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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 18:07

Que leurs familles viennent des Deux Sorru ou d’autres parties de l’île, les Marseillais d’origine corse n’ont pas manqué de remarquer le dynamisme actuel de la Fédération des Groupements Corses de Marseille et des Bouches-du-Rhône, présidée par Jean GRAZI, et dont l’association «La Vicolaise», présidée par Anne-Marie VENTURINI,  est adhérente.

Ainsi, le programme du mois de décembre est bien chargé.

JEUDI 3 DECEMBRE :

A 18 h, PROJECTION DU FILM D’ANDRE CAMPANA

« L’ÎLE DES JUSTES »

suivi d’un débat avec le réalisateur de ce film consacré aux Corses qui protégèrent les juifs pendant la seconde guerre mondiale.

Un apéritif dînatoire avec produits du terroir, clôturera cette soirée.

Le préfet Balley qui refusa d'arrêter les juifs de Corse.

Le préfet Balley qui refusa d'arrêter les juifs de Corse.

Inscriptions:

 http://www.maisondelacorse.fr/wp-content/uploads/2015/10/La-Corse-île-des-justes-3-décembre-2015.jpg

 

VENDREDI 11 DECEMBRE

- A 17h, conférence de Chloé VAGANAY-PERALDI (groupe Allianz) sur la fiscalité, les droits de succession et la rentabilité des placements.

- A 18 h, la troupe INCOGNITO jouera sa pièce «Une farandole de sketches»

Soirée suivie d’un apéritif.

Renseignements et inscriptions:

http://www.maisondelacorse.fr/wp-content/uploads/2015/11/Vendredi-11-décembre-2015.jpg

 

 

JEUDI 17 DECEMBRE

à 18 h 30: conférence de Jacques GARNIER, historien militaire, sur «AUSTERLITZ». Cette manifestation se terminera par un spuntinu.

Entrée: 10€.

Renseignements et inscriptions :

http://www.maisondelacorse.fr/wp-content/uploads/2015/11/Société-Napoléonienne-Décembre-2015.jpg

 

Tous ces rendez-vous se passent à la Maison de la Corse (69 rue Sylvabelle) et nécessitent obligatoirement une inscription en renvoyant le bulletin-réponse ou en téléphonant au secrétariat au 04-91-13-48-50 (du lundi au vendredi de 14 h à 18 h).

 

 

En dehors de la Fédération, d’autres rendez-vous sont prévus à Marseille :

 

Dimanche 6 décembre

XIXEMES JOURNÉES D’HISTOIRE NAPOLÉONIENNE DE MARSEILLE-PROVENCE et 210ème ANNIVERSAIRE D’AUSTERLITZ

10h30 - ÉGLISE SAINT-LAURENT, (Tourette) 13002 :

Messe du Souvenir en hommage aux soldats de la Grande Armée, célébrée par le Père Alain OTTONELLO, en présence DU PRINCE JOACHIM MURAT et du Professeur ALAIN PIGEARD, Président du Souvenir Napoléonien, et avec le concours de la Chorale Fior Di Machja

- 11h45 -Place des Augustines (Rue Caisserie 13002 Marseille) :

Inauguration d’une plaque commémorative rappelant le logement de Napoléon Bonaparte en février 1794

- 13 h -  Buffet déjeunatoire, sur réservation (06 81 64 82 69)

- 16h00 - VEPRES MUSICALES IMPERIALES EN LA CATHEDRALE DE LA MAJOR

ENTREE LIBRE

Ensemble Musical Méditerranéen - Direction : Carlos GOMEZ-ORELLANA

Ensemble de Trompettes de René PÉRINELLI

Philippe GUEIT aux grandes Orgues

RENSEIGNEMENTS : SOUVENIR NAPOLEONIEN - JEAN-BAPTISTE RENUCCI Tél. 06 81 64 82 69

http://www.souvenirnapoleonien.org/delegations/provence-alpes-cote-dazur/

Un décembre marseillais bien chargé

JEUDI 11 DÉCEMBRE

 I MUVRINI AU DÔME À MARSEILLE

Baptisé INVICTA, le nouvel album du groupe célèbre les valeurs portées par le groupe : ouverture et tolérance.

