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17 novembre 2021 3 17 /11 /novembre /2021 18:04

 

Une nouvelle fois, le Belvédère de Poggiolo propose une soirée tartiflette.

 

Ce sera vendredi 19 novembre.

 

La tartiflette, spécialité poggiolaise?
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17 novembre 2021 3 17 /11 /novembre /2021 08:00

 

   Mardi 17 novembre 1931, la grande vedette du PETIT PROVENÇAL fut André SPADA.

 

   La veille, LE PETIT MARSEILLAIS et L'HUMANITÉ avaient annoncé la découverte d'une cache, d'une "guitoune", du bandit à quelques centaines de mètres de sa maison de la Punta, ce qui lui avait permis d'échapper à l'arrivée de la police.

 

    L'article de l'envoyé spécial du journal marseillais avait pour titre: "Dans le nid d'aigle du bandit parmi des images de piété". Il débutait par un coup de chapeau à l'intelligence de SPADA qui "était organisé d'une façon remarquable pour l'exercice de son farouche métier qu'il avait élevé à la hauteur d'une entreprise commerciale". Il insistait sur la remarquable situation de La Punta, sur un point culminant près de Calcatoggio et contrôlant les routes des alentours.

 

    Le journaliste décrivit l'extérieur et l'intérieur de la bergerie investie par les gardes mobiles et s'intéressa beaucoup aux objets de piété:

"Des Sacré-Cœurs de Jésus et des Saintes Vierges en chromolithographie. Une statuette en plâtre de Saint Antoine de Padoue avec un chapelet au cou. Enfin, au-dessus de chaque lit, des rameaux d'oliviers, bénits sans doute le jour de Pâques, et posés sur de petits bénitiers de bazar.

(...)

Il est certain que ni Spada, ni Antoinette Leca n'apercevaient rien d'étrange à demeurer pieux dans leur métier de criminels."

 

Chronique de l'épuration du maquis. 17 novembre: quand Spada paradait

 

   La renommée de SPADA était si grande que la reddition d'un bandit, d'ailleurs de seconde zone, Toussaint VALLE, fut reléguée en pages intérieures.

 

    André SPADA avait été l'objet d'une forte médiatisation et était le bandit corse le plus connu sur le continent. LE POPULAIRE du 16 novembre avait annoncé que, à Nice, où un cinéma du Casino municipal devait projeter un documentaire sur le bandit, un commissaire de police avait saisi le film. Le 12, en "une", L'HUMANITÉ avait montré une photo intitulée "Le cinéma au maquis" avec la légende suivante: "ce cliché montre le "bandit" Spada avec un journaliste [en réalité, unE journaliste] dans le maquis. A ce moment, reporters bourgeois s'entendaient fort bien avec les "bandits"".

 

Chronique de l'épuration du maquis. 17 novembre: quand Spada paradait

 

   En février 1931, deux journalistes parisiens du Pathé-Journal, Christiane HUBERT et Harry GRAY, étaient venus en Corse pour rencontrer SPADA, contre une forte rétribution. Ils rentrèrent largement dans leurs frais car ils en tirèrent un film (celui qui fut saisi à Nice) et un livre. L'entretien fut cité dans de nombreux magazines.

 

Chronique de l'épuration du maquis. 17 novembre: quand Spada paradait

 

   La partie la plus significative de cette interview dans le maquis (en fait, au bord de la route, près du repaire de La Punta) est constituée par les 30 secondes pendant lesquelles André SPADA dit que, pour lui, un "bandit d'honneur" est quelqu'un "qui fait ses affaires honnêtement" !!!

 

 

 

Quelques mois après avoir atteint ce sommet de gloire, SPADA n'était plus qu'un fugitif errant de grotte en grotte dans les Deux Sorru et le Cruzzini.

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16 novembre 2021 2 16 /11 /novembre /2021 08:05

 

   Afin que ses lecteurs continentaux ne perdent pas pied en lisant des articles avec des noms de lieux exotiques pour eux, LE PETIT PROVENÇAL du lundi 16 novembre 1931 publia une carte de situation des différents fronts policiers.

Chronique de l'épuration du maquis. 16 novembre: Moro-Giafferi et Simonetti

   

   On y voyait nettement que la partie la plus concernée était le centre de l'île, de part et d'autre de la dorsale montagneuse.

    Dans le coin supérieur gauche de la coupure publiée ici, on pouvait aussi lire qu'un navire de guerre avait comme mission d'empêcher une fuite par la mer de SPADA, car celui-ci aurait été vu près de son repaire de La Punta.

