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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 18:02

Pour sa quatre-vingt-unième édition, la journée des vocations sacerdotales pour la Corse se déroulera samedi 25 avril 2015.

Chaque année, à Marseille, a lieu une grande messe pour apporter un soutien des Corses et amis de la Corse de cette ville à l'Eglise diocésaine insulaire. Cette cérémonie religieuse est toujours un événement artistique avec chants traditionnels et polyphoniques. Elle est suivie par une soirée corse. Cette année, sera projeté l'excellent film "En Corse, sur le chemin des confréries", récemment diffusé à la télévision.

Religion et art à Marseille

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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 11:43

La famille Andarelli à la douleur de faire part du décès de François-Marie ANDARELLI survenu à Ajaccio le 15 avril 2015.

La cérémonie religieuse est prévue vendredi 17 avril à l'espace funéraire Morelli à 13 h. L'inhumation a lieu au cimetière de Poggiolo vers 15 h 30.

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 18:08

Les sources de Guagno-les-Bains sont connues depuis très longtemps. Le chanoine Filippini les mentionne dans sa chronique écrite au XVIème siècle mais il ajoute qu’elles étaient connues au IVème.

Il n’est donc pas étonnant de se demander si les Romains auraient pu venir s’installer jusqu’aux bords du Fiume Grosso et y laisser des vestiges. On pourrait rêver et imaginer qu'un temple se trouvait à la place de la chapelle Saint Antoine...

Les Romains sont-ils venus à Guagno-les-Bains?

A la fin des années 1970, la découverte d’un vestige avec une inscription latine a pu le faire penser.

Son étude a été publiée en 1979 par Cinzia Pergola-Vismara dans la revue « Archeologia Corsa : études et mémoires », n°4 (pages 87 à 90), sous le titre « Une inscription romaine de Guagnu ».

Une version abrégée en a été publiée par « L’INFO U PIGHJOLU » numéro 12 (janvier 2008). C’est de cette version que nous nous sommes inspirés.

fig 1

fig 1

... A l'occasion de travaux effectués dans la Chapelle Saint-Antoine, à proximité de GUAGNU LES BAINS, pour adapter celle-ci aux nouvelles exigences du culte, on a découvert un fragment de dalle de marbre sur laquelle était gravé un texte épigraphique en latin (fig.1). Il avait été utilisé, retourné, au centre de la table de l'autel. En effet, au centre de sa face postérieure, se trouve une petite plaque d'albâtre, quadrangulaire (4,9 x 3,7 cm) qui protège une cavité à l'intérieur de laquelle étaient conservées les reliques, selon toute vraisemblance (fig.2) .

La première annonce de cette découverte a été donnée par G.Moracchini-Mazel qui a publié une photographie de l'inscription et en a donné une transcription (1) . 

fig 2

fig 2

La dalle rectangulaire, mesure 36,7 cm x 28,3 cm et son épaisseur est en moyenne de 4 cm; le marbre blanc, à grain fin, dans lequel elle a été taillée, possède quelques rares veines grises. La plaque originale, de dimensions bien plus importantes, a été découpée sur trois côtés, depuis sa partie inférieure, ce qui a entraîné des lacunes dans le texte, à droite et à gauche de la partie supérieure.

La partie postérieure et les côtés taillés ont été soigneusement polis (fig.3) alors que la surface de l'inscription est légèrement rugueuse et présente quelques éclats. Le bord inférieur, qui correspond à celui de la plaque originale, présente une simple moulure, constituée par un tore et une gorge, réalisés de façon très schématique.

La limite inférieure de celle-ci est constituée par un sillon peu profond. 

fig 3

fig 3

On peut lire:

{---matu} tini. et. bestiarum {---} / {---} ae Aug. Salutaris fum {---} / {---} quam. Martialis Silv {---} / {---} dilapsam. a solo {---} / {---} tque. omni. imp {ensa---}

Hauteur des lettres: ligne 1 : plus de 3 cm; lignes 2-3 : 3,4 cm.

Interligne: ligne 1-4 : 1.5-1igne 6 cm.; lignes 4-5 : 1.7-1.8 cm.

Des signes triangulaires constituent la ponctuation.