Locations sur www.adamconcerts.com & points de vente habituels. 

 

Nota Bene : si des lecteurs originaires des Deux Sorru nous font part d’initiatives intéressantes dans d’autres villes, ce blog sera heureux de les publier.

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 20:00

 

Voici quelques jours, une fine pellicule de neige est tombée sur Poggiolo. Elle est très vite partie.

Mais, désormais, certains sommets sont devenus blancs.

Nicolas MARTINI a profité d’une belle lumière le matin de vendredi 27 pour prendre ces très belles photos depuis la crête du Tretorre

Une montagne blanchie
Une montagne blanchie

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 18:01
D'où viennent les candidats?

L’approche des élections régionales (appelées territoriales en Corse) a suscité bien des discussions, disputes et négociations avant la publication des listes qui s’affronteront les 6 et 13 décembre.

Finalement, les électeurs corses pourront choisir entre douze listes (cinq de gauche, trois de droite, une d’extrême-droite et trois nationalistes), soit un total de 612 candidats pour 51 sièges.

Les origines géographiques qui ont été annoncées au moment de la présentation de chaque liste permettent de connaître l’importance des Deux Sorru dans cette compétition.

Sept personnes ont un rapport avec notre canton (ou plutôt ancien canton):

- Dominique COLONNA épouse VELLUTINI, maire de MURZO, 22ème sur la liste Prima a Corsica dirigée par Paul GIACOBBI

- Mathieu CECCALDI, adjoint au maire de MARIGNANA, 35ème sur la liste Femu a Corsica dirigée par Gilles SIMEONI

- Dominique DEMARTINI, assistante médico-sociale (BASTIA/VICO), 16ème sur la liste Rinnovu dirigée par Paul-Félix BENEDETTI

- Joselyne FAZI, maire de Renno, 8ème sur la liste Rassembler pour la Corse dirigée par Camille de ROCCA SERRA

- Françoise FORCIOLI, consultante en management (PALNECA, SOCCIA, AJACCIO), 46ème sur la liste Femu a Corsica dirigée par Gilles SIMEONI

- Laura Maria POLI, avocate (SAINT-FLORENT, GUAGNO et AMBIEGNA), 4e sur la liste Corsica Libera dirigée par Jean-Guy TALAMONI

- Marthe POLI (GUAGNO), 46ème sur la liste Front de Gauche dirigée par Dominique BUCCHINI

Aux précédentes élections, en 2010, il y en avait onze, dont trois femmes qui sont encore candidates maintenant sous les mêmes étiquettes.

Voir l’article :

Si des oublis ou des erreurs existent, n’hésitez pas à nous les signaler.

Nous rappelons que ce blog ne soutiendra aucun candidat, fidèle en cela au texte affiché dans la page d’accueil: "Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique."

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 18:03

Les Russes qui débarquèrent du «Rion» dans le port d’Ajaccio en 1921 étaient les vaincus de la terrible guerre civile qui déchira l’ancien empire des tsars à partir d’octobre 1917 (voir articles précédents: "Des Russes dans les Deux Sorruet "Où sont les traces des Russes ?"). Ce genre de conflit est toujours favorable à la floraison de chants destinés à donner du cœur au ventre aux soldats. Ce fut le cas en Russie avec «Les partisans» dont la popularité donna plusieurs versions... et même une en langue corse.

 

 

Cette chanson eut une histoire compliquée. Plusieurs des informations  de cet article viennent de Wikipedia.

Le «Chant des partisans de l'Amour» (connu aussi sous le titre «Par les monts et par les vallées») est une chanson russe de 1828 remise au goût du jour avec un nouveau texte de GUILIAROVSKI en 1915 («Marche des fusiliers de Sibérie») et populaire dans tous les camps lors de la guerre civile russe.