 

 

LA RECHERCHE DU PITTORESQUE

 

   Comme, visiblement, la feuille marseillaise ne savait pas quoi annoncer de spectaculaire, elle insista sur la haine entre les deux maîtresses de SPADA, Marie CAVIGLIOLI et Antoinette LECA, qui durent être mises dans deux cellules séparées de la prison d'Ajaccio.

    Pour faire pittoresque, elle publia également une photo de "vieux Corse, regagnant son village et que la chasse aux bandits ne paraît guère émouvoir."

 

 

Chronique de l'épuration du maquis. 16 novembre: Moro-Giafferi et Simonetti

 

   Lui aussi en manque d'informations, Jean AICARDI, l'envoyé spécial du PETIT MARSEILLAIS, décrivit la découverte "d'une guitoune du bandit Spada" avec force détails, comme si les policiers avaient accompli un grand exploit guerrier.

 

  Plus intéressant, dans sa chronique quotidienne, Léon BANCAL expliqua qu'"il est impossible d'envisager la solution (du banditisme) si l'on ne pose pas le problème corse tout entier" et qu'il faut "d'abord la tirer du passé, dans lequel elle est plongée et où elle s'asphyxie lentement.".

 

 

UN GRAND AVOCAT INTERVIENT

 

   Le plus important se trouvait en page intérieure avec une lettre de Vincent de MORO-GIAFFERRI qui fit grand bruit.

 

   Le célèbre avocat, qui avait été député jusqu'en 1928, publia un texte (dans L'ŒUVRE, semble-t-il) dénonçant la recherche du sensationnel qui animait les policiers et les journalistes. Il eut un très grand succès et il se retrouva dans plusieurs journaux de ces jours-ci, souvent sous le titre "De la mesure dans les mesures"LE PETIT PROVENÇAL du 16 novembre en publia la seconde moitié. Il négligea de reprendre la première partie où de MORO-GIAFFERRI se désolait du sous-développement dans lequel se trouvait son "pauvre pays!".

 

de Moro-Giafferi- Détective, n° 156, 22 octobre 1931

de Moro-Giafferi- Détective, n° 156, 22 octobre 1931

 

   La conclusion est à retenir: "Dans ce département français, entre toutes les terres de France, je supplie qu'on n'oublie pas la vertu essentielle de notre esprit national: la mesure."

 

 

ZAZA ET LE JUSTICIER ASSASSIN

 

  En première page de L'HUMANITÉ de ce jour-là, une photo montrait une autre personnage: SIMONETTI, "le meurtrier de Bartoli".

 

Chronique de l'épuration du maquis. 16 novembre: Moro-Giafferi et Simonetti

 

   Jean SIMONETTI était un exploitant forestier qui avait été racketté plusieurs fois et qui monta une machination. Sous prétexte de négocier avec le bandit Joseph BARTOLI, il le rencontra à PALNECA "en compagnie d'une jolie fille qu'il (avait) fait venir de Toulon et qui servira d'appât" (dixit Jean BAZAL). Les deux hommes quittèrent le village, avec deux ou trois autres personnes, pour se détendre au col de Verde. Et c'est là que BARTOLI fut tué dans des circonstances encore obscures aujourd'hui.

   Pour les communistes, SIMONETTI était un capitaliste qui opprimait et assassinait les prolétaires. Le 16 novembre, on pouvait lire dans L'HUMA:

 

    "Un seul résultat (de tout le déploiement de forces) a été obtenu: la mort de Bartoli. Or, celle-ci a été accompagnée de circonstances telles qu'elles constituent un encouragement au banditisme le plus éhonté.

   Dans cette affaire sanglante, la "victime", c'est le bandit. Simonetti, le gredin capitaliste, qui l'a tué par traîtrise avec le concours d'une femme d'une moralité spéciale, du nom de Zaza, et de deux autres individus, a reçu, pour prix de son assassinat, la somme de 300.000 francs. L'honnête général Fournier (...) vient de faire filer sur le continent, par le paquebot "Cyrnos", l'amazone qui fut en cette affaire collaboratrice zélée des autorités.

      (...)

   Voilà comment on assainit et on épure!

   Contre toutes ces infamies, les prolétaires de France ne peuvent manquer, à l'appel de la C.G.T.U., de se solidariser de plus en plus étroitement avec les travailleurs de Corse, victimes de l'état de siège".