Les lettres, rapprochées dans les trois premières lignes, sont plus espacées dans la quatrième, et plus encore dans la dernière. Aucune trace d'éventuelles lignes auxiliaires n'est conservée.

Compte tenu du caractère fragmentaire du texte, on ne peut prétendre en tirer des conclusions définitives, mais il est cependant possible de formuler un certain nombre d'hypothèses. (…)

ORIGINE DE LA PLAQUE

Nous ne disposons donc que de très peu d'éléments pour établir le lieu de provenance de cette inscription, sinon qu'il devait se trouver dans un amphithéâtre. La chapelle où elle a été découverte, d'après ce qu'en rapporte la tradition orale, a été construite par des rescapés de la guerre de Crimée, qui avaient été accueillis, blessés, dans un hôpital, spécialement construit, dans les environs.

Dans la zone de GUAGNU, dans les montagnes du Centre de la Corse, aucune prospection méthodique n'a jamais été effectuée, et l'on peut conclure qu'il ait pu y avoir là un centre d'une certaine importance.

D'autre part, on ne connaît en Corse qu'un seul amphithéâtre, de dimensions très réduites, celui de la colonie d'Aléria, sur la côte orientale, chef-lieu de l'île à l'époque romaine. Compte tenu des difficultés des communications dans le sens E-W dans l'île, et compte tenu de la faible importance du monument d'Aléria, une provenance de ce centre me paraît assez peu probable.

Une provenance non insulaire demeure donc vraisemblable. On ne peut exclure non plus Rome comme centre d'origine. (…)

Le texte ne contient aucune indication chronologique précise, à l'exception d'Aug., au début de la deuxième ligne. Cependant, certains indices d'ordre paléographique (…) suggèrent une datation de la deuxième moitié du 1er siècle ap. J. C..

(…)

On ne peut exclure non plus que les reliques conservées dans la partie postérieure de la plaque puissent provenir de Rome ou même de Padoue (la Chapelle est dédiée à St Antoine) (2) d'où elles auraient pu être expédiées pour ainsi dire, « emballées ».

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 (1) G.MORACCHINI-MAZEL ; « Un fragment d'inscription antique à POGGIOLO, près de Guagno-les-Bains », in AA.VV., « Découvertes archéologiques fortuites en Corse. » III = Cah. Corsica n° 79, Bastia, 1978, p.51.

(2) L’auteur du texte fait une confusion entre Saint Antoine de Padoue et le saint honoré à Guagno-les-Bains et qui est Saint Antoine d’Egypte.

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FIN DE CITATION.

 

En conclusion, une pierre servant de table d’autel catholique venait d’un monument romain antique. Elle a peut-être été transportée depuis l'Italie à Guagno-les-Bains au XIXème siècle pour la chapelle de l’hôpital militaire.

Désolé, mais pas de construction de l’Antiquité dans notre piève.

A moins que, à moins que…

A moins qu’une campagne de fouilles, comme celle entreprise à Arbori, ne soit mise en place. Peut-être aurions-nous des surprises.

Les Romains sont-ils venus à Guagno-les-Bains?

Contrairement à ce qu'imagine le montage ci-dessus, il n'y a pas eu de temple grec ou romain sur les hauteurs de Guagno-les-Bains.

Les seules ruines étaient celles de l'ancien hôpital militaire près de la chapelle St Antoine, comme le montre la carte postale ci-dessous.

Les Romains sont-ils venus à Guagno-les-Bains?

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14 avril 2015 2 14 /04 /avril /2015 18:01

En présentant la Festa di A Natura qui aura lieu le dimanche 26 avril à Vico, Jean-Martin TIDORI explique l'importance patrimoniale et identitaire des plantes (article paru dans "Inseme" d'avril 2015).

 

Vico fêtera la nature, heureuse initiative qui connaîtra sa troisième édition le 26 avril et peut-être sera aussi le préambule à une action pérenne autour de l'idée d'un petit « museu di a Natura ». En effet, au-delà de l'événement, nous avons sans doute la possibilité de créer un lieu qui soit une vitrine de notre patrimoine naturel, de notre flore. À l'heure du numérique, il ne manque pas d'idées et d'images pour alimenter des écrans. Une partie des contenus existe déjà. Le site de Monsieur Gabriel Chapuis de Balogna est d'ores et déjà à découvrir: les plantes de Balogna.