Le 27 juin 1919, le colonel Anton TOURKOUL demanda au compositeur Dimitri POKRASS un nouveau texte comme hymne pour l’unité qu’il commandait et qui faisait partie de l’armée WRANGEL. Le 29 juin, retentit pour la première fois le «Chant du régiment de DROZDOVSKI», du nom d’un général qui avait traversé l’Ukraine pour rejoindre l’armée blanche en 1918. 

Mikhail Drozdovski

Mikhail Drozdovski

La même mélodie fut également utilisée par les bolchévicks de l’Armée Rouge. Les paroles évoquent la conquête de la région de Vladivostok sur les contre-révolutionnaires. Intitulée «Les partisans», cette chanson est parfois appelée en français: «A l’appel du grand LÉNINE». Elle fut très utilisée par les Soviétiques lors de la seconde guerre mondiale. Il paraît même qu’elle inspira Maurice DRUON quand il écrivit «Le chant des partisans» devenu l’hymne de la Résistance française.

 

Dans les années 1960, le «Chant des partisans blancs» a été écrit par Alain Sanders et Bernard Lugan, alors militants étudiants de la royaliste Action Française, dans le contexte d’un Quartier Latin très agité par les bagarres entre gauchistes et extrême-droite. Toujours avec la même musique, les paroles font l’apologie des troupes de DENIKINE qui «traquaient TROTSKY tremblant». Cette version eut, et a toujours, un grand succès dans les milieux nationalistes français.

 

En 1990, dans son album « Cuntrasti e ricuccate», le groupe insulaire CHJAMI AGHJALESI chanta «U partigianu». Véritable proclamation politique en faveur d’une révolution sociale et nationale de la Corse, le refrain en est «Liberendu la Nazione/ Feremu a revoluzione» (en libérant la Nation, nous ferons la révolution).

 

Selon son tempérament et ses idées, chacun peut écouter l’enregistrement qui lui convient :

- «Le chant du régiment de Drozdovski», le texte russe blanc

- «A l’appel du grand Lénine», la chanson de l’Armée Rouge présentée ici en langue française :

- «Les partisans blancs», la version française contre-révolutionnaire :

- «U partigianu», le manifeste indépendantiste corse (avec les paroles en corse et en français)

- une très belle version italienne apparue pendant la seconde guerre mondiale :

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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 17:54

Les Russes blancs réfugiés en 1921 en Corse après la victoire communiste n’ont pas laissé beaucoup de traces. Peu d’entre eux ont fait souche dans l’île. Il ne reste plus de vestiges de leur village installé près de GUAGNO-LES-BAINS et qui était évoqué par l’article «Des Russes dans les Deux Sorru».

Pourtant, il est encore possible de voir des œuvres picturales de deux d’entre eux: Ivan CHOUPIK et Nicolas IVANOFF.

Une grande partie des renseignements cités ici est extraite des pages 37, 38 et 39 de «Patrimoine religieux de la communauté de Letia», publication éditée en 2012 par l’association Letia-Catena. Ces pages ont été reprises par le site http://www.kalinka-machja.com/

LA CARRIÈRE DE CHOUPIK

Ivan CHOUPIK

Ivan CHOUPIK

Ivan CHOUPIK , né en 1898 dans le village de Prokovskoïe, district de Zaporog, en Ukraine combattit dans l’armée WRANGEL et fit partie des émigrés du «RION» débarqués en Corse.

Voulant rester en Corse, il fut, avec une dizaine de compatriotes, engagé en 1921 comme journalier à LETIA par Minighella ARRIGHI, dite Paiona, pour entretenir des vignes et des oliveraies.