 

   A l'inverse, la presse "bourgeoise" ne tarissait pas d'éloge sur le justicier qui était dépeint par LE PETIT PROVENÇAL du 13 novembre comme un "robuste et charmant garçon de trente ans". Etait-ce vraiment le même personnage?

Simonetti vu par les Actualités filmées Pathé.

Simonetti vu par les Actualités filmées Pathé.

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15 novembre 2021 1 15 /11 /novembre /2021 18:04

 

Marina CHOVIN a publié dans ARRITTI, l'hebdomadaire nationaliste corse (numéro 2722 du 11 au 17 novembre), un troisième article sur notre village.

 

Après les églises et cimetières de Poggiolo et l'histoire de Guagno-les-Bains, elle revient sur le cas d'Oscar Rosembly, dont le nom a été cité à propos de la redécouverte de manuscrits inédits de Céline.

 

Son texte contient quelques différences avec la biographie telle qu'elle a été publiée sur ce blog (voir ICIICI et ICI). Mais qu'importe, car peut-être bien que, comme il est marqué en conclusion: "tuttu hè falsu".

 

Une précision est à retenir: son surnom de Poulo (et non pas de Paulo) vient du bagne vietnamien de Poulo Condor.

 

 

U Pighjolu (terza parte)

 Oscar Rosembly

 

Salute à tutte è à tutti. Cumpiemu sta settimana a nostra scuperta di u Pighjolu cù una figura impurtantìssima: Oscar Rosembly.

 

St’omu rinumatu da per lu mondu sanu, nascì à u Pighjolu in 1909. A so mamma si dete sempre di rimenu pè a fama di u so figliolu chì u babbu era mortu nanzu à a so nàscita.


Si n’andonu in Parighji. Tandu, stava Oscar ind’u stessu quartieru chè u pittore Gen Paul è u scrittore Louis- Ferdinand Céline. Per amicizia, fece a cuntabilità di Céline ma a so vita era in astrò. U so primu mistieru di prima trinca fù « assistant parlementaire » di u ministru Camille Chautemps. Schjattò a siconda guerra mundiale è Rosembly, ghjudeiu, entrì ind’a resistenza. Turturatu da a Gestapo, messe à scianchighjà. Da quì u so cugnome di Poulo: à l’èpica, ind’u Vietnam, c’era un bagnu chjamatu Poulo Condor chì e cundizioni èranu terrìbile: quellu chì si ne surtia, ciò ch’ùn accadìa micca spessu, era accasciatu. Di 1944, Céline scappò cù moglie è ghjattu in Allemagna. Ma Oscar li fece una prumessa: tenerà i manuscritti accatastati ind’u so appartamentu sin’à u so vultà.

 

Maison d'Oscar Rosembly à Poggiolo (photo Michel Franceschetti).

Maison d'Oscar Rosembly à Poggiolo (photo Michel Franceschetti).

A so vita u purtò à viaghjà: fù sottuprefettu di a Martinica, viceconsule di Svezia, direttore d’una sucetà di prudutti oleaginosi, gurù per isse Mèriche ed hè longa a lista di i so successi. Si maritò di 1947 cù a figliola d’un giuvellieru è t’èbbenu una figliola Marie-Luce. Oscar a tenia quant’un tesoru è, quandu scelse di vultà à u Pighjolu, li cunfidò i manuscritti di Céline, postu chì a soia a casa paria un chjostru.


Di fatti, Oscar Rosembly t’avia per mottu « mens sana in corpore sano». Or’dunque, si bagnava tutte e mane ind’a funtana di u Lucciu, sottu à a so casa, nudu è untu d’oliu cum’è in l’Antichità greca. Decidì di stà senza ellettricità è di fà astinenza. Cantava chì paria un rusignolu: sopratuttu òpere taliane, sunendu di pianuforte. Si n’andò di 1990 è, seguitendu e so ùltime vulintà, nimu l’accumpagnò sin’à u campusantu. Quellu chì si ne cumprò a so casa era baulu: ùn sapia micca u valore di tuttu ciò chì Oscar avia passatu parechji anni à buscà: per ellu era tuttu mullizzu, è ghjittò tuttu. Anc’assai chì i manuscritti di Céline èranu à l’agrottu ind’è Marie-Luce in Corti. L’avia tenuti perchè chì Céline vulia ringrazià u so amicu Rosembly. Marie-Luce i deste à un ghjurnalistu tercanu, di gràtisi, da ch’elli fùssinu stampati.


