle fois, le reconstruire" (François PAOLI, "Letia et la région de Vico du Moyen Age à 1950", p. 23).

    Après une période de chaos, vers 1112, deux héritiers des Cinarchesi, de la famille de Leca, Arrigo et Diotaiuti, exilés en Sardaigne, débarquent dans l'île et s'en emparent avec l'accord de Pise, gestionnaire de la Corse depuis la décision papale de 1077. Diotaiuti ajoute le Vicolais à ses possessions de la Cinarca.

 

Le château de la Cinarca

    La Cinarca est le territoire du golfe de la Liscia et de Sagone. Le château, dont la première mouture datait du IXème siècle, dominait l'actuel village de Tiuccia du haut de sa butte de 222 mètres d'altitude d'où tout le golfe et la vallée du Liamone peuvent être surveillés. Le castellu, bordé par des à-pics vertigineux, avait une très bonne position défensive et n'avait pas besoin de fossés creusés par les hommes. On peut encore en apercevoir les restes depuis la route.

 

carte Cinarca


Casteddu-Capraghja

panorama Cinarca 1

panorama Cinarca 2

photos extraites du site: http://randonnee.cinarca.free.fr/Casteddu/Casteddu-di-Capraghja.htm

 

   Sur la partie supérieure, se trouvaient un petit donjon carré et un autre de forme circulaire (la torre bianca), à trois étages, avec des murs de trois mètres d'épaisseur. Une citerne d'eau de pluie et un palazzo de deux niveaux se trouvaient entre ces deux tours. La garnison comprenait 23 soldats au XVème siècle, et même 120 lors du siège de 1454.

casteddu 16s smallReconstitution du castellu à la fin du XVème siècle 

http://www.educorsica.fr/storia_di_a_corsica/moyen_age.html

 

   Les différents seigneurs qui voulurent prendre le titre de comte de Corse devaient être maîtres de ce lieu, dont la charge symbolique était très forte.


    Les Génois prenant progressivement pied en Corse, le pape Innocent III partage en 1133 les évêchés. Aleria, Ajaccio et Sagone dépendent de l'archevêque de Pise, les autres de celui de Gênes. Les Pisans ne se préoccupant pas des rivalités seigneuriales, qui multiplient combats et assassinats, les seigneurs de Cinarca s'imposent. 

   L'histoire, très compliquée, de ces seigneurs est racontée avec de nombreux détails dans   l'excellent blog casa-di-a-memoria de Sari d'Orcino.


(à suivre)

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 18:00

    En automne dernier, le blog de Poggiolo a publié un feuilleton sur la répression du banditisme corse en 1931, sous le titre générique "L'épuration du maquis". Les  épisodes ont eu un certain succès.


80px-Armoiries_G-nes.png


    En ce début d'été, pour le mois de juillet, nos lecteurs vont bénéficier d'une nouvelle série historique en huit épisodes.

   Le voyage dans le temps nous transportera à la fin du Moyen Age, quand les seigneurs de la Cinarca luttaient contre la domination génoise. Poggiolo et les villages voisins ont été entraînés dans ces conflits. Ils ont été victimes de la répression cruelle des Génois et ils ont bien failli disparaître complètement.


http://queenofshadow.q.u.pic.centerblog.net/lrdspba7.jpg

    Ces textes utiliseront des livres historiques et des articles de revues en les synthétisant pour rendre la lecture abordable à tous et afin que l'on connaisse la réalité de temps qui furent très dures pour les communautés villageoises de ce coin de Corse.

   La série se terminera par la présentation du seul vestige historique proche de Poggiolo qui témoigne de cette période troublée.


    A demain pour le premier épisode!

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 11:15

 

http://soutien67.free.fr/histoire/pages/antiquite/gaule/barbares02.jpg

 

Aujourd'hui, mardi 3 juillet, les lecteurs de "Corse-Matin" ont dû avoir un haut-le-cœur en lisant la petite note située en bas de la page 5.

Grâce aux aménagements qui ont eu lieu sur le chemin, les abords du lac de CRENO sont désormais accessibles aux vandales qui veulent montrer que, à défaut de cerveau, ils ont des moteurs.

Révulsée, Marthe POLI a réagi immédiatement en publiant sur son blog l'article annoté et en décidant de l'envoyer au président du Parc Naturel Régional et "à tous les maires de chez nous".

Une réaction immédiate s'impose pour arrêter immédiatement ces comportements de VANDALES, avant que l'invasion touristique estivale amplifie le mouvement façon ATTILA.

Tous ceux qui tiennent à la beauté et au caractère propre de nos sites doivent réagir!

 

http://nsa29.casimages.com/img/2012/07/03/120703092429807799.jpg

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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 17:43

Le Festival Sorru in Musica approche à toute allure. Les annonces se multiplient pour faire connaître la neuvième édition de cette initiative originale.

Sur le site qui lui est consacré (http://www.sorru-in-musica.com), de nouvelles pages sont apparues et tous les détails (Rubriques actualisées -Edito, détail des soirées, présentation, intervenants) sont désormais disponibles. Vous pouvez y admirer la nouvelle affiche, aussi belle que les autres années.

 

festival 2012

 

La brochure est visible depuis mardi 26 juin sous la rubrique Brochure du festival 2012. Chacun peut la télécharger et l'imprimer:

  http://www.sorru-in-musica.com/programme-sorru-in-musica.pdf

 

Par ailleurs, l'hebdomadaire "l'Informateur corse" du 22 juin (http://www.corse-information.info/) a publié une interview de Bertrand CERVERA.

A la question "Comment parvenez-vous à concilier qualité, convivialité, musique… et gratuité ?", l'animateur du festival répond:
"Tout dʼabord grâce à une équipe soudée, unie par lʼamour du lieu et de lʼesprit. Grâce à un canton et sa tradition dʼhospitalité et de générosité. Grâce au public, qui a compris le festival. Et bien grâce à sûr tous nos soutiens, du bar ou restaurant de village à la Collectivité Territoriale de Corse en passant par le Conseil Général et les commerçants de la micro région... La gratuité est le symbole de cette culture populaire que nous défendons ardemment."

 

France Musique s'est intéressée à ce Festival. Le samedi 16 juin, l'émission de Dominique Boutel "Fabrication Maison"  a été consacrée à Bertrand qui y exprime son amour de la musique et de la Corse. Vous pouvez (non, vous devez) la podcaster sur le site de France Musique jusqu'au 16 juillet en cliquant ICI.

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Le calendrier poggiolais

Calendrier des messes de mars et avril dans les Deux Sorru:

cliquer ici. 

 

VACANCES SCOLAIRES COVID

-fin des cours: 

samedi 10 avril

-reprise des cours:

lundi 26 avril (classes maternelles et primaires)

lundi 3 mai (collèges et lycées)

 

 

Le mensuel "INSEME" d'avril vient de paraître:

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

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