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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 12:00

   Le jour de la victoire de 1918, la première page de "LE PETIT PROVENÇAL" montra que l'opération policière en Corse était passée à un cran supérieur.


    Tout d'abord, la zone d'intervention s'élargit géographiquement: en plus de ZICAVO et de GUITERA, les cantons de SARI d'ORCINO  ("où Spada a établi son quartier général") et de VICO ("résidence de Torre et de Caviglioni, le neveu") devenaient les nouveaux objectifs. Une faute de frappe: l'orthographe de CAVIGLIOLI. Une photo était censée montrer le maquis de cette zone.

  novembre 11 mercredi 1

 

 

UN GOUVERNEUR EN CORSE  

    D'autre part, l'organisation de la répression était décrite comme quasiment miitaire:

    "A la fin de la première journée d'opérations, dans le cabinet du préfet, une sorte de Conseil de guerre était réuni. Tous ceux qui, depuis la veille au soir, avaient battu la montagne ou fouillé le maquis, venaient rendre compte de leur mission, la gendarmerie locale, puis les commissaires spéciaux, ces derniers guêtrés de cuir et sanglés de vareuses de drap fort, et, enfin, siégeant, près du préfet, le général Fournier, gouverneur de la Corse."


    Ce titre de gouverneur pouvait intriguer. Il était expliqué plus loin:

    "Pour ne pas entraver l'action de la force armée, afin qu'elle ne reçoive pas des ordres différents, le préfet de la Corse s'est dessaisi de ses pouvoirs de police, qu'il a transmis au général Fournier, commandant supérieur de la défense en Corse. De ce seul fait, les régions occupées sont placées sous le régime de l'état de siège. Cette situation, bien qu'entraînant parfois des cas difficiles, est supportée avec la plus grande résignation par la population qui comprend maintenant la nécessité qu'il y avait à prendre de pareilles mesures."

 

LA LUTTE CONTRE LES INTEMPÉRIES

   De son côté, "L'ACTION FRANÇAISE", hostile à cette opération, donnait une vision très différente en insistant sur les difficultés provoquées par les intempéries:

  "Un temps affreux a sévi sur la Corse pendant toute la journée;" (il s'agit du 10 novembre) "nulle opération nouvelle n'a été faite et les forces de police se sont contentées de veiller minutieusement aux abords des localités entourées hier" (donc, le 9 novembre). "Les routes sont détrempées par la pluie et l'on signale que quelques voitures militaires sont restées embourbées."

 

   Tout à fait opposée est la vision héroïque du journal marseillais:

   "Samedi (c'est-à-dire le 7 novembre, jour du débarquement), à minuit, lorsque les premières colonnes s'ébranlèrent, la tempête battait l'île tout entière. Parmi les rafales de vent, sous une pluis violente, les dix-huit pelotons de trente-cinq gardes mobiles s'étaient mis en route. Chaque groupe était précédé de deux auto-mitrailleuses blindées. Devant ce déploiement de forces imposantes, les paysans qui descendaient de la montagne s'arrêtèrent interdits."

   On peut se demander s'il y eut vraiment beaucoup de Corses qui virent ce spectacle en pleine nuit et dans la tempête.


   Le quotidien royaliste répercuta aussi le bilan publié par les autorités officielles:

   "soixante et une arrestations; en outre, une demi-douzaine ont été opérées dans la région de Vico, mais non encore officiellement annoncées".


   Sur la feuille marseillaise, on insista sur les découvertes d'armes:

   "A la bergerie de Punta, près de Calcatoggio, dans le fief de Spada, la gendarmerie saisit trente fusils, dont vingt Mauser, de nombreux para-bellum et des munitions en quantités impressionnantes".

 

   Une curiosité: sur les 25 articles consacrés par l'AF à la question corse en novembre 1931 (voir la communication de Ralph SCHOR déjà mentionnée), celui du 11 semble être le seul à être surtitré "L'épuration de la Corse".

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