«Hè tuttu falsu!» Cumu hè falsu? «Iè: O amicu lettore, sàppia chì ci hè d’un latu a vita di Rosembly è d’un astru quella ch’ellu vulia campà. Tù ci ai contu u versu d’Oscar. Eo a dicu torna, tuttu hè falsu. » 


Marina Chovin.

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15 novembre 2021 1 15 /11 /novembre /2021 08:03

  

  "On est sur la piste du bandit SPADA", claironna LE PETIT PROVENÇAL dimanche 15 novembre 1931.

 

   En fait, rien de concret n'était livré. Le fait important consistait en l'arrestation à Guitera, donc loin du domaine de SPADA, du colosse Mathieu FRASSATI (2,10m et 140 kilos!), accusé d'avoir aidé BORNEA.

 

 

JUSTICIER OU ASSASSIN?

 

   Ce même jour, le quotidien socialiste publia en première page une photo de l'industriel SIMONETTI qui venait de tuer le bandit BARTOLI.

 

Chronique de l'épuration du maquis. 15 novembre: humour d’un côté, colonnes infernales de l’autre.

 

   Il pose souriant avec un fusil dans les mains. Il semble heureux de son titre de gloire. Il est vrai que la presse favorable à la démonstration de force de l'Etat lui a souvent donné le beau rôle: celui du justicier. Mais il est un peu paradoxal de donner comme exemple aux lecteurs continentaux l'utilisation de la force que l'on condamnait chez les Corses.

    Le "justicier" sourit également dans le film d'actualités réalisé à ce moment-là.

 

Chronique de l'épuration du maquis. 15 novembre: humour d’un côté, colonnes infernales de l’autre.

 

   SIMONETTI n'eut absolument aucun souci avec la justice alors que son "exploit" n'était pas de la légitime défense mais ressemblait plutôt à un assassinat programmé. Il n'est pas étonnant que les communistes le mirent plusieurs fois en accusation, comme exemple de la "justice bourgeoise".

 

 

UNE SCÈNE VRAIMENT AMUSANTE  ?

 

Chronique de l'épuration du maquis. 15 novembre: humour d’un côté, colonnes infernales de l’autre.

 

  Sur un mode plus léger, la même édition du quotidien marseillais, toujours en page 1, montrait une voiture de police bloquée par un âne. On voulait montrer que tout n'était pas noir et que l'on pouvait voir en Corse "une scène amusante".

 

La caricature de S’Tick publiée en page 2 était dans le même esprit.  

 

Chronique de l'épuration du maquis. 15 novembre: humour d’un côté, colonnes infernales de l’autre.

 

   Seulement, le journal ajoutait que la «scène amusante» avec l'âne se plaçait "dans un village occupé". Ce dernier mot annule le sentiment que l'on pouvait ressentir au premier regard.

 

   Le "bourrage de crânes" avait eu là un petit raté.

 

 

 

LES COLONNES INFERNALES DE L'HUMANITÉ

 

    Pendant ce temps, les communistes ne décoléraient pas.

 

   L’HUMANITÉ titra le 15 novembre: "Tandis qu'on traque Bornéa, l'opinion de l'île s'émeut de l'action des "colonnes infernales".

 

Chronique de l'épuration du maquis. 15 novembre: humour d’un côté, colonnes infernales de l’autre.

 

   Il est piquant de relever que le journal communiste utilise, pour condamner leurs activités, le terme de "colonnes infernales". En effet, les colonnes infernales étaient les opérations menées par les armées républicaines du général TURREAU lors de la guerre de Vendée (1793 - 1796), afin de détruire, par les moyens les plus brutaux, les dernières troupes vendéennes royalistes et les populations qui les recevaient.

 

    En tout cas, cet article signalait quelques arrestations mais insistait sur l'hostilité des Corses à toute coopération avec la police. Sa conclusion était:

    "Pour nous, notre opinion se confirme de jour en jour: les opérations actuelles n'ont pas été dictées par une volonté "d'épuration" qui se serait aussi bien manifestée des mois ou des années plus tôt." Argument que Léon DAUDET avait utilisé la veille dans L'ACTION FRANÇAISE.

 

    Les communistes ajoutaient: "Derrière l'invasion policière de la Corse, il y a les "ministres corses", Landry et Pietri qui ont sans nul doute de bonnes raisons politiques... et surtout électorales de se débarrasser de gens qui les gênent."