Un herbier de notre micro-région peut offrir matière à un très beau projet pédagogique et à un très beau décor. De même, la cosmétique et ses artisans en Corse sont source d'intérêt. Nos plantes à parfum, dont l'immortelle est emblématique, sont potentiellement sujettes à expositions. Un site internet dédié pourrait être créé dans un but de préfiguration, une souscription lancée pour faire avancer cette proposition.

Elle répond à plusieurs objectifs: la valorisation identitaire, ce qui dans un monde globalisé est une forte tendance. Autre forte tendance : le souci de compréhension des milieux dans une préoccupation écologique généralisée et enfin répondre au vieil adage de ne pas bronzer idiot en offrant aux vacanciers matière à de multiple visites.

Un lieu de connaissance et d'information sur notre nature serait, aussi l'un des meilleurs moyens pour en assurer sa préservation. Je l'ai souvent dit : notre mémoire collective s'efface rapidement. Tout un savoir sur notre milieu, notre tradition est encore là ! Disponible, gratuit ! Il faut cependant s'en préoccuper car doucement il disparait avec les anciennes générations. Quelques bergers en savent plus que bien des étudiants « a pratica sempre vince a gramatica ». A « noca », l'hellébore de Corse, était autrefois coupée pour être une barrière de protection contre les rongeurs et préserver les récoltes de châtaignes. Voilà une plante qui transporte vers l'imaginaire, à la littérature et à la recette magique de Jean de La Fontaine.

Le thym de nos montagnes, « arba barona », a donné lieu à bien des recherches. Une plante commune dans nos jardins, la chélidoine à sève jaune, soignait les verrues. Les exemples sont nombreux, et, si l'on ajoute à cela les huiles essentielles et leurs vertus, on se trouve transporté dans un univers olfactif. Mais plus encore, comme le docteur Bach l'a révélé, les fleurs ont des actions sur nous, leurs combinaisons sont connues, et il ne s'agit pas simplement de remèdes de « grand-mère » que par ailleurs on voudrait ne pas avoir oubliés.

On peut apprendre également comment se fabrique un parfum et c'est un Corse, François Coty, ne l'oublions pas, qui a inventé et révolutionné la parfumerie moderne. « Coty inc » qu'il avait fondé outre-Atlantique reste l'une des premières sociétés de parfum au monde.

Derrière ce plaidoyer se trouve aussi un enjeu économique qui peut à terme être source d'emplois qualifiés et induits pour l'intérieur. L'idée vaut pour d'autres domaines afin d'offrir plusieurs motifs à quitter le littoral et la ville pour nos villages. Pour nous, tout cela est connu. Pour d'autres, venir ici est une totale et véritable découverte mais peu encadrée et donnant lieu à peu d'échanges.

Un ménage européen consacre une part importante de ses revenus à l'achat de biens culturels ainsi qu'à des dépenses de plus en plus en relation avec son cadre de vie. Il s'agit de mutations lourdes. Ici aussi,il faudrait pouvoir les accompagner, y répondre.

Les initiatives comme « A Casa di u Mele » doivent s'additionner et conduire à créer un circuit, et tendre au final vers une économie. Voilà un projet qui attend des bonnes volontés ..... n'hésitez pas ...

Jean-Martin Tidori

Plaidoyer pour une mise en valeur de notre patrimoine naturel…

VICO FESTA DI A NATURA

PROGRAMME

Ouverture de la foire à 10h, une célébration aura lieu à l'église Ste marie de Vico à 11h. De nombreuses animations sont prévues et animées par Fun Radio. Tout au long de la journée, des expositions et des exposés avec M. Gabriel Chapuis et les plantes de la région et même d'un peu plus loin, Bernard Ramay et les champignons, le laboratoire régional d'archéologie, la Corse vue par M. Bruno Luciani, les objets anciens présentés par M. Morati, le Comité Régional Corse Montagne Escalade, les «promen'ânes» avec M. Corrieras.

De nombreux stands: artisanat d'art, agroalimentaire, parfumerie, cosmétique, aromathérapie .....

Atelier d'écriture ... Théâtre ... Défilé de mode avec la participation de Miss Corse ...