«Ces ouvriers se réunissaient régulièrement dans le café de la Murella, tenu par Jean Arrighi, dit Ghjuvani di Rosa. Ils étaient célibataires et festoyaient, en appréciant les alcools locaux qu’ils découvraient dans cet établissement où ils dansaient et chantaient régulièrement leurs airs traditionnels. La monnaie tsariste, dont ils n’étaient pas démunis, n’ayant plus cours et donc de valeur, ils en faisaient cadeau aux enfants de Cugugnana qui ont longtemps conservé le souvenir de billets de grande taille que les émigrés russes distribuaient libéralement, devant le café de la Murella.» («Patrimoine religieux de la communauté de Letia»)

Cette partie fait penser au témoignage de Mimi CANALE publié sur ce blog :

 «une colonie de Russes Blancs s’est installée aux alentours de Guagno-les-Bains, ils ont construit un village en bois. Il y avait une boulangerie, une épicerie, un café.»

S’agit-il de deux groupes de Russes différents ou des mêmes hommes qui circulaient entre les deux villages qui ne sont pas si éloignés ?

 

Remarqué par sa patronne, Ivan CHOUPIK exécuta des tableaux de paysages. Puis, le conseil de fabrique de la paroisse de LETIA lui demanda de décorer l’église de San Roccu. En voyant le résultat, le curé de PALNECA lui commanda un travail pour son église. La carrière du nouveau peintre était lancée. Mais elle ne dura qu’une dizaine d’années.

 

intérieur de San Roccu de Letia

intérieur de San Roccu de Letia

Résidant souvent dans la ville impériale, CHOUPIK fit partie de l’école d’Ajaccio qui avait pour animateur BASSOUL, décorateur de l’église Saint Siméon de POGGIOLO.

Le style de CHOUPIK se rapprochait beaucoup des maîtres baroques du XVIIe siècle.

Il décora l’église d’Evisa en 1925, les deux églises de Cargese, celle de Pietranera en 1927, celles de Rosazia et de Salice en 1929, et aussi celle d’Appietto. Il signait souvent ses œuvres CHOUPIC.

église d'Appietto

église d'Appietto

Ayant obtenu la nationalité française en 1929, il voulut épouser une native de Letia mais sa religion orthodoxe était un obstacle pour les familles corses catholiques. Il partit s’installer en Tunisie, avec la famille ARRIGHI-RAGAZZACCI, et devint employé de l’administration. Il y épousa une jeune fille d’origine italienne ou maltaise dont il eut un fils Serge. Ivan CHOUPIK décéda à Tunis en 1941.

 

 

SOCCIA AVEC IVANOFF

Son talent se montra également à SOCCIA.

En effet, les comptes de la paroisse, analysés par Jean-Baptiste PAOLI, comportent parmi les dépenses la mention suivante :

«2 mai 1925: travaux de peinture confiés à peintres russes (YVANOV et CHOUPIK) - voûtes des chapelles latérales Annonciation et prédication de St Jean-Baptiste – 1.100 fr + 32 fr de fournitures ».

 

intérieur de l'église de Soccia

intérieur de l'église de Soccia

plan de l'église de Soccia avec indication des deux chapelles restaurées par Choupik et Ivanoff

plan de l'église de Soccia avec indication des deux chapelles restaurées par Choupik et Ivanoff

Nicolas IVANOFF

Le second restaurateur des fresques socciaises était aussi un passager du «Rion».

Nicolas IVANOFF (orthographe officielle) était ingénieur de profession. Il participa à l’équipe de BASSOUL qui décora l’église d’Ota. Il fut associé à CHARPIK pour Evisa en 1925, puis la même année à SOCCIA, et ensuite pour les deux églises de Cargese. Il put se fixer en Corse, plus précisément à Cargese où il épousa une demoiselle VERSINI et y décéda, devenu centenaire, en 2000. Son petit-fils, qui se prénomme également Nicolas, est un champion de voltige aérienne de réputation internationale.

 

Le souvenir des Russes n’est pas perdu car il suffit de regarder les murs et les plafonds de certaines de nos églises des Deux-Sorrù et des Deux-Sevi.