 

    Ce jour-là, pas d'article de fond dans L'ACTION FRANÇAISE qui insista sur le "temps affreusement pluvieux qui continue à sévir sur la plus grande partie de la Corse" et qui annonça une arrestation à VICO: "Un inspecteur de la police mobile, accompagnant des gendarmes de la brigade de Vico, a procédé à l'arrestation dans cette localité d'un nommé Joseph Carlotti qui, plusieurs fois avait donné asile à l'assassin Caviglioli.»

 

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14 novembre 2021 7 14 /11 /novembre /2021 18:00

 

A Marseille, la Maison de la Corse abrite

 

une exposition sur les

 

chemins de Compostelle

 

(histoire, tourisme, légende, religion)

 

du 15 au 19 novembre.

 

Maison de la Corse: les chemins de Compostelle
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14 novembre 2021 7 14 /11 /novembre /2021 08:00

 

Le 14 novembre 1931, alors que la chasse aux bandits marquait le pas, Léon DAUDET attaqua au vitriol l'expédition policière et le système républicain dans son ensemble.

 

 

MAISONS ET ATTENTE 

 

   En ce samedi 14 novembre, les lecteurs du PETIT PROVENÇAL purent connaître "Les Hôtes du Maquis", c'est-à-dire la liste des douze bandits recherchés. Et, pour montrer leur dangerosité, le journal publia en première page une photo de la maison de PALNECA d'où BARTOLI avait tiré sur deux gendarmes peu avant sa mort.

 

Chronique de l'épuration du maquis. 14 novembre: il faut détruire la République

 

   De son côté, L'HUMANITÉ faisait voir la maison de SPADA sur une photo encadrée par le cliché d'un garde mobile "à l'affut dans le maquis. Il semble bien qu'il n'y court pas grand risque", tout cela sous le titre "Les vrais bandits" qui exprime bien l'opinion du parti communiste.

 

Chronique de l'épuration du maquis. 14 novembre: il faut détruire la République

 

   Comme ce policier, l'envoyé spécial du PETIT PROVENÇAL, François PRIEUR, pensait que "Les positions sont prises. Après l'émoi du débarquement et de l'offensive, c'est maintenant l'attente. Chaque jour peut amener sa surprise et de longs jours peuvent s'écouler sous le signe du communiqué bien connu: "rien à signaler"".

 

   En attendant des faits nouveaux, le service des renseignements avait été décentralisé. Deux inspecteurs de police mobile qui étaient à AJACCIO furent détachés "à demeure dans chacun des secteurs investis: à Sari-d'Orcino (région Spada), à Guagno (région Caviglioni) (sic), à Guitera (région Bornéa) et à Palneca (région Bartoli)."

 

 

A BAS LA RÉPUBLIQUE

 

   Le 14 novembre fut aussi le jour d'un nouvel éditorial enflammé de Léon DAUDET, intitulé "Le cabinet Laval et l'énigme corse", dans L'ACTION FRANÇAISE.

Chronique de l'épuration du maquis. 14 novembre: il faut détruire la République

   Il commençait par critiquer Pierre LAVAL, "larve montée en "homme d'Etat"" par tous les suce-pieds de la presse de grandissime information" (l'A. F. n'aima jamais LAVAL, ni avant, ni pendant la guerre).

 

  Puis, ce royaliste, qui fut député de Paris de 1919 à 1924, s'en prenait au système électoral: "ce bonneteau grotesque et honteux qui ramène, tous les quatre ans, sa provision de bavards, de cloportes et de filous au Palais-Bourbon".

 

   Pour lui, l'expédition en Corse était "une diversion bien cocasse". Le cocasse venait de la présence comme préfet de MARLIER, que l'écrivain accusait de la mort de son fils Philippe.

 

   Il relevait ensuite des faits troublants:

    - "l'orchestration de presse à grand orchestre" pour faire oublier des erreurs de Paul REYNAUD, alors ministre des Colonies: "Il n'est plus question de ce rat clignotant, tout de blanc habillé, avec le casque, depuis qu'on traque et emprisonne les ravitailleurs de Spada".

    - "le choix de la saison, qui est celle des tempêtes et des pluies, alors qu'il était loisible de procéder à cette épuration en juin, juillet et août, ce qui eût en outre épargné la vie des récentes victimes du banditisme".

    - "Enfin, la rigueur des mesures prises vis-à-vis de toute une population honnête, dont la colère, m'assure-t-on, commence à gronder sourdement."