Cette liste non exhaustive sera complétée avec le programme que vous trouverez chez les commerçants de Vico et Sagone.

Des billets de tombola sont en vente chez ces mêmes commerçants au prix de 2€ le billet avec de très nombreux lots dont une TV écran plat de 80 cm, un multi-outil oscillatoire Black et Decker, une machine à café Nespresso, des produits de beauté, des produits alimentaires ..... Le tirage aura lieu vers 18 heures.

Un grand merci à tous les généreux donateurs.

Nous n'avions pas pensé à l'inviter les années précédentes, mais cette année, nous lui avons envoyé un carton, il nous a promis d’être là ..... Oui, vous avez deviné, il s'agit du SOLEIL.

Les bénévoles de l'Association Festa di A Natura 

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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 17:51

L'équipe de Bastia n'a tenu que vingt minutes face au PSG en finale de Coupe de la Ligue. Après avoir été réduits à dix joueurs, par une décision contestable de l'arbitre, les Bastiais ont été écrasés par 4 buts à 0.  

Le SC Bastia est la partie la plus visible du dynamisme du football corse où de nombreuses équipes sont en compétition.

Ainsi, dans notre canton, l'AS SOCCIA poursuit sa carrière avec persévérance. Actuellement, l'équipe de Division d'Honneur est septième sur dix clubs en lice. Celle de Promotion d'Honneur est cinquième sur dix.

Mais les rencontres ne sont pas toujours très tranquilles, à l'instar de ce qui s'est passé lundi 16 mars en Division d'Honneur et qui fait penser à ce qui vient d'arriver pour Bastia.

Nous reproduisons le compte-rendu publié sur le blog de l'AS SOCCIA. Le texte n'est pas de notre responsabilité.   

 

 

(DH) Haut Taravo - Soccia (arrêté)

Alors que le match se déroulait très bien, bon esprit, quasiment aucune faute, l'arbitre expulse Jean-Laurent Chiti pour une main hors de sa surface. Du jamais vu en corpo, surtout lorsqu'on voit certains gestes, certaines paroles etc...

La raison de l'arrêt du match: notre goal ne voulait pas sortir du terrain trouvant le carton rouge injustifié

A noter que même les joueurs adverses du Haut-Taravo ont protesté suite à la décision de l'arbitre central.

A croire que les arbitres de corpo prennent exemple sur leurs supérieurs hiérarchiques à savoir les arbitres de Ligue 1.

Une psychologie et une partialité absolument écoeurante.
Messieurs, vous êtes arbitres, pas gendarmes.

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 14:41

Un lecteur occasionnel du blog nous fait parvenir la demande suivante: 

 

  "Simon UCCIANI était le cousin et témoin de mariage de mon arrière-grand-père Pierre UCCIANI (peintre et marchand d'art dont la biographie est présente sur Wikipedia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Ucciani).

   Je cherche à compléter mes informations. Pouvez-vous transmettre à toute personne susceptible de m'aider?

   Cordialement,

   Pierre-Dominique Lo Méo"

 

L'appel est lancé.

Les personnes pouvant fournir des renseignements sont invitées à écrire à l'adresse: lomeopierredo@yahoo.fr

Pierre Ucciani (wikipedia)

Pierre Ucciani (wikipedia)

La carrière de Simon Ucciani et son rôle à Poggiolo avaient été décrits dans l'article suivant:

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 19:00

La fête du chocolat et de l'artisanat dimanche 29 mars à Murzo a été excellente, comme l'indique l'article de Pascale Chauveau paru dans "Corse-Matin" de mercredi 1er avril (cliquer sur l'article pour l'agrandir).

Murzo a réussi sa fête du chocolat et de l'artisanat

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 18:10

Et voilà, ça recommençait!

 

Anton Francesco FRANCESCHETTI entendit des bruits de pas précipités sur le chemin, la porte de la maison de la Teghia qui claquait contre le mur en s’ouvrant brusquement, le bruit de la tinella, ce récipient en bois permettant de transporter l’eau sur la tête, jetée par terre, puis des hurlements finissant en longs sanglots. Une nouvelle fois, sa fille Maria Francesca revenait de la fontaine désespérée. Elle y avait trouvé des jeunes Poggiolais qui s’étaient encore moqués d’elle, comme chaque fois, à cause de son œil.