Mais est-ce le cas à Poggiolo? IVANOFF et CHARPIK ont-ils laissé quelque chose à Saint Siméon ou à Saint Roch? Ont-ils aidé BASSOUL pendant ses travaux dans cette paroisse?

Malheureusement, nous ne sommes pas en mesure de donner une réponse. Un de nos lecteurs aurait-il des renseignements ?

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 17:59

La tradition corse d’hospitalité a souvent été évoquée à l’occasion de l’afflux récent en Europe d’immigrants venant du Proche-Orient et d’Afrique. La Corse n’est actuellement pas vraiment touchée directement. Mais il y eut des moments où elle connut une brusque arrivée d’étrangers. En 1921, les migrants aboutissant en Corse étaient des Russes.

Le regretté Mimi CANALE l’avait rappelé en avril 1998 dans le bulletin «INSEME», lors d’un entretien sur ses souvenirs :

«L’exploitation forestière était très importante. Il y avait plusieurs scieries le long du fleuve (…). En plus, il y avait une scierie de bois et, après la guerre de 14/18, une colonie de Russes Blancs s’est installée aux alentours de Guagno-les-Bains, ils ont construit un village en bois. Il y avait une boulangerie, une épicerie, un café. Les camions venaient charger les billots vendus du côté de Sagone.»

Mimi CANALE

Mimi CANALE

Qui étaient ces Russes ? Pourquoi se sont-ils retrouvés dans les Deux Sorru ?

Nous pouvons trouver des réponses dans l’article «Les Russes en Corse» publié en 1998 dans la revue « Études Corses» n°49. L'auteur, Bruno BAGNI, est professeur agrégé d'histoire à Toulon. Le texte suivant s’inspire de ce texte, accessible à l’adresse :

http://leon.tourtzevitch.pagesperso-orange.fr/corse.pdf

 

En Russie, après la prise du pouvoir par les bolchéviks (communistes) dirigés par LÉNINE  en 1917, une guerre civile éclata. A l’Armée rouge organisée par TROTSKI, s’opposaient les troupes blanches en majorité monarchistes mais comprenant aussi des républicains modérés. Après de grands succès, les troupes de DENIKINE, WRANGEL, KOLTCHAK, KORNILOV, MILLER et IOUDENITCH battirent en retraite.

général WRANGEL

général WRANGEL

Les derniers combats eurent lieu en Crimée avec l’armée WRANGEL. En novembre 1920, les rescapés évacuèrent Sébastopol sous la protection de la flotte française. 146.200 réfugiés, dont 29.000 civils, arrivèrent à Constantinople. Certains trouvèrent ensuite refuge dans les Etats balkaniques, d’autres, croyant à des promesses de pardon, retournèrent dans la Russie communiste. En avril 1921, il restait encore 55.000 personnes dans les camps de réfugiés dont la France devait s’occuper. Le Brésil accepta d’en recevoir pour servir comme travailleurs agricoles. Le vieux paquebot « Rion », qui avait fait partie de la flotte WRANGEL, quitta la Turquie le 26 avril 1921 en direction de l’Amérique du Sud avec plus de 3700 réfugiés russes à bord. Les avaries provoquèrent une escale à Messine puis l’obligèrent à s’arrêter à Ajaccio.

 

Le matin du 15 mai, les Ajacciens découvrirent ce navire ancré dans le golfe. Comme l’écrit Bruno BAGNI, «Voilà une petite cité insulaire de 20.000 habitants, qui voit en une journée sa population augmenter de 20%. Et qui sont ces 3.700 nouveaux venus? Des Russes, des Ukrainiens, des Cosaques, bref, quelque chose de plutôt exotique sous ces latitudes... Aucun doute sur ce point: l'arrivée du "Rion" a été L'ÉVÉNEMENT de l'année à Ajaccio».

le "Rion"

le "Rion"

Les initiatives de la population ajaccienne pour aider les exilés furent nombreuses. A partir du 1er juin, les Russes furent autorisés à chercher un travail en Corse. Ils s’éparpillèrent et l’on compta : 20 Russes à Bastelicaccia, 17 à Zigliara, 14 à Eccica Suarella, 15 à Serra di Terro, 10 à Afa, 13 à Campo, 21 à Guarguale, 24 à Cauro, 30 à Grosseto-Prugna, 14 à Ucciani, 13 à Vico, et 35 à Calcatoggio... Globalement, leur présence fut très paisible.