 

   Il mentionnait ensuite les hommes politiques (ANQUETIL, CELICE, STEEG, SARRAUT, MARLIER) qu'il accusait de crimes dans les colonies, "dans des conditions plus atroces que celles infligées à leurs victimes par les Spada et les Bartoli". Et comme les efforts de moralisation n'aboutissent pas, la France s'affaiblit et les Allemands en profiteront: "un beau matin, on apprendra que les "Casques d'acier" sont entrés simultanément en Lorraine et en Alsace".

 

  La conclusion royaliste s'imposait donc logiquement:

 

   "Tout cela prouve que le mal qui attaque la France est intimement lié au régime; qu'aucun changement de gouvernement, qu'aucune rotation, qu'aucune élection, qu'aucun changement du mode de scrutin ne saurait plus arrêter la marche de la pourriture de démocratie, comparable à la pourriture d'hôpital. Delenda est Republica. Il faut détruire la République. C'est la besogne urgente et nécessaire".

 

Affichette royaliste du XXIe siècle.

Affichette royaliste du XXIe siècle.

 

 

PREMIÈRES CARICATURES

 

   Des caricatures avaient commencé à être publiées, dès le 9 novembre pour LE PETIT MARSEILLAIS. La chasse aux bandits corses inspira de nombreux dessinateurs. Comme exemple, voici le dessin que publia le 14 novembre le journal L'ŒUVRE, dessin qui a été repris par Ralph SCHOR dans sa communication déjà mentionnée. Il fut également publié dans L'ECHO D'ALGER le 16 novembre.

 

 

Chronique de l'épuration du maquis. 14 novembre: il faut détruire la République
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13 novembre 2021 6 13 /11 /novembre /2021 20:03
58 mètres carrés à vendre à Soccia

 

 

Une maison de Soccia est en vente. L'annonce vient de paraître sur internet.

 

Voici ce qui est inscrit sur le site Capifrance. Le texte est le même sur lesiteimmo, avec la même faute d'orthographe ("aucun travaux" au lieu de "aucun travail").

 

Il existe même une version en anglais, pour des acheteurs étrangers.

 

Qui en profitera?

 

58 mètres carrés à vendre à Soccia
58 mètres carrés à vendre à Soccia

 

DESCRIPTION DU BIEN

 

Superbe maison T3 de village à Soccia 


138 000 €


Pour les amoureux de la nature, à deux pas des piscines naturelles de Zoicu super pour les amateurs de canyoning, point de départ de la balade pour le lac de Creno et sentier pédestre pour rejoindre le GR20


A 1h15 d'Ajaccio et des calanques de Piana
A 45min du golfe de Sagone


La maison se compose au rez-de-chaussée (côte jardin) d’un salon, d'une salle de bain et d'un wc séparé. Surface totale 18m2
Un jardin avec terrasse en carrelage terre cuite
A l’étage intermédiaire une pièce à vivre : Cuisine ouverte et salle à manger. Surface totale 20m2.
Au dernier étage 2 chambres dont une traversante. Chacune de 10 m2.
Grenier aménageable de 20m2
Chauffe eau neuf et parabole neuve changés en février 2021.
Électricité aux normes. Tout à l’égout.
Aucun travaux à prévoir.
La maison est au calme, dans le quartier surplombant le village avec une vue panoramique
Parcelle supplémentaire en face de la maison de 40 m2 appartenant au lot
Taille idéale et excellent agencement des pièces avec beaucoup de lumière et de perspective
Surface total 58 m2



Les honoraires sont à la charge du vendeur. Réseau Immobilier CAPIFRANCE - Votre agent commercial Elsa LLORET 06 38 29 90 55 - Plus d’informations sur le site de CAPIFRANCE (réf.744769)

  •  Prix du bien hors frais notariés, d'enregistrement 138 000 €
  •  et de publicité foncière
  •  
58 mètres carrés à vendre à Soccia
58 mètres carrés à vendre à Soccia
58 mètres carrés à vendre à Soccia
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13 novembre 2021 6 13 /11 /novembre /2021 08:00

 

 

 

SPADA EN VEDETTE

 

  Une nouvelle positive pour les lecteurs du PETIT PROVENÇAL du vendredi 13 novembre 1931: en "une", l'annonce et la photo de l'arrestation, près de Palneca, d'un "complice des bandits" anonyme.

 

Chronique de l'épuration du maquis. 13 novembre: couvre-feu dans les Deux Sorru, Spada en vedette, combien d'arrestations?

 

   Pour compenser cet anonymat et pour illustrer le premier article de son "envoyé spécial" François PRIEUR (1885-1963), de son vrai nom  François ANTONORSI, le journal publia également le visage de SPADA, le bandit-vedette.