Mais qu'avait-il donc, son œil?

D’après Jean-Baptiste PAOLI, l’historien de Soccia, dans l’ouvrage qu’il a consacré à son village ("Histoire d'un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud"), elle louchait.

D’après la tradition orale transmise dans la famille FRANCESCHETTI par Philippe, dit Filipone (1901-1970) et retranscrite en 1968 par son petit-neveu Michel, Maria Francesca était borgne. Il lui manquait complètement un œil.

Quoi qu’il en soit, la pauvre fille était de plus en plus malheureuse. Aucun homme ne voudrait d’elle avec son handicap, alors qu’elle avait largement atteint l’âge de se marier. Elle était née en 1766 et avait été baptisée le 6 juillet à Saint Siméon, par le curé Joannes d’Orto. Elle avait maintenant 23 ans. Sa sœur Angela Dea, de six ans son aînée, avait été mariée avec un POLI. Mais, elle, qu’allait-elle devenir ?

 

Acte de baptême de Maria Francesca Franceschetti (cliquer sur l'image pour l'agrandir).

Acte de baptême de Maria Francesca Franceschetti (cliquer sur l'image pour l'agrandir).

Cette fois-ci, exaspéré et malheureux de ce qui arrivait à sa fille, Anton Francesco lui promit qu’il allait lui donner l’œil qui manquait : « CI METTU L’OCHJU », dit-il.

Le lendemain, un beau jour du début de l’année 1789, il enfila sa plus belle veste, mit son chapeau, empoigna son bâton de marche et il monta à Soccia. Là, il entra chez les DEFRANCHI. Il les connaissait bien car son épouse Angela Felice était elle-même issue de cette famille. Au chef de la maison, qui portait le même prénom que lui, il proposa de donner sa fille en mariage à son fils. Mais Anton Francesco DEFRANCHI était réticent :

« Euh, c’est-à-dire qu’il manque un œil à votre fille.

- Pas de problème. CI METTU L’OCHJU. »

 

Anton Francesco FRANCESCHETTI mit les moyens pour donner cet « œil », en l’occurence une forte dot.

Il est vrai qu’il était quand même le deuxième propriétaire de bœufs, de vaches et de cochons du village, d’après le dénombrement effectué par les autorités françaises en 1770. Il était surtout un grand propriétaire foncier.

D’abord, il accepta le partage fait le 28 août 1782, et enregistré par le notaire Anton ANTONINI, qui fixait les limites des communautés de Soccia et de Poggiolo. Ses terres des Trois Chemins, considérées comme socciaises par les Socciais et poggiolaises par les Poggiolais, faisant partie de la corbeille de la mariée, le litige entre les deux villages était apaisé. Et par la même occasion, il se dépouilla de tous les terrains allant du pont de Guagno-les-Bains jusqu’aux Trois Chemins et qui étaient situés du côté poggiolais.

Le mariage entre Maria Francesca FRANCESCHETTI et Giuseppe DEFRANCHI fut célébré par le curé Giovanni BONIFACY le lundi 13 juillet 1789. Ce fut une grande fête. Le père de la mariée était soulagé d’avoir pu lui trouver son « œil ». Et le père du marié avait largement arrondi son patrimoine. 

 

Acte de mariage entre Maria Francesca FRANCESCHETTI et Giuseppe DEFRANCHI (cliquer sur l'image pour l'agrandir).

Acte de mariage entre Maria Francesca FRANCESCHETTI et Giuseppe DEFRANCHI (cliquer sur l'image pour l'agrandir).

A Poggiolo, on ne savait pas encore que la veille, le 12 juillet, le ministre NECKER avait été renvoyé par le roi Louis XVI, ce qui avait entraîné un soulèvement à Paris.

La prise de la Bastille, le lendemain du mariage, ne fut connue au village que plus de deux semaines après. Mais, dans l’immédiat, le mariage était beaucoup plus important.

Combien a coûté l'oeil de Maria Francesca?