Cependant, le gouvernement français affrêta deux vapeurs, l'"Aquitaine" et la "Provence", pour les envoyer au Brésil, comme cela avait été prévu: 1.075 Russes embarquèrent… et 458 revinrent, les Brésiliens les ayant jugés inaptes au travail agricole.

Il fut alors décidé de les renvoyer tous à Constantinople. A cet effet, le "Burgeister von Melle" se présenta le 13 septembre dans le port d’Ajaccio. Mais, une rumeur ayant couru que les réfugiés allaient être livrés aux communistes de Russie, nombre d’entre eux s’enfuirent, souvent cachés par la population ajaccienne, scandalisée qu'on envoie ces braves gens à une mort certaine. Finalement, le "Burgeister von Melle" repartit avec seulement 650 Russes.

A la fin de l’année 1921, il restait 1.500 Russes blancs en Corse.

C'est finalement le 15 juin 1922 que ferma la caserne Livrelli qui servait de centre d’hébergement. Les réfugiés avaient pu s’installer où ils voulaient et où ils pouvaient. En tout cas, ils n’étaient plus à la charge du gouvernement français (et des contribuables). Très vite, un fort courant migratoire fit partir les Russes de Corse vers le continent, où ils espéraient trouver de meilleurs salaires.

Leur nombre dans l’île chuta rapidement puis remonta légèrement.

Bruno BAGNI en arrive à estimer que, finalement, «environ 200 passagers du "Rion" ont dû faire souche en Corse».

Il précise :

«Les travailleurs russes ont été soigneusement dispersés dans l'île. En janvier 1922, des réfugiés sont officiellement signalés dans 80 communes corses. Le saupoudrage est étonnant: à l'exception d'Ajaccio, qui abrite dans la première moitié des années 20 une communauté d'une centaine de Russes, on n'observe nulle part ailleurs de concentration importante; tout au plus relève-t-on entre 15 et 20 individus à Bastia en 1924, et 12 à Volpajola la même année. Partout ailleurs, il n'y a jamais plus de dix réfugiés par commune à partir de 1923. Dans beaucoup de villages, "U Russio", comme on l'appelle le plus couramment, est le seul étranger. On signale par exemple un individu isolé au début de 1923 à Zivaco, Grosseto Prugna, Albitreccia, Guagno, Cargèse, Appietto, Evisa, Letia, Urbalacone, Ciamannacce, Cozzano, Vero, Ucciani, Ota, Cutoli, San Nicolao, Penta di Casinca, Ile Rousse, Corte et Giuncheto.

En 1939, le processus de naturalisation est terminé, puisqu'on ne trouve alors en Corse plus que 3 réfugiés russes, lesquels n'ont vraisemblablement pas souhaité devenir français.»

 

Que se passa-t-il pour les Russes de Guagno-les-Bains ? Dans l’entretien accordé par Mimi COLONNA à «INSEME», on peut lire :

«Comment se fait-il que la colonie de Russes Blancs n’ait pas fait souche ici ?

- Non, il ne reste personne sauf Véronique, la fille de Léonard qui était contre-maître chez ARNAUD et qui ensuite a travaillé à Sagone».

En tout cas, le relevé des tombes dans le cimetière de Guagno-les-Bains, effectué par Joëlle LAGRANGE, ne donne aucun nom d’origine slave.