 

Chronique de l'épuration du maquis. 13 novembre: couvre-feu dans les Deux Sorru, Spada en vedette, combien d'arrestations?

 

   LE PETIT MARSEILLAIS fit de même en publiant sa « dernière photo », photo tirée de l’interview filmée du 24 février 1931  par les journalistes de Pathé Cinéma Harry Grey et Christine Hubert, qui eut un grand succès dans les salles de cinémas françaises et étrangères.

 

Chronique de l'épuration du maquis. 13 novembre: couvre-feu dans les Deux Sorru, Spada en vedette, combien d'arrestations?

 

COMBIEN D'ARRESTATIONS 

 

 

   Les journaux n'arrivaient pas à s'accorder sur le nombre des personnes arrêtées. 

   L'ACTION FRANÇAISE et LE POPULAIRE, organe du parti socialiste S.F.I.O., de ce jour donnèrent le même bilan de 77 arrestations, dont 2 à COGGIA et à MARIGNANE (la même faute de frappe se retrouve dans les deux journaux qui ont dû utiliser la même dépêche de l'agence Havas). L'HUMANITÉ arrivait au chiffre de 174: faute de frappe également ou volonté de montrer la lourdeur de la répression?

 

   Cette lourdeur était décrite par François PRIEUR:

    "Un hydravion survole la baie de la ville. L'aviso "Toul" défile au large. Des gardes mobiles rentrent au pas cadencé. (...) Il continue à pleuvoir sur Ajaccio qui commence à pavoiser pour la journée de l'Armistice.

    J'ai parcouru en auto quelques coins de montagne occupés par les détachements de gardes mobiles. (...)

    Tous les villages que nous rencontrons ont à peu près le même aspect d'humbles maisons de pierre nue, perchées sur des hauteurs, rangées le long de la route, accrochées à la pente d'un mont, et dès l'entrée, des fourgons automobiles, des uniformes de gardes mobiles, la popote en plein air.

    Les gardes ne sont pas logés chez l'habitant. On a fait évacuer un certain nombre de maisons, dont les occupants se sont logés chez les voisins comme ils ont pu."

 

 

COUVRE-FEU DANS LES DEUX SORRU

 

 

   La polémique s’était alors déclenchée pour savoir si la Corse subissait l'état de siège. Tous les quotidiens de ce jour publièrent le communiqué suivant émanant des autorités gouvernementales :

 

    "Si l'état de siège n'a point été proclamé, comme on l'a dit, la circulation des habitants et des automobiles est, du moins, strictement réglementée. A 21 heures, dans les villages de Sari-d'Orcino, domaine de Spada; de Guagno et de Vico, domaine de Caviglioli, au Nord d'Ajaccio; de Guitera, où opérait Bornéa, et Palneca, où opérait Bartoli, à l'Est du chef-lieu, tout le monde doit avoir regagné son habitation.

    Quant à la circulation des automobiles, elle est plus rigoureusement encore réglementée. Ne peuvent franchir les postes de gardes, installés sur toutes les routes, que les automobilistes dûment autorisés. Les consignes, données aux gardes, sont extrêmement sévères. En aucun cas, un garde ne peut circuler seul et tous doivent être constamment armés. Dans les secteurs où les bandits se sont réfugiés, gardes et gendarmes ont l'ordre de tirer sur toute personne qui ne s'arrêterait pas à la première sommation. Telle est la rigueur des consignes."

 

 

LA TERREUR POLICIÈRE

 

 

   Mais L'HUMANITÉ n'avait pas le même point de vue.   

   Un article, toujours non signé, s'intitulait: "Dans l'île en état de siège, la terreur policière s'étend", avec un inter-titre: "Défendons les paysans corses!":

 

Chronique de l'épuration du maquis. 13 novembre: couvre-feu dans les Deux Sorru, Spada en vedette, combien d'arrestations?

 

"La Corse est en état de siège. Nous l'avons dit. Les journaux bourgeois l'ont avoué. Un demi démenti officiel a été publié hier par le journal Le Temps. Mais le fait n'est pas contrôlable.

   La circulation est interdite. Les routes sont coupées. Le cri: Haut les mains! retentit partout.

   On arrête en masse: 174 personnes sont déjà sous les verrous. Quel est donc ce régime, sinon celui de l'état de siège?

   (...)

   Dans la zone occupée, la population brutalisée par la soldatesque gronde sourdement. Plusieurs envoyés de journaux signalent l'attitude de fierté et de protestation des paysans corses maltraités par les pandores qu'ils regardent avec un mépris hautain et qu'ils se refusent à renseigner sur les "hors la loi".