La fête passée, les DEFRANCHI revinrent à la charge auprès d’Anton Francesco. Il n’avait pas d’héritier mâle et sa femme était morte. Alors, pourquoi ne pas ajouter le reste de ses biens à la dot attribuée ? Mais « l’œil » avait été donné et cela suffisait. Il fallait penser à la famille FRANCESCHETTI. Le Poggiolais répliqua donc: « Je ne suis pas encore mort. Je peux avoir un fils ».

Bien qu’il ne fut plus très jeune, il se remaria avec Maria Angela ANTONINI qui lui donna plusieurs enfants, permettant la continuation de la lignée familiale.

 

Quand le gouvernement révolutionnaire institua les communes, les nouvelles limites administratives reprirent en grande partie celles des communautés. Et ainsi, les terrains des Trois Chemins furent considérés comme relevant de POGGIOLO. Aujourd’hui, ces terres incluses dans la commune sont toujours à des Socciais qui sont ainsi propriétaires poggiolais. C’est la conséquence de la promesse d’un père à sa fille :

« CI METTU L’OCHJU ».

La ligne jaune représente la limite entre les communes de Poggiolo et de Soccia. La côte 628 (628 m d'altitude) est placée au lieu-dit des Trois Chemins. (cliquer sur l'image pour l'agrandir).

La ligne jaune représente la limite entre les communes de Poggiolo et de Soccia. La côte 628 (628 m d'altitude) est placée au lieu-dit des Trois Chemins. (cliquer sur l'image pour l'agrandir).

Sources :

- « Histoire d’un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud » par Jean-Baptiste PAOLI

- Registres paroissiaux et registres d’état-civil de Poggiolo

- Dénombrement de 1770

- Souvenirs de Philippe FRANCESCHETTI

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En 1816, le mariage de Maria FRANCESCHETTI ne fut pas l'objet de telles transactions mais il faillit ne pas avoir lieu pour des raisons administratives qui ont été contées dans l'article suivant:

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5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 17:59

Le festival Acqua in Festa, qui se déroulera entre Sagone et Vico du 8 au 10 mai prochain, se veut un espace ouvert à tous les mouvements sociaux, aux syndicats, aux mouvements des «sans», aux mouvements féministes, de lutte contre le racisme, aux associations culturelles, à l'éducation populaire, au secteur de l'économie sociale et solidaire, aux organisations de lutte pour l'environnement et à la solidarité internationale avec les paysans.

On le devine, les thèmes qui doivent s'imposer au sein même du festival sont nombreux ! Ils résultent de dix ans de réflexion, de travail avec une évolution constante.

Pendant ces dix ans, des liens d'amitié et de lutte se sont enracinés. Nombreux sont les contacts qui ont pu se mettre en place de part et d'autre, ici et ailleurs.

Pendant ce festival, sont organisées des projections, des tables rondes, des conférences, aptes à faire passer le message : de l'agro-écologie et des concepts qui s'y attachent, du social et des solidarités internationales avec les peuples en lutte.

Acqua in Festa est un lanceur d'alerte. Il va souffler sa 10ème bougie. Qui aurait cru, qu'un festival aussi modeste puisse continuer à creuser son sillon pour y semer des graines d'idées, de tolérance, d'amour, de révolte, de résistance et de poésie ?

Ce festival dont les médias n'ont pas trop fait d'écho. En dix ans, pas de subventions, ni de sponsors. Pour rester libre et autonome, notre humus, c'est un réseau d'amis et de bénévoles qui croient qu'une autre Corse est possible avec une fenêtre ouverte sur notre planète Terre. Tous les ans, c'est une remise en question, continuer, arrêter, un défi en sorte, et surtout un défi à continuer, avec plus de rêves à réaliser, des résidences de théâtre, de musique, de paysannerie, des films nouveaux pour petits et grands, emmener les débats pour mettre en place des actions concrètes. 

Acqua in Festa 2014

Acqua in Festa 2014

Cette année, une table ronde, débats, ateliers, avec les acteurs ruraux d'ici et d'ailleurs, sur: agro-écologie, agro-tourisme, l'accès à la terre, à l'eau et aux semences. Construire des alternatives pour que la désertification ne soit plus une fatalité, mais pour qu'il y ait une transformation économique, sociale, environnementale et poétique dans les villages. L'objectif d'Acqua in Festa est de repartir avec des outils, pour donner suite aux idées et agir dans la durée. Alors, quoi qu'il se passe, nous continuerons à semer des utopies, pour créer, inventer, résister et désobéir.