Voir liste complète à l’adresse :

http://www.francegenweb.org/~cimgenweb/result_com.php3?id=12&dpt=20

 

Un exemple d’enracinement existe dans la brochure consacrée à Muna par l’association A Mimoria (aimablement prêtée par Jean-Baptiste PAOLI, de Soccia). Faisant la liste des familles autrefois présentes dans ce village, il est écrit :

«BIKODOROFF, nom apparu vers 1939 à la suite du mariage d’une jeune fille NIVAGGIOLI avec un homme d’origine russe».

Des personnes ayant ce patronyme se trouvent maintenant à Murzo, Letia et Appietto.

Même s’il reste quelques noms slaves en Corse, tous les passagers du «Rion» et leurs descendants se sont complètement intégrés et sont devenus de vrais Corses.

 

Il ne reste donc plus de traces du village russe de Guagno-les-Bains, qui était peut-être au pied de Libbiu. La scierie où les Russes travaillaient aurait-elle été celle qui fut un temps installée dans les ruines de l’ancien hôpital militaire ? Pourquoi sont-ils partis ? Parce qu’il n’y avait plus de travail ?

Mimi étant né en 1923, ses souvenirs doivent dater des années 30, ce qui pose la question de savoir si ces travailleurs étaient d’anciens passagers du « Rion » ou d’autres exilés passés par le Continent.

Autre question : pourquoi la mémoire collective poggiolaise a-t-elle totalement occulté ces faits?

La question des Russes dans les Deux Sorru est un domaine à étudier. Ce blog accepterait volontiers d’y contribuer en publiant des témoignages ou des documents sur ces immigrants particuliers.

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il existe une association de descendants de Russes en Corse. Elle a un site dont l'adresse est: 

http://www.kalinka-machja.com

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 09:21
Le couvent de Vico est en deuil

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 18:00

L’aiutu est une belle tradition corse. Ce mot, qui se traduit par «aide» ou «entraide», désigne le fait d’aider gratuitement ses voisins lors d’événements importants. Peut-être cet aiutu est-il nécessaire maintenant, après les attentats du 13 novembre?

 

Dans la Corse rurale d'autrefois, l'aiutu pouvait être pour des bergers de s’associer afin de tondre les moutons en commun. Dans un village, chacun pouvait charrier des pierres pour la construction d’une maison ou d’une église, comme ce fut le cas au XIXème siècle pour Santa Maria delle Grazie à Soccia ou Saint Siméon à Poggiolo. Voir l'article: A quoi ressemblait l'ancienne église? (2/2)

L’aiutu est la marque de l’existence d’une communauté à l’intérieur de laquelle les liens restent assez puissants pour considérer comme normal de donner des heures de travail.

Cette entraide se manifeste encore. Ainsi, Pascale CHAUVEAU, dans son article paru le 5 novembre dans « Corse-Matin », a bien fait de placer son récit de la fête des bastelle à Soccia le 2 novembre dernier dans le cadre de l’aiutu.

Ce texte montre bien les différentes formes d'aiutu qui ont été nécessaires pour réussir cette fête.

Les bastelles de l'aiutu à Soccia

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 18:00
Non au terrorisme

Image publiée sur la page Facebook du Père BONNAFOUX:

 https://www.facebook.com/jeanpierre.bonnafoux

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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 18:00

Comme chaque année, une grande soirée "soupe corse", organisée par les Amis du Couvent St François de VICO, aura lieu samedi 21 novembre au couvent à partir de 20 h.

 

Renseignements et réservations (obligatoires):

au 04-95-26-83-83 le matin seulement

ou au 04-95-26-62-29 auprès de Madame Bassi.

 

Ne râtez pas ce grand moment de convivialité.

Photo des participants à la soupe corse de novembre 2011.

Photo des participants à la soupe corse de novembre 2011.

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
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"Portraits d'union", un beau cadeau

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Fin des cours: samedi 19 décembre

Reprise des cours: lundi 4 janvier

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"Inseme", le bulletin interparoissial des Deux Sorru de novembre, est paru. 

 

Pour le lire, cliquer ICI.

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Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

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