   (...)

   "Des cantons entiers subissent une occupation militaire odieuse. Contre les politiciens et les gros bourgeois corses, seuls responsables de la résistance du banditisme, il faut défendre les honnêtes paysans de l'île, victimes de l'état de siège."

 

   De son côté, Léon BANCAL, continuant l'étude du "problème du banditisme" dans LE PETIT MARSEILLAIS, constatait, en racontant plusieurs règlement, de comptes, que "l'ennemi le plus implacable du bandit, ce n'est pas le gendarme, c'est le bandit".

 

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12 novembre 2021 5 12 /11 /novembre /2021 18:00

 

Dans son deuxième article sur l'histoire de notre village, Marina CHOVIN s'est concentrée sur Guagno-les-Bains. Le premier avait été consacré aux églises et cimetières (voir ICI).

 

Texte et photo (tirée du Blog des Poggiolais) parus dans ARRITTI, "settimanale naziunalistu corsu", numéro 2721 (du 4 au 10 novembre).

 

Guagno-les-Bains dans Arritti

U Pighjolu (siconda parte)

 ikke barnet ut med badevannet.
Ùn ghjittate u ciucciu cù l’acqua di u bagnu. (pruverbiu Norvegianu)

Salute à tutte è à tutti. Cuntinuemu à nostra scuperta di u paisolu di u Pighjolu è, per esse precisa di più, di I Bagni. Fate casu chì Guagnu è i Bagni sò sfarenti : a ghjente di i Bagni sò i Bagnighjanti è quelli di Guagnu sò i Guagnesi. Sò i Francesi ch’anu chjamatu i Bagni Guagno-les-Bains, chì à l’epica I Bagni facìanu parte amministrativamente di Guagnu. Hè un prifettu à u XIXsèculu chì hà cacciatu I Bagni à Guagnu par dalli à u Pighjolu.

Si tròvanu accantu à una via d’impiaghjera impurtantìssima, è era l’occasione pè i pastori d’addunìscesi à e Caldanne, cum’ella si dicia tandu. Ma ci vole à aspettà 1711 da chì l’abitatu si sviluppi, è ch’elli sìanu stallati trè bacini di granitu.
Avete i rumatìsimi, e dermatosi ? Andate puru à I Bagni chì l’acque termale zulfurate è sòdiche fàcenu prò. Sò duie e surghjente: quella Venturini, a principale, è quella Coghja, l’acque surtendu trà 33 è 49 gradi. Oghje, hè scrittu nant’à una lastra chì quì « Napulione III è a so moglie anu pigliatu l’acque». Or’si sà chì ghjè falsu. Eppuru, ci sarebbe da chì fà una storia più interessante. Èccuci di 1787: Napulione u Primu è a so mamma Letizia fàcenu una cura, cum’è una astra figura stòrica impurtante, Pasquale Pàoli, chì ci andava guasgi tutti l’anni. Ci vole à ammintà chì, à l’èpica, I Bagni èranu i più famosi di Còrsica.
Astra leia cù Napulione u Primu: ghjè ellu chì, u 18 d’aostu di u 1808, stallò un cuntrollu medicale è un mèdicu incaricatu di ispettà l’acque minerale, marchendu u veru principiu di a spluttazione di a stazione termale.
À pàrtesi da 1845 è sin’à 1856, mentre u regnu di Louis- Philippe è Napulione III, si custruisce u casamentu in forma di U, tìpicu di u Sicondu Imperu. Eppuru di 1883 l’uspedale militare hè chjosu è lasciatu à caternu.
À u principiu di u XXsèculu, u rughjone era cuntrullatu da u banditu Francescu Caviglioli. U 17 d’aostu 1931, ellu è i so dui nipoti Ghj. B. Torre è S. Caviglioli ghjùnsenu à I Bagni è sottu à a minaccia di fucili arrubonu i clienti di parechje usterie. Dopu, chjamonu à Michele Simongiovanni, u patrone di e terme, chì t’avia ricusatu di pagà quant’ellu vulia u banditu. Cum’è Michele ùn rispose, i trè banditi si n’andonu, tirendu ver’di u stabilimentu è tumbendu à un omu. Ghj. B. Torre fù arrestatu u 10 di ferraghju 1932, addurmintatu da frittelle chì c’era un supurificu, ma fù a ruina di i Bagni. 

 

Marina Chovin

 

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POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
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