Vous êtes militant associatif, artisan, musicien, vous voulez un stand au festival, vous avez une idée à partager, écrivez-nous à :

Droits paysans. L'Alivu. 20160 Vico. Tél: 04 95 26 69 72.

 

Jean-Yves Torre 

 

(texte publié dans "Inseme" de mars 2015)

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 18:00

La droite, unie pour les élections des conseillers départementaux de Corse-du-Sud, a obtenu une large majorité mais elle vient de donner un triste spectacle. Deux candidats à la présidence du conseil se sont opposés et ont obtenu chacun 11 voix exactement. Après des échanges de noms d’oiseaux, la présidence est revenue au doyen d’âge. Les divisions semblent profondes car un des camps veut contester ces résultats devant le tribunal administratif.

Le prestige du "petit Parlement"

Le « Petit Parlement », ainsi qu’on l’appelait autrefois (nom repris comme titre d’une série d’articles de Paul SILVANI dans « Corse-Hebdo » en juin 2003), a souvent connu des éclats de voix et des coups fourrés. Mais il a toujours gardé un grand prestige car le conseil général était un incontournable pourvoyeur d’emplois.

Voici un siècle, en 1897, l’écrivain royaliste Charles MAURRAS était à Ajaccio lors de la session réunissant les élus cantonaux au Palais Lantivy. Ce texte, extrait de son livre « Anthinea », est-il devenu anachronique ?

 

"Avouerai-je que je cherchais depuis deux heures une auberge? On s'accordait à me répondre que tout était pris, retenu, mangé et bu. Et je me demandais avec mélancolie d'où venait cet encombrement d'un lieu qui passe pour désert aux mois d'été. Un hôtelier compatissant me trouva une alcôve que je payai fort cher.

Il s'excusa de recevoir autant d'argent:

- Après tout, me dit-il, nous sommes au moment du Conseil général.

Le Conseil! disait-il. J'ai connu par la suite qu'il n'était pas de grande solennité. Ni fête ni marché n'attirent dans Ajaccio une telle affluence de tous les points de l'île.

Outre que les cantons de Corse sont au nombre de soixante, leurs représentants ne descendent en ville que suivis d'un cortège d'amis, de serviteurs, et surtout de solliciteurs. Ainsi venaient à l'assemblée les anciens patriciens de Rome. Chaque conseiller général présente cette clientèle à son préfet et aux élus de sa nuance politique. Il fait valoir de vive voix les recommandations qu'il a écrites et récrites. De son côté, le client, s'il est sage, n'épargne rien qui doive rehausser le prestige de son patron.

On m'a montré le vaste édifice où tient séance l'assemblée du département. Les abords en sont assiégés, songez au quai d'Orsay un jour de grande discussion. Mais les badauds de l’île y mettent plus de gravité que nos Parisiens; un coup de chapeau négligé, une main illustre serrée, c'est la vie ou la mort, c'est la carrière ouverte ou close.

- Le pays est pauvre, me dit l’un d’eux. Nous n’avons aucune industrie, notre agriculture manque de débouchés. Obligés et tout à fait résignés à vivre sous le régime du patronat, il nous faut bien en recueillir les bénéfices en même temps que les ennuis. Nos grandes familles rendent en protection l’hommage que nous leur apportons: elles nous servent dès qu’elles se sont servies, les hautes places sont pour elles, et, avec leur appui, nous pouvons espérer de petits postes suffisamment appointés."

Un autre texte du même auteur, et du même ouvrage, a été publié le 2 juin 2011 sur le blog. Curieusement, Charles MAURRAS, tout pétri de culture gréco-latine, comparait le paysage de Tiuccia et de Sagone à l’Attique grecque.

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Recherche

Le calendrier poggiolais

"Portraits d'union", un beau cadeau

Renseignements en cliquant ici.

 

 

 

Vacances de Noël:

Fin des cours: samedi 19 décembre

Reprise des cours: lundi 4 janvier

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"Inseme", le bulletin interparoissial des Deux Sorru de novembre, est paru. 

 

Pour le lire, cliquer ICI.

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

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